Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 13 septembre 2009 - "Si quelqu'un veut venir après moi..."
Culte du dimanche 13 septembre 2009 - "Si quelqu'un veut venir après moi..." PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Esaïe 50 : 5 à 9 / Jacques 2 : 14 à 18 / Marc 8 : 27 à 35

« Si quelqu’un veut venir après moi… »

L es textes que nous venons de lire nous invitent ce matin à réfléchir, à méditer, et à nous laisser interpeller quant à l’état ou la nature de notre foi. Notre foi est-elle vivante ou morte ? Qu’en est-il de ses œuvres ? Sont-elles visibles, invisibles, ou absentes ? Aurions-nous une foi semblable à celle des démons ? Le Christ nous dirait-il comme à Pierre « Arrière de moi Satan… » ? Ou bien « Tu es heureux, Simon fils de Jonas… » Pourquoi un tel contraste dans les paroles de Jésus ? Quel serait son propos à notre sujet, au sujet de notre foi ? Que veut-il me dire à travers sa Parole aujourd’hui ?


I. « J’ai livré mon dos à ceux qui me frappaient… »

1. Le troisième chant du Serviteur qui commence au chapitre 50 du livre d’Esaïe, nous parle du prix de notre salut, de notre éternité. Cette révélation au sujet des souffrances du Christ culmine au chapitre 53 qui débute par une question : « Qui a cru… ? ». Qui a cru cette chose incroyable ? Qu’un Dieu puissant et fort, un Dieu tout autre que ses créatures, un Dieu dont nul être humain ne peut mesurer la science, la sagesse, la grandeur de son être et de son Amour… Qui a cru, qui pourrait croire qu’un tel Dieu, se livre à ses créatures pour les sauver ? Se livre à leur mépris, leur méchanceté, à leurs crachats, leurs coups, leur arrogance… ?

2. C’est pourtant bien ce qui s’est passé. Le Christ a été ce Serviteur souffrant, venu pour nous sauver. Il a livré son dos aux fouets, son visage aux crachats, ses oreilles aux insultes et à l’arrogance des humains. Et du coup, suivre le Christ implique alors d’emprunter le même chemin de souffrances ! C’est bien ce que Jésus suggère lorsqu’il invite ses disciples à le suivre. Lorsqu’il parle de renoncer à soi et de prendre sa croix. Ce qui n’est guère réjouissant, avouons-le !

3. Et c’est là que plusieurs disent : Si suivre le Christ, c’est ça, alors, on n’en veut pas ; ou on préfère le suivre de loin, prendre ce qui nous arrange et laisser le reste à d’autres. Ainsi, l’on met de côté tout ce qui concerne l’aspect de « renoncement » ou de « croix » auquel Jésus fait référence. Un aspect qui nous rebute naturellement parce que « renoncer » c’est accepter volontairement de perdre ce à quoi je tiens (Ma liberté de penser et de faire, mon bien-être, ma tranquillité, mes ambitions familiales ou professionnelles, mon amour propre, ma susceptibilité, mes droits, mes résistances face à un engagement que Dieu me demande de prendre,…) Renoncer, c’est dur ! Il est dur de lâcher, de donner, de se donner, d’accepter de perdre. C’est là que la foi meurt, qu’elle ne produit plus rien de bon, qu’elle n’a plus de saveur, quelle ne sert plus à rien. « La foi sans les œuvres est morte… inutile… » dit Jacques. « Celui qui voudra sauver sa vie… la perdra… » dit Jésus.

II. « J’ai livré mon dos… mais le Seigneur, l’Eternel m’a secouru… » « Il me secourra… »

1. Mais tout ne s’arrête pas là. Et c’est précisément lorsque nous nous arrêtons, face à la souffrance, ou que nous nous enfermons dans une sorte de dolorisme ou de résignation, que nous faisons fausse route et notre foi avec. Elle devient morte. Le Serviteur souffrant du livre d’Esaïe, n’en reste pas à sa souffrance. Il n’en reste pas à évoquer seulement ce à quoi il a renoncé : sa gloire, sa position divine, ses droits divins, sa force et sa toute puissance. Il évoque également le secours de Dieu, secours qu’il a expérimenté et qu’il sait qu’il expérimentera toujours. Il affirme avec force que le mal, l’injustice, la méchanceté… tout ce qu’il subit volontairement, n’aura pas le dernier mot. Mais que c’est Dieu qui aura le dernier mot. La délivrance est, et sera toujours là pour celui qui a confiance en ce Dieu Juste.

2. De même, Jésus parle de ses souffrances, de sa mort, mais de sa résurrection aussi. C’est ce que Pierre a dû omettre, ou a dû avoir du mal à croire. C’est peut-être cette compréhension partielle des paroles de Jésus qui le pousse à le reprendre : « A Dieu ne plaise, cela ne t’arrivera pas… ». Mais qu'est-ce qui n’arrivera pas ? La mort ? La résurrection ? Pierre pense certainement à la croix, la souffrance. Il n’en veut pas pour Jésus. Il n’en veut pas pour lui. « Arrière de moi, Satan… ! » dira Jésus.

3. Suivre le Christ, ce n’est pas seulement prendre sa croix et renoncer à soi, mais c’est aussi croire, espérer dans la toute puissance de Dieu. Croire en la résurrection, mais aussi croire tous les impossibles, tous les inattendus, tout ce qui est humainement impensable. C’est croire avec certitude que Dieu secourt toujours, qu’il secourra toujours ceux qui le suivent. Et volontairement, je ne dis pas ici : « ceux qui croient en lui », mais « ceux qui le suivent », parce que les textes nous rappellent qu’il y a « croire et croire », que « même les démons croient en Dieu et ils tremblent… ! » Il y a toujours du secours pour ceux qui suivent le Christ et qui lui obéissent.

III. « Il en est ainsi de la foi… » dit Jacques, « si elle n’a pas les œuvres, elle est morte ».

Au-delà de la polémique qui a agité l’Eglise depuis ses origines, à propos du salut par la foi ou par les œuvres, les textes de ce jour nous invitent à un examen sérieux sur la nature et l’état de notre foi. La foi qui sauve est certes, celle qui croit à l’œuvre du Christ sur la croix, au pardon des péchés, à la libération de toute condamnation en Christ. La foi qui sauve est aussi celle qui accepte le renoncement et la croix. Et c’est celle qui produit des œuvres. C’est celle qui agit efficacement dans le monde, celle qui croit à la résurrection, et à tous les « impossibles » en Christ. (Ex. Abraham et Rahab). Notons ici que les œuvres de la foi dont il est question, ne sont pas à confondre avec un certain humanisme. Avec toutes ces œuvres humanitaires et sociales qui sont louables, mais qui demeurent humaines (Jacques ne donne qu’une image ici). Au-delà de ces œuvres que tout un chacun peut produire (croyant comme non croyant) ce que le Christ demande à ses disciples, c’est de faire d’abord « œuvre de renoncement ». Il n’y a pas de foi vivante sans renoncement, sans obéissance. Vouloir ou prétendre vivre une foi vivante sans renoncement, c’est comme vouloir faire germer une graine sans quelle meure ! Il n’y a pas d’œuvre de foi, sans renoncement. Comme il n’y a pas de foi véritable, de foi qui sauve, sans ces œuvres produites par la foi de celui qui croit en Christ, et qui le suit en renoncement à lui-même. Les renoncements ne sont pas à confondre aussi avec les difficultés et les souffrances de la vie que tout un chacun rencontre, il s’agit d’actions volontaires, de renoncements que l’on s’impose pour suivre le Christ.

Conclusion : « Si quelqu’un veut venir après moi… »

Le Seigneur nous invite chacun ce matin, à commencer un chemin avec lui par la conversion et la foi. Il nous invite à ranimer notre foi si elle est morte, ou si elle se meurt en renonçant à des choses auxquelles on tient, en acceptant la souffrance, le prix de l’obéissance, tout en allant au-delà de la souffrance, vers la vie et l’espérance. Il nous invite à le suivre réellement avec une foi vivante, productive d’Amour, de Solidarité, de Générosité, de Consécration à son œuvre, à l’Eglise et à ses œuvres. Est-ce bien là, la nature de notre foi ?

Pasteur Joël Mikaélian
Dimanche 13 septembre 2009

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux