Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 25 septembre - Matthieu 28 v. 16 à 20
Culte du dimanche 25 septembre - Matthieu 28 v. 16 à 20 PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte
Matthieu 28/16-20

Chers frères et sœurs,

Dans ce texte de la fin de l’évangile de Matthieu, au chapitre 28, Jésus ressuscité, au moment de quitter ses disciples, leur promet à la fois d’être avec eux chaque jour, et les encourage en même temps à partir en mission dans toutes les nations :
« Voici, leur dit-il, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ». Et il leur dit aussi : « Allez, enseignez toutes les nations ». Je vous propose donc de méditer ce matin sur ces deux thèmes : présence de Dieu dans nos vies, et appel à aller à la rencontre des autres, de tous nos frères dans le monde.
Jésus nous promet avant tout sa présence, sa joie et sa paix : « Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ». Voilà une belle promesse, qui nous fait beaucoup de bien ! Mais comment recevoir à la fois cette promesse si réconfortante, et en même temps cet appel à partir en mission partout, cet envoi missionnaire qui nous semble si redoutable, si difficile, si exigeant ?

J’entends Jésus me dire : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, leur enseignant à garder tout ce que je vous ai commandé ».

Comment pourrais-je obéir à un ordre tellement immense, me direz-vous peut-être ? Comment relever un tel défi ?
Pour répondre à cette question, je crois qu’il nous faut écouter surtout avec attention les deux affirmations importantes qui encadrent cet appel à partir en mission vers nos frères :
La première affirmation de Jésus, c’est : « Tout pouvoir m’a été donné. Allez. Enseignez toutes les nations ». Ce qui revient à dire : « Tout pouvoir m’a été donné. Et je vous transmets ce pouvoir. Donc vous pouvez y aller. Vous pouvez partir en mission ».

Et la deuxième affirmation, bien sûr, si importante, et qui est le dernier verset de l’évangile de Matthieu, c’est : « Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ». Parole qui nous encourage, qui nous rassure dans nos craintes, dans nos hésitations.

En somme, l’ordre missionnaire de Jésus ne nous parvient donc pas comme un commandement impossible, mais comme une promesse de présence. Jésus ne nous dit pas : il faut faire, il faut évangéliser. Mais vous pouvez faire, vous pouvez évangéliser parce que je suis moi-même totalement impliqué dans votre action. Je vous envoie parce que je viens avec vous.
Je crois, frères et sœurs, et c’est une constante dans toute la Bible, que tout ordre donné par Dieu est toujours accompagné d’une promesse, d’une aide.
Deux exemples me viennent à l’esprit, dans l’Ancien Testament : Moïse, et le prophète Jérémie.
Dans Exode 3, Dieu envoie Moïse vers le Pharaon. « Mission impossible » !, dit Moïse. «  Moïse dit à Dieu : Qui suis-je pour aller vers le Pharaon, et faire sortir d’Egypte les Israélites » ?  « Mais Dieu dit à Moïse : « Je suis avec toi . »  Donc présence de Dieu. Moïse ne sera pas tout seul dans sa mission : « Je suis avec toi ».
Un autre exemple, c’est la vocation du prophète Jérémie, en Jérémie 1 : « Je répondis : Ah ! Seigneur Eternel ! Je ne sais point parler, car je suis un jeune garçon… Et l’Eternel me dit : Ne dis pas : je suis un jeune garçon … Ne les crains pas ! Car je suis avec toi, pour te délivrer ». Encore une fois, présence de Dieu. Jérémie ne sera pas seul dans sa mission. « Je suis avec toi », lui dit Dieu.

Le Dieu de la Bible, frères et sœurs, est à la fois Transcendance et Présence. L’évangile, la bonne nouvelle de ce matin, c’est cette promesse qui revient tout le temps dans la Bible, dans l’Ancien et le Nouveau Testament : « Je suis avec toi. Je suis avec vous ».
Dieu est le Tout-Autre, bien sûr. Et c’est cela qui fonde ma liberté par rapport à toute idolâtrie confessionnelle, ou naturelle. Mais Dieu est aussi le Tout Proche. L’Emmanuel, c'est-à-dire « Dieu avec nous ». Je suis avec toi, nous dit Dieu.

Dieu s’incarne. Il devient homme en Jésus. Solidaire de ma condition humaine. De ma force comme de ma faiblesse. De ma vie et aussi de ma mort.
Cette présence de Dieu, nous en bénéficions d’une façon privilégiée, depuis Pâques et Pentecôte, en Jésus ressuscité présent dans nos vies, en l’Esprit Saint présent dans nos vies.

Le Ressuscité est présent, ici, maintenant. Il est avec nous. Il est ici. Parmi nous. Présent dans la Parole de Dieu prêchée en ce moment même. Présent dans notre culte ce matin.

Frères et sœurs, croyons-nous vraiment à cette extraordinaire promesse ? A cette présence de Dieu ? La question que nous nous posons, c’est : Comment Dieu, que nous ne pouvons voir, est-Il présent ici ?



La réponse à cette question angoissante de l’absence de Dieu, nous pouvons la trouver, je pense, dans le texte du chapitre 4 de la première épître de Jean, qui nous dit que nous ne pouvons percevoir et recevoir la présence de Dieu que dans l’amour que nous donnons à notre prochain. Je cite deux versets de 1 Jean 4 : « Personne n’a jamais vu Dieu. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et Son amour est parfait en nous… Dieu est amour. Celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui ».

C’est quand je vais vers mon prochain, c’est quand je regarde mon prochain dans les yeux,  que je perçois en lui un mystère, le mystère de la présence de Dieu. Et je me souviens alors de ce verset de Genèse 1 : « Dieu créa l’homme à son image ». Je ne peux donc pas voir Dieu, bien sûr ; mais quand je vais à la rencontre de mon prochain, je rencontre Dieu. Dieu est présent dans ce mystère qui est dans les yeux de mon prochain. Dieu le Créateur est présent dans tout homme, Sa créature, qu’Il a créée à Son image.

Oui, « personne n’a jamais vu Dieu », comme dit la première épître de Jean, mais elle nous dit aussi : « Dieu est amour ». Et elle ajoute surtout que, dans l’amour que j’aurai pour mon prochain, Dieu sera là. Là où il y a l’amour, il y a la présence de Dieu.

Jésus nous dit lui aussi que nous pouvons le rencontrer chaque jour, en allant vers les plus faibles et les plus petits de nos frères humains. « Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait », dit Jésus à ses disciples, et à nous ce matin. C’est dans ce merveilleux chapitre de Matthieu 25 où Jésus nous révèle sa solidarité totale avec les hommes démunis et pauvres, avec les malheureux. Une sorte d’identification étonnante de Jésus avec celui qui a faim, celui qui a soif, celui qui est étranger, celui qui est nu, celui qui est malade, celui qui est en prison. Chaque fois, cet homme, c’est Jésus. Ce qu’on a fait à cet homme, c’est à Jésus qu’on l’a fait. Ce qu’on n’a pas fait à cet homme, c’est à Jésus qu’on ne l’a pas fait. Nous qui cherchons toujours la présence de Dieu, la présence du Christ ressuscité, n’oublions jamais ces paroles de Jésus. En particulier, aujourd’hui où il y a tant d’affamés dans le monde, n’oublions pas cette parole de Jésus : « J’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ».   
Dieu est donc vraiment présent aujourd’hui. Jésus est donc vraiment présent aujourd’hui ! Parmi nous ! Sur mon chemin ! Ici dans l’église. Et quand je sortirai de l’église pour aller chez moi. A moi de ne pas me détourner de mon prochain, de mon frère chrétien ou non chrétien. De celui qui a faim de pain, de celui qui a faim d’amour. Oui. Etrange présence de Dieu qui se montre à nous dans le visage de nos frères, dans notre rencontre avec les plus petits de nos frères.



Et je voudrais vous parler maintenant de cette autre forme de présence de Dieu, si précieuse pour nous qui faisons partie d’une communauté fraternelle, d’une église, à partir de cette autre parole de Jésus à ses disciples, en Matthieu 18, où Jésus promet sa présence là où il y a une communion fraternelle dans la prière, là où il y a église, là où il y a culte, comme ce matin ici.  C’est en Matthieu 18, les versets 19 et 20, où Jésus dit à ses disciples, et à nous ce matin : « Si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander quoi que ce soit, cela leur sera donné par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux ». Frères et sœurs, Jésus a donc promis sa présence dans nos églises, dans nos cultes. Dans notre culte de ce matin. Ici. Maintenant. Oui : « Là où deux ou trois sont assemblés au nom de Jésus ».



Frères et sœurs,
Après toutes ces promesses de la présence de Dieu, de la présence du Christ ressuscité, que nous venons de réentendre, une question nous est posée maintenant : que ferons-nous de toutes ces promesses?  Entendrons-nous cet appel à témoigner, à évangéliser, à aimer, à aider les plus petits des frères de Jésus, les plus petits de nos frères ?

Croyons-nous vraiment à la promesse de Jésus dans ce dernier verset de l’évangile de Matthieu : « Je suis avec vous tous les jours. Chaque jour. » Comment comprenons-nous ces mots : « chaque jour » ?

Je crois que « chaque jour », cela veut dire :  aussi dans nos jours de détresse, de persécution, de maladie et de découragement. Là où nous aurions tendance à croire qu’il n’est pas là, qu’il est absent. Il nous faut alors entrer en prière, en supplication : « Der vorormia », comme dit le beau cantique de la liturgie arménienne : « Christ, aie pitié ».


Frères et sœurs,
La Bible nous parle encore d’une autre forme de présence de Dieu, que nous avons peut-être parfois tendance à oublier. C’est la présence de Dieu dans notre corps humain : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit de Dieu, qui vous habite ? », nous dit l’apôtre Paul en 1 Corinthiens 6/19.

Quand la Bible nous parle de la présence de Dieu dans nos vies, elle n’oublie donc pas non plus notre corps. Notre corps, lui aussi, est habité par la présence du Saint-Esprit de Dieu en nous, par la présence de Son souffle créateur dont parlait déjà la Genèse dans le récit de la création de l’homme : « Dieu forma l’homme de la poussière du sol. Il insuffla dans ses narines un souffle vital, et l’homme devint un être vivant ». Quand nous respirons, Dieu est là. Son souffle de vie est là. Son Esprit, son Saint-Esprit est là.  Souffle de Dieu et Esprit de Dieu, c’est le même mot dans la Bible. En hébreu, c’est rouah. En grec, c’est pneuma

La présence du Saint-Esprit de Dieu en nous, cela concerne donc toute ma vie, ma vie concrète. Oui. Le souffle de Dieu habite mon corps, ma personne. Même quand celui-ci est malade, même quand mon corps souffre, je ne dois pas oublier cela. Oui, même alors, Dieu est présent dans mon corps. Et je pourrai encore prier, à la fois pour supplier et pour louer le Seigneur. Et je reviens au chant du « Der Vorormia », « Seigneur aie pitié »,  qui est aussi un chant de louange dans la liturgie arménienne, comme vous savez.



Chers frères et sœurs,
Pour conclure, je voudrais dire maintenant ma reconnaissance et ma joie d’avoir pu participer aujourd’hui à ce culte, pour partager avec vous tous cette promesse et cette présence de Jésus-Christ ressuscité, de son Esprit qui nous donne force et vie, qui envoie maintenant chacun de nous en mission : « Allez, enseignez, témoignez, évangélisez ».

Oui, frères et sœurs,
N’ayons pas peur de répondre à cet appel de Jésus-Christ ressuscité. C’est un appel du Dieu d’amour , pour chacun de nous aujourd’hui, mais aussi pour tous ceux qui souffrent aujourd’hui dans le monde entier, et vers qui nous sommes envoyés. Nous voulons recevoir aujourd’hui cet appel, cet évangile d’amour, cette bonne nouvelle de Jésus. N’oublions jamais qu’Il nous dit : « Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ».
Et nous répondrons alors, nous aussi maintenant, avec crainte et tremblement peut-être, mais aussi avec espérance : « Oui, Seigneur, envoie-moi. Reste avec moi. Donne-moi la force de résister. Donne-moi la force de marcher. De lutter. De témoigner. Donne-moi le courage de vivre. Et de rencontrer l’étranger, qui n’est autre que mon prochain et mon frère. En qui Dieu est présent. En qui je rencontrerai Dieu ».

Amen
Pasteur Samuel SAHAGIAN

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux