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Culte du dimanche 22 septembre 2013 - «Nul ne peut servir deux maîtres… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Gen. 1. 26 à 31 / Héb. 1. 1 à 3 / Luc 16. 1 à 13

« Nul ne peut servir deux maîtres… »

La parabole dite de « l’économe infidèle », ou selon les versions « du gérant habile » est une des plus énigmatique du NT. Il est difficile de discerner et de comprendre ce que Jésus a voulu dire ici. Quel message a-t-il voulu adresser à ses auditeurs, et quel message pour nous ? Les commentateurs, les exégètes sont assez partagés à ce sujet. D’autant qu’il est choquant d’entendre Jésus faire l’éloge d’un gérant infidèle puis trompeur et pire encore encourager ses auditeurs à faire de même ! Avouons que ce type d’exhortation est à l’opposé de tout ce que Jésus a enseigné par ailleurs, sur la droiture, l’intégrité, l’honnêteté dans les affaires. Comment comprendre cela ?

Tout d’abord, il nous faut tenir compte que cette histoire est une parabole, c'est-à-dire une histoire inventée, un support pour enseigner une ou plusieurs vérités spirituelles. Il semble qu’il y ait trois exhortations principales qui se dégagent de cette parabole qui sont en harmonie avec l’enseignement de Jésus. Je vous invite à les méditer, ouvrons nos cœurs à l’Esprit Saint, afin de comprendre, en quoi, « les enfants de ce siècle sont plus avisés à l’égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière » ?

1°) « Rends les comptes de ta gestion… »

Par cette parabole, Jésus nous rappelle tout d’abord que nous sommes tous des gestionnaires du monde dans lequel Dieu nous a placés. Gestionnaires et non propriétaires. C’est ce que Dieu dit dès les origines à Adam et Eve « Remplissez la terre, dominez-là… » (Gen. 1. 28) Dieu a donné à l’homme la domination sur la création. Il l’a doté de pouvoirs, d’intelligence, de dons innombrables comme nous le rappelle le Ps 8. C’est une merveilleuse grâce mais aussi une grande responsabilité. Car la Bible nous dit (et la parabole le rappelle) qu’un jour, tout homme aura des comptes à rendre à Dieu sur la façon dont il aura géré ce qui lui aura été donné par Dieu. A commencer par ceux qui ont reçu autorité et pouvoir, qui président, qui gouvernent, qui votent des lois ; à ceux qui ont des richesses et des biens, des capacités importantes. Chacun devra rendre des comptes à Dieu car nul n’est propriétaire de ce qu’il est et de ce qu’il a.

Chaque chrétien aussi n’est qu’un gestionnaire des biens et des dons que Dieu lui a confiés, et de la vie que dieu lui donne. Cette parabole nous interpelle tous sur notre façon de gérer le temps que Dieu nous donne, les capacités intellectuelles, les dons spirituels, les moyens matériels. Quel usage faisons-nous de tout ceci ? Il se pourrait que nous soyons comme ce gestionnaire infidèle. Que nous ne pensions qu’à nous même, à notre bien être, à notre profit ou à notre famille. Que nous vivions de manière égoïste. C’est peut être ce qui est reproché au gestionnaire de la parabole. La Parole de Dieu nous dit que celui qui ne fait pas le bien qu’il peut faire aux autres, commet un péché. Jésus nous rappelle ici que nous ne sommes que des gestionnaires de nos vies et responsable et comptable de l’usage que nous en faisons. « Chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même ». C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas de se défausser sur les autres, d’accuser les autres, mes frères et sœurs, mes voisins, mes camarades de travail, le gouvernement, la politique… Il s’agit de s’interroger sur sa propre vie et la gestion de sa vie.

Cette parabole est un puissant rappel de cette vérité et une invitation à vivre en bons gestionnaires de tout ce que Dieu nous donne.

2°) « Faites-vous des amis avec l’argent trompeur… »

Quelle exhortation bizarre ! Comment Jésus peut-il nous encourager à la fraude ? Impensable ! Il semble que le Seigneur nous rappelle ici qu’il sait que de toute manière, nous ne sommes pas parfaits. Que nous sommes tous par nature pécheurs, égoïstes, pas toujours de bons gestionnaires. D’où son exhortation à suivre l’exemple de sagesse de l’économe de la parabole. En quoi son attitude est-elle louable et exemplaire ? Celui-ci a compris qu’il allait rendre des comptes et être jugé sur sa mauvaise gestion. Il réalise son péché, ses erreurs et se met à l’œuvre avec sagesse au lieu de faire la sourde oreille ou de contester. Il change sa façon de faire, de gérer, de vivre. Il devient généreux, il fait grâce aux débiteurs. Peut-être, répare-t-il des tords qu’il a commis ? Il change de vie, de mentalité, il s’ouvre aux autres et leur fait du bien (même s’il est intéressé !). Il donne de cet argent trompeur, son rapport à l’argent change. Il pense à l’avenir, il ne vit plus sans se soucier de son maître. Il réalise qu’il n’est qu’un gestionnaire et que son maître est au courant de tout. Et il agit en connaissance de cause. C’est certainement cela que Jésus souligne dans cette parabole, que tout homme doit reconnaître ses erreurs, son péché devant Dieu, se repentir et changer de vie sachant qu’un jour il aura des comptes à rendre ! Celui qui agit ainsi est sage et retrouve la faveur du Dieu qui pardonne et qui fait grâce. Car Jésus ne termine pas la parabole volontairement. Il ne nous dit pas ce qu’il advient de cet homme, si au final son maître le rejette et le condamne. Au contraire, la parabole nous dit qu’il en fait l’éloge ! « Le maître loua l’économe infidèle… ». C’est dire à quel point il a apprécié ce changement de vie.

Le Seigneur nous invite, nous aussi, à une réelle conversion, à de nouvelles repentances. A réaliser sans cesse nos manquements, nos mauvaises gestions et à y remédier. A reconnaître le mauvais usage de notre temps, de nos biens, de nos dons, de notre vie de tout ce que Dieu nous donne pour que nous le mettions à son service. Le Seigneur nous invite aussi à apprendre à faire grâce autour de nous à ceux qui nous sont redevables (ou que nous estimons qu’ils nous sont redevables). Il nous invite à pardonner, à être généreux, à faire grâce en nous souvenant qu’il nous a fait grâce en Jésus. En Jésus il nous a tout pardonné, il a même totalement effacé notre dette à la croix. « Il a effacé l’acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous, et il l’a éliminé en le clouant à la croix » (Col. 2. 14). Cette parabole nous montre a quel point Dieu est miséricordieux, qu’il pardonne nos fautes lorsque nous les reconnaissons. Elle nous montre à quel point Dieu est sensible à nos changements de vie.

Cette parabole nous invite à la générosité tout en réalisant que nous ne sommes que des gestionnaires de nos biens. Tout ce que nous sommes, tout ce que nous avons vient de Dieu. Rien ne nous appartient, nous donnons de ce que nous recevons de lui. Que ce soit nos capacités, nos dons, nos biens. A l’image de ce gestionnaire égoïste, voleur, nous sommes invités à une réelle conversion et à une sérieuse remise en question sur l’usage que nous faisons de ce que Dieu nous donne. La grâce du salut en Jésus, son amour, son pardon, sa présence, la vie, les capacités, les dons, les biens… Que faisons-nous de toutes ces choses ?

3°) « Nul ne peut servir deux maîtres… »

Jésus conclue la parabole par cette vérité. Il nous invite à faire un  choix de vie, servir Dieu ou l’argent. Mettre tout ce que nous sommes en Christ, tout ce que nous avons au service de Dieu. Ou bien ne vivre que pour soi, ne rechercher que son profit, tomber dans le piège du matérialisme, de l’égoïsme, de l’individualisme. Dans ce domaine, dit Jésus, il ne peut pas y avoir de demi-mesures. Ces deux maîtres sont totalement opposés l’un à l’autre, on ne peut les concilier. Ou bien Dieu et notre prochain, ou bien l’argent et nous même. Servir Dieu ou se servir soi même. Etre chrétien, c’est un choix de vie. Et tout homme devra rendre compte un jour devant Dieu des choix qu’il aura fait.  Ce jour-là, chacun recevra de lui une juste rétribution. Le moindre des services qui aura été fait à autrui au nom du Seigneur, recevra sa récompense (Cf. Mat. 25. 40).

Dans les années 70, on chantait un cantique qui disait : « On ne peut servir deux maîtres sans que l’un d’eux soit trompé, un jour il faut bien l’admettre, un jour il faut décider. Décide qui tu veux suivre, à qui tu veux t’attacher, celui pour qui tu veux vivres, à qui tu veux tout donner… Le monde offre ses richesses et Jésus t’offre sa paix, ô donne lui ta jeunesse, c’est lui la vrai liberté ». A chacun de nous d’avoir la sagesse de faire le bon choix et de vivre chaque jour selon ce choix.

Conclusion

« Nul ne peut servir deux maîtres… »

Quel genre de gestionnaire sommes-nous ?

Sommes-nous conscients que nous ne sommes que des gestionnaires de nos vies, de nos capacités, de nos biens et non des propriétaires ?  Que tout est grâce de Dieu. Le salut en Christ, le pardon, les dons, la vie… ? Quel regard le Seigneur pourrait-il porter sur nous ce matin ? Comment gérons-nous la vie que Dieu nous donne, son amour, ses bénédictions… ?

Que Dieu nous aide à être des gestionnaires intelligents, conscients qu’un jour nous aurons des comptes à lui rendre. Conscients aussi que Dieu est un Dieu de grâce, qui nous avertit et qui tient compte de nos changements d’attitudes, de nos repentances, de notre générosité vis-à-vis de ceux qui nous entourent.

La vie chrétienne est un choix, elle est faite aussi de choix quotidiens. C’est un choix de vie qui mène vers la vie éternelle. Suivre le Christ, c’est mettre toute notre vie à son service. Faisons ce choix et persévérons avec joie dans ce service !

Pasteur Joël Mikaélian
Le 22/09/13

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux