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Culte du dimanche 28 décembre 2009 - "La généalogie de Jésus" PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

LA GÉNÉALOGIE DE JÉSUS

Matthieu 1.1-17 

A utour de Noël, un certain nombre de textes de la Bible ont été lus dans toutes les églises de France et de Navarre. Marie, Joseph, Hérode, les bergers, les mages, les anges, Anne, Siméon... une foule de gens ont été cités ou mis en scène par les enfants.

Dans la plupart des fêtes de Noël, on ne lit pas le début de l'évangile de Matthieu. D'abord, avec tous ces noms, c'est difficile à lire. Puis, surtout, on ne voit pas trop à quoi ça sert. Dans votre culte personnel, vous l'avez sauté plus d'une fois, n'est-ce pas ?

Pourtant, nous croyons que le Saint-Esprit a inspiré toutes les pages de la Bible, y compris celle-ci. On va donc la lire, et on va voir ce qu'elle nous dit.

Lecture : Matthieu 1.1-17.

L'aboutissement du temps

Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d'Abraham. C'est une liste d'ancêtres qui s'étale sur trois fois quatorze générations, jusqu'à l'époque d'Abraham. Cela faisait environ 2000 ans. Une amie d'Ozoir-la-Ferrière a un ancêtre protestant qui a échappé au massacre de la Saint-Barthélemy en 1572, il y a 20 générations. La famille Grimaldi, qui sont les princes de Monaco, remonte jusqu'au XIIe siècle. Quelques personnes peuvent remonter plus loin encore. Mais qui est-ce qui arrive à établir une généalogie aussi ancienne? Ce n'est pas le petit peuple. Ce sont des gens qui ont le sens de l'histoire et des traditions, généralement des gens qui sont attachés à une terre, des nobles, des gens importants.

En Israël, les généalogies étaient très importantes pour déterminer la lignée des prêtres, des Lévites et des rois. Avec tant de bouleversements, de massacres, de déportations au cours de leur histoire, beaucoup d'Israélites ont dû perdre la trace de leurs ancêtres. Mais on a conservé la filiation des descendants de David, ou de certains de ces descendants.

Vous voyez l'ancienneté de la généalogie de Jésus-Christ ? Cette longue liste de noms nous fait comprendre qu'il est quelqu'un d'important. Sa venue se préparait depuis des siècles.

Avec la venue de Jésus-Christ, vous avez l'aboutissement de toute l'histoire du peuple juif. Dans cette généalogie nous trouvons les patriarches, Abraham, Isaac et Jacob. Vous avez les douze tribus, avec Juda et ses frères. Vous avez tous les rois descendant de David, jusqu'à la chute de Jérusalem en 586 avant Jésus-Christ. Vous avez deux des personnages du retour de l'exil, Chéaltiel et Zorobabel. Et puis une foule de gens que la grande histoire a laissés de côté, jusqu'à l'époque de Jésus. A travers toutes ces années, Dieu préparait le moment où son Messie entrerait dans le monde. Ce n'est pas un hasard si Jésus est né du temps de César Auguste. Lorsque les temps furent accomplis, Dieu a envoyé son Fils, dira l'apôtre Paul. Jésus, c'est l'aboutissement du temps. Le plan de Dieu est en train de se réaliser.

Est-ce que Dieu est capable de mener à bien son plan pour notre vie ? Dans le long terme, dans la durée ? Malgré nos échecs ? Absolument !

Jésus : Juif

Généalogie de Jésus-Christ, fils d'Abraham. Jésus est donc solidaire d'un peuple, le peuple juif. Il n'est pas Européen, il n'est pas Africain, il est originaire d'un petit peuple d'Asie occidentale. Il n'y a pas d'être humain neutre. On est d'abord soit homme soit femme, Jésus n'aurait pas pu être entre les deux. On a des parents, une origine, une histoire. L'histoire de Jésus était juive. Dieu s'était révélé à ce peuple. Il l'avait préparé à être le peuple du Messie. Dieu a promis qu'Abraham serait une source d'une bénédiction pour les nations de la terre entière, et avec Jésus ce projet se réalise. Chose promise, chose due.

Est-ce que Dieu tient ses promesses aujourd'hui ? Pour vous, avec votre histoire ?

Jésus : Roi

Généalogie de Jésus-Christ, fils de David. Dieu avait promis à David un trône éternel. Et effectivement, de David à Yékonia, sur plus de 400 ans, les ancêtres de Jésus-Christ sont tous des rois. Ensuite est venue la déportation à Babylone, et la dynastie de David a disparu. La promesse de Dieu serait tombée à l'eau. Sauf que tous les Juifs savaient que Dieu enverrait un deuxième David, le rejeton de David, un plus grand que David, l'un de ses descendants qui serait le Sauveur de son peuple. Ce fils de David, on l'attendait. On l'appelait le Messie, c'est à dire celui que Dieu a oint d'huile pour être roi.

La généalogie de l'Évangile de Luc passe par Nathan, frère de Salomon et fils de David. C'est peut-être la lignée la plus directe, la plus biologique.

Matthieu montre comment la royauté a été transmise jusqu'à Jésus : c'est plus officiel, il s'agit de la transmission d'un droit, suivant une ligne qui connaît sans doute des zigzags, comme la généalogie des rois de France. Joseph, par exemple, n'est pas le père biologique de Jésus, mais bien son père légal. Il s'agit donc de la transmission d'un héritage, c'est la filiation officielle, légale. A d'autres endroits de la généalogie, si on fait des comparaisons à droite et à gauche dans la Bible, on peut constater que Matthieu ne nomme pas tous les pères biologiques. Il veut montrer comment Jésus est devenu l'héritier d'un trône. Les promesses faites au roi David se réalisent en Jésus-Christ.

La naissance de Jésus n'était pas celle d'un roi. Sa cour était composé de paysans et d'étrangers. La vie de Jésus n'était pas celle d'un roi non plus, sa mort encore moins. Et pourtant il disait aux gens : Aujourd'hui, avec moi, le Royaume de Dieu est venu vers vous. On aurait aimé qu'il soit un roi libérateur. Il est venu incognito nous libérer du péché. Et Matthieu, qui nous parle aujourd'hui dans la première page de son Évangile, était de ceux qui ont vu que Jésus était réellement roi.

Est-ce qu'il est roi pour nous ? Et s'il est roi, où est l'obéissance qui lui est due ?

Jésus : solidaire de ses ancêtres pécheurs

Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d'Abraham. C'était des ancêtres glorieux, n'est-ce pas ? Pas des hommes parfaits, on le sait, mais tout de même des géants de la foi. D'autres sur la liste étaient comme eux : Josias, par exemple. Mais d'autres sont de vraies ordures. Le roi Manassé a assassiné deux de ses propres enfants en les brûlant vifs en sacrifice au dieu païen Moloch. Il a rempli Jérusalem de sang. Lui aussi est un ancêtre de Jésus-Christ. Qu'est-ce que cela veut dire ?

Cela veut dire que Jésus-Christ est solidaire d'un peuple de pécheurs. Lui-même est sans péché, mais il naît au sein d'un peuple de pécheurs.

Qu'on le veuille ou non, nous sommes solidaires de nos ancêtres. Ils nous transmettent certains traits physiques, certaines dispositions de caractère, une certaine situation dans la vie peut-être. Cela peut être dans les gènes, ou dans l'éducation qui passe d'une génération à une autre. Il y a toute une science qui s'appelle la psycho-généalogie qui aide les gens à identifier des aspects de leur héritage qui les influencent encore aujourd'hui.

Nos ancêtres nous influencent... mais nous ne sommes pas obligés de subir ces influences. Nous pouvons poser des barrières, nous pouvons rompre avec le passé. Apprendre à ne pas être violent. Choisir de servir Dieu au lieu de servir Mamon. Tous les humains recueillent l'héritage d'Adam. Mais si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature.

Par Marie sur le plan biologique et par Joseph par la voie de l'adoption, Jésus était solidaire d'ancêtres pas toujours recommandables. Mais il n'en était pas psychologiquement esclave. Il était libre. Et, dans les faits, sans péché.

De quelle façon sommes-nous tributaires de nos ancêtres ? Y a-t-il des parts d'héritage qu'il faut refuser ?

Jésus : solidaire de quatre femmes hors cadre

Quatre femmes sont nommées dans la généalogie de Jésus. C'est déjà intéressant, parce que les femmes étaient largement négligées dans la vie religieuse en Israël. Il n'était pas du tout nécessaire de les citer ici. Mais de quelles femmes s'agit-il ? De Tamar : celle qui s'est déguisée en prostituée pour piéger son beau-père et avoir un enfant avec lui. Cet enfant, il est là, au verset 3, il s'appelle Péretz. Puis vient Rahab, la prostituée de Jéricho, une Cananéenne. Puis Ruth, qui, elle, était une femme honorable, mais étrangère, Moabite, à priori exclue de la communauté d'Israël. Puis ces mots terribles, au verset 6 : le roi David engendra Salomon de la femme d'Urie. Pour que tout le monde se rappelle que David a dû se débarrasser d'un mari gênant pour camoufler son adultère. Urie était un immigré, un Hittite au service de David : la traîtrise de David n'en était que plus grave.

Pourquoi Matthieu tient-il à rappeler à ses lecteurs toutes ces femmes hors cadre ? Pourquoi ces quatre femmes sont-elles nommées dans la généalogie du Messie ? Pour nous dire que le plan de Dieu s'est poursuivi malgré le péché. La promesse de Dieu est plus forte que le péché. Le péché n'a pas disparu : mais Dieu est allé plus loin. Et le message de l'Évangile est justement pour ceux qui se croiraient exclus, comme Ruth l'étrangère, comme Rahab la prostituée de Canaan, comme Bathchéba, qui était peut-être complice du meurtre de son mari et qui a pu croire que son péché était impardonnable. Jésus est venu au sein d'un peuple de pécheurs pour sauver les pécheurs.

Dans l'Épitre aux Hébreux il y a un verset merveilleux. Au sujet de Jésus il est dit : Il n'a pas honte de les appeler ses frères. Moi j'aurais eu honte. Mais pas le Seigneur.

Est-ce qu'il y a parmi nous des gens qui ressentent le poids de leur péché ? Qui se sentent exclus ? Qui ont honte d'eux-mêmes ? Jésus est venu parmi des gens comme nous, pour des gens comme nous.

Jésus : Dieu est avec nous

Au début de la généalogie, nous lisons : Abraham engendra Isaac ; Isaac engendra Jacob ; Jacob engendra Juda et ses frères, etc. Mais tout à la fin de la liste, la présentation change : Mathan engendra Jacob ; Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ. Matthieu ne dit pas : Joseph engendra Jésus. Non. Il sait que Joseph est le père légal, nous l'avons dit. Il sait en même temps que Joseph n'est pas le père biologique de Jésus. Marie est sa mère, mais il n'a pas de père humain. La suite du chapitre le dira.

Pourquoi Jésus devait-il naître d'une vierge ? Pas pour marquer une rupture avec le péché. Jésus s'est identifié aux pécheurs, il a porté nos péchés en son corps sur le bois ! Pas non plus parce que Dieu désapprouverait les relations maritales. Il les a voulues ! Non, la naissance miraculeuse de Jésus a une autre raison. Elle est un signe. Elle est un miracle qui nous dit : Attention ! Il y a ici quelque chose de spécial. C'est même un signe annoncé d’avance, chez le prophète Esaïe. Un signe de quoi alors ?

C'est le signe que Dieu est en train de répondre à la prière de trois fois quatorze générations de croyants. Déjà du temps d'Esaïe la simple annonce de ce signe devait rassurer le peuple en confirmant que Dieu était réellement avec eux. Ils n'avaient rien à craindre. Dieu maintiendrait la maison du roi David. Dieu était avec eux. Et quand enfin le signe se réalisera, 730 ans après Esaïe, Matthieu en rappelle le sens : IMMANOU-EL : avec nous Dieu.

Avec qui ? Avec des Juifs et des étrangers. Avec des rois et des paysans. Avec des pécheurs, pour nous sauver de nos péchés. Avec nous, pour nous, de notre bord, de notre côté.

Est-ce que nous voyons Dieu comme cela ? Ou est-ce que nous le voyons comme un Père Fouettard, rabat-joie, vengeur, impitoyable ? Il est vrai qu'il a ses exigences. Jésus est roi. Mais la Bonne Nouvelle, c'est que Dieu est avec nous. Si nous le savons, c'est grâce à Jésus. C'est grâce, entre autres, à la généalogie de Matthieu.

Amen.

Gordon Margery

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux