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Culte du dimanche 13 novembre 2011 - Restons vigilants PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte
Matthieu 25. 14 à 30 / 1 Thessaloniciens 5. 1 à 6

« Restons vigilants… »


La parabole des talents est une des paraboles bien connues de la Bible. Elle nous enseigne sur Dieu, sur nous, sur la vie. Elle nous est donnée comme un encouragement à la sagesse et à l’action. Elle nous enseigne que la vie constitue un capital, un potentiel à faire fructifier. En ces temps de crise économique, où tant de gens, des pays entiers même croulent sous des dettes qu’ils ne peuvent rembourser, une telle réflexion sur la vie ne manque pas d’intérêt. Comment faire valoir le capital que Dieu nous a donné à chacun ? Comment faire de bons placements de ce capital ? Comment éviter les déboires, les mauvais investissements, la fausse sagesse, la mauvaise prudence ?

1°) Chacun reçoit selon sa capacité : « A chacun selon sa capacité… »

Jésus souligne à travers cette parabole, la générosité et la grâce de Dieu. Dieu est généreux parce qu’Il donne. Il donne à chacun. Tous reçoivent un capital de la part du maître. Dieu offre à tous les hommes la grâce de la vie, la grâce du salut en Jésus Christ, le Saint Esprit, des dons, des capacités, des moyens... Notre Dieu est généreux. Dieu donne à chacun avec discernement aussi. Il ne donne pas les mêmes choses à tous, mais il donne largement. Dans la parabole, ce que le maître donne équivaut à des sommes allant de 10 ans à 100 ans de salaire annuel environ. Les différences sont assez importantes ce qui pourrait générer de la jalousie ou des sentiments d’injustice. Mais il n’en est rien, dans la parabole personne ne conteste. Ce qui paraît normal puisque celui qui donne est propriétaire de son bien. Il est libre d’en disposer comme il veut.

Mais il vaut la peine de nous arrêter déjà quelques instants et nous interroger par rapport au regard que l’on porte les uns sur les autres dans l’église, ou même au-delà. Nous interroger sur tous les sentiments d’injustice que nous pouvons avoir, les jalousies vis-à-vis de ceux qui paraissent plus favorisés que nous par la vie. C’est une réalité, l’humanité n’est pas faite de clones, de robots identiques. Il n’y a pas, à vues humaines, de répartition égale des richesses, des dons, des capacités parmi les humains. Mais chacun est invité à apprécier ce qu’il est, ce qu’il a reçu de Dieu. Chacun est invité à chercher à découvrir toujours plus ce qu’il a reçu au lieu de perdre son temps et son énergie à convoiter ce que l’autre a reçu. Vouloir ce que les autres ont reçu, équivaut peut-être à faire de mauvais investissements ou bien à contracter des crédits trop importants pour nous ! L’ambition est une bonne chose, à condition qu’elle ne soit pas basée sur la convoitise, encore moins sur le mépris de l’autre ou sur l’orgueil. Et si cette parabole nous enseignait à vivre dans la reconnaissance, la gratitude, l’action de grâce envers ce Dieu qui ne nous doit rien ? A être reconnaissants pour ce que nous sommes, ce que nous avons ? « Compte les bienfaits de Dieu… tu verras en adorant combien le nombre en est grand ». Et qu’importe si d’autres ont reçu plus.

2°) Dieu donne et laisse l’homme libre de l’usage de ses dons : « Il leur confia l’administration de ses biens… »

Dieu fait confiance à l’homme, il croit en l’homme peut-être plus que nous. Dieu nous fait confiance tout particulièrement. La parabole nous rappelle qu’en quittant ce monde, le Seigneur a confié à ses disciples, à nous qui croyons en lui, l’administration de ses biens, son œuvre. Il nous a confié son bien le plus cher dans ce monde : son église, l’épouse du Christ, son corps également. Quelle confiance ! Il est clair que nous représentons à la fois son bien le plus précieux, si nous sommes membres de son corps, et à la fois ceux qui sont appelés à faire progresser, grandir ce bien avec les capacités que Dieu nous a données.

Et là, nous voyons que chacun use de son intelligence et de sa sagesse à partir du capital qu’il a reçu. La sagesse ici, c’est de faire fructifier, c’est investir, rapporter… On est en plein capitalisme (rien de nouveau sous le soleil). La folie, c’est de thésauriser, de cacher, d’enterrer, de ne prendre aucun risque, même pas le risque d’une épargne sécurisée à la banque. L’application de la parabole aux dons que Dieu nous donne est assez simple ! Et pourtant, ne sommes-nous pas souvent frileux quant à l’exercice de nos dons, de la vie que Dieu nous donne ? Ne vivre que pour soi, ne penser qu’à soi, à son avenir, à son bien être à celui de notre famille… N’est-ce pas en quelque sorte, cacher le don de Dieu, enterrer ce qu’Il nous a confié ? Mettre sa vie au service des autres, savoir donner de notre temps, de notre argent, de nos capacités et de nos dons, n’est-ce pas là la sagesse que Dieu nous recommande ici ? Faire fructifier, c’est prendre le risque de donner, d’investir, certes avec prudence, c'est-à-dire en étant conscients de nos limites. Il est important de ne pas faire n’importe quoi, encore faut-il faire quelque chose, entreprendre ! Et ce ne sont pas les services qui manquent dans l’église. Ce ne sont pas les besoins qui manquent non plus. Dans le domaine spirituel et de la vie de l’église, les besoins sont illimités. Nous avons des questions personnelles à nous poser, comme des questions communautaires. Il faut réfléchir, prier, débattre afin que là aussi, les risques soient calculés, les investissements bien faits, afin que le résultat soit positif. Car la parabole met l’accent sur un autre aspect des choses.

3°) Celui qui donne, un jour demande : « Longtemps après… »

Il ne faut pas ignorer que Jésus a raconté cette parabole en rapport avec la fin du monde et son retour. C’est qu’un jour chacun est appelé à rendre des comptes personnellement en fonction de ce qu’il aura reçu. Il est rassurant de voir que Dieu ne demande pas ce qu’Il ne nous a pas donné. En cela, celui qui avait reçu un talent s’est trompé sur le caractère de son maître. Il n’est pas un homme dur, « qui moissonne où il n’a pas semé ». Il n’y avait pas de quoi avoir peur. Par contre la parabole nous enseigne que Dieu nous demandera ce qu’Il nous a donné plus les intérêts ! Le taux de la banque au moins. C’est-à-dire qu’il y a un minimum à faire ! Les deux premiers serviteurs on rendu le double de ce qu’ils avaient reçus. C’est une bonne performance, un bon rendement. Quel est le nôtre ? On peut se poser la question, tout en notant que le maître n’avait pas fixé des objectifs précis avec une obligation de résultat. Ce qui veut dire que Dieu nous donne toute liberté de le servir, de servir son œuvre qu’est l’église. Il nous traite en responsable, libre de faire, d’organiser, de s’engager, de participer à la vie de son œuvre. Mais il y a un minimum à faire, il faudra en rendre compte au dernier jour.

Car même si la parabole souligne qu’un temps assez long s’écoule, le maître revient un jour. Il n’a pas fixé de délai précis à ses serviteurs, mais il revient. C’est dans la perspective de ce retour que Jésus a raconté cette parabole. Et comme nul ne sait la date de ce retour, la parole de Dieu nous exhorte à la vigilance et à la sobriété chaque jour. Nous devons être prêts à rendre compte à Dieu de nos vies, à chaque instant. Que lui dirons-nous ce jour là ? C’est la question à nous poser sans nous culpabiliser, mais en ouvrant notre cœur devant Dieu. Mettons notre vie sous son regard et acceptons de nous remettre en question si besoin, de faire les ajustements nécessaires. N’ayons pas peur de faire un bilan de notre vie chrétienne : « Seigneur, regarde, Seigneur, voilà ce que je fais, ce que j’ai fait de ce que tu m’as donné. J’ai accepté ou pas ta grâce, ce salut merveilleux, ta paix et ton pardon. J’ai reçu ton Esprit, ton amour et j’ai essayé ou pas de le partager avec d’autres. Je n’ai peut-être pas fait de grandes choses mais j’ai fait ce que j’ai pu avec ce que tu m’as donné. Montre-moi si je peux faire plus, si tu attends plus de moi. J’ai prié pour les autres, chaque jour, j’ai prié pour l’église, j’ai participé au fonctionnement de ce corps par les dons que tu m’as donnés. Pourrais-je faire plus ? Prenons cette parabole au sérieux. Alors au dernier jour, certainement que le Seigneur pourra nous dire : « Très bien, tu as été fidèle en peu de choses… viens partager la joie de ton Maître ».

Conclusion :

« Restons vigilants… »

« Vous savez fort bien vous-mêmes que le jour du Seigneur viendra de façon aussi inattendue qu’un voleur en pleine nuit » écrit l’apôtre Paul. « Ne dormons donc pas comme le reste des hommes, mais restons vigilants… »

Notre Dieu est généreux, Il donne à tous. Il a même donné sa vie pour nous sauver. Il a donné des dons à chacun, nul ne peut dire qu’il n’a rien reçu. Le Seigneur nous fait confiance pour ses affaires, pour son épouse, l’église. Il nous donne généreusement pour un but précis, un service, un travail dans son œuvre. Il y a de quoi faire dans ce monde. Dieu n’est pas dur, Il est amour, Il nous laisse libre. Il nous encourage à servir. Ne trahissons pas sa confiance. Ne le décevons pas par nos négligences, notre tiédeur ou notre paresse. Il reviendra un jour, peut être maintenant. Il nous encourage à être prêt à tout instant.

Pasteur Joël Mikaélian
13/11/11





 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux