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Culte du dimanche 24 mars 2013 - « Bénis soit le roi qui vient au nom du Seigneur...» PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Esaïe 50. 4 à 7 / Phil. 2. 6 à 11 / Luc 19. 28 à 44

 

« Bénis soit le roi qui vient au nom du Seigneur… »

 

Q uelques jours avant la Pâque juive, Jésus se dirige vers Jérusalem. Une foule nombreuse le suit. Mais avant d’entrer dans la ville, Jésus s’arrête. Il prend le temps de préparer son entrée dans la ville. Il prend des dispositions particulières pour y être accueilli comme roi. Cela peut surprendre de la part de celui qui, jusqu’alors, refusait ce genre de popularité. Pourquoi une telle mise en scène de sa part ? Quel est le message qu’il a voulu communiquer ? Quel est le sens de cette démarche ? Pourquoi ses larmes aussi ? Tant de questions se posent à nous à la lecture de ces textes bibliques qui nous relatent l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. En ce dimanche des Rameaux, méditons à ce sujet.

 

 

1°) « Bénis soit le roi… »

Il est clair que Jésus n’a jamais été en mal de popularité et de reconnaissance. Tout au long de son ministère, il a rassemblé des foules et suscité un enthousiasme sans précédent auprès de beaucoup. Au point même qu’il était souvent contraint de se retirer à l’écart, ou même de dire aux bénéficiaires de ses miracles de se taire parfois. Jésus n’a jamais cherché la gloire des hommes. Bien au contraire, dans sa lettre aux Philippiens, l’apôtre Paul souligne, que Jésus a même quitté sa gloire divine pour venir sur terre. Il s’est humilié, s’est rendu obéissant même jusqu’à la mort sur la croix. Jésus n’avait que faire de la gloire des hommes ! Il a également maintes fois refusé les avances de la foule qui voulait le faire roi. Alors, pourquoi tout à coup, prépare-t-il cette entrée triomphale à Jérusalem, quelques jours avant d’être crucifié ? Pourquoi ce changement ? Il semble qu’il y ait plusieurs raisons à cela.

Tout d’abord, Jésus était soucieux de respecter le plan de Dieu révélé aux prophètes de l’ancien testament. Ici, il accomplit dans les moindres détails la prophétie de Zacharie concernant le Messie. Il agit dans l’obéissance à Dieu. Il ne se considère pas au-dessus des prophéties, au-dessus de tout et de tous. Il atteste par là toute la sagesse de Dieu, toute sa bonté et sa providence. Dieu n’est pas celui qui improvise les choses, qui les décide au fur et à mesure du temps et des circonstances. Il n’y a pas d’improvisation, de hasard dans le plan de Dieu. Tout est prévu, tout est cohérent. Dieu sait tout ce qu’il fait, pourquoi il le fait et quant il est bon de le faire. Il en va de même dans nos vies. Dieu n’improvise pas nos vies, son église, le monde et son avenir. Il sait où il va. C’est certainement le seul qui puisse dire avec certitude : « Je sais où je vais… ! ». Il peut le dire pour toutes les situations, des plus générales aux plus personnelles. Dieu sait où il va avec nous.

Ensuite, par cette entrée triomphale, Jésus a voulu marquer les esprits. Marquer la mémoire du peuple de Jérusalem. Qu’il soit bien clair que celui qui entre ce jour-là dans cette ville n’est pas n’importe qui. C’est le roi qui vient au nom du Seigneur. Il était important que la foule le reconnaisse, le scande haut et fort et l’inscrive dans sa pensée. Ceci non pas pour honorer Jésus et satisfaire son égo ! Non pour lui offrir son heure de gloire ! Gloire humaine ridicule bien en-deçà de la gloire divine qui était la sienne avant son incarnation ! Non ! Il fallait une telle reconnaissance afin que lorsque, quelques jours plus tard, on le crucifiera comme un malfrat, il soit clair pour tous qu’il était loin de l’être ! Que tous sachent avec certitude que c’est celui que l’on a accueilli comme roi envoyé de Dieu, que l’on est en train de crucifier. Afin que nul ne puisse dire un jour : « Nous ne savions pas… »

C’est d’ailleurs cela qui fera pleurer Jésus. C’est que malgré toutes ses œuvres, ses miracles, l’amour et la compassion déversée ; malgré toute la grâce, le pardon, la sagesse déployée ; malgré toute la visibilité de cette entrée à Jérusalem, de cette liesse populaire, de cette proclamation de sa nature divine, l’aveuglement demeurera chez la plupart. « Tu n’as pas connu le temps où tu as été visité… » Malgré tout ce que j’ai fait pour toi, malgré tout ce que je ferai bientôt en acceptant de mourir sur la croix, tu n’as pas compris ! Tu n’as pas connu ce temps où ton Dieu est venu vers toi pour te sauver. C’est triste à en pleurer !

2°) « Tu n’as pas connu… »

Et si c’était le message que le Seigneur nous adressait aujourd’hui en ce jour des Rameaux ? Malgré tout ce que j’ai fait pour toi, tu ne m’as pas connu, tu ne m’as pas accepté, tu ne m’as pas suivi. Tu ne me fais pas confiance. Tu attristes l’Esprit Saint que j’ai envoyé dans ton cœur. Tu résistes à sa voix.

Avons-nous accepté le Christ comme notre Sauveur et Seigneur, ou sommes-nous indifférents encore ? Sommes-nous comme cette foule qui scande : « Hosanna… », lorsque tout le monde le dit et qui crie : « crucifie-le… », lorsque tout le monde le dit ? Son œuvre n’est-elle pas suffisante pour toi ? Son incarnation, son sacrifice à la croix, son amour, n’est-ce pas suffisant pour l’accepter et se donner à lui ?

Quant à nous chrétiens, avons-nous encore des doutes sur son amour, sa fidélité, sa puissance, sa grâce ? La croix n’est-elle pas suffisante pour que tu sois assuré de son amour ? Sa fidélité, sa sagesse, sa puissance, ne sont-elles pas suffisantes pour que tu lui fasses confiance ? Pour que tu l’adore, lui obéisse, lui consacre ta vie ?

En quittant ce monde, Jésus a envoyé l’Esprit Saint sur terre et dans le cœur du croyant. Cette présence, n’est-elle pas suffisante pour que tu le suives et l’honores ?

Qu’attendons-nous de plus ? Dans quelle mesure connaissons-nous le temps où Dieu nous a visités et nous visite ? Jésus pleure, non pas pour que l’on ait pitié de lui ! Il pleure sur nous et pour nous chaque fois que nous le rejetons, nous ne prenons pas en compte son amour, son salut, sa présence, sa bonté, sa fidélité. Chaque fois que nous n’honorons pas sa parole, son église…

3°) « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ… »

Dans sa lettre aux Philippiens, l’apôtre Paul nous encourage à partager les mêmes sentiments d’amour et d’humilité, de sainteté et d’obéissance qui étaient en Jésus. C’est une invitation à aimer, à pardonner, à aider, à soutenir, à compatir, sans se lasser. Comme le dit le prophète Esaïe : «  Le Seigneur l’Eternel, m’a donné une langue de disciple attentif pour que, par ma parole, je sache fortifier ceux qui sont fatigués. Il me fait tendre l’oreille afin que matin après matin, j’écoute comme un disciple ». Avoir les sentiments de Jésus Christ, c’est s’abaisser volontairement, ne pas chercher à écraser les autres mais à les respecter. C’est une invitation à ne pas entrer en concurrence, en compétition avec qui que ce soit de nos frères et sœurs. C’est une invitation à s’en remettre à Dieu pour toutes choses. C’est une invitation à ne pas reculer face aux sacrifices, aux épreuves, aux difficultés du chemin par lequel Dieu nous fait passer. C’est ce que le prophète Esaïe précise : « Je n’ai pas résisté, je n’ai pas reculé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient… Je n’ai pas caché mon visage à ceux qui m’insultaient et qui crachaient sur moi ». Avoir les sentiments qui étaient en Jésus Christ, c’est ne pas se laisser envahir par la peur. Car Dieu n’abandonne pas ses enfants comme le dit Esaïe pour Jésus : « Le Seigneur l’Eternel viendra à mon secours… car je le sais, je ne serai pas dans la honte ». Dieu n’a pas abandonné son Fils sur la croix, il l’a ressuscité ! Il l’a élevé au plus haut. Il lui a remis toute domination et autorité, tout pouvoir dans le ciel et sur la terre. Un jour tout genoux fléchira, s’inclinera devant lui. Ce sera un jour unique glorieux, d’une gloire sans commune mesure avec celle de la journée des Rameaux. Elle n’aura rien à voir avec cette gloire factice, instable, passagère à laquelle nous attachons parfois tant d’importance ! Un jour, Jésus sera vraiment glorifié, reconnu par tous comme le roi des rois ! Ce jour là, il élèvera aussi les siens, ceux qui auront cru en lui. Il les prendra avec lui et leur fera partager sa gloire. Nous serons participants à la gloire divine comme le dit l’épître aux Hébreux : « En effet, Dieu, qui a crée tout ce qui existe et par qui sont toutes choses, voulait conduire beaucoup de fils à participer à sa gloire. Il lui convenait pour cela d’élever à la perfection par ses souffrances celui qui devait leur ouvrir le chemin du salut ». (Heb. 2. 10). En Christ, tous ceux qui croient participeront à la gloire de Dieu. C’est sa volonté, son projet pour l’humanité. C’est pour cela que Jésus a souffert. Quel avenir extraordinaire !

Conclusion :

« Bénis soit le roi qui vient au nom du Seigneur… »

En ce jour de la fête des Rameaux, bénissons Dieu pour sa grâce, pour ce projet et cet avenir glorieux qui sera la part de tous ceux qui auront cru.

Laissons-nous visiter par l’Esprit saint, ouvrons nos cœurs à sa présence et ne doutons pas de son amour, de sa bonté, de sa puissance et de sa fidélité. Dieu sait où il va, il n’improvise pas.

Ayons en nous les sentiments qui étaient en Jésus Christ et bénissons-le pour cet avenir glorieux qu’il nous a ouvert par ses souffrances et la croix.

Pasteur Joël Mikaélian

24/03/13

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux