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Aller plus loin...

Petit déjeuner des dames du samedi 7 février 2009

Invitée : Stéphanie Fritz 

Bonjour, je vous remercie de m’avoir invitée parmi vous ce matin.

Vous avez souhaité évoquer le sujet du doute en rapport avec la fameuse parole du père de l’enfant possédé : Je crois, viens au secours de mon incrédulité ! J’ai cherché un titre avant même d’avoir commencé ma réflexion et j’ai intitulé ce sujet « Croire, malgré tout». J’étais peut-être ambitieuse et j’ai conscience de mes limites, mais je voudrais partager avec vous quelques-unes de mes réflexions et des choses que j’ai découvertes en ouvrant la Parole de Dieu. J’espère que nous allons pouvoir échanger également des expériences, des conseils, n’hésitez pas surtout à intervenir

Lorsque l’on réfléchit au monde dans lequel nous évoluons, nous pourrions avoir l’impression qu’il est difficile de croire, aujourd’hui plus qu’hier. Rien autour de nous, hors de l’Eglise, ne nous encourage à croire. Il est au contraire de bon ton de remettre tout en question, de tout mettre en doute et de fustiger même ceux qui prétendent avoir une certitude.

Pourtant l’Ecriture elle-même témoigne de la difficulté de croire et de nos limites humaines. Oui, il est difficile pour l’homme de croire, et cela depuis toujours. Mais Oui, croire est possible par la grâce de Dieu et par sa grâce seule.

Je vous invite à ouvrir avec moi vos Bibles dans l’Evangile de Marc, au chapitre 9.

Jésus, Pierre, Jacques et Jean se sont isolés sur une haute montagne. Une expérience marquante attendait les trois disciples. Devant eux, Jésus allait être transfiguré, ses vêtements devinrent d’un blanc plus qu’éclatant, Elie et Moïse sont apparus, enfin, la voix même de Dieu s’est faite entendre. Jésus et ses disciples redescendirent ensuite de la montagne. La gloire de Dieu s’était manifestée avec puissance.

L’épisode qui suit marque un contraste frappant.Nous commençons notre lecture au verset 14 -  (Marc 9.14-29)

Les crises que le jeune homme traverse sont impressionnantes. Cela doit être très éprouvant pour ses parents et son entourage d’assister, impuissants, à ces épisodes. En tant que mère, j’aurais beaucoup de mal à vivre cela. Avoir à chaque fois l’impression que l’enfant va peut-être mourir. Vivre cette angoisse à chaque nouvelle crise. Ma propre fille a fait plusieurs fois des convulsions, et j’avoue qu’à chaque fois, oui, à chaque fois, l’angoisse me saisissait, la peur qu’elle ne respire plus… Il est facile de se mettre à la place de cet homme et de cette femme qui voient leur enfant écumer, grincer des dents, se rouler par terre, se jeter dans le feu ou dans l’eau… voir son propre enfant dans cet état-là !

Alors que la médecine n’avait pas encore fait les progrès qu’elle a faits aujourd’hui, la médecine pourrait peut-être soigner ce jeune homme, mais à ce moment-là, au temps de Jésus, ce couple n’avait aucun diagnostic posé, enfin si, un seul : votre enfant est possédé.

J’imagine que pour les parents, l’état de leur enfant a suscité beaucoup de questions, beaucoup d’incompréhensions. Combien de fois, je me demande combien de fois se sont-ils demandés ce qu’ils avaient fait pour mériter cela ? Qu’ont-ils fait de mal ? Qu’ont-ils donc fait pour mériter cette punition ? De qui est-ce la faute ?


Je me demande également quelles étaient les réflexions des voisins, les remarques des personnes rencontrées dans la rue qui voyaient le fils dans cet état ? Quel regard posaient-ils sur cette famille ?

Ces parents ont certainement entendu parler de Jésus et de ses disciples. Le père est venu, il a prié les disciples de chasser cet esprit. Au chapitre 6, les disciples ont déjà reçu l’autorité sur les esprits impurs, ils auraient dû pouvoir délivrer ce jeune homme. Ils ont même essayé, mais en vain. Lorsque Jésus arrive, le débat est intense, le Seigneur intervient dans la discussion.C’est alors le père de l’enfant qui explique les raisons de cet attroupement. Lorsqu’il explique que les disciples n’ont pas pu libérer son fils, la réaction impatiente de Jésus pourrait surprendre.« Génération sans foi, jusqu’à quand serai-je avec vous ? Jusqu’à quand vous supporterai-je ? » v.19

Le constat de Jésus donne l’impression d’une impatience, peut-être veut-il bousculer son auditoire, mettre les personnes présentes face à leurs limites, les mettre devant le chemin qu’ils doivent encore parcourir pour enfin comprendre. Jésus explique l’échec des disciples un peu plus loin et aussi dans le texte parallèle de Matthieu 17. C’est à la fois le manque de foi des disciples, et peut-être également du père, et parce qu’ils n’ont pas prié avec l’attitude qui convenait que le miracle ne s’est pas opéré plus tôt. Devant ces manquements, dans ses propos, Jésus exprime sa tristesse, son émotion également, mais aussi finalement son amour et sa tendresse. Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand aurez-vous besoin de moi ? Le jour est bientôt là où le Christ ne sera plus là, il faudra bien qu’ils se débrouillent. Le temps de sa mort approche, Jésus voit leurs besoins, si grands encore. Jusqu’à quand sera-t-il avec eux ? Plus pour longtemps. Mais nous avons également une autre réponse, oui, Jésus, est avec nous par son Esprit, parce que nous avons profondément besoin de sa présence. Jésus nous accepte dans notre faiblesse, parce qu’il sait que nous sommes humains, Jésus nous aime ainsi, tels que nous sommes et sa patience à notre égard est infinie. Le Fils de Dieu est descendu de son trône, il est descendu pour tendre la main vers nous. Ici, concrètement, nous le voyons descendre de la montagne de la transfiguration, descendre du lieu où il a pu s’entretenir avec Moïse et Elie, Jésus est redescendu pour rejoindre son peuple. Ici, nous voyons Jésus qui prend le temps de parler avec ce père, de le mener vers la foi, vers la confiance, la véritable confiance. Les disciples n’ont pas encore tout compris, mais Jésus les aime, et les attend patiemment.

Dans sa grandeur, Jésus prend le temps de poser les yeux sur le drame que vit cette famille, une famille dans le monde, un enfant qui souffre. Jésus a le temps de voir cette souffrance. Jésus accepte de s’arrêter.

Aujourd’hui encore, notre Seigneur prend soin de nous et ne nous oublie pas. Pour lui, aucun de nous n’est perdu au milieu des milliards d’êtres humains disséminés sur la terre. Nous sommes des individus, nous sommes chacun une brebis dans le troupeau, une brebis qui vaut la peine que notre Seigneur fasse attention à elle.

Jésus et le père semblent s’être éloignés un peu de la foule pour s’occuper de l’enfant. Le dialogue s’installe. Jésus s’enquiert des symptômes et de leur ancienneté. N’y tenant plus, peut-être à bout de forces, le père lance son appel au secours :« Mais si tu peux faire quelque chose, laisse-toi émouvoir et viens à notre secours ! » Jésus lui dit : « Si tu peux ! Tout est possible pour celui qui croit. » Aussitôt, le père de l’enfant s’écria : « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! »

Jésus renvoie à cet homme la parole de doute qu’il vient de prononcer. Tout est possible à celui qui croit. Et le père alors de faire confession de foi. Il a compris. Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi !

Croire. La vraie foi, celle qui s’abandonne, celle qui s’humilie et qui reconnaît son manque de foi, son incrédulité. Nous croyons, nous croyons que tout est possible, nous croyons que tout est dans ses mains. Croire c’est garder confiance, croire, c’est s’abandonner.

Il arrive que notre foi se teinte d’incrédulité. Des questionnements se dessinent dans notre pensée. Face à l’épreuve, à la souffrance, ne posons-nous pas des questions : Pourquoi ? Jusques à quand ? Nos questions face aux difficultés : Pourquoi ? Jusques à quand ? Dans nos demandes au Seigneur croyons-nous vraiment ?

Croire malgré tout, malgré les apparences. Continuer à croire même quand la guérison n’est pas accordée.


Seigneur, je crois même si j’ai du mal à croire. Je crois en toi, même si mon intelligence essaye de m’en empêcher. Je crois, même si je n’en ai plus la force. Je crois même si je ne sais plus où j’en suis.

Devant Jésus, le père doit faire une rapide introspection. Croit-il ? Croit-il vraiment que Jésus peut guérir son fils ? Croit-il que c’est la volonté de Dieu qui s’accomplira ? Sa réponse fuse immédiatement. Ses traits se sont peut-être détendus, ses yeux se sont-ils illuminés ? Quel apaisement devant cette confession de foi. Je crois ! Viens à mon secours ! Je crois mais j’ai besoin de toi pour croire. Nous croyons, cette affirmation est notre part du chemin, Dieu nous permet de faire la suite, aller plus loin.

Même quand l’esprit est embrouillé, fatigué ou désemparé. Même lorsque la route est semée d’embûches. Croire en Jésus, espérer en Jésus, regarder à Jésus. La patience et l’amour de Dieu sont là. Parfois simplement croire, affirmer notre foi même si les questions se bousculent dans la tête. Affirmer notre foi même quand nous ne le sentons pas, continuer à affirmer, à prier, à attendre.

Mais les moments d’attente sont parfois longs. Savez-vous que Dieu a parlé deux fois à Abraham en 25 ans. Mais Abraham a su garder le cap.

Parfois, nous aimerions que Dieu nous parle directement, clairement, cela nous éviterait bien des tâtonnements, bien des doutes, bien des tracas. Mais Dieu nous aime tant qu’il veut nous apprendre à marcher, et comment un enfant apprendrait-il à marcher si son père ne lui lâche jamais la main ? Dans les moments où nous avons l’impression que Dieu se tait. Continuons à croire et accrochons-nous à ses promesses, à nos expériences passées, à sa parole, à la prière même la plus brève, même la plus simple, même remplie de larmes.

L’aide du Seigneur est là pour nous délivrer de l’angoisse et de la peur. Croire malgré la peur qui peut paralyser. Ta parole Seigneur est une lampe à mes pieds. Ne pas nous laisser paralyser par la peur de l’inconnu, avancer, pas à pas. Ne regarder ni à droite, ni à gauche. Lorsque la souffrance est là, regarder à ses pieds, voir la lumière, même faible, qui éclaire nos pas, un à un.

Dans les mois qui viennent de s’écouler. Qu’ai-je appris, quel chemin parcouru !! Je vois surtout qu’avant l’été, je ne me sentais pas la force d’attendre, et pourtant, Merci Seigneur, car les mois qui me paraissaient insurmontables sont derrière moi. Encore quelques semaines, avant qu’enfin, je connaisse la volonté de Dieu. Qu’est-ce que c’est long ! Merci pour sa présence et son action qui apaise. Le Seigneur est souverain, Seigneur je veux croire, tu es là.

Croire malgré tout : malgré les sentiments, malgré les inquiétudes du temps, malgré les sirènes de notre société qui nous disent « à quoi bon ? »

Ces affirmations sont des ancres pour les moments de doute ou de souffrance. Je crois, ta grâce me suffit ; mon rédempteur est vivant.

Affirmer ce que l’esprit peine à accepter ou à comprendre. Affirmer même lorsque le cœur semble sec. Car le désert se transformera en torrent d’eau vive, cette eau vive qui jaillit jusque dans la vie éternelle. Retrouver le courage auprès de Dieu.

Nous vivons dans un monde pécheur. Et le Seigneur ne nous a jamais promis une vie sans souffrance, sans douleur, sans peine, sans difficultés. Mais il nous a promis qu’il serait avec nous dans la souffrance, dans la douleur, dans la peine. Oui, il est avec nous et ne nous laisse pas. Une lumière qui n’est parfois qu’un lumignon qui fume, une faible étincelle mais qui est là.

Ma prière : Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t’aime. Tu es le souffle qui me manque quand la pente est trop raide. Avec toi, je ne manquerai de rien. Près de toi, je trouve mon repos. En toi, ma paix et ma joie. Éternel, tu es mon berger.
Tu es Dieu, et c'est avec toi que je suis.


Stéphanie Fritz 
 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux