Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 3 Février 2013 - «Je vais vous montrer une voie par excellence..»
Culte du dimanche 3 Février 2013 - «Je vais vous montrer une voie par excellence..» PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte
Esaïe 54. 1 à 10 / 1 Cor. 12. 31 à 13. 1 à 8 / Matthieu. 7. 1 à 6


« Je vais vous montrer une voie par excellence… »


A près avoir encouragé les chrétiens à rechercher et à vivre leurs dons dans l’unité et la solidarité, l’apôtre Paul leur indique une voie par excellence. Dans notre vie quotidienne, nous sommes souvent à la recherche de l’excellence. Nous la souhaitons pour nous, nos enfants, notre entourage. Beaucoup d’hommes et de femmes aujourd’hui ont ce désir de réussite, d’atteindre le maximum de leurs potentialités et même de pouvoir les dépasser. Ce désir n’est pas mauvais en soi, à condition toutefois, qu’il ne devienne pas une obsession, qu’il se réalise dans l’intégrité et le respect d’autrui. A condition, qu’il ne prenne pas toute la place et qu’il nous envahisse au point de devenir une idole pour laquelle nous serions prêt à tout sacrifier. Car il ne faut jamais oublier que ce monde avec toutes ses réussites disparaîtra un jour. Seul l’amour ne périt jamais. Méditons sur cette invitation à l’excellence spirituelle. Comment trouver, marcher, avancer sur cette voie par excellence ? Qu’est-ce qui fait l’excellence d’une vie chrétienne, d’une vie d’église ?
1°) « Mon amour envers toi ne bougera jamais… »
Dieu est amour, il en est le fondement. Au chapitre 54 de son livre, le prophète Esaïe nous révèle avec force la nature de cet amour. Dans ce texte, Dieu s’adresse à son peuple rebelle, infidèle et en captivité à cause de son péché. Il lui dit : « quelques instants je t’avais abandonné…Mais avec une grande affection je t’accueillerai ». Quelques instants avaient suffit pour que de grands malheurs s’abattent sur ce peuple. C’est une chose terrible de s’éloigner de Dieu. Mais Dieu nous montre ici qu’il n’est pas un homme pour garder rancune. Que son amour ne change pas. Il nous montre que l’amour véritable qui est le sien, n’est jamais insensible à la souffrance des hommes. Dieu ne lâche pas, il n’abandonne pas définitivement, il revient toujours à la charge. Il y a aussi un aspect pédagogique dans ce qu’il permet. Il pardonne, il restaure, il rétablit. Il ne reste jamais très loin de ceux qui s’éloignent. Son amour n’est pas de nature humaine. Il est de nature divine, parfait, excellent, sans fin. Il renaît sans cesse, il s’exprime sans cesse. Il se donne sans cesse. Il est tel que l’apôtre Paul le définit. (1 Cor. 13)
Malgré tout ce que Dieu pourrait reprocher à son peuple, il lui dit : « dans un instant de colère, je t’avais dérobé ma face, mais avec un amour éternel je vais te rassembler…j’ai de la tendresse pour toi… Je te promets de ne plus m’irriter contre toi… Même si les montagnes se mettaient à bouger, même si les collines venaient à chanceler, mon amour envers toi ne bougera jamais… ». Quel amour ! Quelle excellence ! Nul doute que ces paroles ont été un baume, une consolation, une espérance pour le peuple d’Israël à cette époque. Il en a été de même pour des quantités de croyants depuis. Il en est de même aujourd’hui. C’est toute la « dimension », ou la « sur dimension » de l’amour de Dieu qui nous est révélé ici.
Par delà les siècles et les circonstances, ces paroles s’adressent à l’église aujourd’hui, à ceux qui sont éprouvés, comme à ceux qui se sont éloignés. C’est une invitation puissante à considérer ou à reconsidérer la perfection de l’amour de Dieu. A venir à lui, à revenir vers lui, à lui consacrer nos vies, à nous émerveiller et nous laisser envahir par cet amour.
Il est des temps où Dieu peut être indigné de nous, de nos péchés, de nos tiédeurs, de nos relâchements. Parfois aussi, il est des temps d’épreuves qui surgissent dans nos vies et qui nous questionnent. Il est des temps de déserts, de souffrances, de maladie, de vide. Et c’est là que le Seigneur vient toujours nous rencontrer pour nous dire : « Même si les montagnes se mettaient à bouger… Mon amour envers toi ne bougera jamais… ». Le Seigneur nous invite à lui ouvrir nos cœurs. Il est des temps où Dieu nous appelle à venir à lui pour une libération, une restauration, une consolation. Ne laissons pas passer ces temps de grâces. Ne laissons pas le doute prendre place et le malin nous dire que tout ceci est faux ou n’est pas pour nous. Jésus Christ est venu incarner cet amour parfait de Dieu. Et il s’est adressé à tous. Il n’a jamais exclu qui que se soit excepté ceux qui se sont exclu d’eux même par mépris, par indifférence ou par incrédulité. La croix et le sacrifice que nous commémorons en partageant le pain et le vin, est l’expression parfaite de cet amour. Quoiqu’il arrive, dit le Seigneur à ceux qui ont fait alliance avec lui, « Mon amour envers toi ne bougera jamais… ». Avons-nous fait cette alliance ? N’hésitons pas.
2°) « Je vais vous montrer une voie par excellence… »
C’est sur le fondement de l’amour de Dieu que l’apôtre Paul nous invite à vivre les relations humaines. La voie par excellence, c’est de mettre en pratique le commandement de Jésus. « Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimé, vous aussi, aimez-vous les uns les autres ». Il ne suffit pas d’être au bénéfice de l’amour de Dieu et de l’aimer, encore faut-il vivre cet amour dans le cadre des relations humaines dans l’église. La voie par excellence, c’est de nous aimer les uns les autres, non pas comme nous le voulons, mais comme le Christ nous a aimé. Ce qui est un grand défi ! Surtout lorsque nous prenons en compte les paroles de Jésus en Matthieu 7 : « Ne jugez point…». Comment vivre en église, sans jamais dire quoi que ce soit, sans jamais émettre de critiques, de remarques, de jugements ? Comment concilier l’amour, ne pas juger, avec cette nécessité de l’échange et du partage de points de vue différents ? Comment l’articuler avec ce devoir de veiller les uns sur les autres, de mettre en garde ceux qui s’égarent…?
Il y a souvent chez les chrétiens des malentendus sur ce sujet. Tout d’abord, nous croyons trop souvent qu’aimer l’autre veut dire être toujours en accord avec lui, avoir les mêmes idées, les mêmes opinions, et surtout ne jamais faire de remarques même face à des comportements répréhensibles. Ce qui est davantage une forme d’hypocrisie que de l’amour. Car l’amour n’exclu pas la vérité, bien au contraire la vérité est indissociable de l’amour. Par ailleurs, nous avons tendance trop souvent à personnaliser les idées. C'est-à-dire à associer les idées aux personnes, d’où la difficulté d’aimer ceux qui ont des opinions différentes des nôtres.
Pour bien comprendre ce texte de Matthieu 7, il faut bien traduire le sens des mots et prendre en compte la totalité des paroles du Seigneur. Tout d’abord, l’expression : « Ne jugez point…» a plutôt ici le sens de « ne pas condamner ». Jésus ne parle pas ici de s’interdire tout jugement, toute analyse, toute évaluation, toute critique, tout débat… C’est le propre de la vie communautaire et c’est ce qui en fait sa richesse. Mais il nous dit de ne pas condamner. Quant au reste, il s’agit de juger au sens d’évaluer, de conseiller, de reprendre celle ou celui que nous estimons défaillant en tenant compte de trois éléments à savoir : 1°) « on vous appliquera la même mesure… » 2°) « Ote premièrement la poutre de ton œil… »
3°) « Ne donnez pas les choses saintes aux chiens… ».
Ce qui veut dire : faites cela avec amour et mesure, car on utilisera la même mesure pour vous ; faites cela en vous examinant vous même d’abord ; et faites cela avec discernement, il est des cœurs endurcis auprès desquels il est inutile d’insister.
C’est ainsi que nous sommes invités à vivre nos relations au sein de l’église et au dehors. Nous devons les vivre avec cet amour qui patiente, qui est plein de bonté, qui n’est point envieux, qui ne se vante pas, qui ne s’enfle pas d’orgueil, qui ne fait rien de malhonnête, qui ne cherche pas son intérêt, qui ne s’irrite pas, qui ne soupçonne pas le mal, qui ne se réjouit pas de l’injustice, qui se réjouit de la vérité, qui excuse tout, qui croit tout, qui espère tout, qui supporte tout. On est très loin ici du romantisme naïf auquel on pense trop souvent lorsque l’on parle d’amour !
3°) Qu’est-ce qui fait l’excellence de la vie chrétienne, et de la vie de l’église ?
Ce qui fait l’excellence d’une vie chrétienne, ce n’est pas le zèle, le nombre des activités et des services. Ce ne sont pas les dons et les capacités si extraordinaires soient elles, même celles qui sont surnaturelles. Ce qui fait l’excellence d’une vie chrétienne, c’est l’amour. Sans lui, tout le reste est néant, bruit, vent….
Ce qui fait l’excellence d’une vie d’église, ce n’est pas le nombre de ses membres, la beauté de ses locaux, ses nombreuses activités, son organisation, ses finances… Ce qui fait l’excellence d’une vie d’église, c’est l’amour que ses membres portent les uns aux autres. C’est l’amour de Dieu que ses membres partagent.
Conclusion : « Je vais vous montrer une voie par excellence… »
Ouvrons nos cœurs à l’amour de Dieu, recevons-le, et soyons remplis de reconnaissance pour la perfection de cet amour, pour la croix. Aimons Dieu de tout notre être. Et que cet amour nous anime tous dans nos relations les uns avec les autres. Marchons, avançons sur cette belle voie. Faisons tous nos efforts pour vivre selon cet amour.
Pasteur Joël Mikaélian - 3/02/13
 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux