Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 15 juin 2008 - Voyant la foule, il fut ému de compassion...
Culte du dimanche 15 juin 2008 - Voyant la foule, il fut ému de compassion... PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Jérémie 31 : 16 à 20
Romains 5 : 8 à 11
Matthieu 9 : 36 à 38

« Voyant la foule, il fut ému de compassion… »

Quelle espérance, quel avenir pour notre monde ? Difficile, en ces temps de crise, de trouver raison d’espérer, de croire à quelque chose de bon hormis la jouissance de ce qu’on peut avoir au jour le jour. « Mangeons et buvons car demain nous mourrons. » Cette parole ancienne est devenue aujourd’hui, pour beaucoup, un mode de vie. Et il semble que de plus en plus, les chrétiens aussi se laissant séduire par ce mode de vie. Sacrifier à l'idole de la consommation, ou à défaut, sombrer dans le découragement et la dépression. Quelle espérance, quel avenir pour nous, notre monde ? Quelle orientation nous donner, autre que celle que nous venons d’évoquer ? La Parole de Dieu est une parole d’espérance, une parole de vie. Ouvrons nos cœurs à cette Parole.

I. Voyant la foule, il fut ému de compassion : C’est bien là notre espérance chrétienne. Notre raison d’espérer envers et contre tout, quelles que soient les situations que nous vivons, les crises que nous traversons ; qu’elles soient d’ordre personnelles, familiales, communautaires ou mondiales. Notre raison d’espérer, c’est bien l’Amour, la compassion de Dieu à l’égard de l’humanité en général et à notre égard en particulier. Rien ne peut changer l’Amour et la Compassion de Dieu, cela fait partie de ses attributs immuables.

1. C’est parce qu’il sait que Dieu est Amour, que Jérémie transmet au peuple cette parole du Seigneur : « Il y a de l’espérance pour ton avenir ». Quelle espérance ? Alors que tout est fini, que Jérusalem est détruite, que le peuple est en captivité… Quelle espérance dans cette crise ? Crise collective dont tous ne sont pas responsable ! L’espérance, c’est l’Amour du Seigneur, sa compassion. C’est ce Dieu qui à la fois corrige ceux qui s’égarent, et qui souffre au plus profond de lui-même face à leur malheur et leur souffrance. L'espérance, c'est ce Dieu qui dit, en toutes circonstances « Ephraïm est pour moi un fils chéri, un enfant qui fait mes délices, plus je parle de lui, plus encore son souvenir est en moi ». C’est ce Dieu qui dit « J’aurai pitié de lui… ». Il ne peut pas en être autrement. Et dès qu’il entend la prière de son peuple « Fais moi revenir et je reviendrai… », c’est un nouvel avenir qui s’ouvre alors pour lui car il ne se lasse pas de pardonner à ceux qui se repentent.

2. C’est aussi cette Vérité que l’apôtre Paul rappelle aux chrétiens de Rome. Preuve de la nature extraordinaire, surnaturelle de l’Amour de Dieu : Christ est mort pour nous, par amour, alors que nous étions pécheurs ! Un autre texte dit que nous étions ennemis de Dieu. C’est bien là le statut de l’homme, tant qu’il ne s’est pas converti au Christ, né de nouveau par la foi dans son sacrifice, justifié par son sang. Un ennemi de Dieu. C’est bien ce que nous étions avant notre conversion, notre prise de conscience. C’est peut-être ce que nous sommes encore si nous n’avons pas cette foi.  Notre espérance, c’est de savoir que nous sommes aimés, et pour l’Eternité, Sauvés. Notre espérance, c’est de savoir que quoi qu’il arrive il m’aimera toujours et que :. Si je m’éloigne, il n’espère que mon retour.. Si je pèche, il n’attend que mon repentir.. Si je souffre, il en souffre lui aussi. Il n'est jamais indifférent à ce que je vis.

3. C’est de tout cela que Jésus est venu rendre témoignage. Sa vie de compassion, ses gestes, ses paroles, même devant ceux qui l’ont crucifié, témoigne de cet Amour, de ce Pardon, de cette compassion qui surpasse tout. C’est là notre raison d’espérer toujours ! Jusque dans l’Eternité !

II. «Voyant la foule… » Jésus fut ému de compassion. Il voit des hommes et des femmes languissants, abattus, comme des brebis sans bergers. Il voit des hommes et des femmes perdus, sans espoir dans leur souffrance. Une foule de gens, livrés aux aléas de la vie, sans direction, dans une grande désolation, comme si tout était fini. C’est bien ce que le Seigneur voit. C’est bien ce qui l’émeut. Mais ce n’est pas tout ce qu’il voit. Le Seigneur ne s’arrête pas à l’émotion, à une sorte de compassion qui dirait : « Que c’est triste ! » « Quel dommage !» Non. Le Seigneur voit aussi une « grande moisson ». Il voit une foule d’hommes et de femmes prête à croire, prête à recevoir le message de l’Evangile. Une foule prête à accepter, à se laisser toucher par l’Amour de Dieu, son Pardon, le Salut éternel en Jésus Christ. Il voit une espérance énorme dans cette foule en crise, qui parait ne plus rien attendre de la vie. Il voit une espérance de vie, de salut, un avenir éternel ! Puis, il voit aussi le manque d’ouvriers, de témoins, de messagers. D’où l’invitation qu’il fait à ses disciples : « Priez le maître de la moisson pour qu'il envoi des ouvrier dans sa moisson » « Priez … et allez ». C’est ce qu’il leur dira clairement le jour de son ascension. Ce qui veut dire aussi que la prière est un engagement ou bien elle n’est que « parole » en l’air !

III. Quelle orientation nous donner devant ces textes, devant le monde en crise, devant nos crises ? Nos découragements, nos souffrances, nos égarements ?

1. Espérer encore et toujours en Christ. Il y a toujours de l’espérance en lui, que ce soit pour l’avenir proche comme lointain, jusque dans l’éternité. Il nous faut espérer et fonder cette espérance sur l’Amour immuable de Dieu, sa compassion immense, la puissance de son Amour. Et si nous sommes encore ennemi de Dieu, réconcilions-nous avec lui. Devenons « Ami » de Dieu.

2. Partager le regard du Christ sur la foule. Le Seigneur nous invite à partager ce même regard sur notre monde et sur ceux qui nous entourent aujourd’hui. A y voir non seulement un monde en crise, en souffrance et sans avenir, mais à y voir aussi, une grande moisson, des hommes et des femmes prêts à se laisser toucher par l’Amour de Dieu. Des hommes et des femmes en attente, de salut.

3. Priez … et allez. N’en restons pas aux constats, aux paroles ou aux idées. Mettons-nous à l’action aussi. Prions pour les serviteurs de Dieu. Prions pour que d’autre se lèvent. Et en priant, sentons-nous concernés aussi, quelle que soit la forme de notre engagement et de notre témoignage. Nous sommes concernés. Voyant la foule, il fut ému de compassion Quelle grâce que ce regard de Dieu. Quelle espérance dans ce regard. Quel encouragement à partager ce regard d’Amour avec ceux qui nous entourent et qui l’ignorent ou le rejettent.

Pasteur Joël Mikaélian
Dimanche 15 juin 2008

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux