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Culte du dimanche 28 avril 2013 - « Voici, je fais toutes choses nouvelles… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Jean 13. 31 à 35 / Apoc. 21. 1 à 8

« Voici, je fais toutes choses nouvelles… »

D ans ce monde sans cesse secoué par des drames, des injustices de toutes sortes, cette parole du Christ ressuscité ouvre nos yeux sur un nouveau monde qui attend les croyants. Dans ce monde plein de violence, de souvenirs douloureux comme celui du Génocide arménien, la voix du Seigneur bouscule nos découragements, nos révoltes, notre soif de justice. Non, le mal n’aura pas le dernier mot. Il a été vaincu, comme cloué sur la croix par le Christ une fois pour toute. Ce que nous pensons être aujourd’hui son triomphe, ne représente en fait que les soubresauts d’une mort annoncée. Certes, les dégâts causés sont importants, les souffrances de toutes les victimes ne doivent pas être minimisées. Mais de son trône de gloire, la voix du Seigneur résonne : « Voici, je fais toutes choses nouvelles… ». L’apôtre Jean voit un ciel nouveau, une terre nouvelle.

Quel message pour nous en ces jours de souvenirs douloureux ? Quel message face aux détresses du monde ? Quel message face à tous nos questionnements ?

1°) « Lorsque Judas fut sorti… »

Le texte de l’évangile de Jean nous montre qu’il se passe quelque chose de particulier à partir du moment où Judas quitte la soirée. « Maintenant… » dit Jésus, « le Fils de l’homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui ». Il semble que le départ du traître cause à Jésus un immense soulagement. La trahison de Judas enclenche le processus final par lequel le monde pourra être sauvé. A partir de là, Jésus ne résistera plus. Il voit déjà la défaite du mal. Il est déjà glorifié en tant que Fils de l’homme. Il est glorifié par son obéissance. Cette obéissance se manifestera de façon éclatante à travers tout cette souffrance, cette profonde injustice qu’il va subir. Il se laissera arrêter, il se laissera gifler, humilier, accuser. Il se chargera de toute la haine, la folie meurtrière, la violence par obéissance. Il portera tout ceci en tant que Fils de l’homme pour sauver l’humanité. C’est là sa gloire et celle de Dieu. Bien étrange, cette gloire ! Etonnante pour nous ! Peut-on imaginer gloire plus sombre, gloire plus triste, et pourtant, c’est bien ce que Jésus affirme. Car c’est de cette obéissance, de cette profonde humiliation, qu’il sera élevé, que Dieu le ressuscitera et lui donnera le nom au-dessus de tout nom, « afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre… » (Phil. 2. 10) C’est en cela que Dieu a été aussi glorifié en Jésus. Car il a été fidèle en toute chose, il n’a faillit en rien. Combien nous sommes loin de nos concepts humains ! Qu’est-ce que la gloire ? Quelles sont ridicules les gloires humaines lorsqu’on lève un peu les yeux vers Jésus. La gloire du chrétien, ne serait-ce pas aussi son obéissance à Dieu ? Est-ce bien là la gloire que nous recherchons ? Ou faisons-nous fausse route comme tant d’autres ?

« Lorsque Judas fut sorti… », la gloire de Dieu se mit en marche vers ce tournant de l’histoire des hommes. En empruntant ce chemin de douleurs et d’injustice, et en le dépassant par la résurrection, Jésus a vaincu le mal, la haine, la violence, la barbarie humaine. Il l’a écrasé sur la croix. C’est alors que pour tous ceux qui croient, un jour nouveau s’est levé. Certes, la vie reste la même, les épreuves demeurent, le mal fait toujours aussi mal, les questions demeurent. Mais ce qui change pour le croyant, c’est la présence de l’Esprit, son aide et son soutien. Ce qui change, c’est l’espérance. Ce qui change, c’est la gloire, la gloire d’obéir à Dieu, à sa parole, à ses commandements. Obéir à ce commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres. Oui, comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres… » Aimez-vous comme je vous ai aimé, avec vos qualités, vos faiblesses, vos particularités… Aimez-vous les uns les autres, c'est-à-dire que cela doit être réciproque. Il n’y a pas ceux qui sont appelés à aimer d’un côté et ceux qui sont appelés à être aimés de l’autre ! Parmi les disciples du Christ que nous sommes, il nous faut vivre cette belle réciprocité. Jésus nous dit que ce sera même un signe distinctif de notre appartenance. C’est là que commence l’évangélisation.

Ce qui change aussi, depuis que le Fils de l’homme a été glorifié, c’est l’espérance de voir un jour un ciel nouveau, une terre nouvelle où la justice habitera. C’est l’espérance de vivre éternellement dans la présence entière de Dieu. De voir celui qui est sur le trône, le Fils de l’homme dans sa gloire entière. Ce qui change, c’est l’espérance d’une pleine consolation « Il essuiera toute larmes de leurs yeux ».

2°) « Il essuiera toutes larmes de leurs yeux… »

Cette voix forte qui sort du trône nous indique que les larmes font bel et bien partie de cette vie. Ils ont été nombreux et ils le sont encore, ceux qui pleurent dans ce monde. Victimes de la folie humaine, de la méchanceté, de la haine, de la violence. Victimes de l’orgueil, de la jalousie, de la convoitise. Victimes de dictateurs, de mégalomanes… La liste est longue. Le peuple arménien a eu sa part de larmes durant la première guerre mondiale. Que de drames subits, que de vies brisées, que de familles dispersées ! Mais que de résurrections aussi ! Que de renaissances, de vies nouvelles, de familles reconstruites ! La vie reste plus forte que la mort, même en ce monde !

98 ans sont passés depuis, et l’histoire se répète sans cesse. Aujourd’hui encore, des millions d’hommes, de femmes et d’enfants innocents subissent les conséquences de la folie humaine. On ne peut compter les vies brisées, les victimes innocentes, le nombre d’yeux qui pleurent. Combien il est difficile d’arrêter ce déferlement de violence. Difficile aussi pour nous chrétiens de discerner le plan de Dieu, de concilier sa toute puissance bienveillante et ces drames comme nos épreuves. Tout ce que la Bible nous dit, c’est qu’un jour « Il essuiera toute larme de nos yeux », tous ceux qui ont pleuré seront consolés par le Seigneur lui-même.

3°) « Celui qui vaincra, héritera… »

Il y a un combat à mener, un combat à gagner pour hériter de ce ciel nouveau, de cette terre nouvelle. Il nous faut passer par ce que Jésus a qualifié de « nouvelle naissance ». La reconnaissance de notre péché, la foi dans l’expiation que le Christ a accompli pour nous à la croix et vivre fidèlement cette vie nouvelle. Vie conduite par l’Esprit, vie d’obéissance et de communion avec Dieu. Vivre sans trahir, sans quitter le Seigneur et les disciples comme Judas, jusqu’au bout. C’est jusqu’à la fin de notre vie que nous sommes appelés à suivre le Christ. A vivre en église, dans la communion avec les frères et sœurs. Parfois, l’ennemi peut s’acharner de nous voir arriver près du but. Ne baissons jamais les bras. Ne sous-estimons jamais notre adversaire.

« Voici, je fais toutes choses nouvelles… »

Pasteur Joël Mikaélian

28/04/13

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux