Accueil Aller plus loin... Petit déjeuner des dames le 08/03/2014 - Et Dieu créa la femme ... pourquoi ?
Petit déjeuner des dames le 08/03/2014 - Et Dieu créa la femme ... pourquoi ? PDF Imprimer Envoyer
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Intervention de Laura Nelson lors du petit déjeuner des dames le samedi 08/03/2014

Et Dieu créa la femme ... pourquoi ?

Q

u'il est dur d'être féministe aujourd'hui ! Il y a 60 ans, c'était plus simple, on luttait pour quelque chose de concret. Les droits des citoyens, le pouvoir de voter, poursuivre une éducation, une carrière, d'avoir les mêmes droits et les mêmes possibilités que les hommes. Mais avec nos droits acquis, que cherchons-nous ? Quelle est la place que nous voulons prendre ? Et là, les féministes d'aujourd'hui, ne sont pas du tout unanimes.
D'un côté, nous voulons dire que nous pouvons faire tout comme les hommes. Aussi bien que les hommes. Pour affirmer cela nous devons gommer toute idée de différence innée. On a peur que différence rime avec inégalité, qu'on finira comme dans certains pays, sans avoir le droit de conduire une voiture. Certaines féministes affirment que toute différence homme-femme est le résultat d'éducation, de pression culturelle. Maintenant on parle même d'enseigner ce point de vue aux élèves. Selon certains, nos corps physiques, équipement sexuel, chromosomes x ou y, ne déterminent en rien notre genre, nos comportements, notre vie relationnelle et nos préférences sexuelles.

Mais, d'un autre côté, nous sommes nombreuses à constater des vraies différences, et nous n'avons pas envie de les gommer.  Même si on apprécie les nouvelles héroïnes Disney (Raiponce, Fiona, ...) ou les Bond girls qui sont aussi performantes que 007 lui-même, nous avons envie que les hommes soient un petit peu des héros. Qu'ils nous traitent avec respect et tendresse. Qu'ils puissent nous proposer leur place dans le métro sans que ce soit vu comme une accusation de faiblesse, ni une tentative de nous draguer. En même temps que la théorie du genre avançait, John Gray vendait ses livres « les hommes viennent de mars, les femmes de vénus » par millions d’exemplaires. Nombreux ont été les couples à se dire « waow, c'est moi ! C'est toi ! Le truc des hommes qui veulent tout régler, les femmes qui veulent parler,  ... ». En fait, ces généralités pitoyables et simplistes... correspondent un peu à la réalité ! Pas sans exception, pas parfaitement, mais ça parle ! Et puis les enfants, on les voit, dans toute leur diversité et complexité, résister avec aplomb aux efforts de les rendre politiquement corrects. Ma petite Lucie a 3 grands frères. Elle a grandi entourée de petites voitures et de Légo. Du coup elle chantait « allez les bleus » comme une brute avant 2 ans. Mais, même si elle aime suivre ses frères, et que l'éducation a son impact, elle est profondément différente. Elle est fille elle aime le rose, les princesses, les mariages. Elle a envie de jouer avec les autres, pas en concurrence. Elle est Lucie, pas une fille « copié-collé » comme toute fille. Elle est unique et résiste aux stéréotypes, mais elle est profondément fille et pas garçon.

Comment conjuguer ces deux envies alors ? Comment trouver sa place de femme aujourd'hui ? Comment élever nos enfants ? Comment vivre en harmonie avec les hommes ? Nous ne voulons pas affirmer une différence qui mène aux stéréotypes et à une inégalité. Mais nous voulons garder la richesse de la différence qui existe et mieux la vivre.

Face à cette impasse, je vous propose quelque chose de radical. Que nous regardions une histoire poétique qui date d'il y a au moins 4000 ans. Pour certaines ici c'est très logique de chercher des réponses dans la Bible. Ce sont des paroles inspirées, qui expliquent l'intention de notre créateur, et qui donnent les réponses aux questions actuelles. Mais pour d'autres il n'y a rien de logique. Ce texte vient d'une culture et période fortement patriarcale, voire misogyne. C'est un texte parmi des centaines de textes poétiques et symboliques qui essayent de donner une explication des origines de la vie humaine. Pourquoi lui accorder cette importance ? Deux raisons de le prendre au sérieux. L'avis de quelqu’un de très fiable, et la cohérence du texte avec le monde qu'il décrit.

D’abord, Jésus, l'homme qui a réellement existé il y a 2000 ans et qui a bousculé le monde par sa vie et son enseignement, il a basé ses explications de la vie, et notamment des relations homme-femme, sur ce texte. Il l'a cité à plusieurs reprises et ses disciples ont fait comme lui.

La deuxième raison est que ce texte est unique et surprenant. Même s'il existe d'autres textes pour expliquer les origines de la création, celui-ci est  bien différent, et beaucoup (comme moi) ont trouvé qu'il donne du sens à notre expérience de ce monde.

Lire le livre de la Genèse

On a la création de tout : les étoiles, le soleil, la mer, les animaux …  et l'apogée c'est la création de l'homme et de la femme (v 26 à 28). Tous les deux sont créés à l'image de Dieu. Et il donne sa bénédiction et ses instructions à tous les deux, ensemble. On commence sur une base d'égalité et de destin partagé. Il n'y a rien sur les différences. A la base, l'humanité, qu'on soit homme ou femme, adulte ou enfant, français ou finlandais, génération X ou Y, milliardaire ou SDF, nous avons la même valeur, la même vocation, la même place devant Dieu. Tout ce qui vient après est secondaire. Mais il y a bien des choses après, et c'est quand même important ! Au ch. 2 l'auteur revient à ce moment fort de la création du premier couple. Il donne plus de détails, de commentaires. Il change l'angle de la camera. Il la met en ralenti. Et c'est ici qu'on trouve une explication de pourquoi Dieu ne s'arrête pas à Adam. Pourquoi il y avait besoin d'Eve. Et d’Anne, et de Jade, et d’Agnès, et de Julia depuis.

Parce qu’il y a un besoin. D'abord on voit un besoin de personne en général (v5) la création est en suspens. Tout est prêt mais il manque le toucher humain.

Ce potentiel qui n'attend que le toucher humain me fait penser à ces kits chics qu'on peut acheter pour faire des cookies. Dans un bocal en verre tu vois des ingrédients par couche.... il faut juste quelqu'un pour verser, mélanger et cuire. Quel potentiel non-réalisé ; des cookies délicieux à portée de main ! Tout ce qu'il faut c'est le toucher humain (et 10 euros.. c'est de l'arnaque !).

En Gen 2.5 la création est en suspens. Quel potentiel non-réalisé. On attend l'homme.

Donc Dieu crée l'homme et v15, il le met dans le jardin pour travailler. Mais... v18. Il y a encore un problème, un besoin. Après le récit de la création où à chaque fois que Dieu crée une étoile ou une créature il se réjouit en voyant que c'était bon. V18, ça cloche. Comment ça ? Quelque chose qui n'est pas bon ? Oui. Ce n'est pas bon que l'homme soit seul.

Nous avons l'habitude de lire cela comme une référence à la solitude. Pauvre petit Adam n'a pas d'amis donc il lui faut quelqu’un pour être son nounours. Mais le texte ne parle pas de sentiment de solitude. Il ne lui manque pas uniquement un compagnon, mais un co-équipier. Il est devant une tâche formidable, de gérer cette création qui lui est confiée, et il n'est pas capable de le faire tout seul. Comme le dit Lydia Jaeger « S'il y a manque ici, il se situe du côté de l'homme ! » Donc Dieu dit, sans une implication d'infériorité par rapport à celle qui allait venir : « je lui ferai une aide qui soit son vis-à-vis » (v18).

Comme moi, vous avez peut-être mangé trop de galettes ces dernières semaines. La tradition dans beaucoup de familles c'est que le roi qui trouve la fève a le droit de choisir une reine. Un voisin nous a raconté que lui a grandi dans une famille où ils étaient 5 frères et ils avaient adapté la tradition. Chez eux, le roi avait le droit de choisir un premier ministre.

Quand on pense à Adam qui est seul, qui a besoin de quelqu’un, et Dieu lui crée la femme, on a parfois l'impression que c'est comme le roi qui choisit sa reine la plus jolie, pour un rôle plutôt décoratif, mi-nounours, mi-objet de déco. Mais son besoin est pour une aide dans cette tâche difficile. C'est une reine qui est à la fois premier ministre. Il a besoin d'elle. Le mot traduit « aide » est EZER, un mot souvent utilisé pour Dieu qui vient au secours de son peuple. C'est plus aide militaire qu’aide ménagère. Le mot ne signifie en rien infériorité. Les hommes ne sont pas bien sans nous. Ils ont besoin de notre aide.

Pendant les JO on devient fan des sports dont on ignorait complètement l'existence. Moi j'aime regarder l'aviron. En aviron, mon préféré est le deux sans barreur, c'est un bateau à deux rameurs en pointe (c'est-à-dire avec une rame simple chacun). C'est un vrai défi de coordination parce que sans que personne ne donne le rythme, le duo doit tirer avec la même force et régularité pour que le bateau avance tout droit. Imaginez que seulement un sur deux de l'équipe se pointe pour une course. Il ne peut pas faire grande chose. La tâche nécessite le duo. Tout seul, que va-t-il se passer ? Il va tourner en rond. Peut-être à une certaine vitesse, mais sans avancer ! Adam, avant la création d'Eve est un peu comme ce sportif solitaire. Il n'est que la moitié de l'équipe. Et son partenaire est indispensable. Le complément dont il a besoin. Dieu nous a créées pour être cet aide indispensable.

Il y a ici un message très important par rapport au mariage. Le mariage selon la bible n'est pas principalement une solution à un problème de solitude. Tu peux être marié et te sentir très seul. Le mariage, à la base, c'est la solution de Dieu afin de pouvoir le servir au mieux et de s'occuper de son monde en équipe. Un couple qui vit face à face, focalisé sur l'autre peut être égoïste et malsain. Et en tout cas un conjoint ne peut jamais te donner tout ce que tu cherches. Le couple qu'on trouve ici, c'est un couple uni mais, main dans la main, face au monde, avec des projets ensemble. Bref, une bénédiction pour ceux qui les entourent. C'est un rappel utile pour tout couple.

Mais la création de la femme en tant qu'aide ne s'arrête pas au mariage. Dans tous les domaines, nous sommes créés pour être une équipe. Les domaines où les hommes gèrent sans notre soutien et secours (parfois) sont destinés à en souffrir. Dieu a vu que Adam sans Eve ; ce n'était pas bon. Alors à nous de prendre nos places, sans mépris. Nous, les femmes sommes, parfois, les championnes pour aider avec un air de martyr ou pire un air de « maman qui est encore une fois obligée de nettoyer après son garçon qui crée des dégâts partout ». Nous devons aider sans écraser, sans mépriser, mais avec la confiance que Dieu nous a créées pour être le co-équipier parfaitement adapté et nécessaire pour un travail efficace et complet.

Mais, on n'a vu que la moitié de cette phrase au v18. Dieu a créé la femme pour être une aide, son vis-à-vis. Très intéressant ce mot traduit vis-à-vis « kenegdo » en hébreu. Cela veut dire littéralement « comme en face de lui ». Il y a l'idée d'être semblable et à la fois différent. Parfaitement adapté. Complémentaire mais pas identique. Donc si être son aide parle du fait que nous sommes co-équipiers avec une tâche commune, être son vis-à-vis parle de cette correspondance entre les sexes. Nous sommes plus que des partenaires dans une entreprise.

Vous avez peut-être remarqué dans le récit que les autres créatures ne suffisent pas (v18 à 20). Et Dieu ne créé pas un autre homme. S'il manquait simplement de main d'œuvre dans le jardin un deuxième homme aurait été plus efficace non ? La femme est le complément parfaitement adapté. Son vis-à-vis. Regardons v 21, la réponse d'Adam à la création d'Eve. Il est ravi. Exactement ce qu'il lui fallait. Même la symbolique de sa création, à partir de sa côte, parle de leur complémentarité. Il lui manque quelque chose et elle le complète. Leur union est en fait un ré-union. Comme deux morceaux d'un puzzle.

Il paraît que dans certaines entreprises, il y a une pression de nier son côté femme pour être plus respectée, performante ? D'être aussi dures que des collègues masculins. Si on a des bébés de faire semblant de récupérer toute de suite. Retourner au travail ultra-rapidement. Ne jamais parler de sa vie de famille ou pas en présence des hommes. Avoir honte de proposer des choses qui pourraient être perçues comme féminines. Nous sommes créés différents. Pour se compléter.  C'est justement en acceptant cette différence qu'on est le plus performant, que l'entreprise peut avancer d'une façon durable, pas construite sur des choix trop risqués dans un but de gagner et toute de suite. Que la famille peut se construire avec tout le bien qui vient de cette altérité et cet équilibre, un père, une mère. Que l'église peut adorer Dieu et refléter Dieu avec plus de vérité, de dimension. Et le servir avec plus d'équilibre.

Notre thème, ce matin, pose la question : pourquoi ? Ce mot a deux sens : pourquoi, dans quel but. On a vu la réponse c’est pour être l'aide de l'homme et son vis-à-vis. Mais le deuxième sens du « pourquoi » est de demander pour quelle raison. Pourquoi Dieu a-t-il créé les êtres humains, et la plupart des êtres vivants sexués ? Ca l'amuse de nous voir passer trop de temps à comprendre l'autre moitié de la planète ? Il nous a handicapés pour que nous soyons obligés de travailler ensemble (comme dans un exercice de séminaire où tu donnes à certains des fourchettes et à d'autres des couteaux) ? Pourquoi ne pas avoir créé plein de hommes-femmes, complets, pareils, autonomes. (Ad-eve ou Evam). Les escargots sont hermaphrodites... pourquoi pas nous ? Ce serait plus simple. Moins rigolo, mais plus efficace. Ce « pourquoi » est parfois une question enfantine, à laquelle Dieu ne donne pas ses raisons. Mais ce n'est pas le cas pour celle-ci. Dieu nous donne plein d'indices pour comprendre pourquoi il a choisi de nous créer différents. Et la réponse à ce dernier 'pourquoi' aidera celles qui ont toujours un soupçon profond que être « seconde » est forcément être inférieure.

Le premier indice se trouve au ch 1.26.  Avant de créer l'homme et la femme Dieu dit « faisons l'homme à notre image, à notre ressemblance... Dieu créa l'homme à son image. Il créa l'homme et la femme. » Jusque là on a toujours la même formule pour l'acte de création « Dieu dit, que la terre produise, ou qu'il y ait... ». Mais ici est différent : Dieu parle à lui-même et de lui-même au pluriel. Comme si la création des êtres humains différenciés faisait référence à une pluralité au sein de la divinité. Tout cela resterait implicite, si ce n'était que le reste de la Bible le rend explicite. Pour le voir on va regarder un texte du nouveau testament. (1 Cor 11). C'est dans une lettre où Paul s'adresse à une église avec plein de problèmes. Entre-autres il paraît qu'il y avait des tendances à gommer les différences hommes-femmes. Très actuel ! Mais c'est un texte qui parle des pratiques culturelles qui nous sont étrangères. Et savoir comment l'appliquer aujourd'hui n’est pas évident.  Mais ce matin on ne s'intéresse pas aux détails de ce qu'on portait sur la tête ou pas à l'époque. Pour notre thème ce qui nous intéresse c'est ce que Paul dit sur ce qui est derrière les relations homme-femmes.

Au verset 3, trois relations sont mises en parallèle. L'homme et la femme, Dieu et le Christ, et Christ et tout homme.

Pour que l'humanité soit réellement à l'image de Dieu, il fallait une différentiation. Un homme-qui-fait-tout pourrait refléter l'existence d'un Dieu solitaire. Mais seulement une humanité différenciée et relationnelle serait capable de refléter un Dieu qui est plusieurs personnes unies. Dieu n'est pas devenu Père quand Jésus est né à Nazareth il y a 2000 ans. Il a toujours été Père, Fils et Saint Esprit. Avant de créer le monde notre Dieu, le Dieu de la Bible, vivait déjà et parfaitement en amour, bonté, joie, générosité. Il ne souffrait pas de solitude ! C'est ce qu'on appelle la doctrine de la Trinité. Ce titre nous donne envie de s'endormir, mais à quel tort !! Au lieu d'être une doctrine un peu difficile qu'on rajoute à notre conception de Dieu, c'est à la fois génial et évident que le Dieu créateur soit comme ça. Son amour pour nous n'est pas un sentiment nouveau. C'est le débordement de l'amour que le Père a pour son fils, et le fils pour son Père dans l'Esprit Saint. Et dans cette communion joyeuse et parfaite il y a trois personnes qui ne sont pas identiques. Il y a un ordre, sans hiérarchie de valeur, mais un ordre. Le Père envoie le fils et pas l'inverse. Il lui donne tout. Le Fils obéit avec joie à son Père. L'esprit nous dirige vers Christ. Des rôles différents mais dans une égalité absolue. L'un n'est pas plus ou moins Dieu que l'autre ! Et on voit partout dans la création les indices que notre Créateur n'est pas une divinité solitaire. Le monde qu'il a créé est bourré de diversités et de relations, et au cœur de cette création, nous, hommes et femmes, égaux et différents, interdépendants, à l'image de notre créateur qui est Père, Fils et Saint Esprit. Paul met en parallèle la relation entre l'homme et la femme, et la relation entre Dieu et Christ (Père et Fils). Nos différences ne sont pas un jeu cruel, ni un problème à surmonter. Nos différences sont indispensables pour refléter et comprendre le Dieu qui est amour, qui contient en son sein l'ultime relation ordonnée et unie, différenciés et entre égaux. C'est cette relation entre Dieu le Père et son Fils qui donne le sens à ce mot « chef » qui peut, sinon, paraître trop fort.

Les films 3D me donnent mal à la tête en général, mais j'ai vraiment apprécié le film Gravity il y quelques mois. Pour rendre une réalité aussi époustouflante en perspective que la terre vue de l'espace il faut une image 3D.

Voilà notre réponse. Nous somme créés à l'image de Dieu. Pour rendre une réalité aussi époustouflante et dimensionnée que le Dieu qui est Père, Fils et Saint Esprit, il faut une image 3D, vivante, relationnelle, différenciée.

Ce n'est pas que les femmes sont inférieures. Les hommes ont parfois trouvé dans cet 'ordre'  un prétexte pour le mépris et l'abus, physique ou émotionnel. Cette idée est impossible si on pense à comment Dieu le Père est envers son fils. Il veut tout donner pour son bien. Il l'aime, il l'honore. Si les hommes agissaient comme lui, on serait toutes des femmes épanouies ! Une autre citation de Lydia Jaeger : « L'ordre entre l'homme et la femme ne se durcit pas en hiérarchie car il n'est pas la dernière vérité quant aux sexes ». (cf v11 - 12)

Donc, nous ne trouvons pas une liste de charactéristiques féminines et masculines dans la bible. Il ne s'agit pas de stéréotypes ni de règles fixes, rose et bleu, poupées et Légos. Ce n'est pas, comme dans la couture, un patron à découper et à suivre. C'est une danse. Une façon de vivre ensemble à l'imitation de ce Créateur qui est lui-même différencié, avec initiation et réponse, responsabilité et soutien, amour et respect. Des relations d'égalité mais qui restent asymétriques.

Grand bibliste Henri Blocher « Le Créateur a bien pesé les avantages respectifs du masculin et du féminin ; la balance est moins inégale qu'on croit ; chacun, homme et femme, vit plus aisément une dimension de la part humaine, être en image de Dieu : le représenter et lui correspondre. »

Je veux qu'on s'arrête là un moment, sur cette idée d'un Dieu qui est Père Fils et Saint Esprit. Je me demande si la raison qui nous empêche souvent de nous approcher de Dieu et de nous engager davantage dans une vie de foi, c'est tout simplement qu'il ne nous donne pas envie. Dans notre conception Dieu est lointain, froid, même colérique. Peut-être votre premier sentiment par rapport à Dieu est peur ou même indifférence ? On a du mal à croire qu'il veut nous connaître, qu'il nous aime, qu'il est bon. Jésus Christ nous a révélé un Dieu qui est et qui a toujours été un tendre Père, généreux, plein de compassion, tout sauf solitaire et distant. Et si vous n'êtes pas convaincues, regardez pour une dernière fois 1 Cor 11.3

Vous avez remarqué que il y a 3 relations mises en parallèle en 1 Cor 11, et je n'ai rien dit sur la dernière : Christ et nous, « tout homme ». Il y a une troisième altérité, un vis-à-vis qui explique ce que Dieu avait déjà en tête lors de la création d’Adam et d'Eve. Ce matin nous avons commencé dans le premier chapitre de la Bible, on finira dans le dernier. A la fin de l’Apocalypse, Jean a une vision de l'église (c'est à dire toutes les personnes qui appartiennent à Jésus, il ne parle pas d'institution ou bâtiment.) Et cette église, elle est comme une épouse magnifique qui est enfin réunie à son époux. Voilà. Même si en lui-même Dieu a tous les attributs du féminin et du masculin, envers nous il est l'époux qui prend l'initiative de nous aimer, de nous sauver. Donc pour nous tous, hommes ou femmes, l'essentiel c'est de faire partie de cette épouse. Dans cette dernière altérité nous sommes tous « elle »  (homme et femme !) envers « lui », l'époux. C'est l'ultime ré-union.

Peut-être que tu as du mal à te retrouver dans cette première histoire d'amour de Genèse 2. Le mariage terrestre ne fait pas partie de ta vie pour l'instant ou ton expérience du mariage t'a même déçue/dégoûtée... Mais chacune peut se retrouver dans cette deuxième histoire d'amour qui est, en fait, l'histoire de toute la Bible. Un héros qui vient, non de Mars, mais de très loin, pour chercher, trouver, et se sacrifier pour gagner sa future épouse. Et cette deuxième histoire d'amour qui va durer. Tout mariage humain n'est que l'amuse-bouche pour nous donner envie de ceci qui est le plat principal !

L'amour de Jésus-Christ est finalement le seul sur lequel on peut compter : qui nous permet de s'épanouir, qu'on soit homme ou femme, célibataire ou marié.

Le seul moyen sûr de trouver l'épanouissement féminin c'est de dire à Christ « je veux t'appartenir » et de poursuivre cette amitié toute sa vie. C'est pour cela que Dieu a créé la femme. Chaque femme. Oui, nous avons ce rôle de vis-à-vis, d'aide, mais finalement le but de cette altérité c'est de nous rappeler sans cesse que l'altérité se trouve au cœur de l'univers, au cœur de Dieu. Il est réellement amour et il veut nous connaître, nous aimer, nous chérir. Nous les femmes, on parle beaucoup de liberté, d'égalité. Je vous suggère que la vraie liberté se trouve en soumission joyeuse à ce Dieu d'amour.  Et que la vraie égalité se trouve en faisant tous partie de l'épouse du Christ. Je laisse le dernier mot à l'apôtre Paul dans un autre texte. Galates 3.28

« Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus Christ. »

Laura Nelson

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux