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Culte du dimanche 14 mars 2010 - SHEMA ISRAËL PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

SHEMA ISRAËL

Deutéronome 6 v.4-9 - Lire le passage
Deutéronome 11 v.13-21 - Lire le passage
Nombres 15 v.37-41 - Lire le passage


Je vous propose de commencer cette méditation par un retour dans le temps. L’histoire se passe en 1405 avant Jésus-Christ. C’est le mois de janvier ou de février.  Moïse avoisine les 120 ans. Il sait que la fin de sa vie est proche alors il prend le temps de bien terminer ce qui lui tient le plus à cœur. Il profite d’un petit moment de calme pour finir d’écrire son livre. C’est déjà son cinquième. Ce livre est composé d’un ensemble de discours qu’il a fait ces 40 dernières années. Et parmi ces discours il y a ces trois textes. Ils forment à eux trois une prière appelée le « shema Israël » qui se traduit en français par « écoute Israël ».

 

Cette prière est considérée par l’ensemble du peuple juif comme étant la profession de foi du judaïsme. Elle est dite le matin au moment du levé, le soir au moment du couché et sur le lit de mort. C’est cette prière qui rythme au quotidien la vie d’un juif orthodoxe. Alors certes nous ne sommes pas juif mais nous croyons nous aussi qu’il s’agit de la parole de Dieu et donc que nous pouvons en tirer un enseignement essentiel pour notre vie. Si ces trois textes sont si importants dans le judaïsme c’est parce qu’ils résument en quelques mots le fondement de cette religion.

Le premier élément fondamental c’est que Dieu est UN. Nous sommes dans une période où le monde entier est polythéiste et nous voyons là un peuple qui se tourne vers un seul et unique Dieu. Ce qui est pour l’époque une pure folie. Le deuxième élément fondamental c’est la loi. Et comme l’a dit Jésus toute la loi est résumée dans ce commandement qui dit « tu aimeras l’Eternel, ton Dieu de tout ton cœur de toute ton âme et de toute ta force ». Le troisième élément important c’est la bénédiction qui découlera de l’obéissance du peuple à la loi de Dieu. Nous allons donc essayer de faire ressortir du texte un enseignement pour nos vies.

 

Un seul et unique Dieu :

« Ecoute, Israël ! L’Eternel, notre Dieu, est le seul Eternel. » On peut aussi comprendre la fin de ce verset par l’Eternel notre Dieu, est UN. Cette affirmation nous annonce qu’il y a un seul est unique Dieu. Il est un. Si il est un c’est qu’il n’y a pas de division en lui. Dieu est UN. Et nous rencontrons là un problème. Un problème que le judaïsme s’est empressé de soulever. Si Dieu est UN il ne peut donc pas y avoir de Trinité. Ce qu’il faut comprendre c’est que ce UN nous dévoile avant tout une notion d’unité et d’unicité. Il y a en Dieu une unité relationnelle. Trois personnes divines qui communient parfaitement en un seul et unique être. Nous rencontrons la même notion en Genèse 2 verset 24 lorsque Dieu dit « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. » L’homme et la femme sont appelés à vivre une communion parfaite au sein du couple mais il peut y avoir division parce que l’homme est habité par le péché. Nous voyons donc dans ce premier verset que Moïse annonce d’une manière claire la réalité du monothéisme tout en ne rejetant pas le concept de Trinité.

Ce qui doit nous émouvoir dans ce texte c’est le terme « notre Dieu ». On voit un peuple qui était esclave en Egypte et qui devait d’une manière ou d’une autre se soumettre aux divinités du pays. C’était la loi de l’époque. Quand un peuple était vaincu, c’était les dieux des vaincus qui se soumettaient devant les dieux du vainqueur. Le peuple hébreu n’était pas soumit à leurs dieux. En disant l’Eternel notre Dieu ils affirment que derrière leur liberté il y a un seul est unique Dieu. Et ce Dieu n’est pas le Dieu des égyptiens ou d’une autre nation. Nous voyons donc un seul et unique Dieu faire face à une multitude de divinités égyptiennes.

A l’image du peuple hébreu qui a été libéré de l’esclavage en Egypte, nous enfants de Dieu nous sommes libérés de l’esclavage du péché. En nous libérant il nous adopte dans sa famille et nous faisons partis de son peuple. Ainsi c’est l’Eternel NOTRE Dieu qui nous a libérés du péché et non une quelconque divinité païenne.


La loi de Moïse :

La loi a une place centrale dans ces textes, comme dans l’ensemble de l’ancien testament. La loi est l’expression de l’alliance de Dieu avec le peuple juif. Mais c’est surtout un ensemble d’enseignements qui nous mène à réfléchir sur comment vivre une vie qui honore Dieu. Ce qu’il y a de flagrant dans ces textes ce sont les moyens que l’homme doit mettre en œuvre pour se souvenir de la loi de Dieu. Au verset 8 nous lisons « Tu les lieras comme un signe sur tes mains, et ils seront comme des fronteaux entre tes yeux ». Je ne sais pas si vous avez déjà vu un juif qui prie mais il lui arrive de mettre une lanière en cuir autour du bras et un boîtier sur le front. C’est tout simplement pour accomplir cette parole. Au verset 9 nous lisons « Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes ». Là encore devant chaque maison juive vous trouverez sur le linteau un petit tube qui renferme ce passage de la Torah. Puis dans le livre des Nombres nous voyons que Dieu ordonne aux Israélites de faire une frange au bord des vêtements pour se souvenir de ses commandements. Aujourd’hui encore nous pouvons voir que ce commandement est toujours respecté par les juifs orthodoxes.

Jésus nous enseigne que toute la loi peut être résumée dans deux commandements. Et l’un des deux est « tu aimeras l’Eternel, ton Dieu de tout ton cœur de toute ton âme et de toute ta force ». Ce que j’aime dans ce commandement c’est que Dieu demande un investissement total à l’homme. En disant de tout ton cœur il demande à l’homme que son cœur ne soit pas divisé à son égard. En lui disant de toute ton âme il lui demande de l’aimer tout en sachant que c’est lui qui reprendra un jour son âme. Et en lui disant de toute ta force il demande un amour sans mesure qui ne dépend pas de sa faiblesse du moment mais d’avantage de sa volonté.

Mais nous en tant que chrétien nous avons souvent du mal à nous positionner face à la loi. Que devons nous faire ? Est-ce qu’on doit être soumis à la loi ? Est ce qu’on ne doit pas y faire attention, puisque Jésus a tout accompli ? Que faire ? Je pense qu’il faut ce rappeler que Jésus n’est pas venu pour abolir la loi mais pour l’accomplir et l’accomplir définitivement. Nous n’avons plus le devoir d’accomplir la loi mais d’imiter Christ dans nos vies. D’avoir une vie qui honore Dieu, et que par ce témoignage hommes et femmes puissent se tourner vers Dieu. La loi a une réelle force. Elle nous donne des limites et des directives pour nos vies. Nous sommes appelés à imiter Christ, sur un chemin d’exigence et d’obéissance.  Mais rassurons-nous la grâce de Dieu nous accompagnera et nous relèvera dans notre faiblesse.


L’obéissance comme source de bénédiction :

Quand on lit la suite du texte on se rend compte que la bénédiction est le résultat logique de l’obéissance. Comme si obéissance était égale à récompense. Et de la même manière désobéissance serait égale à sanction. Je pense que nous devons faire attention en lisant ces passages bibliques. Non pas qu’ils soient dangereux pour nous mais je pense que nous pouvons mal les interpréter. La question qu’il faudrait se poser c’est pourquoi Dieu bénit-il autant ses enfants ? Est ce qu’il veut faire de nous des enfants gâtés ? Est-ce que nous méritons les bénédictions qu’il nous donne ? Est ce que nous devons être récompensés pour quelque chose qui va de soi ? Et surtout est ce qu’il me sanctionne après chaque désobéissance ? Je pense que Dieu est un Père aimant qui veut le meilleur pour ses enfants et qu’il n’hésite pas à les bénir au-delà de leurs propres espérances. Je crois aussi qu’il a un projet bien défini pour chacun d’entre nous. Et ces projets sont une bénédiction. En obéissant à Dieu nous nous plaçons dans le projet qu’il a pour nos vies. Et donc nous nous exposons à de nouvelles bénédictions puisque nous sommes dans ce qu’il a de meilleur pour nous. Mais je pense que derrière la bénédiction il y a surtout une dimension pédagogique.


Et c’est quelque chose que j’ai commencé à réaliser cet hiver. Quand je regarde derrière moi et que je vois tout le parcours que j’ai effectué pour en arriver la où j’en suis aujourd’hui je me dis qu’il y a quelque chose de surnaturel. Quelque chose d’irrationnel. Comme si quelqu’un voulait que je suive un chemin bien défini. Je ne sais pas comment vous réagissez face à la fidélité de Dieu. Pour ma part j’éprouve dans un premier temps beaucoup de joie. Mais dans un second temps je ressens de la tristesse car je prends conscience que moi je ne suis pas fidèle.


Il y a un livre dans la Bible qui me parle beaucoup. C’est le livre d’Esther. Ce que je trouve de merveilleux dans ce livre c’est qu’on voit deux personnes qui partent d’un point pour en arriver à un autre en passant par des difficultés qui vont au-delà de nos soucis quotidiens. Et nous voyons un Dieu qui conduit toute chose pour le bien de son peuple. Et ce qu’il y a de fabuleux c’est qu’à aucun moment on n’emploie le nom de Dieu. Il n’y a pas de révélation, il n’y a pas d’anges, pas de feu qui tombe du ciel. Juste un enchaînement de situation qui débloque un problème qui ne peut pas être résolu. Et c’est je pense ce que nous vivons chaque jour. C’est le miracle que Dieu accomplit dans nos vies. Dieu sait qu’il est difficile pour nous de placer notre confiance en quelqu’un qu’on ne voit pas et qu’on a sans doute jamais entendu de vive voix. Dieu sait combien nous pouvons être faible et têtu dans nos positions. Dieu connait nos forces et nos faiblesses. Mais par ses bénédictions et le témoignage de la Bible il nous rappelle que c’est en lui seul que nous pouvons placer notre espérance. Il nous rappelle qu’il est maître de chaque situation. Alors rappelons nous encore une fois qui est ce Dieu en qui nous avons foi.

Vicken AZNAVOURIAN
 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux