Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 4 avril 2010 - "Alors, leurs yeux s'ouvrirent"
Culte du dimanche 4 avril 2010 - "Alors, leurs yeux s'ouvrirent" PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Esaïe 53 : 10 et 11
Luc 24 : 13 à 35

« Alors, leurs yeux s’ouvrirent… »

D es yeux empêchés de reconnaître le Christ ressuscité, le Christ qui apparaît et qui disparaît, c’est ce qui caractérise pratiquement tous les récits évangéliques de la résurrection. Que ce soit les femmes au tombeau, les disciples réunis, les disciples sur le chemin d’Emmaüs, chacun expérimente ce fait nouveau, de façon différente, mais avec cette constante : « le Christ ressuscité, est visible et invisible, reconnaissable et non reconnaissable, insaisissable ! C’est même souvent quand on le reconnaît qu’il disparaît. Pourquoi tant de mystère ? Mystère qui alimente encore aujourd’hui les convictions des septiques. Pourquoi ne pas se montrer plus clairement ? Pourquoi ne se montre-t-il pas aujourd’hui ? Et s’il se montrait saurions-nous le reconnaître ? Qu’est ce que cela changerait dans nos vies, dans notre façon de vivre ?

« Sur le chemin d’Emmaüs », Luc seul nous transmet ce formidable récit, sur lequel je vous invite à méditer.


I. « Ce jour là… » C’est le jour même de la résurrection, peut être quelques heures après que les femmes, suivies de Pierre et de Jean, se soient rendues au tombeau. Apparemment, les disciples de Jésus commencent à se disperser, chacun semble rentrer chez soi, comme après un grand rassemblement. Le texte nous montre que ceux-ci, n’attendaient plus rien de Jésus. Mais cela ne remet pas en cause leur respect, leur émerveillement et leur amour pour Jésus. Ils en parlent avec nostalgie. Ils doivent se repasser tel un film, tous les événements miraculeux qu’ils ont vécus, toutes ces paroles de vie, de sagesse, d’espérance qu’ils ont entendues. Ils repassent même devant leur yeux les événements de la matinée qu’ils viennent de vivre. « Il est vrai, disent-ils, que certains nous ont étonnés ». Certains ont vu des anges et ont entendu les anges leur dire que Jésus est vivant. C’est vrai, « mais lui, ils ne l’ont point vu. » Les mots sont lâchés, exprimant le doute, la déception, l’incrédulité ou les limite de la foi dans les choses visibles.

Plus de 20 siècles après, sur le chemin d’Emmaüs, il y a toujours des disciples, beaucoup de disciples qui marchent, et qui parlent de Jésus, de sa grandeur, de sa force, de son amour, de sa compassion, de ses miracles. Ils parlent de lui avec amour, respect, ils essaient de repasser dans leur cœur les évangiles qu’ils connaissent. Il y a toujours des disciples, et peut-être devons-nous reconnaître que parfois, ou souvent, nous sommes de leur nombre : de ceux qui parlent de Jésus et de l’évangile en rajoutant toujours un « Mais… ». Jésus est ressuscité, mais… Jésus nous a dit de l’aimer, de le suivre, mais… Il nous a dit de nous aimer, mais… de pardonner, mais… d’être fidèle, mais… Que de « mais » qui jalonnent nos paroles ou nos pensées de foi !

« O hommes sans intelligence … dit Jésus, « lents à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ». Là aussi, les mots sont lâchés : « lents à croire… », ce qu’on ne voit pas. On ne croit que ce que l’on voit. Les disciples s’étaient habitués à cela ! Leur foi reposait sur la vue, et Jésus veut corriger cela et les conduire à autre chose, à la foi véritable. « La foi est une ferme assurance des choses qu’on ne voit point ... » (Hébreux 11). La foi fondée sur ce que les yeux voient n’est pas la foi. C’est pour cela que Jésus va expliquer les Ecritures plutôt que de se faire connaître tout de suite. C’est par la parole de Dieu que Jésus va amener ces disciples à croire qu’il est ressuscité, parce qu’il sait que Lui ne sera pas toujours là avec eux. Par contre sa Parole sera là, avec l’Esprit Saint invisible lui aussi. C’est sur cela qu’ils doivent fonder leur foi.

Chaque fois que nous marchons sur le chemin d’Emmaüs, chemin du doute, des déceptions, des découragements, où l’on n’attend plus rien de Dieu, ne soyons pas vexés si le Seigneur nous dit « O hommes sans intelligence, lents à croire ce que dit la Parole » ! Et appuyons-nous sur sa Parole, sans y rajouter de « mais ». Que nous puissions toujours y ajouter le « Oui » de la foi !

II. « Reste avec nous… »

Sur le chemin d’Emmaüs, il n’y a pas que des hommes sans intelligence. Il y a des hommes sans intelligence, mais qui écoutent et qui sont en train de comprendre par les Ecritures que Jésus est vraiment ressuscité. C’est pourquoi ils veulent en savoir plus. Et ils font cette belle prière au Seigneur sans savoir que c’est à lui qu’ils s’adressent : « Reste avec nous… ». Sur le chemin d’Emmaüs, il y a alors aussi des hommes qui prient cette belle prière : « Reste avec nous… ». Et le Seigneur accepte. C’est là qu’il se révèle comme le ressuscité. Il accomplit des gestes connus, une action de grâce et « leurs yeux s’ouvrirent. » Ces yeux qui étaient empêchés, volontairement de la part de Dieu, pour les aider à croire vraiment, ces yeux s’ouvrent maintenant miraculeusement. Ils voient Jésus, et il disparaît. Mais cette fois, c’est suffisant pour eux. Ils croient. Ils n’ont plus de doutes. Ils pourraient penser à une vision, une imagination. Mais non. Ils croient.

Nous pouvons nous aussi, aujourd’hui être de leur nombre : de ceux qui écoutent, méditent, approfondissent les écritures pour fonder leur foi, et de ceux qui prient également pour vivre des moments de rencontres personnelles avec le ressuscité « Reste avec nous ». Et Dieu dans sa grâce nous accordera aussi, des temps de visitations spirituelles, des moments particuliers de sa présence, de celle du Saint Esprit. A nous de réclamer sa présence, par l’Esprit, il est maintenant tous les jours avec nous jusqu’à la fin du monde. Réclamons nous aussi la présence du Saint Esprit.

III. « A l’heure même, ils retournèrent à Jérusalem »

Le chemin d’Emmaüs, n’est pas un simple aller, il y a aussi un retour. Et ce retour est bien différent de l’aller. C’est un chemin, en apparence identique, de même distance, avec les mêmes pierres, la même poussière, peut-être les mêmes virages, mais les disciples eux sont différents. Ils sont convaincus que Jésus est ressuscité. Alors tout change. La vie change. Ils réalisent que leur cœur brûlait lorsque le Seigneur leur parlait. Ils n’ont plus qu’un désir, c’est de rejoindre les autres disciples, de se rassembler aux autres pour dire, raconter, partager leur expérience avec Jésus. Ils n’ont plus de doutes, ils ne parlent plus de Jésus en disant « mais ». Ils croient, il est vivant.

Prenons nous aussi toujours le chemin du retour. Engageons-nous y par la foi, réalisons que Jésus est vraiment ressuscité. Il est vivant. Que nos cœurs brûlent toujours à l’écoute de sa Parole, et obéissons-y avec joie. Ecoutons-là avec foi, n’y ajoutons par nos « mais ». Que nous ayons, nous aussi, ce désir de nous joindre aux frères et sœurs de l’Eglise, pour nous encourager et rendre un culte à Dieu, partager ce que nous vivons avec le Seigneur, partager aussi nos difficultés, nos souffrances, nos épreuves…

Conclusion : « Alors leurs yeux s’ouvrirent… »

Que les yeux de notre foi soient toujours ouverts sur la résurrection du Christ et sur l’espérance qui s’attache à cette résurrection. Que cela change nos vies.

Si aujourd’hui nous n’attendons plus rien de Dieu, ouvrons nos cœurs et appuyons-nous sur sa parole et ses promesses. Réclamons sa présence chaque jour, par le Saint Esprit. Et prenons également le chemin du retour, de la joie de la communion fraternelle, de la joie de l’Eglise.

Jésus Christ est ressuscité, Il est vraiment ressuscité.

Pasteur Joël Mikaélian
Dimanche 4 avril 2010

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux