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Culte du dimanche 17 mars 2013 - « Je ne te condamne pas non plus ; va et ne pèche plus… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Esaïe 43. 16 à 21 / Phil. 3. 8 à 14 / Jean 8. 1 à 11

« Je ne te condamne pas non plus ; va et ne pèche plus… »

L ’histoire de la femme surprise en flagrant délit d’adultère soulève pas mal d’interrogations. Pour ses accusateurs, c’est un cas d’école et une occasion nouvelle d’embarrasser Jésus. Une sorte de piège facile. Pour la femme elle-même, c’est une terrible humiliation avec à la clé, une lapidation. C’est dire tout le caractère dramatique de la scène. Pour Jésus, c’est une situation nouvelle où il va montrer une fois de plus sa compassion et la nouveauté de l’œuvre qu’il est venu accomplir. Cette histoire est une belle démonstration de ce qu’est la grâce et de ce qu’elle n’est pas. Elle dévoile la nature du cœur de Dieu et celle du cœur humain. Quel message devons-nous recevoir à travers elle ? Quelle est la nouveauté de l’évangile que Jésus souligne ici ?

1°) « Voici, je vais faire une chose nouvelle… »

Bien avant la naissance de Jésus, le prophète Esaïe recevait de Dieu des révélations au sujet de l’œuvre d’un certain serviteur, le Messie. Dieu lui annonçait un temps de grâce. Il lui parlait d’un temps où il déciderait de sa propre initiative de tourner la page sur le passé. D’un temps où Dieu tournera une page de l’histoire mauvaise des hommes. Il se présente à Esaïe comme le Dieu tout puissant, l’Eternel, celui qui n’est pas limité au temps pour lui dire : « Ne pensez plus aux événements passés, et ne considérez plus ce qui est ancien… ». Laissez de côté vos idées, vos préjugés, ce que vous pensez savoir sur Dieu. Je vais faire une chose nouvelle, une nouvelle alliance qui sera bien différente de l’ancienne : « Je mettrai un chemin dans le désert et des fleuves dans la solitude ».

La nouveauté, c'est qu’il y aura toujours un chemin, une issue au désert. Le désert des épreuves ne sera plus un désert de mort comme l’avait connu le peuple d’Israël à sa sortie d’Egypte. Les épreuves de la vie, comme les temps difficiles, les périodes de sècheresses spirituelles, de questionnement ne seront plus sans issue. Certes, ils existeront toujours. Il y aura toujours des déserts, de ces situations dont on ne voit pas la fin, dont on ne voit pas d’aboutissement heureux. Mais il y aura toujours un chemin pour le croyant. Un chemin tracé, éclairé, une direction précise à suivre jusqu’à la sortie du désert. Jésus dira plus tard, qu’il est lui-même ce chemin. C'est-à-dire qu’il faut le suivre pour s’en sortir. Le suivre, lui obéir et le servir, c’est ainsi que chacun pourra être sauvé du désert de la mort et être accompagné par l’Esprit Saint durant toute sa vie. « Suivez-moi… ». Telle est l’invitation que le Seigneur nous adresse aujourd’hui. C’est à dire, croyez en moi et suivez mes paroles. Vous trouverez le salut et toujours un chemin dans vos périodes de désert.

Dans la nouvelle alliance, il y aura aussi des fleuves dans la solitude. Jésus s’est lui-même identifié comme étant la source de ce fleuve d’eau vive « Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle ». « Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui… » (Jean 4. 14 et 7. 39). Dans la nouvelle alliance, il y aura toujours des temps de solitudes, d’incompréhension, temps où l’on se sent abandonné de tous, même de nos amis, de nos proches… Mais ces temps de solitudes seront toujours empreints de la présence de Dieu, du Saint Esprit. « Je ne vous laisserai pas orphelin, je viendrai à vous… Je prierai le Père et il vous donnera un autre consolateur afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité… ». Un chemin dans le désert, des fleuves dans la solitude, c’est ce que Jésus est venu apporter dans ce monde. C’est l’ère de la grâce, une rupture radicale que chacun est invité à expérimenter.

2°) « Je ne te condamne pas non plus… »

L’histoire de cette femme vient démontrer de façon concrète comment Dieu tourne la page sur le passé mauvais de l’humanité, comme sur le passé mauvais de chacun. Dans la nouvelle alliance, il n’y a plus de condamnation pour ceux qui croient en Jésus, qui s’en remette à sa grâce et à son pardon. C’est parce qu’il n’y a plus de condamnation que tout peut changer dans notre rapport avec Dieu. Alors que Jésus enseigne le peuple, on lui amène une femme surprise en flagrant délit d’adultère. Quelle triste situation que celle de cette femme ! On ne sait pas grand-chose de sa vie, ni de l’homme avec qui elle a été surprise, puisque de ce temps là, les hommes s’en sortait toujours. On ne sait rien non plus des conséquences de cet adultère. Cette histoire pose d’ailleurs pas mal de problèmes aux exégètes car elle est absente de nombreux manuscrits anciens et seul l’évangile de Jean nous en parle. C’est dire l’embarras des premiers chrétiens face à cette histoire qui va loin dans la grâce. Jésus est face à une situation qui demande une condamnation sans appel. L’accusée ne tente même pas de se défendre ou de se justifier. Son silence est signe d’aveu, de confession. Que faire ? Juger et condamner selon la loi, ou juger et acquitter selon la grâce ? C’est cette deuxième voie que Jésus choisira, avec calme, non sans avoir, au préalable renvoyé les accusateurs face à eux même. « Que celui de vous qui est sans péché jette la première pierre contre elle ». Puis Jésus continue à écrire sur le sol. Il semble vouloir être absent et laisser chacun face à lui-même, la femme, les accusateurs. Chacun se regarde alors et réalise son propre état de péché. Ils ne sont peut- être pas tous adultères dans les faits, mais en pensées, qui sait ? Quoiqu’il en soit, il s’avère qu’ils sont tous pécheurs puisqu’ils se retirent un à un sans rien dire. Mais quel dommage qu’ils n’aient pas eu le courage d’aller plus loin, de reconnaître leur péché devant le Christ pour recevoir son pardon ! Ce jour là, la femme adultère seule recevra ce pardon et expérimentera l’immensité de la grâce de Dieu en Jésus. Face à face avec Jésus, un court dialogue s’installe : « Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a-t-il condamnée ?… Non Seigneur… Je ne te condamne pas non plus… ». Voilà que le seul qui pouvait jeter la première pierre, refuse de le faire. Le seul qui pouvait condamner, ne le fait pas. C’est au prix de sa vie que le Seigneur prononcera ces paroles libératrices. Il ne condamne pas parce qu’il va se laisser condamner à la place de cette femme, comme à la place de tous ses accusateurs, comme à notre place à chacun ! Sur la croix, il a porté tous nos péchés et annulé notre condamnation. « Je ne te condamne pas non plus… ». C’est le message que le Seigneur nous adresse aujourd’hui encore. Il suffit de reconnaître notre péché, comme cette femme, sans chercher à se justifier. Il suffit de croire que Jésus est le Seigneur, le Messie, le Sauveur du monde, pour être libéré de la mort éternelle.

« Que celui de vous qui est sans péché jette la première pierre contre elle ». Par cette parole, Jésus nous renvoie aussi à nous même. Gardons-nous de juger, de condamner ceux qui chutent, ceux qui pèchent. Réalisons que nous avons tous besoin d’être sauvé par la grâce.

3°) « Va, et ne pèche plus… »

Jésus a poursuivi sa phrase, son message. Il ne s’est pas arrêté au pardon. Il veut encore plus pour cette femme et pour nous. Il veut encore plus de bonheur, plus de liberté, plus de joie. La grâce ne doit pas être un prétexte, un encouragement au mal, à la débauche et au péché, mais une libération du mal. La femme l’aura compris, on peut l’espérer en tout cas. Faute de quoi, son expérience n’aura servi à rien. Il en va de même pour nous. On ne peut comprendre et vivre la grâce de Dieu si l’on ne tiens pas compte de cette fin de phrase : « Va, et ne pèche plus… ». L’apôtre Paul l’aura compris pour lui. Dans sa lettre aux Philippiens, il fait état de la rupture qui s’est faite en lui suite à sa rencontre avec Jésus. Il écrit : « Ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ… Je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ… » Pour Paul, ces choses anciennes représentaient sa religion, sa prétention à être juste devant Dieu par lui-même. Mais Paul avait compris que nul ne pouvait être juste devant Dieu, même avec la meilleure moralité possible. Alors il se confie dans la grâce et la justice qui s’obtient par la foi en Jésus. Mais il ne s’arrête pas là. Il avait compris aussi qu’il y avait un but à atteindre, une nouvelle vie à vivre, à l’image de cette nouvelle alliance de la grâce. Il savait bien que le péché, l’orgueil, la prétention, seront toujours à la porte, prêts à faire intrusion dans la vie du chrétien pour lui nuire. C’est ainsi qu’il court, qu’il poursuit le but de devenir toujours plus conforme au Christ, tout en restant conscient de ses faiblesses. Il sait qu’il ne sera pas parfait, mais cela ne l’empêche pas de tendre vers la perfection du Christ.

« Va et ne pèche plus… » Quel beau message pour nous ! Quelle belle invitation pour notre bonheur ! Certes, la Bible nous dit que nous pécherons encore tant que nous serons dans ce corps. Certes, nous aurons encore des luttes, des combats, des chutes, mais ne nous décourageons pas. La grâce du pardon demeurera jusqu’à la fin pour tous ceux qui reconnaissent leurs fautes. Marchons de progrès en progrès, courrons avec persévérance sans nous lasser. Et encourageons-nous mutuellement.

Conclusion :

« Je ne te condamne pas non plus ; va et ne pèche plus… »

C’est toute la nouveauté de l’évangile de la grâce qui se résume dans cette parole de Jésus. En Christ, il y aura toujours un chemin dans le désert, des fleuves dans la solitude et un pardon immense et pour tous, même pour le pécheur le plus notoire. Aucun péché n’est trop grand pour la grâce et le pardon en Jésus. Encore faut-il le reconnaître et croire. Encore faut-il se tenir tel que l’on est devant Dieu et dire comme cette femme à Jésus : « Seigneur… » Encore faut-il ne pas mépriser cette grâce et continuer sa route dans le péché. Le Seigneur nous appelle à une vie nouvelle, comme cette femme. Ne rejetons pas son appel aujourd’hui. Engageons-nous dans cette vie nouvelle. Persévérons dans cette vie nouvelle et sachons apprécier cette grâce de Dieu à sa juste mesure.

 

Pasteur Joël Mikaélian

17/03/13

 

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux