Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 4 mars 2012 - Yahvé-Jiré, le Seigneur voit… sera vu… pourvoira…
Culte du dimanche 4 mars 2012 - Yahvé-Jiré, le Seigneur voit… sera vu… pourvoira… PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte
Gen. 22. 1 à 14 / Rom. 8. 31 à 34 / Marc 9. 2 à 10

« Yahvé-Jiré, le Seigneur voit… sera vu… pourvoira… »


Yahvé-Jiré, tel est le nom qu’Abraham a donné au lieu où il a failli sacrifier son fils Isaac. Ce lieu est aujourd’hui encore un lieu emblématique, objet de conflits et de convoitises. C’est là qu’a été construit le premier temple de Salomon, et c’est là que s’élève aujourd’hui cette immense mosquée, le Dôme du rocher, en plein cœur de la vieille ville de Jérusalem. Il y a tout un message dans ce nom qu’Abraham a donné à ce lieu. C’est un nom difficile à traduire. On peut le traduire par « Le Seigneur voit » ou « Le Seigneur sera vu » (C’est le choix de la version arménienne) ou bien « Le Seigneur pourvoira » (C’est le choix de la plupart des versions modernes). Ces différentes traductions rendent compte de toute la richesse de ce mot qui exprime l’expérience qu’Abraham a vécu et ce qu’il en a retiré quant à sa perception de Dieu.

C’est sur ce sujet que je vous invite à méditer ce matin à travers les textes que nous avons lus. Qui est Dieu ? En quoi il pourvoit ? Comment cette expérience d’Abraham, éclairée par le Nouveau Testament peut nous parler aujourd’hui ?

1°) « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes… »

La demande de Dieu est choquante, même si nous connaissons le dénouement qu’Abraham ne connaissait pas. C’est ici que l’on mesure la foi, la confiance totale de cet homme vis-à-vis de ce Dieu qui s’était déjà révélé à lui à plusieurs reprises. Abraham n’en est pas à sa première expérience de foi. Il a parfois été hésitant, septique même, mais là, il s’exécute sans rien dire. Le texte ne nous dit rien sur toutes les pensées qui ont pu traverser son esprit à ce moment là. Dans le Nouveau Testament, l’épître aux Hébreux nous révèle qu’il «  pensait que Dieu est puissant même pour ressusciter les morts » (Heb. 11. 19). Mais avouons que malgré tout, il y a de quoi être surpris par la demande de Dieu. D’autant plus que le Seigneur insiste comme pour faire prendre conscience à Abraham du prix à payer pour obéir : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes…va… et là offre-le en holocauste… ». Tout est précisé sauf le lieu exact. Dieu veut peut-être dire qu’il va les accompagner, il sera présent avec eux. Ce qui peut être rassurant pour Abraham.

Et le texte nous donne tous les détails des préparatifs. Abraham se lève tôt, prépare son âne, prend avec lui deux serviteurs et son fils. Il prépare aussi du bois au cas où il n’en trouverait pas sur place ! On dirait qu’il veut être sûr de pouvoir sacrifier son fils ! Il n’oublie pas non plus le feu et le couteau. Tous ces détails nous montrent bien qu’Abraham était effectivement prêt à exécuter ce que Dieu lui demandait. Rien ne semble l’arrêter. Il ne semble même pas s’émouvoir à la question de son fils : « Où est l’agneau pour l’holocauste ? ». Abraham reste de marbre. Il reste à l’écoute de Dieu pour connaître le lieu du sacrifice. Et là, il procède de façon très méthodique jusqu’à ce que l’ange de l’Eternel l’interpelle et l’arrête.

La vie de tout un chacun ressemble à un chemin, un parcours, plus ou moins heureux, serein ou chaotique. Sur ce chemin, de nombreuses questions se posent à nous. Des épreuves de toutes sortes aussi se dressent devant nous. Il en est qui font ce chemin avec Dieu, d’autres pas. Mais pour les uns comme pour les autres, le parcours n’est pas toujours simple. La seule différence souvent c’est que le croyant sait qu’il peut compter sur Dieu, l’autre ne peut compter souvent que sur lui-même. L’expérience d’Abraham nous invite à marcher avec Dieu, et à demeurer confiants en toutes circonstances. Elle nous invite à vivre avec une confiance active et non résignée, en lien avec l’obéissance à Dieu même lorsque les choses vont mal. Même lorsque Dieu paraît incompréhensible, voire choquant, troublant. Elle nous invite à avancer sans savoir ce que les lendemains nous réservent.

2°) « Dieu se pourvoira lui-même de l’agneau pour l’holocauste ».

Abraham est-il en train de mentir à son fils ? Ou bien croit-il que Dieu pourvoira, trouvera un autre moyen ? Croit-il que Dieu interviendra ? Difficile à dire avec certitude ! Surtout si l’on retient le texte de l’épître aux Hébreux qui semble nous dire qu’Abraham croyait davantage à la résurrection de son fils, qu’à l’intervention providentielle de Dieu ! Mais Abraham se trompait au sujet des intentions de Dieu. Certes il avait vu juste concernant la réalité de la résurrection, mais faux sur la providence de Dieu. Et par son intervention providentielle, Dieu lui prouve qu’il sait faire mieux que ce qu’il croyait.

Dieu pourvoira… Cette promesse vaut pour nous aussi. Mais même si nous le croyons, nous devons admettre que nous sommes souvent ignorants de la façon dont la providence de Dieu va se traduire pour nous, pour telle ou telle situation. Abraham s’attendait à une chose, Dieu lui en a montré une autre, moins dramatique ! Dieu peut toujours nous surprendre par sa façon de pourvoir à nos besoins et à nos situations. Il attend de nous foi et obéissance seulement. Le Seigneur nous amène parfois au bout de nos limites, au bout du supportable. Imaginons quelques instants ce face à face entre Abraham et Isaac au moment où le père ligote son fils pour le sacrifier. Il n’y a pas de doute que cela a dû les marquer pour toujours. Peut-être qu’une telle expérience était nécessaire pour l’un comme pour l’autre. Pour qu’ils expérimentent la providence de Dieu, une nouvelle révélation de sa personne. Pour réaliser que « Dieu voit », que rien n’échappe à son regard, mais qu’il ne voit pas toujours comme je vois. Il pourvoit, mais pas toujours comme je pense !

« Dieu se pourvoira lui-même de l’agneau pour l’holocauste ».  Cette parole prophétique nous amène également à considérer comment Dieu a pourvu pour notre salut. L’expérience d’Abraham nous aide aussi à réaliser ce que Dieu a vécu, toute proportion gardée, pour nous libérer de la mort.

Le Nouveau Testament nous présente Jésus à la fois comme le fils et l’agneau. Il est ce fils bien aimé de Dieu, son unique, celui en qui il a mis toute son affection. C’est ainsi que Dieu parle de Jésus sur cette montagne où il a été transfiguré devant ses disciples. Jésus est ce fils unique de Dieu qui vivait avec lui dans la gloire céleste. Ce Fils unique qui a participé à la création du monde. Ce Fils qui lui était cher. Et l’évangile nous rappelle qu’un jour, ce Fils a accepté de devenir « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ». Il a accepté de devenir cet agneau qui allait prendre notre place sur la croix, comme ce bélier qui a pris la place d’Isaac sur l’autel. Dieu a accepté de faire ce sacrifice qu’il a demandé à Abraham. Et lui, est allé jusqu’au bout. Il ne s’est pas laissé détourner de son plan, même lorsque son Fils l’a imploré « Père, s’il était possible que cette coupe (la croix) s’éloigne de moi, toutefois, non pas ma volonté mais que ta volonté soit faite ». Combien Dieu a dû nous aimer, pour ne pas intervenir au dernier moment ! Pour ne pas envoyer ses légions d’anges pour libérer Jésus des mains de ses bourreaux ! Il a dû assister aux souffrances et à la mort de son Fils sans rien dire. C’est ainsi qu’il a pourvu au salut de l’humanité. Il a accepté que son Fils soit puni, condamné à notre place pour expier nos péchés, nos imperfections, nos méchancetés, nos égoïsmes, notre orgueil, …

« Dieu se pourvoira lui-même de l’agneau pour l’holocauste ».  C’est ce que Dieu a fait pour nous en Jésus. Il a pourvu pour notre salut, notre éternité. A nous de le croire, de nous approprier ce salut par la foi et de lui être reconnaissant.

3°) « Que dirons-nous donc à l’égard de ces choses ? »

C’est en ces termes que l’apôtre Paul s’interroge et nous interroge sur ce que Dieu a fait pour nous. Le sacrifice du Christ, sa providence pour notre salut éternel, représente pour Paul un gage puissant de son amour. C’est le gage que Dieu est prêt à tout pour nous, par amour pour nous. S’il est allé jusqu’à sacrifier son Fils, dit l’apôtre Paul, alors « comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? » Qui peut le plus peut largement le moins ! Le sacrifice du Christ est la plus grande expression de l’amour et de la providence de Dieu. Ce sacrifice nous montre que Dieu pourvoira toujours aux besoins de ses enfants. N’ayons jamais de doutes à ce sujet. Doutons plutôt de notre discernement à connaître ce qui est bon et bien pour nous et pour ceux qui nous entourent.

« Le Seigneur voit… sera vu… pourvoira… ». N’oublions jamais que Dieu est, qu’il existe. C’est ainsi qu’il se révèle à travers ce nom de « yahvé ou yéhova » suivant les voyelles que nous mettons. Ce fameux tétragramme hébraïque qui est une racine du verbe « être » nous indique son existence. Il est celui qui nous aime, qui a pourvu de façon parfaite à notre salut éternel, et qui pourvoira toujours à nos besoins en ce monde, selon sa sagesse et sa volonté.  


Conclusion :

« Yahvé-Jiré, le Seigneur voit… sera vu…  pourvoira… »

Le parcours de la vie avec Dieu n’est pas exempt d’épreuves, de situations ou de passages incompréhensibles. Il n’est pas exempt de sacrifices, de renoncements, de marche et de pas vers l’inconnu.

Mais il est une certitude. Sur ce parcours Dieu nous voit et il voit le chemin sur lequel il nous conduit. Il ne le voit pas toujours comme nous le voyons. Sur ce parcours, il se montre à nous, il pourvoit et pourvoira toujours à tous nos besoins. Le sacrifice de son Fils unique, Jésus Christ est le gage le plus puissant de la providence divine.

Ayons foi en Lui comme Abraham, une foi active et dynamique. Que notre foi soit toujours en lien avec l’obéissance, même lorsque ce que Dieu nous demande paraît incompréhensible, voire troublant. Même lorsque cela nous coûte. Soyons sûr que Dieu n’ira jamais au-delà de nos forces et de notre capacité à faire face. Il sait intervenir quand il le faut, même si son intervention est différente de celle que nous attendons.

Pasteur Joël Mikaélian
4/03/12

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux