Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 15 février 2009 - "Si tu le veux..."
Culte du dimanche 15 février 2009 - "Si tu le veux..." PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte
Lévitique 13 : 45 et 46 - Lire le passage
Marc 1 : 40 à 45 - Lire le passage
Jacques 4 : 13 à 17 - Lire le passage

« Si tu le veux… »


« Si Dieu le veut ! Dieu voulant… ! » Depuis mon enfance, ces formules résonnent dans mon cœur. Je les ai entendues maintes fois dans la bouche de mes parents, ou de celles de tous ces « anciens », qui ont marqué ma vie par leur foi, leur confiance en l’Amour et en la bonté de Dieu. Il est vrai que cette formule, qui a tendance à clore l’expression de tous nos souhaits, toutes nos projections sur l’avenir, nous rappelle que tout dépend de la volonté de Dieu. Que nul d’entre-nous ne maîtrise le lendemain, la seconde qui suit ! C’est que Dieu dirige. Mais cette formule, suggère aussi, qu’il y aurait des choses que Dieu ne veut pas !! Ne voudrait pas ! Chaque fois que je dis « Si Dieu le veut, » je sous entend aussi « qu’il se peut qu’il ne le veuille pas ! » Et que je m’y soumets ! 

Mais, qu’est ce que Dieu veut ? Qu’est ce qu’il ne veut pas ? Y aurait-il des choses que Dieu ne veut pas, que je demande ou je fais pourtant ? Comment discerner et vivre dans la paix, dans cette soumission heureuse et confiante, avec l’espérance du lendemain ? Méditons à partir de l’histoire de ce lépreux que Jésus va guérir.

I. « Si tu le veux, tu peux me rendre pur. » Telle est la requête adressée à Jésus, par un lépreux, alors qu’il se jette à genoux devant lui.


1. L’Ancien Testament, nous révèle combien cette maladie de la lèpre et ses conséquences était terrible pour les juifs de l’époque. Cette maladie, qui existe encore de nos jours dans certains pays, avait pour conséquences de grandes souffrances, ainsi que l’exclusion la plus totale, l’isolement, parce que les juifs considéraient qu’elle était une maladie contagieuse. Le lépreux était privé de tout, privé même de l’affection des siens, condamné à errer tout en proclamant sa maladie. Ces situations devaient être intolérables pour ceux qui les vivaient, comme pour leur entourage aussi. Seule la guérison pouvait mettre fin à la souffrance, et permettre une réintégration, sans passer outre les précautions d’usage drastiques que nous rapporte le livre des Lévitique.


2. C’est à cause de ces caractéristiques particulières, que la lèpre a souvent été utilisée par les commentateurs du Nouveau Testament et les prédicateurs, comme une image du péché. Mais rien dans les textes bibliques ne permet de faire ce rapprochement. Jésus s’est même élevé contre cette tendance à vouloir sans cesse relier péché et maladie dans une relation de cause à effet. C’est une erreur. C’est pourquoi, ce n’est qu’avec cette précaution d’usage que je ferai ce rapprochement. Il est vrai que le péché, est un peu comme la lèpre. Le péché nous exclue de la communion avec Dieu. Il nous prive de la cité de Dieu, de la gloire de Dieu. Il nous exclue parfois de la communion de l’Eglise. Il détruit notre vie spirituelle et nous mène à la mort. Mais, c’est là où les images ont leurs limites, si l’homme peut humainement guérir de la lèpre, il ne peut se guérir lui-même du péché et de la mort. C’est seulement par la foi en l’œuvre accomplie par Christ à la croix qu’il peut en être guéri. C’est le seul remède à cette terrible maladie.


3. Tel ce lépreux, qui se jette à genoux devant Jésus, ayons ce courage, cette force, cette audace, cette humilité de nous approcher de Lui afin d’être pardonnés, purifiés de tous nos péchés, même les plus petits. Réalisons que le péché, quelle que soit sa forme, ou son nom, nous prive de la pleine communion avec Dieu, nous isole de Dieu et de nos frères, nous exclue tant qu’il n’est pas confessé et abandonné. Approchons-nous, comme ce lépreux, avec foi et supplication « Si tu le veux, Seigneur, tu peux me rendre pur… »

 

II. Je le veux, sois pur, voilà ce que Dieu veut. Voilà sa volonté pourrait-on dire ! Emu de compassion, nous dit le texte, Jésus étend sa main, touche celui que nul n’osait approcher et encore moins toucher. Et c’est le miracle.


1. Le Seigneur ne peut rester indifférent à la souffrance de cet homme, comme à son désir profond d’en sortir ! En effet, cet homme n’est pas un résigné, un fataliste, qui dirait « Si Dieu le veut » comme il dirait « Advienne que pourra ». Non, il y va de toute sa force, de tout son être, de toute sa foi ! Il prend le risque de sortir de son isolement, de braver le regard de la foule et la condamnation des autorités religieuses. Cet homme, n’est pas non plus de ceux qui s’enferment dans leur souffrance, de ceux qui se « victimisent », qui trouvent même là, une source de réconfort, une consolation. Cet homme n’est pas non plus de ceux qui cherchent des coupables, des boucs émissaires à sa situation de souffrance. NON : Il est seul devant le Christ, il ne regarde pas aux autres. Il ne se complait pas dans sa souffrance. Il est seul, et il en veut ! Il veut sortir de sa situation épouvantable.


2. « Je le veux, sois, pur… » S’il y a bien quelque chose que le Seigneur veut, c’est bien de nous purifier, de nous libérer du péché et de ses conséquences désastreuses, nous libérer du mal, de la condamnation, de la culpabilité. Il veut nous libérer de nos mauvaises habitudes, de nos réactions mauvaises, de nos blessures, comme de notre tendance à blesser. Il veut nous libérer de nos amertumes, de nos rancunes, de nos impatiences, de nos intolérances et de notre orgueil qui nous fait croire que nous avons toujours raison. Il veut nous libérer de nos épreuves, ou de nous donner la force de les supporter dans la paix. S’il y a bien quelque chose que Dieu veut, c’est bien celle-là, d’abord et avant tout, plus que tout « je le veux, sois pur… ». Afin que nous soyons sauvés, pour l’Eternité avec lui. Afin que nous vivions en paix, en espérance, en confiance dans cette vie ; toujours réconciliés avec lui et les uns avec les autres. 


* Par contre, s’il y a bien quelque chose que Dieu ne veut pas, c’est tout ce mal dont il veut nous affranchir. C’est ce mal qui existe dans ce monde, qui nous touche et nous atteint aussi parfois. C’est tout ce mal qu’il ne veut pas.


3. Tel ce lépreux, seul devant le Seigneur, crions sans cesse à lui. Avec force, audace, foi, « Si tu le veux…tu peux ». « Je crois, Seigneur que tout est possible pour toi. Je soumets toutes choses à ta volonté souveraine, et je crois qu’elle est bonne ». Ne nous enfermons jamais dans nos épreuves comme dans nos péchés. Le Seigneur a assez de compassion pour se laisser émouvoir par nos requêtes sincères. Apportons-lui nos péchés, nos erreurs, nos souffrances, nos épreuves comme tous nos désirs.

 

III. Cet homme s’en étant allé, se mit à publier la chose…


Au-delà des recommandations de Jésus, cet homme va témoigner de ce qu’il a vécu. Il ne peut garder la chose pour lui, même si Jésus, ici, comme ailleurs, ne souhaite pas être pris pour un « guérisseur » parmi tant d’autres. Afin que l’accent soit toujours mis sur l’essentiel de sa mission : le salut des âmes. Cet homme témoigne quand même. Et nous invite par là aussi, à témoigner de la Bonne Nouvelle de l’Evangile autour de nous.

 

Conclusion : « Si tu le veux… »


« Si Dieu le veut », Cette formule suggère bien qu’il y a des choses que Dieu veut et d’autres qu’il ne veut pas. Ne les confondons jamais. Apprenons à les discerner et à faire notre part, afin de vivre et de rester toujours dans sa volonté. C’est de loin le meilleur pour nous. 


Apprenons à demander ce que Dieu veut, et à rejeter ce qu’il ne veut pas.


Pasteur Joël Mikaélian
Dimanche 15 février 2009

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux