Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 12 février 2012 - Si tu le veux, tu peux me rendre pur
Culte du dimanche 12 février 2012 - Si tu le veux, tu peux me rendre pur PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte
Lev. 13. 45 et 46 / Marc 1. 40 à 45

« Si tu le veux, tu peux me rendre pur ».


La question de la pureté est toujours d’actualité dans notre monde. La recherche de la pureté physique, biologique, mentale a donné lieu à une foule de propositions les unes plus alléchantes que les autres (alimentation bio, séances ou cures pour éliminer les toxines du corps, stages de méditation, méthodes d’élimination du stress…). Pour beaucoup, la pureté reste synonyme de bien être, de bonheur. On cherche à respirer de l’air pur, à boire de l’eau pure. Aujourd’hui, la pollution et ses dangers sont sans cesse dénoncés. L’écologie est devenue un thème incontournable pour tous les partis politique. Tout ceci est bien et peut contribuer à notre bien être et à celui de notre planète. Mais qu’en est-il de la question de la pureté spirituelle et morale de l’homme aujourd’hui ? Que faisons-nous de la corruption ambiante, présente partout, à tous les niveaux de la société ? Que penser de ceux qui veulent changer les valeurs morales de la société ? Que penser de ceux qui se proposent de promouvoir des valeurs morales qu’ils sont les premiers à enfreindre ? Plus que jamais, notre monde a besoin de voir des hommes et des femmes de conviction et d’intégrité à tout point de vue. Des hommes et des femmes purifiés par le Christ, véritable lumière et sel de la terre avec toute la saveur du Christ.

Comment s’engager et progresser sur ce chemin ? Méditons à ce sujet ce matin à partir de ce texte de l’évangile.

1°) « Si tu le veux, tu peux me rendre pur »

Le texte de l’évangile nous met en présence d’un homme lépreux qui cherche à être purifié. Cet homme est malade. Sa maladie est incurable. A cette époque, elle entraine des conséquences dramatiques. Le livre du Lévitique nous rappelle les conditions terribles de ceux qui étaient atteints par cette maladie. Ils devaient porter des vêtements déchirés, avoir la tête nue, se couvrir le visage. Ils devaient crier « Impur » lors de leurs déplacements et habiter seul, hors du camp ! Telle était la situation de l’homme qui vient se jeter à genoux devant le Christ. Cet homme fait preuve d’un courage hors du commun. Il brave tous les interdits de la loi. Il prend un risque énorme, celui d’être lapidé par la foule, ou même d’être rejeté par Jésus. Mais il met tout cela de côté et il se présente à genoux devant Jésus. Il n’a qu’une seule prière et elle est exemplaire : « Si tu le veux, tu peux me rendre pur ». Ce lépreux n’exprime aucune plainte, ni aucune exigence. Il se soumet seulement à la volonté du Christ et il a foi en sa puissance. Il se met à genoux en signe d’humilité et il s’adresse au Christ d’un ton suppliant, en signe de soumission et de prière.

Face à lui, Jésus est ému de compassion. Il n’est ni effrayé, ni surpris par cette situation anormale. Il n’a pas un seul geste de recul, mais seulement de la compassion. Jésus partage la souffrance de cet homme. C’est alors qu’il va accomplir quelque chose de totalement inattendu. Il va toucher cet homme que nul n’ose regarder, encore moins toucher de peur de contracter sa maladie. Jésus le touche, il s’identifie à lui. A cet instant, Jésus le restaure dans sa dignité d’homme. Même s’il est lépreux, il est et reste avant tout un être humain qui a droit au respect. Il a droit à l’attention de ses semblables, il a le droit d’exister. Quelle leçon d’humanité, pour les présents comme pour nous qui méditons ce texte aujourd’hui 20 siècles après !

Et puis Jésus parle : « Je le veux, sois pur ». Telle est la volonté du Christ pour cet homme. C’est une volonté de guérison, de vie nouvelle, de restauration physique, morale, sociale et spirituelle. Aussitôt, nous dit le texte, la lèpre le quitta et il fut purifié. Et Jésus ne voulant pas passer pour un simple guérisseur lui fait quelques recommandations. Mais l’homme, tellement bouleversé par ce qu’il vient de vivre, n’a plus qu’une envie en tête, aller raconter à tous cette expérience extraordinaire qu’il vient de vivre. On ne sort pas indemne d’une telle expérience !

2°) « Si tu le veux, tu peux me rendre pur »

L’histoire de cet homme nous parle aujourd’hui encore. Ce lépreux, considéré par beaucoup comme pécheur, oublié de Dieu, condamné à une vie inhumaine, nous dit que rien n’est jamais fini. Rien n’est sans espoir, même la pire des situations. Tout peut toujours changer. Il n’y a pas de fatalité dans la vie, mais des épreuves douloureuses qui peuvent se transformer en victoire. Ce lépreux nous parle de courage, d’un certain refus de la résignation. Il nous encourage à prendre des risques pour que des situations difficiles changent. Il nous encourage à ne pas nous enfermer dans nos soucis et nos épreuves, mais à faire face.

Ce lépreux nous apprend à prier. Il nous apprend ce qu’est la prière. Il nous invite à aller vers Dieu, à nous mettre à genoux devant lui. Il nous apprend à ne pas nous plaindre de nos maux, mais à nous soumettre à la volonté de Dieu et à lui dire nos besoins avec foi et confiance. Dieu peut tout ce qu’il veut ! A nous de le croire.

Ce lépreux nous invite aussi à désirer la pureté, désirer être guéri de nos impuretés. Certes, nul d’entre nous ici n’est atteint de cette terrible maladie qui fait encore des ravages dans certaines parties du monde. Mais nous portons tous en nous une maladie spirituelle bien plus terrible que la lèpre : le péché, le mal, les convoitises, l’orgueil, la jalousie, l’égoïsme, l’amertume. Nous sommes aussi sans cesse agressés par la corruption, le mensonge, les pollutions morales de toutes sortes. Nous vivons dans un monde qui a perdu ses repères. Un monde où l’on ne sait plus distinguer le bien du mal, où les valeurs chrétiennes et morales sont sans cesse bafouées. C’est dans ce monde que nous devons être témoins de la vérité, des valeurs de l’évangile, sans nous laisser polluer par cet environnement en grande partie atteint par le mal. D’où l’importance et l’actualité de cette prière de David : « O Dieu, crée en moi un cœur pur » (Ps 51.10). Prions ce matin pour que le Seigneur nous purifie, enlève de nos vies tout ce qui ne lui est pas agréable.

Ce lépreux nous invite aussi à témoigner de notre expérience chrétienne, à témoigner de l’évangile par nos vies, nos paroles et nos actes.

3°) « Je le veux, sois pur »

L’histoire de cet homme nous parle aussi de Dieu, du Christ. Elle met en lumière toute la compassion du Christ. Le Seigneur souffre toujours avec celui qui souffre. Il n’est jamais insensible aux souffrances humaines. Il est là lorsque plus personne n’est là. Il respecte la dignité humaine, même lorsque l’homme ne la respecte plus.

Jésus s’est pleinement identifié à nous en devenant homme. Il n’a pas eu peur de le devenir comme il n’a pas hésité à toucher cet homme que nul ne voulait toucher. Pour le guérir, il lui a suffit de le toucher et de lui parler. Pour nous guérir du mal, du péché, de la mort éternelle, Jésus a dû faire beaucoup plus que cela. Il a dû payer de sa vie. Pour que nous soyons sans cesse purifiés de nos fautes, de nos écarts, de nos chutes, il a payé de sa vie. C’est ce sacrifice unique, qui sauve et qui purifie chaque jour. Il est suffisant pour tous et pour tout : « Il n’y a plus aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus Christ ». La volonté de Dieu est de nous sauver et de nous purifier de toute souillure. C’est ce qu’il veut pour chacun aujourd’hui encore. Il a accepté de mourir sur la croix pour cela. Il a accepté d’être condamné à notre place. Il est toujours prêt à accueillir et à pardonner tous ceux qui vont à lui avec humilité et sincérité. C’est ce que l’apôtre Jean a écrit : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner et pour nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1. 9) « Le sang de Jésus nous purifie de tout péché »

Conclusion : « Si tu le veux, tu peux me rendre pur …Je le veux, sois pur »

Que l’expérience de ce lépreux nous inspire face aux épreuves de la vie.
Qu’elle nous encourage dans notre vie de prière.
Qu’elle renouvelle en nous le désir de la pureté spirituelle et morale, afin que notre témoignage dans ce monde soit encore plus fort.

Pasteur Joël Mikaélian
12/02/12

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux