Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 23 juin 2013 - « Mais vous, qui dites-vous que je suis ? »
Culte du dimanche 23 juin 2013 - « Mais vous, qui dites-vous que je suis ? » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Es. 53. 2 à 7 / Gal. 3. 26 à 29 / Luc 9. 18 à 24

« Mais vous, qui dites-vous que je suis ? »

L

a question de l’identité a toujours été une question importante pour l’homme. Car il est vrai que ce que l’on « est » détermine en grande partie notre rapport à la vie et aux autres. Evacuer ou ignorer la question provoque souvent ce qu’on appelle une « crise d’identité », qui entraine du « mal être », et toutes sortes de troubles tant à l’échelle individuelle que collective. Les crises personnelles, sociales, nationales ou internationales, trouvent souvent leur source dans les mauvaises réponses que l’on donne à la question de l’identité. Comme par exemple, lorsque l’on cherche à satisfaire son égo, ses ambitions, sans tenir compte des autres. Ou bien lorsque l’on considère la question en termes de supériorité et d’infériorité. Ou lorsque l’on cherche à s’identifier par rapport aux autres. Mais pour Jésus, la question est tout autre. Il sait qui il est et ce qu’il est venu faire sur terre. Pour lui, il s’agit de s’assurer que les foules qui le suivent ont bien compris son identité et le sens de sa vie. Les réponses que donnent les disciples justifient son interrogation. Et même si Pierre semble donner une bonne réponse, la suite du récit nous montre qu’il n’a pas vraiment bien compris qui est Jésus. Si la question de l’identité est importante pour nous, la parole de Dieu nous rappelle aujourd’hui que celle de Jésus est bien plus importante encore et qu’elle constitue même le véritable fondement de la nôtre. Méditons à ce sujet : Qui est Jésus ? Qui suis-je ? Quelle est ma véritable identité ? Quelle est cette identité qui seule peut satisfaire mon être profond ?


1°) Qui est Jésus ?

A première vue, la question peut paraître banale. On pourrait y répondre rapidement d’un point de vue historique ou philosophique. A savoir que Jésus est un homme, un prophète, un sage… Ou bien y répondre d’un point de vue théologique comme le fait l’apôtre Pierre. A savoir que Jésus est le Christ, le Messie, l’envoyé de Dieu. Celui qui est venu dans le monde pour nous sauver. Celui qui est venu pour vaincre tous nos ennemis, détruire tous ceux qui nous font du mal. Il est venu dans ce monde pour nous révéler l’amour de Dieu, pour prendre soin de nous, nous accorder santé, prospérité, réussite, paix… ! « Tu es le Christ de Dieu », dit Pierre. Mais a-t-il bien compris ? Ces paroles sont-elles juste ? Certes, le langage est théologiquement correct, biblique diront certains. Mais il semble que les pensées qui accompagnent ce langage sont loin de l’être. Ce qui explique qu’à plusieurs reprises, Jésus fut contraint de remettre les choses en place, aussi bien pour les foules, que pour ses disciples. C’est ce qu’il fait ici encore, en donnant une autre définition de sa personne, une définition plus complète et conforme aux prophéties : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, et qu’il soit rejeté… et qu’il soit mis à mort, et qu’il ressuscite… ». En Mat. 18, nous lisons que ces paroles provoquèrent une vive réaction chez ses disciples. Pierre dira : « A Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas ». Et Jésus de lui répondre immédiatement : « Arrière de moi Satan ! ». Imaginons quelques instants la surprise de Pierre : Moi, Seigneur, un Satan ? Moi qui ne veux que ton bien, moi qui suis prêt à donner ma vie pour toi ? Seigneur, je ne comprends plus rien. Qui es-tu ? Tu es bien le Christ !

Moi, Pierre, je suis d’abord l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde, celui qui va se sacrifier pour le pardon des péchés du monde entier. Moi, je suis d’abord cette faible plante dont parle le prophète Esaïe, sans beauté, ni éclat, méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et de souffrance. Moi, je suis celui qu’on va percer, qu’on va frapper, qu’on va crucifier. Celui par qui tu pourras être juste, sauvé pour l’éternité. Je suis d’abord le Serviteur souffrant qui ouvre les portes de l’éternité à tous ceux qui croient en moi. Certes, je serai aussi le ressuscité, le roi des rois, le vainqueur de la mort. Certes, je serai à nouveau glorifié, j’aurai tout pouvoir et je serai toujours avec vous par le Saint Esprit que je vous enverrai. Mais là encore, Pierre, il faut que tu saches bien que mon royaume n’est pas de ce monde. Il y a mieux et bien mieux que cette vie, Pierre ! Voilà qui je suis, et ce que je suis venu faire dans ce monde.

Ah oui, attend, j’ai encore quelque chose à te dire : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, et qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive… ». Oui Pierre, je ne te promets pas que des jours heureux et faciles. Avant la gloire, la plénitude, il y aura aussi des épreuves. Sur le chemin de la vie éternelle, il y a des passages étroits, dangereux. Ce chemin, il sera même parfois, chemin de croix, mais aie bon courage, je serai toujours avec toi.

2°) « Mais vous, qui dites-vous que je suis ? »

La question s’adresse à nous aussi aujourd’hui : qui est Jésus pour nous ? Avons-nous comme Pierre, ce langage théologiquement correct seulement ? Avons-nous bien compris qui est Jésus ? Avons-nous une compréhension juste, entière de l’identité de Jésus ? Est-il seulement pour nous celui qui nous accorde des bénédictions dans ce monde ? Celui qui doit répondre à nos besoins du moment ? Celui qui doit nous donner une vie heureuse chaque jour dans ce monde, au point qu’il nous soit devenu si difficile d’accepter les épreuves de la vie ? Ou bien est-il aussi celui qui est venu nous sauver pour l’éternité ? Celui qui est venu ouvrir nos yeux sur l’au-delà, sur un autre monde ? Est-il devenu notre Sauveur personnel, celui que nous avons accepté par une démarche de foi personnelle ?

Avons-nous bien compris aussi ce que signifie suivre Jésus ? Ce choix n’est pas le plus facile dit Jésus. Il s’agit soit de gagner le monde et de se perdre, ou bien soit perdre le monde et être sauvé pour l’éternité. C'est accorder plus d’importance à l’obéissance à Dieu qu’à la recherche de notre bonheur sur cette terre. C’est renoncer au mal et au péché, certes, mais aussi à soi-même, à nos désirs égoïstes, à notre égocentrisme, à notre volonté propre surtout lorsqu’elle est contraire à celle de Dieu. Suivre Jésus, c’est renoncer à soi-même mais aussi porter sa croix chaque jour, faire face avec courage et confiance aux épreuves de la vie lorsqu’elles se présentent à nous.

3°) Qui suis-je ?

Quelle est notre identité ? Quelle est cette identité qui seule peut satisfaire notre être profond ? C’est en Dieu, en lui seul que nous pouvons trouver notre véritable identité. Car c’est lui qui nous a créés, c’est de lui que nous avons la vie. C’est en Christ que l’homme retrouve sa véritable identité, celle d’être des filles et des fils de Dieu. L’apôtre Paul l’écrit dans sa lettre aux chrétiens de Galate : « Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus Christ ; vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ ». (Gal. 3. 26) Voilà notre véritable identité, des filles et des fils de Dieu en Christ. C’est ce que Jésus offre à tous ceux qui croient en lui. C’est une grâce qu’il nous faut accepter simplement par la foi. Et par la suite, c’est à ce fondement qu’il nous faut sans cesse revenir. Lorsque le doute s’installe, lorsque les circonstances nous troublent, lorsque nous perdons de vue ce que nous sommes en Jésus, c’est toujours là qu’il nous faut revenir. Lorsque l’on s’interroge, que l’on a l’impression de n’être rien, de ne plus compter pour personne ; lorsque l’on est découragé par le manque d’amour, de reconnaissance, lorsque l’on est déçu des autres… Souvenons-nous toujours, qu’en Jésus, nous sommes des filles et des fils de Dieu, des enfants de Dieu, de ce Dieu plein d’amour et de bienveillance ; de ce Dieu infiniment bon et tout puissant. Qu’importe alors le regard des autres, la reconnaissance ou pas, la réussite ou l’échec, l’admiration ou le mépris.

Avons-nous trouvé, accepté cette identité en Christ ? Ce n’est qu’en Jésus que l’homme trouve sa véritable identité, peut s’épanouir et vivre en paix avec les autres. C’est ce que notre être profond désire plus que tout. Ne cherchons pas ailleurs, allons vers lui, le Christ qui nous réconcilie avec Dieu, avec nous même et avec notre prochain.

Pour nous qui l’avons accepté, réjouissons-nous aussi de ce que notre identité en Christ est constante, elle ne change pas, elle est éternelle. Rien ne pourra plus jamais nous séparer du Christ, de l’amour de Dieu, pas même la mort ! Ne perdons jamais de vue cette vérité, que nul ne nous fasse perdre de vue cette grâce. En Christ, nous sommes des enfants de Dieu. Nous comptons beaucoup pour lui, et nous compterons toujours beaucoup pour lui. C’est tout !

Et soyons digne de notre identité en Christ. Vivons comme des enfants de ce Père merveilleux. Rejetant le mal, le péché sous toutes ses formes, les mauvaises pensées, les mauvaises paroles… Et louons-le de tout notre cœur pour ce regard de Père qu’il porte sans cesse pour nous.

« Mais vous, qui dites-vous que je suis ? »

Qui est Jésus ? Qui est Jésus pour toi ? Et toi, qui es-tu ? Quelle est ta véritable identité ?

C’est à chacun de répondre à la lumière des paroles que nous venons de méditer et de les vivre pleinement chaque jour.

Pasteur Joël Mikaélian - 23/06/13

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux