Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 02 juin 2013 : - « Nous n’avons que cinq pains et deux poissons…»
Culte du dimanche 02 juin 2013 : - « Nous n’avons que cinq pains et deux poissons…» PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Gen. 14. 18 à 20 / 1 Cor. 11. 23 à 26 / Luc 9. 11 à 17

« Nous n’avons que cinq pains et deux poissons… »

C’est en ces termes que les disciples expriment à Jésus leur embarras. Ils sont dépassés par la situation. Ils ont devant eux, une foule nombreuse qui a faim d’entendre les paroles de Jésus. Une foule qui a soif de Dieu, qui a soif d’espérance et de salut, au point qu’elle a même oublié de prévoir sa nourriture. Les disciples veulent alors s’en débarrasser au plus vite, ils ne veulent pas avoir à assumer une catastrophe sanitaire. Ils disent à Jésus : « Renvoie la foule… ». Ca suffit. Et Jésus de leur dire : « Donnez leur vous-même à manger… ». Quel message le Seigneur a-t-il voulu adresser à ses disciples ce jour là ? Quel message veut-il nous adresser aujourd’hui à travers ces textes ?

 

 

1°) « Renvoie la foule… »

Les apôtres viennent de vivre de belles choses, de belles expériences spirituelles. Jésus les a envoyés prêcher le royaume de Dieu, avec sa force et le pouvoir de guérir. Ils ont vu des miracles se produire et c’est avec joie qu’ils racontent à Jésus toutes leurs aventures. Tout est beau, extraordinaire, si ce n’est la présence toujours constante des foules qui collent Jésus. Et Jésus qui ne se lasse pas de leur parler du royaume de Dieu et de guérir les malades. C’est le soir et s’en est trop. Les disciples sont fatigués, la foule commence à les gêner. Ils la trouvent un peu trop pressante et présente ! Trop c’est trop ! Seigneur ça suffit maintenant ! Un peu de tranquillité ne nous ferait pas de mal ! « Renvoie la foule… »

Que de fois de telles pensées ont-elles traversé nos cœurs et les traversent peut-être encore aujourd’hui. Face à telle ou telle situation embarrassante, ou bien même face aux épreuves de la vie. Trop c’est trop ! Nous aspirons tant à la tranquillité, à notre bien être, qu’il nous est devenu très difficile de supporter les situations embarrassantes. Les situations de crises, que ce soit sur un plan personnel, familial, professionnel, d’église, sont difficiles à accepter. Que de fois avons-nous envie de dire à Dieu : ça suffit ! Un peu de tranquillité ! Un peu penser à soi ! On a assez fait, on a assez donné ! Que de fois la tentation du repli sur soi, de l’égoïsme est grande ! Parfois, c’est l’ampleur des besoins qui nous dépasse et nous nous sentons incapables de résoudre quoi que ce soit. Incapables et impuissants face à tous ce qui nous dépasse. Et nous avons tendance à baisser les bras ! Seigneur renvoie la foule !

2°) « Donnez leur vous-même à manger… »

Mais Jésus renvoie les disciples à eux-mêmes. En quelque sorte, il refuse ce qu’ils demandent, il dit non à leur demande. Mais son refus n’est pas sans ouverture, sans direction, sans chemin à emprunter. Jésus ne dit pas seulement non ! Il invite aussi ses disciples à faire quelque chose, même si sa demande paraît totalement irréalisable ! Nul doute que Jésus en est conscient. Mais il semble que par cette parole, il veuille leur montrer qu’ils peuvent faire quelque chose et qu’il leur fait confiance ! Il les met en mouvement alors qu’ils aimeraient tant ne rien avoir à faire ! Par cette parole, Jésus pousse les disciples à réfléchir, à examiner ce dont ils sont capables. Que peuvent-ils faire ? Quels sont les moyens à leur disposition ? Sont-ils si démunis que ce qu’ils pensent face à cette foule et ses besoins ? C’est pourtant de là, que viendra la solution au problème, de leur peu de moyens.

Aujourd’hui encore le Seigneur a confiance en nous, ses disciples. A travers ce texte, et face à nos situations embarrassantes, ou nos fatigues, ou nos impossibilité, il nous dit : « Faites quelque chose, vous pouvez faire quelque chose. Vous n’êtes pas si dépassé, si démuni que cela. Vous avez des moyens, des capacités, des possibilités. Face à telle ou telle situation, tel ou tel besoin, telle ou telle épreuve, ne dites pas : On ne peut rien faire ! Ne cherchez pas la fuite, la tranquillité, l’indifférence ». Il n’est pas interdit de réfléchir à ce que nous pouvons faire ! De considérer ce que nous somme capables de faire. Le Seigneur a confiance en ses disciples. Il nous dit à nous aussi : « Donnez leur vous-même à manger… ». C'est-à-dire, considérez ce que vous pouvez faire.

3°) « Nous n’avons que cinq pains et deux poissons… »

Le constat est plutôt négatif, il veut dire en quelque sorte : « Ce n’est pas possible Seigneur. Nous ne pouvons pas faire ce que tu nous demandes, la preuve ! Voilà, c’est tout ce que nous avons et tu es assez intelligent pour réaliser que c’est loin d’être suffisant ! A moins que tu nous donnes l’argent pour aller acheter de la nourriture ! ». Mais Jésus va faire la sourde oreille. « Faites-les asseoir par rangées de cinquante… » Comment ? Les disciples ont dû avoir quelques hésitations. Mais ils s’exécutent. Ils obéissent au Seigneur. C’est alors que le Seigneur prend ce qu’on lui apporte, « et, levant les yeux au ciel, il les bénit. Puis il les rompit, et les donna aux disciples, afin qu’ils les distribuent à la foule ». Et le miracle se produit, le peu devient beaucoup, suffisant pour tous et il en resta même.

Ce jour là, nous dit l’évangile de Jean, Jésus encouragera les bénéficiaires du miracle, à « Travailler, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, et que le fils de l’homme vous donnera ». Il leur dira aussi : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qui l’a envoyé ». « Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim et celui qui croit en moi n’aura jamais soif… Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel… Le pain que je donnerai, c’est ma chair, que je donnerai pour le salut du monde…». C’est là que plusieurs se retirèrent.

Plus tard, Jésus fera de nouveau ce geste. Dans la nuit où il fût livré, il prendra le pain de la Pâque, rendra grâce et le donnera à ses disciples pour qu’ils le partagent entre eux. Ce soir-là, il annoncera sa mort. Ce pain rompu et partagé, c’est sa vie qu’il donnera pour le salut du monde. Pour ton salut éternel. Ce ne sera plus pour un simple repas, mais ce sera la vie éternelle pour tous ceux qui croient. Au-delà de ce geste symbolique, le Seigneur nous invite à croire et à entrer dans cette nouvelle dimension de la vie. Il nous invite à venir à lui, à naître de nouveau, à nous convertir.

Aujourd’hui, il nous invite aussi à lui amener ce que nous avons, à lui donner ce que nous avons, afin qu’il le bénisse et le multiplie. Ce peut être notre vie, notre temps, les dons qu’il nous a donnés, notre adoration, nos prières, nos faibles moyens de services… Ce peut être notre argent, notre dîme comme Abraham par exemple. Donner à Dieu la dîme de ses revenus, c’est s’inscrire dans la foi d’Abraham. C’est croire que Dieu pourvoit à tous nos besoins. C’est agir comme Abraham, faire preuve de générosité, de reconnaissance envers Dieu. C’est l’adorer de façon concrète. Apporter quelque chose à Dieu, c’est aussi lui donner la possibilité de bénir, de multiplier le peu que nous lui donnons. De le multiplier pour qu’il puisse être partagé avec d’autres. Il ne s’agit pas de donner pour s’enrichir, mais pour que cela soit partagé avec d’autres. Il en va de même de tout ce que nous apportons au Seigneur. Il le bénit, le multiplie et nous devenons alors bénédiction pour d’autres. Quelle grâce ! Même si « Nous n’avons que cinq pains et deux poissons… »

Conclusion :

Approchons-nous du Seigneur ce matin avec foi et simplicité, avec espérance. Ne baissons jamais les bras. Ne soyons jamais gagnés par le pessimisme, le découragement. Regardons ce que Dieu nous a donné. Cherchons ce que nous avons déjà, même si cela semble peu au regard de ce qu’il faudrait. Dieu fera toujours de grandes choses avec nos peu de choses !

La Sainte Cène est une belle image de cette vérité spirituelle. Elle nous rappelle le miracle de la grâce, l’étendue de la grâce en Jésus pour ceux qui croient. Du don de sa vie, de son corps brisé et partagé, Jésus nous a donné vie, il a donné vie à des milliards d’êtres humains. Quel miracle ! En partageant la Cène, rendons grâce à Dieu pour ce miracle et prions pour que beaucoup d’autres encore partagent cette espérance et cette joie.

« Renvoie la foule… Donnez-leurs vous-mêmes à manger… Nous n’avons que cinq pains et deux poissons… » Apportons au Seigneur nos prières, nos soucis, nos craintes, mais aussi, nos dons, nos capacités, nos faibles moyens, nos vies afin qu’il les bénisse et que nous soyons bénédictions pour les autres, ici, ailleurs et pour beaucoup.

Pasteur Joël Mikaélian
2/06/13

 

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux