Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 15 avril 2012 - Le banquet de Jésus : Un avant-goût du ciel
Culte du dimanche 15 avril 2012 - Le banquet de Jésus : Un avant-goût du ciel PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

 

Le banquet de Jésus : Un avant-goût du ciel!

Lecture de Luc 9.7-20

 

 

Vous n'êtes pas sans remarquer que le texte de la multiplication des pains est encadré par deux textes parallèles qui posent la même question fondamentale sur l'identité même de Jésus. Qui est ce Jésus ? Il est difficile de penser que Luc ait pu écrire ce texte sans l'arrière-pensée de nous montrer, par ce miracle, que la véritable identité de Jésus apparaît justement par ce geste miraculeux qui va bien au-delà de la multiplication physique de cinq pains et de deux poissons pour nourrir cinq mille hommes. Nous allons voir ensemble comment ce précieux moment vécu à la fois par les disciples et par les auditeurs de Jésus, nous parle de sa messianité et du royaume à venir. Laissons-nous encourager ce matin par ce signe que Luc et les autres évangélistes nous laissent pour entrevoir ce que le Seigneur a en réserve pour ceux qui croient en lui.

 

 

L'identité messianique de Jésus révélée avec éclat

Nous constatons que les réponses apportées par les amis d'Hérode et par les disciples sont strictement les mêmes.
Jean Baptiste : Oui, on pouvait penser qu'étant donné l'aura qu'avait acquise Jean, il aurait pu connaître le sort très particulier de la résurrection.
Un prophète, dans la lignée de Moïse (un nouveau Moïse en quelque sorte) qui viendrait après lui. Dans l'esprit des disciples il s'agit d'un homme de la même lignée spirituelle. Le peuple avait vécu dans le désert, suite à la délivrance d'Egypte, un temps particulier d'exode au cours duquel Dieu avait fait pleuvoir la nourriture du ciel pour pourvoir aux besoins de son peuple.
L’Eternel dit à Moïse : Voici, je ferai pleuvoir pour vous du pain, du haut des cieux. Le peuple sortira, et en ramassera, jour par jour, la quantité nécessaire, afin que je le mette à l’épreuve, et que je voie s’il marchera, ou non, selon ma loi. Ex 16.4
Et ici, le peuple est dans un lieu désert, et il leur faut manger. Au Verset 16, on voit Jésus lever les yeux vers le Ciel pour remercier, puis distribuer. S’agit-il donc d'un nouveau type d'exode dans lequel Dieu pourvoit miraculeusement. ?
Elie : C'est vrai qu'Élisée (fils spirituel d’Elie) en 2 rois 4.42-44 avait vécu une expérience très similaire. Quand il avait donné l'ordre à l'un des hommes de sa connaissance de nourrir 100 personnes avec 20 pains. Et là on voir combien le serviteur d'Elisée réagit en disant que cela ne sera jamais suffisant. Et Elisée d'annoncer qu'il y aura des restes. Il est difficile de ne pas voir l'ombre des disciples dans la remarque du serviteur qui croyait qu'il n'aurait jamais assez pour nourrir les cents personnes.

 

 

D'ailleurs on remarquera dans la suite du texte (V28) que huit jours plus tard, lors de la transfiguration, on retrouvera ces deux même personnages, Moïse et Elie qui sont là avec Jésus. Et là aussi il est question d'un exode dont ils parlent ensemble qui là doit se faire depuis Jérusalem. (V31)
Même si nous voyons au travers de ces épisodes comment l'Ancien Testament prépare la révélation du nouveau, il nous faut reconnaître que Jésus est bien plus que Moïse ou Elie. (Voir la prophétie d'Esaïe 25.6-8 et Es 55.1-2)
Le SEIGNEUR (YHWH) des Armées fera pour tous les peuples, dans cette montagne, un banquet de mets succulents, un banquet de vins vieux, de mets succulents, pleins de moelle, de vins vieux, clarifiés.7 Dans cette montagne, il anéantira le voile qui voile tous les peuples, la couverture qui couvre toutes les nations ;8 il anéantira la mort pour toujours ; le Seigneur DIEU essuiera les larmes de tous les visages ; il fera disparaître de toute la terre le déshonneur de son peuple — c’est le SEIGNEUR qui parle.
Au menu de ce banquet, nous voyons la mort disparaître comme étant elle-même avalée par celui qui donne l'invitation. Et nous savons que Jésus lui-même va passer par la mort à notre place, pour que nous puissions participer à ce banquet très particulier où il reste plus de nourriture à la fin qu'au début du repas.
Une description merveilleuse du nouveau monde que Dieu vient annoncer et dont il ne fait ici que nous montrer un petit aperçu.

 

 

Un véritable banquet

Nous lisons dans le texte que Jésus a accueilli la foule v11 et plus loin nous le voyons dire aux disciples incrédules : Installez-les (14). Il ne s'agit pas de les mettre en rang pour qu'ils viennent faire la queue comme dans un camp de réfugiés de nos jours... Non, le verbe employé est bien celui de se mettre à table, de s'allonger, de se mettre à l'aise...
Nous sommes bien dans le cadre d'un banquet dont Dieu lui-même est le pourvoyeur, Jésus est l'hôte, et les disciples ne sont que les garçons / serveurs.
Bien beau tout cela, mais nous ne vivons pas dans ce monde-là. Marc situe le récit de ce banquet juste après la fête donnée par Hérode. Lui, c'est exactement le monde dans lequel nous vivons. Un monde où seulement les invités peuvent avoir à manger tandis que le reste, le peuple, meure de faim dehors.
Lui vit dans la luxure, la licence et le péché et ne pense qu'à satisfaire ses appétits et ses convives pour se glorifier aux yeux des hommes. Un monde qui ressemble finalement beaucoup au nôtre aujourd'hui. Le royaume du moi ! Le royaume du je t'invite, tu m'invites...donnant, donnant....
Jésus ne fait pas de distinction dans son banquet, il ne fait aucun tri dans ses invités. Il brise toutes les conventions sociales. Jésus vit dans un monde où les riches sont abaissées et les pauvres élevés, comme Marie l'a chantée quand elle a accueilli la mission que l'ange lui a confié.
Le monde de Jésus est un monde différent. Mais il a donné dans les chapitres précédents quelques indices qui doivent nous aider à attendre :
Heureux vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés ! Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie ! Luc 6.21
Notons le futur dans le temps de la phrase. Ici-bas nous ne sommes pas encore dans ce monde-là.
Pourtant à un moment donné de l'histoire dans cet endroit plus ou moins désertique, Jésus a voulu donner un bref aperçu de ce que à quoi ressemble son monde. Il ne s'agit bien sûr que d'un avant-goût, mais les 12 paniers qui restent montrent bien qu'il y a encore des choses à venir. Que le festin va se poursuivre.
Ces cinq milles personnes rassemblées autour de Jésus ont été pleinement satisfaites par la provision de Dieu. Et quand nous nous rassemblons ici bas, en Eglise, que Jésus est au centre de notre vie communautaire et que nous nous rassemblons pour lui et avec lui, même pour manger, alors nous sommes un aperçu, un avant-goût du nouveau monde que Jésus prépare.

 

 

Qu’apprenons-nous de ce texte ?

a) Luc met en avant à la fois la responsabilité des disciples et leur incapacité à y faire face...
Cela vous rappelle quelque chose ? Faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les, etc.... Nourrissez tous ces milliers qui sont autour de vous de la Parole de Dieu. Brillez, comme des flambeaux dans le monde pour qu'ils voient la lumière...
Et tous ces enfants qui meurent de faim dans le monde ou qui souffrent du paludisme. Et ces millions de chrétiens en Corée du Nord qui sont internés dans les camps de travail. Seigneur, tu vois bien que c’est impossible avec notre petite Eglise.

 

 

b) Jésus pourvoit : Développons la théologie du trop-plein.
Les 12 paniers qui restent sont là pour montrer qu'il va pourvoir. Dans l'ancien testament le peuple d'Israël devait apprendre à dépendre de Dieu pour leur nourriture quotidienne, à ne pas en prendre de trop, car elle se gâtait. Nous devons, de notre côté, développer une théologie du trop-plein. Une vision d'un Dieu puissant qui donne même au-delà de ce dont nous avons besoin pour accomplir la mission qu'il nous confie. Il ne s’agit pas de donner pour nous, mais pour le service. Dans la mesure où nous lui apportons ce que nous avons, Jésus accomplit le miracle de la multiplication qui va donner au « don » une portée que nous n’aurions jamais imaginé.
c) C'est son ministère et non le nôtre
Ce ne sont pas les disciples qui ont produit le pain, mais Jésus qui a pourvu. Souvenons-nous, nous ne sommes que les serveurs et non l'hôte ou le maître de maison dans la situation. Ce n'est pas nous qui allons résoudre les problèmes des gens, même si cela peut nous faire parfois du bien de penser cela. Non c'est lui le pourvoyeur, c'est lui qui accueille. Notre rôle est uniquement de pointer vers lui, de distribuer ce qu'il a lui-même donné. Cela veut dire que nous pouvons prier, nous pouvons faciliter l'accès à Jésus par nos attitudes, par notre amour et notre témoignage, mais c'est bien lui seul qui peut transformer des vies à la gloire de Dieu.
d) il pourvoit à la croix
Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il les bénit. Puis, il les rompit, et les donna aux disciples, afin qu’ils les distribuassent à la foule Luc 9.16
Difficile ici de ne pas se souvenir de la cène, du dernier repas que Jésus lui-même a partagé avec ses disciples. Prendre, remercier, briser, donner.
Nous retrouvons exactement ce que Jésus a fait. D'ailleurs, quand on le reconnaît comme le messie, Jésus annonce d'emblée qu'il n'est pas venu pour chasser l'occupant, ou pour réformer la société et créer la justice sociale. Non il est venu seulement et uniquement pour mourir à notre place.

 

 

Conclusion

Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel, mais mon Père vous donne le vrai pain du ciel ;…car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. (Jean 6.32-33)
Jean 6.51Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde.
Pascal VERMES
Directeur du service Parrainage d'enfants au Service d'Entraide et de Liaison (S.E.L.)

 

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux