Accueil Aller plus loin... Samedi 5 décembre 2009 - Soif de beauté ?
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Aller plus loin...

Petit déjeuner des dames - Samedi 5 décembre 2009

Intervenante : Celia Evenson

Soif de beauté ?
(1 Pierre 3 v 1-7)

 

T outes les femmes ont envie d'être belles. C'est une étudiante à qui je parlais de ce message qui m'a dit cela. Je ne sais pas ce que vous en pensez. La beauté est une des choses qui définissent la féminité, on appelle bien les femmes le beau sexe. Et pourtant, c'est souvent une source d'angoisses et de souffrances pour les femmes.

On peut souffrir parce qu'on vit la beauté comme une obligation : on peut avoir l'impression que c'est la seule manière d'exister dans le regard des autres, des hommes en particulier. Du coup, on la prend comme une compétition, on devient jalouse des femmes qui semblent plus belles que nous et on méprise celle qu'on trouve moins belles. On fait courir des risques à notre santé et on dépense des sommes folles pour correspondre à un idéal très étroit. Cette angoisse concerne toutes les générations. La chirurgie esthétique n'est plus le tabou qu'elle était il y a quelques années, si on se réfère aux magazines. Il paraît que la majorité des femmes sont insatisfaites de leur corps. Quand j'ai lu ça dans le journal, je me suis demandé si c'était mon cas, et si oui, pourquoi.

Et puis il y ne faut pas oublier que la beauté, c'est notre industrie locale. Paris est la capitale mondiale de la mode et des cosmétiques, alors vivre ici doit forcément avoir un effet sur notre rapport à la beauté. Mais en fait, cette angoisse est universelle. C'est l'histoire de Blanche-Neige : « Miroir ô mon beau miroir, suis-je toujours la plus belle ? » On peut penser que la question de la beauté est frivole, mais la reine était prête à aller jusqu'au meurtre dans son obsession d'être la plus belle. Et nous, à quoi sommes nous prêtes pour être belles ?

Mais à l'inverse, on peut souffrir parce que la beauté est un interdit. Peut-être que dans votre famille, on vous a reproché de vouloir vous faire belle : « fais plutôt tes devoirs au lieu de te pavaner devant le miroir ». Ou on ne vous a jamais fait de compliments sur votre apparence, pour que vous restiez une fille sérieuse. Parfois, ces interdits ont des fondements religieux. Le Christianisme, le judaïsme et l'islam ont tous produit des costumes religieux peu seyants pour les femmes. Officiellement, c'est pour protéger les femmes du désir des hommes, ou les hommes de leurs propres désirs. Mais on a l'impression qu'à force de cacher tout ce qui fait la beauté d'une femme, c'est sa féminité et donc son humanité qui sont niées. Du coup, peut-être que vous trouvez cela comique de parler de beauté dans une réunion chrétienne. La Bible s'intéresse-t-elle à cela ? Dieu a-t-il une réponse à mes angoisses par rapport à mon apparence ?  

Alors pour répondre à ces questions, nous allons lire aujourd'hui un passage qui parle de la beauté féminine, 1 Pierre ch 3 v 1 à 7. Ce passage permet de répondre à trois questions fondamentales : faut-il être belle ? C'est quoi, être belle ? Et comment être belle ? 

1. Faut-il être beau ? v1-2

Pour comprendre ce que l'apôtre Pierre, l'auteur de notre passage, dit aux femmes, il faut le remettre dans le contexte. Pierre est en train d'encourager des chrétiens qui souffrent de l'hostilité de leur entourage. Il donne des principes de conduite par rapport à différentes autorités dans leur vie : les citoyens par rapport à l'Etat, les serviteurs par rapport à leurs maîtres, et maintenant il s'adresse aux femmes par rapport à leur mari. Il les invite à être soumises à leurs maris.

Alors de nos jours la soumission est vue comme quelque chose de dégradant, mais si on lit les versets juste avant, on s'aperçoit que c'est une chose à laquelle sont appelés tous les chrétiens, dans différents contextes, et qui englobe tout simplement le respect accordé librement au responsable d'un groupe. Dans le cadre de la famille, c'est le mari que Dieu tient responsable de la vie du groupe, et il demande donc à la femme de lui faciliter sa tâche de responsable, plutôt que de la lui rendre pénible. On voit bien que dans le verset 7, Dieu demande des comptes au mari. C'est une vision de la famille, qu'on retrouve dans d'autres passages de la Bible, comme une équipe, où chacun à son rôle à jouer, pas une simple collection d'individus où chacun vit sa vie de son côté.

Alors, la réalité, c'est que quand on a un bon responsable, qui est présent, qui a de bonnes valeurs et de bons objectifs, ce n'est pas très difficile de le respecter. A côté de mon travail d'église, je suis assistante de projet dans une entreprise et c'est un véritable plaisir d'être l'assistante de ma chef. Mais parfois, le responsable n'est pas ce qu'il devrait être, et dans ce cas là qu'est-ce qu'on fait ? Pierre envisage une situation très difficile, celle où une chrétienne est mariée avec un homme qui n'obéit pas à la Parole, qui ne croit pas en Jésus-Christ comme elle et donc qui ne veut pas vivre de la même façon qu'elle.

Et la réponse de Pierre à cette situation est surprenante : il invite les femmes, non pas à baisser les bras dans leur couple, mais à soigner leur look ! Pierre dit que les maris peuvent être gagnés, v2, en voyant la conduite pure et respectueuse de leur femme. Si vous vous demandiez où était passée la beauté dans ce message, eh bien nous venons de la retrouver ! Même si le mari ne veut pas écouter un message, il ne pourra pas éviter de voir le comportement de sa femme à son égard. Et si ce qu'il voit est beau, se sera un moyen pour lui de connaître Dieu. C'est ce qui s'est passé avec mes parents d'ailleurs. Mon père m'a dit qu'il a vu un vrai changement en ma mère quand elle a fait une rencontre personnelle avec Jésus-Christ. Et au bout de quelques années, ça a été son tour à lui.

Donc, pour répondre à notre première question, faut-il être belle ? La réponse est oui. Il faut que les femmes soient belles, parce que c'est comme cela que Dieu se fait connaître.

Alors, avant de passer à la deuxième question, je voudrais terminer sur ce qu'est et n'est pas la soumission. Si vous relisez les versets d'avant, sur la soumission aux autorités et aux maîtres, vous verrez que pour Pierre, la soumission, c'est faire le bien. Alors dans le couple, faire le bien, c'est d'abord avoir une attitude pure et respectueuse. La pureté, c'est de ne pas chercher à éveiller de désirs sexuels extérieurs au couple, par sa tenue, mais aussi par ses paroles, son attitude. Si vous voulez savoir si vous êtes soumise à votre mari, il ne faut pas regarder qui conduit la voiture, mais plutôt vous demander si vous avez une attitude pure et respectueuse envers lui. Ou même, le lui demander. Alors je vous conseille de prier avant, parce que ça pourrait être une conversation intéressante. Mais ça en vaut la peine, pour devenir plus belle, non ?

Par contre, la soumission, ce n'est pas se faire complice de choses mauvaises. Ecoutez ce que dit ce même Pierre à Saphira, une femme qui s'était mise d'accord avec son mari pour mentir à l'Eglise au sujet d'un don qu'ils faisaient, dans Actes 5 v 9. « Comment avez-vous pu vous mettre d'accord pour provoquer l'Esprit du Seigneur ! Ceux qui ont enterré ton mari sont à la porte et vont t'enterrer toi aussi. » Il ne l'a pas félicitée d'avoir suivi son mari. Et donc si votre mari fait du trafic de drogue, Dieu ne veut pas que vous soyez sa complice. Si votre mari est violent, envers vous par exemple, ne prenez pas appui sur ce texte pour le laisser faire. Ce n'est pas respecter son mari que d'accepter ses coups. Je touche du doigt très rapidement un sujet douloureux, mais si ça vous concerne, je vous encourage vraiment à en parler avec Magguy, ou avec votre pasteur. Ne pensez pas que l'église cautionne le mal.

Mais revenons à notre deuxième question :

2. C'est quoi, être belle ? v3-4.

Pierre oppose dans les v 3 et 4 deux sources de beauté, les parures extérieures et intérieures. Alors regardons d'abord l'extérieur. En lisant la Bible, en particulier les récits de l'Ancien Testament, on se rend compte que la Bible n'est pas contre la beauté physique, ni contre les bijoux, les beaux vêtements, le maquillage. Job, l'homme de Dieu par excellence, a appelé une de ses filles, que Dieu lui avait donnée pour le consoler, Keren-Happuch, qui veut dire fard à paupières. C'est comme si votre pasteur appelait sa fille Mascara. Il ne faut donc pas comprendre ces versets dans le sens d'une interdiction des parures extérieures. Quand Pierre dit n'ayez pas pour parure ce qui est extérieur, mais la parure cachée du cœur, il ne rejette pas la beauté plastique.

Mais il dit que ce n'est pas comparable avec la parure du cœur, ce n'est pas du tout sur le même plan. D'abord elle donne une beauté inaltérable. Ici, il utilise le même mot qu'au chapitre 1 v 4, où on il est question de la vie éternelle « un héritage qui ne peut ni se détruire, ni se souiller, ni perdre son éclat ». Si seulement on pouvait dire ça de notre beauté... Eh bien, on peut. C'est le même mot. La beauté du cœur est une beauté éternelle ! Pour illustrer la différence entre ces deux parures, prenons l'exemple d'un sapin : décorer un sapin, lui mettre des guirlandes, des boules, des lumières, c'est très joli. Mais si on le coupe pour le décorer, sa beauté va disparaître très rapidement. C'est ce qui arrive chaque Noël. Pour que la beauté d'un sapin dure, il faut qu'il reste planté dans le sol, pour recevoir l'eau et la nourriture. Là, il peut durer des dizaines d'années.

Et ce que Dieu promet ici, c'est une beauté qui dure. Alors c'est une promesse très importante, parce qu'on sait qu'un des principaux défis de la beauté, c'est le temps qui passe. Et même, derrière la question de l'âge, se pose le problème de la mort. Quand j'ai commencé à avoir de plus en plus de cheveux blancs, ça m'a rendue triste, parce que ça me rappelait que je n'étais pas immortelle, et que la beauté que j'avais, elle allait elle aussi disparaître. Alors la promesse d'une beauté qui dure doit vraiment nous réjouir.

Ensuite, c'est la parure du cœur, la parure d'un esprit doux et tranquille, qui rend féminine. Parce que la féminité est une attitude avant d'être des accessoires. Si une femme a une tenue irréprochable mais qu'elle est agressive et angoissée, ça casse la magie tout de suite. Si notre soif de beauté est une soif d'être femme, eh bien c'est notre attitude qui va de loin être le plus important pour y arriver.

Enfin, cette parure permet d'exister dans le regard de Dieu. Elle est d'une grande valeur aux yeux de Dieu. Je vous invite à savourer cette idée. Si j'ai cette parure du cœur, je suis belle aux yeux de mon créateur. Et pour celles qui voudraient que les hommes voient aussi, ne vous inquiétez pas, rappelez vous du verset 2. Le mari ne peut pas s'empêcher de voir le comportement de sa femme. La parure cachée du cœur, elle se voit.

Alors je vais vous avouer quelque chose : en fait, lire ce passage m'a longtemps déprimée, parce que je n'ai pas un esprit doux et tranquille naturellement. De nature, je suis à la fois grande gueule et angoissée. La Parisienne typique, en somme. Est-ce que ça veut dire que je suis condamnée à être moche ? Nous arrivons à la troisième question :

3. Comment est-ce que je peux me faire belle ? v 5-6.

Dans ces versets, il y a une bonne nouvelle : c'est que la beauté n'est pas innée. Et ce n'est pas une question de tempérament, c'est une question de foi. Pierre dit aux femmes chrétiennes de copier les saintes femmes du passé.  Et il donne le secret de leur beauté. Le secret de leur beauté, c'était leur foi. Ces femmes espéraient en Dieu. Elles avaient confiance que Dieu allait tenir ses promesses, et c'est cette confiance qui leur donnait un esprit doux et tranquille. Il donne l'exemple de Sarah, la femme d'Abraham.  Dieu avait promis une terre à Abraham, une descendance et une bénédiction, et il a dit à Abraham de se mettre en route vers ce pays. Et Sarah l'a suivi. Quand elle a obéi à Abraham, c'était pour obéir au commandement de Dieu, parce qu'elle croyait à la promesse de Dieu. Elle a fait preuve de courage, par cette obéissance. Son attitude vis-à-vis de son mari, qui faisait sa beauté, était une conséquence de sa foi en Dieu.

Mais en lisant la Bible, on se rend compte que cette promesse de Dieu concerne quelque chose de beaucoup plus grand qu'un territoire au Moyen-Orient, et qu'elle est faite à tous ceux qui croient. En fait, cette promesse, c'est la promesse qu’un jour Jésus-Christ amènera un monde nouveau, où l'humanité sera en paix avec Dieu et avec elle-même. A la fin de la Bible, dans Apocalypse 21, cette nouvelle humanité est décrite comme une mariée rayonnante aux vêtements somptueux. La promesse de Dieu, c'est que la beauté est notre avenir. Et cet avenir, nous pouvons y croire parce que Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est mort et ressuscité pour le garantir (1 Pierre 1 v5).

La foi chrétienne, c'est la certitude que demain, ma beauté ne va pas se flétrir, mais s'épanouir, que je ne vais pas être invisible, mais aimée, et que je n'ai pas à craindre la concurrence de la beauté des autres parce que c'est tous ceux qui croient, ensemble, qui vont montrer cette beauté.

Alors peut-être qu'aujourd'hui, vous n'y croyez pas, à ces promesses de Dieu, peut-être parce que vous n'en aviez jamais entendu parler avant aujourd'hui. Dans ce passage, Dieu vous offre une beauté éternelle. Alors avant de dire non, imaginez, juste un instant, que ce soit vrai. Ce serait merveilleux. Et demandez à vos amies chrétiennes : pourquoi tu y crois, toi ? Ca vaut la peine de chercher à savoir si c'est vrai.

Et pour celles qui ont cru en Jésus, je vous invite à revenir à cette promesse quand vous luttez avec des complexes sur votre apparence. Rappelez-vous que c'est Dieu qui garantit votre beauté, aujourd'hui, et pour l'éternité. Une femme qui se croit laide ne va pas aborder son apparence de la même façon qu'une femme qui se sait belle. Pour la première, c'est une souffrance, c'est un combat perdu d'avance, alors que pour la deuxième, c'est une joie. Ma prière, c'est que pour vous cela devienne une joie.

Et si vous vous posez des questions pratiques : quels vêtements choisir, combien de temps et d'argent consacrer à son apparence, quel style vestimentaire adopter, si vous avez un esprit doux et tranquille, vous saurez y répondre. Vous ne serez plus paralysée par l'angoisse ou l'orgueil. Ce n'est pas que vous négligerez. Au contraire, ce ne sera plus un problème de changer quelque chose qui ne va pas, d'accepter des conseils de copines qui s'y connaissent. Mais vous saurez si votre tenue est pure. Vous aurez à cœur d'être féminine dans votre tenue, mais aussi en partageant votre temps et votre argent avec les autres. Vous n'aurez pas besoin d'être le centre d'attention pour exister. Vous porterez un regard bienveillant sur la beauté des autres.

Et enfin, pour trouver de l'inspiration, je vous invite à regarder autour de vous les saintes femmes du présent. A qui est-ce que vous voulez ressembler ? Pensez à une femme qui a au moins dix ans de plus que vous, dont vous vous dites : « Tiens, moi je voudrais être comme ça, dans dix ans, à la fois physiquement et moralement, spirituellement ». Demandez-vous « qu'est-ce qui fait qu'elle est comme ça? Qu'est-ce que je peux apprendre d'elle ?». Faites le pour Dieu, mais aussi pour celles qui viennent après vous, qui ont besoin de modèles, d'encouragements dans ce domaine. Qui ont tant besoin de savoir qu'elles sont belles aux yeux de Dieu.

Prions.

Celia Evinson -  Samedi 5 12 2009

 

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux