Accueil Messages du Culte Message du culte du 10 septembre 2017 « Je suis le Seigneur qui reconstruit…»
Message du culte du 10 septembre 2017 « Je suis le Seigneur qui reconstruit…» PDF Print E-mail
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Ez. 36. 36 à 38 / Héb. 12. 1 à 16 / Mt. 18. 19 et 20

Message en arménien

Message en français

« Je suis le Seigneur qui reconstruit… »

D

e nouveau, des images de catastrophes naturelles inondent nos écrans suscitant ici et là, crainte, compassion et bien sûr pour nous, je l’espère, prières. Ces catastrophes nous rappellent que l’homme n’a pas la maîtrise de tout, qu’il existe des forces naturelles qui le dépassent devant lesquelles il est impuissant. La parole de Dieu nous parle aussi de forces surnaturelles qui détruisent ce monde depuis les origines. Dans un autre registre, ce sont des forces qui détruisent des vies, des relations, des projets et bon nombre d’espérances. Des forces qui viennent faire des dégâts dans nos familles, nos églises, notre entourage. Comment y faire face ? Comment réagir dans ces tempêtes, ces « ouragans » qui régulièrement s’abattent sur nous et autour de nous ? Méditons.

1°) « Je suis le Seigneur qui reconstruit… »

Ce n’est pas nouveau, et le prophète Ezéchiel nous le montre, de tout temps, le mal fait des ravages dans ce monde. Il s’efforce de détruire ce monde que Dieu a créé. Il détruit, perturbe la vie que Dieu donne. Il vient sans cesse contrecarrer, s’opposer aux plans d’amour et de bonté de Dieu. Parfois, il se sert d’éléments naturels, parfois de la maladie, parfois encore de nous, de notre orgueil, de nos passions mauvaises. Parfois il utilise nos travers, nos jalousies, nos convoitises, notre égoïsme. Avouons-le, ses moyens sont légions et les dégâts parfois terribles.

Du temps du prophète Ezéchiel, il s’agissait de l’idolâtrie, un conformisme aux pratiques païennes des peuples environnants. Mais quelle qu’en soit la cause, la Parole de Dieu nous montre que Dieu n’abandonne jamais son peuple, ses enfants. C’est ce qu’il nous dit par la bouche du prophète Ezéchiel. Il est le Seigneur qui reconstruit ce que le malin détruit. Il est un Dieu qui restaure, qui relève, qui pardonne inlassablement.

Souvenons-nous toujours de cette vérité. Aujourd’hui encore, Dieu relève, restaure, reconstruit, soutien ceux qui viennent à lui. Ceux qui comptent sur lui, qui croient en son amour, en sa bonté, en sa fidélité. C’est cette foi qu’il nous faut toujours garder pour faire face à toutes les forces du mal, qui tentent de détruire. N’abandonnons jamais cette espérance.

2°) « Ayons les regards fixés sur Jésus… »

L’auteur de l’épître aux hébreux évoque lui aussi, dans un autre registre, des situations douloureuses auxquelles certains croyants ont été exposés au cours de leur vies. Au chapitre 11, il évoque une foule de personnages de foi tels Noé, Abraham, Moïse… Il souligne que plusieurs d’entre eux ont vaincu le mal, les épreuves par la foi, par leur confiance en Dieu. Puis il complète son propos disant que d’autres, avec la même foi, n’eurent pas la victoire espérée sur leurs épreuves. Ceci pour dire que parfois, le mal a raison de la foi du croyant. Mais il précise que cette « victoire » du mal, lorsqu’elle a lieu, reste bien relative et limitée à cette vie. Qu’elle ne doit pas nous enlever notre espérance. Qu’il nous faut toujours inscrire nos vies dans la perspective de l’éternité.

C’est suite à cela que l’auteur nous donne quelques conseils précieux pour faire face aux épreuves de la vie, aux forces destructrices du mal. En premier lieu, il nous invite à fixer nos regards sur Jésus, à considérer la croix. Considérer que Jésus n’était pas obligé de venir sur terre pour mourir sur la croix. Il l’a fait par amour, avec amour pour tous. Il a tout supporté avec courage, encaissé les coups, supporté l’injustice, la méchanceté humaine, le cynisme, l’hypocrisie, la trahison. Tout ceci pour nous sauver. Il nous rappelle que face à tout cela, Jésus était là en prière, jusqu’à suer du sang dans le jardin de Gethsémani.

Face aux épreuves de la vie, portons toujours nos regards vers ce Jésus-là, celui de la croix. Et demandons-lui sa force.

Puis l’auteur suggère aussi quelque chose qui peut nous paraître choquant, à savoir : la valeur pédagogique de l’épreuve. Oui, l’épreuve est parfois temps de réflexion, de remise en question, d’approfondissement de la foi. « Fortifiez donc vos mains languissantes, et vos genoux affaiblis ». Ne baisse pas les bras, continue à prier, à espérer.

Puis l’auteur passe à un autre registre, celui de la sanctification. « Recherchez la paix avec tous, et la sanctification sans laquelle personne ne verra le Seigneur ». Certes, celui qui croit en Jésus est sanctifié, rendu pur, grâce au sacrifice de la croix. Mais il semble que ce n’est pas à cela que l’auteur pense ici. Il parle de rechercher et non pas de recevoir la sanctification. Il s’agit ici de la sanctification morale du chrétien, de sa recherche à vivre dans l’obéissance à l’Evangile ; de vivre d’une façon conforme. Certes, il y a une sanctification qui nous est donnée en Jésus. Mais il y a aussi une sanctification à rechercher avec le Christ. A savoir : rechercher la paix avec tous, être des hommes et des femmes de paix et non de celles et de ceux qui mettent de l’huile sur le feu. Il s’agit de rejeter toute racine d’amertume. Cette amertume que l’on peut avoir soit envers Dieu, si l’on ne reçoit pas ce que l’on a demandé, ou si l’on n’a pas le « retour sur investissement » attendu. Amertume envers l’un ou l’autre, ou envers l’église. Il n’y a rien de plus destructeur de relation et de vie que l’amertume. Sans parler aussi de la débauche, de la convoitise, la médisance, … des rancœurs, du refus de pardonner, des rivalités… Arrêtons de nous cacher derrière une grâce de Dieu mal comprise, à bon marché, comme le disait si bien Dietritch Bonhoffer.

« La grâce à bon marché est l’ennemie mortelle de notre Eglise. Actuellement dans notre combat, il y va de la grâce qui coûte.

La grâce à bon marché, c’est la grâce considérée comme une marchandise à liquider, le pardon au rabais, la consolation au rabais, le sacrement au rabais. La grâce servant de magasin intarissable à l’Eglise, où des mains inconsidérées puisent pour distribuer sans hésitation, ni limite ; la grâce non tarifée, la grâce qui ne coûte rien. Car on se dit que, selon la nature même de la grâce, la facture est d’avance et définitivement réglée. Sur la foi de cette facture acquittée, on peut tout avoir gratuitement. Les dépenses sont infiniment grandes, par conséquent les possibilités d’utilisation et de dilapidation sont, elles, aussi, infiniment grandes.

La grâce à bon marché, c’est la justification du péché et non point du pécheur. Puisque la grâce fait tout toute seule, tout n’a qu’à rester comme avant. « Toutes nos œuvres sont vaines. » Le monde reste monde et nous demeurons pécheurs « même avec la vie meilleure ». Le monde est justifié par grâce ; il faut donc (en raison du sérieux de cette grâce, pour ne pas résister à cette irremplaçable grâce !) que le chrétien vive comme le reste du monde ! Le chrétien, donc, n’a pas à obéir à Jésus, il n’a qu’à mettre son espoir dans la grâce !

Ceci, c’est la grâce à bon marché.

La grâce qui coûte, c’est le trésor caché dans le champ : à cause de lui, l’homme va et vend joyeusement tout ce qu’il a ; c’est la perle de grand prix ; pour l’acquérir, le marchand abandonne tous ses biens ; c’est la royauté du Christ : à cause d’elle, l’homme s’arrache l’œil qui est pour lui une occasion de chûtes ; c’est l’appel de Jésus-Christ : l’entendant, le disciple abandonne ses filets et le suit.

La grâce qui coûte, c’est l’Evangile qu’il faut toujours chercher à nouveau ; c’est le don pour lequel il faut prier, c’est la porte à laquelle il faut frapper.

Elle coûte parce qu’elle appelle à l’obéissance ; elle est grâce parce qu’elle appelle à l’obéissance à Jésus-Christ ; elle coûte parce qu’elle est, pour l’homme, au prix de sa vie ; elle est grâce parce que, alors seulement, elle fait à l’homme cadeau de la vie ; elle coûte parce qu’elle condamne les péchés, elle est grâce parce qu’elle justifie le pécheur. La grâce coûte cher d’abord parce qu’elle a coûté cher à Dieu, parce qu’elle a coûté à Dieu la vie de son fils -  « Vous avez été acquis à un prix élevé » -  parce que ce qui coûte cher à Dieu ne peut être bon marché pour nous. Elle est grâce d’abord parce que Dieu n’a pas trouvé que son fils fût trop cher pour notre vie, mais qu’il l’a donné pour nous. La grâce qui coûte, c’est l’incarnation de Dieu.

La grâce qui coûte, c’est la grâce en tant qu’elle est le sanctuaire de Dieu qu’il faut protéger du monde, qu’on n’a pas le droit de livrer aux chiens ; aussi est-elle grâce en tant que Parole vivante, Parole de Dieu qu’il prononce lui-même comme il lui plaît. Cette Parole nous atteint sous la forme d’un appel miséricordieux à suivre Jésus sur la voie de l’obéissance, elle se présente à l’esprit angoissé et au cœur abattu sous la forme d’une parole de pardon. La grâce coûte cher parce qu’elle contraint l’homme à se soumettre au joug de l’obéissance à Jésus-Christ, mais c’est une grâce que Jésus dise : « Mon joug est doux et mon fardeau léger. »

Face à l’épreuve, regarder à Jésus et lui rendre grâce pour ce qu’il a fait pour nous. Face à l’épreuve, la sanctification, s’incliner devant Dieu, rechercher sa présence, lui offrir nos vies pour son service.

3°) « Si deux d’entre vous, sur la terre se mettent d’accord… »

Pour finir, Jésus nous rappelle la force de la prière communautaire. La force de la communion dans la prière. Nul besoin d’être très nombreux, deux suffisent. C’est ce qui fait venir sa présence : prier ensemble. Prier ensemble dans le couple, dans la famille, dans l’église. C’est à cela que Jésus nous encourage aussi, face à toutes les situations difficiles que nous pouvons rencontrer. La prière communautaire est une arme efficace contre les forces du mal qui s’acharnent à détruire ce que Dieu a fait et ce qu’il fait aujourd’hui encore.

« Je suis le Seigneur qui reconstruit… »

Face à toutes les forces du mal qui détruisent notre monde et qui font tant de dégâts et dans tous les domaines de la vie,

Dieu se révèle à nous ce matin comme celui qui construit, qui reconstruit, qui restaure celui qui s’approche de lui. Il n’abandonne jamais la partie.

Gardons nos regards sur Jésus. Contemplons-le. Recherchons la sanctification pour le refléter, le glorifier dans ce monde, c’est notre vocation, le sens de cette vie.

Pasteur Joël Mikaélian
10/09/2017

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux