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Messages du Culte

Le chrétien et le doute

Message en arménien


Luc 7 versets 18 à 28 - Lire le passage

Matthieu 28 versets 16 à 20 - Lire le passage


Un chrétien peut-il douter ? Douter fait-il de moi un païen ? Peut-on douter de tout ? Y’a-t-il un doute raisonnable ? Est-il bon parfois de douter ?
La vie de chacun n’est pas un long fleuve tranquille. Elle est faite de hauts et de bas ; de moments forts et de moments creux ; de certitudes et de doutes. La vie d’un chrétien est-elle vraiment différentes de cela ?
Nous traversons tous des périodes de doutes, de remises en questions, de découragement, d’interrogation. Le fait de passer par de telles périodes peut être culpabilisant.

Le petit Larousse donne la définition suivante du fait de douter, il s’agit de « Ne pas être sûr de l'authenticité de quelque chose, de sa réalité, de sa vérité. Exemple : Douter de l'existence de Dieu. ».

Il faut tout d’abord distinguer deux formes de doute :
  • Le doute d’une personne qui est constamment hésitante
  • Le doute de celui qui est ébranlé par un événement particulier.

La Bible nous donne des exemples d’hommes et de femmes qui ont douté et je voudrais ce matin illustrer mon propos avec les deux passages que nous venons de lire.

I.    Des personnages bibliques dans le doute.

Nous avons souvent comme premier réflexe lorsque nous traversons une épreuve ou lorsque nous nous interrogeons sur la manière d’agir dans une situation particulière, de rechercher dans la parole de Dieu des personnages qui ont traversé les mêmes épreuves, qui se sont posé les mêmes questions.

A.    Jean-Baptiste

Jean-Baptiste a sans doute reçu à plusieurs reprises des preuves indiscutables de l’identité divine de Jésus. Au moment où Jésus est venu vers lui pour se faire baptiser il a tout d’abord refusé de le faire en disant « c’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi ». Il a vu les cieux s’ouvrirent. Il a vu l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe. Il a entendu Dieu parler et dire « Celui est mon fils bien aimé en qui j’ai mis toute mon affection ».
Jean-Baptiste est un exemple pour nous, il a prêché dans le désert sans se décourager et pourtant, quelques mois plus tard, la situation a changé. Hérode fait arrêter Jean-Baptiste et le fait jeter en prison. De sa cellule, Jean-Baptiste envoie deux de ses disciples pour aller voir Jésus et leur fit poser la question suivante à Jésus : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre? ». Comment Jean-Baptiste peut-il poser une telle question lui qui a assisté au baptême de Jésus ? Comment peut-il poser une telle question lui qui a annoncé la venue du Messie et qui l’a reconnu au moment de son baptême ? Comment Jésus réagit-il ? A cette question Jésus répond simplement « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. ». Cela doit suffire à Jean-Baptiste pour ôter ses doutes.

B.    Les disciples

Le deuxième texte que nous avons lu, se situe juste après la résurrection de Jésus. Jésus vient d’apparaitre pour la première fois aux femmes venues le voir au sépulcre et fait passer un message à ses disciples : « allez dire à mes frères de se rendre en Galilée: c'est là qu'ils me verront. ».
Les disciples se rendent en Galilée pour voir Jésus et ils le voient. On imagine la joie pour les disciples de voir Jésus, de voir qu’il a vaincu la mort, qu’il est ressuscité comme il l’avait annoncé. C’est ce que nous dit le début du verset 17 « Quand ils le virent, ils se prosternèrent devant lui. ». Cependant, la suite du verset ne va pas dans le même sens puisqu’on nous dit « Mais quelques-uns eurent des doutes. »
Là encore, après avoir passé 3 ans avec Jésus, après avoir vu des miracles, après avoir été au bénéfice de l’enseignement de Jésus, après l’avoir vu mort puis ressuscité, les disciples ont des doutes. Dans le même temps, ils se prosternent devant Jésus mais mettent en doute sa présence, sa divinité. C’est cette concomitance des deux actions, des deux sentiments qui est frappante. Ces deux réactions ne peuvent normalement pas aller ensemble.

Ces deux exemples nous montrent bien que des personnes qui ont côtoyé Jésus, qui ont vu son action, ses miracles peuvent douter. Jean-Baptiste doute dans l’épreuve qu’il est en train de vivre depuis sa cellule. Il est ébranlé par sa situation, il a peur. Les disciples eux n’ont pas toujours eu une fois très ferme. Même quand Jésus était là, présent à leur côté, vivant, ils ont eu des moments de doute alors après sa crucifixion, il n’est pas étonnant qu’ils retombent dans les mêmes travers.
Cependant, dans les deux cas, Jésus ne les condamne pas, au contraire.


II.    Jésus ne nous condamne pas

A.    Jésus passe outre les doutes de ses disciples

Qu’aurions-nous fait à la place de Jésus ? Ne serions-nous pas déçus par le comportement de Jean-Baptiste et par celui des disciples ? Comment après avoir vécu ce qu’ils ont vécu peuvent-ils avoir des doutes ?
Jésus ne réagit pas comme ça, bien au contraire. Après avoir répondu à Jean-Baptiste, il s’adresse à la foule. Il ne leur dit pas « Voyez l’incrédulité de Jean-Baptiste ! Ne soyez pas comme lui ! ». Il va au contraire dire du bien de lui. « 7 : 26 Qu'êtes-vous donc allés voir? un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu'un prophète. 7 : 27 C'est celui dont il est écrit: Voici, j'envoie mon messager devant ta face, Pour préparer ton chemin devant toi. 7 : 28 Je vous le dis, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'y en a point de plus grand que Jean.»
Malgré les doutes, malgré les manquements de Jean-Baptiste, Jésus ne remet pas en question son action, sa foi mais il le considère encore comme un exemple pour tous.
On pourrait aussi s’attendre à quelques remontrances adressées aux disciples, ce n’est pas la première fois qu’ils doutent. Cependant, là encore, Jésus ne les condamne pas. « 28 : 18 Jésus, s'étant approché, leur parla ainsi: Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre.  28 : 19 Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit,  28 : 20 et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. ». Au lieu de leur adresser des reproches, Jésus leur confie une mission, et quelle mission ! Aller faire de toutes les nations des disciples. Témoigner de l’amour de Dieu. Malgré leur faiblesse, Jésus veut travailler avec eux.

B.    Et nous ?

Revenons à notre question initiale : un chrétien peut-il douter ? Ces deux récits nous montrent que le doute fait aussi parti de la vie d’un chrétien. Ils ne nous montrent pas un doute quant à une qualité de Dieu, l’absence d’une réponse à une prière,… mais un doute relatif à la divinité même de Jésus.
  • Ne nous est-il jamais arrivé, comme les disciples, de faire chanter un chant ou de dire une prière tout en ayant un doute quant à leur efficacité ?
  • Ne nous est-il jamais arrivé, comme Jean-Baptiste, après avoir œuvré pour Dieu, après avoir témoigné, de nous dire « Et si je m’étais trompé ? ».

Nous pouvons être amenés à douter, à remettre en question un certain nombre de chose, cependant, il me parait important de ne pas rester dans cette situation. S’il n’est pas dramatique de traverser ce genre d’épreuve, il est en revanche dangereux de stagner dans cet état d’esprit.

Malgré nos doutes, Dieu peut et veut nous associer à son œuvre. Ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas combattre ses doutes. Comment pouvons-nous lutter ?
  • Tout d’abord il faut accepter de passer par des moments de doutes, par ses épreuves qui si on les surmonte nous permettent de grandir dans notre foi. Les épreuves font parti de la vie du chrétien et le doute est une de ces épreuves qu’il faut accepter et apprendre à surmonter.
  • Il faut aussi se mettre à l’écoute de Dieu qui peut apaiser notre cœur à travers la prière, la lecture de sa parole.
  • Faire confiance aux autres, à l’aide qu’ils peuvent nous apporter, être à leur écoute. Nous ne sommes pas seuls face aux épreuves. Bien sûr, Dieu est le meilleur soutien mais il ne fait pas négliger l’aide et le soutien qui peuvent nous être apportés par l’église à travers le pasteur ou les paroissiens.
  • Il faut aussi accepter de ne pas tout comprendre, de ne pas avoir de réponses à tout.. Lorsque nous parlons de Dieu à des personnes qui ne le connaissent pas, ils ont tellement d’arguments concrets à nous opposer sur l’existence même de Dieu qu’il n’est pas possible d’apporter des réponses à toutes ces questions. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous n’avons pas toutes les réponses. C’est un point que l’on aborde souvent en colonie ou en camp : pourquoi la guerre ? pourquoi la mort ? pourquoi la maladie ? pourquoi ceci ou pourquoi cela ? La foi ce n’est pas tout comprendre, avoir des réponses à tout. La foi, c’est de croire sans tout savoir.

Que Dieu puisse nous aider à aller au-delà de nos doutes, de nos questionnements pour marcher avec assurance à ses côtés et travailler avec lui pour l’avancement de son royaume.
 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux