Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 27 février 2011 - Je ne t’oublierai point
Culte du dimanche 27 février 2011 - Je ne t’oublierai point PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Esaïe 49. 14 et 15 / Matt. 6. 24 à 34

« Je ne t’oublierai point »

Rien de plus terrible que le sentiment de l’oubli, d’être oublié des siens, oublié de tous. Ce sentiment est terrible car il touche à l’existence même. L’existence de chacun est liée à d’autres, ne serait ce que par rapport à ses géniteurs. A part Dieu, nul n’existe de lui-même. Et il est insupportable de n’exister pour personne, de ne compter pour personne. Rien de plus triste et de décourageant ! Mais il y a plus encore. Dans l’absolu, notre existence est liée au créateur, à celui qui donne vie. Rien de plus terrible alors et de difficile à vivre que le sentiment d’être oublié de Dieu. C'est-à-dire de ne plus exister pour lui, de ne plus compter pour lui. Il arrive que ce genre de pensée traverse notre esprit comme ce fut le cas pour le peuple d’Israël du temps du prophète Esaïe. Ce genre de pensée nous vient généralement lorsque nous sommes confrontés à une difficulté, ou à des situations troublées, lorsque l’avenir nous paraît incertain, les perspectives humainement sans espoir. Que faire, que dire, que penser pour soi ou pour ceux qui nous entourent face à ces situations ?

 

1°) « L’Eternel m’abandonne, le Seigneur m’oublie ! »

C’est exactement ce que pensait le peuple d’Israël du temps du prophète Esaïe. Sentiment d’abandon, d’oubli de la part de Dieu. Dieu m’a abandonné, il m’a oublié, je n’existe plus pour lui, je ne compte plus pour lui. C’est le temps de l’épreuve, de l’incompréhension, du questionnement et de la dépression. Si Dieu m’oublie, il n’y a plus rien à espérer. Pourtant, le peuple sait très bien qu’il a sa part de responsabilité dans ce qui lui arrive. Il a fait de mauvais choix, il a refusé d’écouter la voix des prophètes que Dieu lui a envoyés, il a persisté dans la désobéissance. Il sait tout cela mais il a du mal à l’admettre et à le reconnaître devant Dieu. Il lui faudra attendre 70 ans pour le comprendre et pour qu’il soit restauré et rétabli.

Mais tout ceci ne signifie en rien la véracité de leurs sentiments vis-à-vis de Dieu. Ce qu’ils pensent est faux et absolument faux. Et Dieu le leur rappellera sans cesse. Ce n’est pas parce que nous pensons ceci ou cela que ce que nous pensons est juste ! Ce n’est pas parce que nous vivons des temps difficiles, par notre faute ou pas, que nous n’existons plus pour Dieu !

C’est impossible dit le Seigneur. « Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite ? » Est-il possible que l’une des relations humaines des plus fortes soit rompue pour quelque raison que ce soit ? Ce qui paraît humainement impossible, pourrait-il arriver ? Il est impensable qu’une femme en arrive là. Même dans les situations extrêmes, toute mère normalement constituée, ne peut en arriver là. Et même si cela arrivait, dit le Seigneur, même si « elle l’oublierai », son enfant, « Moi je ne t’oublierai point », dit le Seigneur.

Dieu n’oublie jamais ses créatures qu’il aime. Jésus a donné sa vie pour les sauver. Il est absolument impossible que Dieu oublie ses créatures. Nos sentiments seront toujours faux, nos pensées erronées dans ce domaine. Quelles que soient les situations, les plus difficiles, les expériences les plus douloureuses, les silences plus ou moins longs de Dieu, rien de tout ceci ne signifie qu’il nous ait oubliés ou qu’il puisse le faire ! Même nos propres égarements ne peuvent nous effacer de sa mémoire. La parabole du fils « prodigue » est là pour nous le rappeler. Dieu est ce Père qui n’oublie pas son enfant, même celui qui s’éloigne, qui tombe et qui l’oublie. Le Père attend toujours le retour du fils, il est toujours là, gravé dans sa mémoire que rien ne peut altérer. Il suffit de venir, de revenir vers lui pour qu’immédiatement il accueille, restaure, relève, pardonne.

Dieu ne peut pas se renier lui-même, il ne peut pas renier ses paroles, il ne peut pas oublier ses enfants. C’est lui qui le dit, à chacun de le croire et de vivre en confiance avec lui. A chacun de rejeter les fausses pensées qu’il peut avoir sur Dieu et à revenir vers lui s’il s’est éloigné.

 

2°) « Ne vous inquiétez pas… »

En échos aux paroles du prophète Esaïe, Jésus évoque une préoccupation légitime de tout être humain. Chacun s’inquiète du lendemain, qu’il l’avoue ou pas. C’est ce qui fait partie de la condition humaine, une conséquence de notre fragilité. C’est une réaction légitime face à toutes les inconnues qui se présentent à nous chaque jour, les incertitudes, l’instabilité. Comment ne pas se laisser envahir et désespérer devant ces réalités quotidiennes ? Comment les surmonter et ne pas sombrer dans l’angoisse du lendemain ? Jésus nous invite à faire une démarche en trois temps.

- « Nul ne peut servir deux maîtres… » dit Jésus. Tout d’abord, il faut faire des choix. Soit servir le dieu de l’argent et du matérialisme. Sacrifier tout notre temps, notre énergie, nos dons, notre vie de famille ou notre vie d’église, pour la recherche des biens matériels. Soit se donner à Dieu, l’aimer et le servir, donner de son temps, de ses dons, de ses capacités pour l’avancement de son royaume. L’honorer et l’adorer, rechercher sa volonté, lui obéir et être son témoin. Faire de notre vie spirituelle et de la vie de l’église notre priorité. C’est ce choix qu’il faut faire et renouveler sans cesse. On ne peut servir deux maîtres.

- « Regardez les oiseaux… Considérez les lis… » dit Jésus. Le Seigneur nous invite à observer et à réfléchir sur ce qui nous entoure. Par ces deux exemples des oiseaux et des lis, il met en évidence la bonté et la générosité de Dieu envers la création, sa providence. Dieu pourvoit à la nourriture, au vêtement, à tout ce qui est nécessaire pour sa création. Il le fait même très bien. Dieu a pourvu de tout et pour tous. (Mais il est regrettable que souvent, l’égoïsme des uns provoque la misère des autres et les inégalités) Jésus nous invite ici à la confiance à travers ces deux images. Confiance en la providence divine, sa bonté et sa générosité. « Votre Père céleste sait que vous en avez besoin ». De plus, il nous invite à réfléchir : L’inquiétude peut-elle résoudre la question, peut-elle nous permettre de vivre une vie plus sereine et plus longue ? A l’évidence, non. C’est plutôt le contraire. Elle provoque des maladies tant psychiques que physiques. Il vaut mieux faire le choix de la confiance et nous en remettre chaque jour à sa fidélité.

- « A chaque jour suffit sa peine » dit Jésus pour finir. Il ne s’agit pas ici de vivre dans l’insouciance au jour le jour. Nous sommes tous obligés de prévoir, d’assurer au mieux les lendemains, de faire preuve de bon sens pour nous et nos familles. Il n’est pas mal de faire des projets, d’anticiper, de construire sa vie et son avenir terrestre avec l’aide de Dieu. Mais cela ne doit pas se faire au détriment de l’essentiel qu’est le royaume de Dieu. Ce que Jésus veut dire ici, c’est ne pas anticiper la peine, de ne pas imaginer la peine du lendemain et des jours à venir et la porter aujourd’hui. C’est ne pas dire : « Quand je pense à ce qui m’attend… quand je pense à la semaine qui vient… », en imaginant les peines, ou les difficultés que je vais rencontrer. Qui nous dit que les choses vont mal se passer ? Ou que cela va être difficile ? C’est cette peine là qu’il faut laisser à son jour et ne pas cumuler avec celles de tous les autres !

 

3°) « Toutes choses vous seront données… » Pour finir, il y a la promesse. Promesse de la providence divine dans tous les domaines. Dieu veille sur ses enfants. Il sait de quoi ils ont besoin. Il est comme un Père qui va sans cesse donner de bonnes choses à ses enfants. Le Seigneur s’est engagé envers nous par cette promesse. Il tient toujours ses engagements. Selon le témoignage du psalmiste : « J’ai été jeune, j’ai vieilli ; et je n’ai point vu le juste abandonné, ni sa postérité mendiant son pain ». (Ps. 37. 25)

 

Conclusion : « Je ne t’oublierai point »

Telle est la promesse du Seigneur, expression de son immense amour, et de sa fidélité envers ceux qui lui font confiance. Les temps peuvent êtres difficiles, inquiétants parfois, nos situations pénibles, décourageantes. La Parole de Dieu nous encourage à nous appuyer sur ses promesses, les engagements du Seigneur à notre égard. Dieu ne t’oubliera jamais.

Faisons notre part de foi et de confiance, notre part d’obéissance et d’engagement, de consécration avec joie et enthousiasme.

Et si nous ne lui avons pas encore remis entièrement notre vie, faisons-le. Si nous nous sommes égarés, revenons vers lui, le Seigneur ne met personne aux « oubliettes ».

Mettons-le à la première place dans nos vies et confions-lui chaque jour nos besoins. Il s’en occupera toujours bien et en son temps.


Pasteur Joël Mikaélian

27/02/11

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux