Accueil Messages du Culte Message du culte du 29 octobre 2010- «Quel est le plus grand commandement..?»
Message du culte du 29 octobre 2010- «Quel est le plus grand commandement..?» PDF Print E-mail
Messages du Culte
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Ex. 22. 20 à 26 / 1 Thes. 1. 9 et 10 / Matth. 22. 34 à 40

« Quel est le plus grand commandement… ? »

Question piège posée à Jésus par ses opposants, ceux qui avaient du mal à croire qu’il était le Christ, le Messie, l’envoyé de Dieu. Question piège car il est toujours embarrassant de faire un tri dans la loi de Dieu comme dans la loi tout court. Qui dit plus important, plus grand, peut vouloir dire mettre de côté les autres. Ceux qui posent la question à Jésus connaissent bien la loi et toute sa complexité. Complexité à laquelle ils ont grandement contribué en établissant toute une liste de commandements. Les pharisiens à l’époque de Jésus étaient passés maîtres dans l’art de codifier la vie religieuse et de culpabiliser le peuple. Ici, ils mènent Jésus sur leur domaine de prédilection pour le prendre à défaut. C’est ce que font beaucoup de gens aujourd’hui encore. C’est ce que nous faisons aussi parfois lorsque nous posons certaines questions à Dieu. Sur sa volonté, sa bonté, son amour, sa justice : « si Dieu est amour, pourquoi…, s’il est tout puissant, pourquoi…, s’il est juste, pourquoi… ? » Comment Jésus répond-il à ces questions ? Comment le fait-il ici face à ses détracteurs ? Méditons.

1°) «Jésus lui déclara… »

Tout d’abord, nous voyons que Jésus répond en citant deux textes bibliques très connus. Le fameux «Shema Israël » de Deut. 6. 4 que chaque religieux juif doit réciter chaque jour : « Ecoute Israël ! Le Seigneur notre Dieu est UN. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta force… ». Ainsi que le texte de Lév. 19. 18« Ne te venge pas et ne sois pas rancunier à l’égard des fils de ton peuple : c’est ainsi que tu aimeras ton prochain comme toi-même. C’est moi, le Seigneur ». Cette réponse de Jésus nous enseigne tout d’abord que les réponses à nos questions se trouvent dans la parole de Dieu. C’est là que nous pouvons avoir connaissance du mystère de la vie, de l’immensité de l’amour de Dieu, de la grâce du salut qu’il nous offre en Jésus, de la vanité de cette vie et de la réalité d’une vie éternelle à venir. La Bible, Parole de Dieu est une source d’où nous pouvons puiser tout ce qui nous est nécessaire au salut éternel, et à cette vie. Jésus nous montre ici également que la loi et les prophètes sont liés aussi aux évangiles. Que l’on ne peut dissocier le premier testament du second. Il y a une continuité, une cohérence dans le message de la Bible. Même si plusieurs textes du premier testament semblent parfois contredire le second. Ceux qui cherchent réellement Dieu, la vérité, la vie éternelle, trouvent et trouveront toujours réponse à leur question dans la Parole de Dieu. Même si parfois la réponse pourra être : « Les choses cachées sont à l’Eternel, notre Dieu, les choses révélées sont à nous et à nos enfants, afin que nous mettions en pratique ces paroles… » (Deut. 29. 29).

Par sa réponse, Jésus fait passer également un message important. A savoir qu’on ne peut dissocier l’amour pour Dieu de celui de notre prochain ainsi que de nous-même. Il nous commande d’aimer Dieu, certes, mais aussi ceux qui nous entourent comme nous-même. Les évangiles synoptiques présentent ici des variantes. Chez Marc, c’est un scribe qui pose la question et qui apprécie la réponse de Jésus en la reprenant à son compte. Et Jésus de lui dire « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu ». Chez Luc, c’est un légiste qui pose une question : « Que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? ». Jésus le questionne à son tour et lui fait dire ces mêmes paroles. Puis il conclut en lui disant : « tu as bien répondu. Fais cela et tu auras la vie ». Chez Matthieu, on ne sait rien de la réaction du pharisien. Mais cet ensemble de textes s’accorde pour affirmer cette même vérité, à savoir l’importance d’aimer Dieu et que cet amour nous oblige vis-à-vis de notre prochain.

2°) « Tu aimeras… »

Dans la loi et la pensée des auteurs bibliques, l’amour ne se résume pas à un sentiment, une émotion, une attirance, un « coup de foudre », une parole. Il ne suffit pas de dire : « Seigneur, je t’aime… ». Nous le savons tous. Que ce soit dans le couple, la famille, la société, l’amour ne se définit pas seulement par des paroles. L’amour véritable, est nécessairement un sentiment, une émotion qui se traduit par des actes, des attitudes. Aimer, c’est un choix volontaire qui engage toute la personne. Concernant Dieu, n’oublions pas que notre amour est d’abord réponse à son amour. C’est une réponse au message de la croix, manifestation de l’amour inconditionnel de Dieu, de sa capacité à pardonner, à déclarer juste celui qui se repent et qui croit à la valeur expiatoire du sacrifice du Christ. Aimer Dieu, c’est répondre à son amour et engager tout notre être pour lui. C’est un engagement pour une vie nouvelle. C’est ce que les chrétiens de Thessalonique avaient compris. Parlant de leur foi, l’apôtre Paul leur écrit : « Vous vous êtes tournés vers Dieu en vous détournant des idoles, pour servir le Dieu vivant et véritable, et pour attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité des morts, Jésus, qui nous sauve de la colère à venir » (1Thes. 1. 9 et 10). Aimer Dieu, c’est se tourner vers lui en se détournant de nos idoles. Se détourner du mal, certes, du péché, de la méchanceté, de l’orgueil, de l’égoïsme, de la rancœur… mais pour servir Dieu. Servir en l’adorant, en lui rendant un culte, notre reconnaissance chaque jour. Le servir en étant témoin de son amour, de sa bonté, de sa sainteté, de sa compassion auprès de nos frères et sœurs. Aimer, c’est servir, honorer, respecter Dieu et notre prochain. C’est ce que le Seigneur nous dit dans le texte de l’Exode où il nous demande de ne pas exploiter, opprimer l’émigré, ne pas maltraiter la veuve et l’orphelin, c'est-à-dire les plus faibles et les plus vulnérables, de faire preuve de bienveillance et de générosité envers les nécessiteux… Pourquoi ? « Car vous avez été des émigrés… car je suis compatissant, moi ». dit le Seigneur.

3°) «Et attendre des cieux son Fils, Jésus… »

Aimer, c’est aussi attendre, c’est vivre dans cette attente du retour du Christ. C’est se « languir », c’est prier comme la fin du livre de l’Apocalypse « Amen, viens Seigneur Jésus » (Apoc. 22. 20). C’est attendre celui qui nous délivre de la colère à venir, Jésus. Avons-nous un tel amour, une telle attente, vivons-nous dans une telle attente ?

Conclusion

«Quel est le plus grand commandement… ? »

La réponse de Jésus est claire. Elle nous montre que tout est dans la Parole de Dieu. Que cette parole est source inépuisable de connaissance et réponse à nos questions. Qu’on ne peut dissocier notre amour pour Dieu de celui pour notre prochain. Que cet amour ne peut se limiter à des paroles, mais se traduit obligatoirement par un engagement entier.

Tournons-nous vers Dieu de tout notre cœur si nous ne l’avons pas encore fait.

Ayons toujours soif de mieux le connaître pour mieux l’aimer, mieux aimer notre prochain, mieux le servir dans l’adoration, la louanges, le témoignage, l’aide et le soutien des plus vulnérables, le respect de ceux que le monde en général méprise…

En attendant son retour

Pasteur Joël Mikaélian
29/10/17

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux