Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 15 janvier 2012 - Parle, Eternel, car ton serviteur écoute
Culte du dimanche 15 janvier 2012 - Parle, Eternel, car ton serviteur écoute PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte
1 Sam. 3. 7 à 10 / Actes 2. 41 à 47

« Parle, Eternel, car ton serviteur écoute… »


Dieu s’est toujours révélé à l’homme de différentes façons. Parfois de façon directe, tangible, parfois de façon plus discrète, plus intérieure. L’épître aux Hébreux nous dit que dans les derniers temps, Dieu nous a parlé par le Fils, Jésus le Christ. Dieu parle aujourd’hui encore de différentes manières par l’Esprit Saint. A chacun d’avoir la volonté, le désir de connaître ce qu’il a à nous dire. Ouvrons-nous ce matin à ce que Dieu voudrait nous dire personnellement et communautairement au travers des textes que nous avons lus. Que nous puissions dire nous aussi comme Samuel : « Parle, Eternel, car ton serviteur écoute… ».

Je vous invite à méditer particulièrement ce matin sur le texte des actes des apôtres qui nous décrit les débuts de l’église suite à la venue de l’Esprit Saint à la Pentecôte à Jérusalem au 1er siècle. Sans idéaliser cette photographie de l’église primitive, quel enseignement pourrions-nous en recevoir pour notre vie d’église à Issy-les-Moulineaux en 2012 ? Quelle parole pour nous ?

1°) « Ceux qui acceptèrent sa parole… »

Tout d’abord, le texte nous dit que parmi la foule qui entendit le message de l’apôtre Pierre, certains acceptèrent la parole et l’invitation à croire que Jésus était bien le Messie. C’est lui qui avait accompli le salut une fois pour toute et pour tous les hommes. Qu’il était bien ressuscité des morts et vivant à la droite de Dieu. Qu’il avait envoyé l’Esprit Saint selon sa promesse. Et que tous ceux qui voulaient être sauvés et hériter de la vie éternelle, devaient croire cela, se repentir, accepter la grâce du pardon, se faire baptiser et recevoir l’Esprit Saint.

Et ce jour là, ceux qui acceptèrent se firent baptiser. Dès lors, quelque chose de nouveau est né. Tous ceux qui vécurent cette expérience spirituelle, intérieure, eurent le désir de se rassembler, de constituer une communauté que l’on appellera très vite « Eglise » qui veut dire en grec « Assemblée, ceux qui sont appelés hors de… ». Depuis plus de 20 siècles, il en est de même pour tous ceux qui acceptent la bonne nouvelle de l’évangile. Avec des différences, des distinctions, des imperfections, des erreurs parfois, l’église a traversé les siècles et bien des pays. Elle a évolué, elle s’est réformée à maintes reprises. Mais son fondement est toujours resté le même : Le Christ, son œuvre de salut parfaite, sa grâce, la parole de Dieu qui nous est transmise par le livre de la Bible.

« Ceux qui acceptèrent sa parole… »
. C’est à nous, à chacun en particulier de faire cette démarche de foi, d’humilité, d’ouverture à l’Esprit Saint. Est-ce bien là notre expérience ? Et si je la faisais aujourd’hui ? Pour nous qui l’avons faite, soyons attentifs à ce qui va suivre.

2°) « Ils persévéraient… »

Sans vouloir trop idéaliser, sans vouloir faire des raccourcis rapides, cette première église nous interpelle. Elle place devant nous quelques constantes essentielles au bon développement de toute vie chrétienne. Ils persévéraient, c'est-à-dire qu’ils s’efforçaient de pratiquer régulièrement quelques exercices spirituels communautaires. Notons que tout le texte est au pluriel et non au singulier, même si le singulier a toute sa place dans d’autres textes. Que faisaient-ils ? Comment vivaient-ils ? Dans quelle mesure devons-nous le vivre aussi ?

  • a) Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres : Ils avaient certes, le privilège d’avoir les apôtres avec eux. Ceux qui avaient vécus avec le Christ et qui avaient été enseignés directement par lui. Quant à nous, nous avons à notre disposition l’ensemble des écritures saintes, la loi, les prophètes, les évangiles et les écrits des apôtres. A nous d’en faire bon usage, d’en faire une lecture et une méditation tant personnelle que communautaire. C’est le sens des études bibliques que l’église propose chaque semaine, en arménien et en français. Ou les groupes de maisons. Dans quelle mesure y participons-nous ? Persévérons-nous dans cette pratique ? Cette lecture de la Bible communautaire avec les frères et sœurs de l’église est un des fondements de la vie chrétienne, la Bible étant elle-même fondée sur la personne du Christ.
  • b) Ils persévéraient dans la communion fraternelle : Ces premiers chrétiens avaient aussi à cœur de persévérer dans l’entretien de bonnes relations humaines et fraternelles. L’isolement constitue la pire des menaces pour le chrétien. Sans nier le bien fondé du recueillement personnel, des temps de retraite spirituelle, de temps de communion personnelle avec Dieu. C’est dans la relation avec les autres que l’on s’encourage mutuellement, que l’on trouve le soutien dont on a besoin au moment de l’épreuve. C’est dans la communion avec les autres que l’on grandit aussi, dans la confrontation des idées que l’on s’enrichit. C’est ensemble aussi, dans l’amour que l’on partage les uns avec les autres, que l’on est de véritables témoins du Christ. C’est à cela disait Jésus que l’on connaitra que vous êtes mes disciples. Jésus a aussi prié pour cette communion, disant même : « Qu’ils soient un, afin que le monde croit… »
  • c) Ils persévéraient dans la fraction du pain : Il s’agissait pour eux également d’obéir et de respecter la demande du Christ de perpétuer ce geste. De faire mémoire de ce dernier repas de la Pâque que le Seigneur avait partagé avec ses disciples dans la nuit où il fut livré. Ce soir là, il avait rompu le pain disant qu’il était comme son corps qui allait être rompu, brisé sur la croix. Il avait partagé la coupe de vin disant que c’était comme son sang qui allait couler pour le pardon des péchés. Ce geste reste pour toujours la mémoire de l’amour du Christ, son sacrifice volontaire pour tous. En y participant, le croyant se rappelle qu’il est au bénéfice de l’amour et de la grâce de Dieu et qu’il doit à son tour aimer Dieu et son prochain. « Faites ceci en mémoire de moi… » C’est en obéissant à cette demande du Seigneur que nous sommes invités nous aussi à perpétuer ce geste plein de sens, sans le banaliser. C’est ce que nous faisons dans notre église, les premiers dimanches de chaque mois.
  • d) Ils persévéraient dans les prières : C’est ici le 4ème élément, et non le moindre : la prière communautaire. C’était l’enseignement de Jésus : « Si deux d’entre vous s’accordent sur terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux » (Mat. 18. 19). La prière communautaire était pour cette première église un temps particulier où chacun pouvait partager et exprimer ses prières à Dieu, ses requêtes, ses besoins. C’est là où chacun pouvait aussi recevoir le soutien, la prière d’un frère, d’une sœur. Là encore, nous voyons que la prière communautaire a toute sa place dans la vie du chrétien. A côté de la prière personnelle, intime, privée, de ce cœur à cœur avec Dieu, tout chrétien a besoin aussi de prier avec d’autres. C’est la raison d’être de nos réunions de prières, en arménien comme en français. Prière qui demeure souvent le parent pauvre de la vie de notre église.

« Ils étaient tous les jours assidus au temple… » : Dans l’enthousiasme de la Pentecôte, ces premiers chrétiens allaient très loin dans la mise en pratique de l’amour. Ils vivaient également des signes miraculeux. Leur partage allait jusqu’à instituer une sorte de communauté des biens qui montrera par la suite ses limites et qui sera plus tard abandonnée par l’église. Mais le sens du partage doit demeurer, avec la générosité si souvent enseignée par les apôtres.

3°) « Le Seigneur ajoutait chaque jour à leur communauté ceux qu’il sauvait » :

Quelle église n’a jamais rêvé de voir des âmes sauvées chaque jour, de nouveaux membres ajoutés ! C’était l’expérience de cette première église, et le texte souligne que c’était là l’œuvre du Seigneur. C’était l’action de Dieu au travers des hommes et des femmes désireux de vivre la vie chrétienne avec sérieux, en église, avec consécration, qui permettait ces miracles de conversion. Cette expérience est toujours possible aujourd’hui encore. C’est à nous, chacun des membres de l’église d’en prendre conscience et de s’engager. De ne pas être seulement des consommateurs, mais des participants, par notre témoignage, nos prières, nos dons, notre service.

« Parle Seigneur, car ton serviteur écoute… »

Que Dieu nous accorde la grâce d’entendre sa voix, de répondre à sa parole et de la mettre en pratique.

15/01/12
Pasteur Joël Mikaélian


 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux