Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 06 octobre 2013 - «Augmente-nous la foi… »
Culte du dimanche 06 octobre 2013 - «Augmente-nous la foi… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Hab. 1. 1 et 2, 2. 2 à 4 / Héb. 10. 37 à 39 / Luc 17. 1 à 6

« Augmente-nous la foi… »

D

imanche dernier, nous avons vécu un événement extraordinaire. Dans le cadre de « Protestants en fête », plus de 12000 personnes se sont rassemblées au Palais Omnisport de Paris Bercy pour rendre un culte à Dieu. Ce fut un temps encourageant pour ceux qui étaient présents comme pour ceux qui ont pu suivre la retransmission TV en Eurovision sur France 2. Quelle joie de pouvoir chanter, prier en communion avec tant de frères et sœurs différents mais tous unis au Christ, par un même Esprit ! Ce matin, c’est un peu différent. Personne n’a fait la queue pour entrer à l’église. Personne n’a eu de mal à trouver une place. Il n’y a pas de caméras, pas de grand prédicateur… C’est un peu différent, mais à la fois un peu pareil. Car nous sommes réunis dans la présence de Dieu, nous avons chanté et prié, adoré Dieu. Dieu est là par le même Esprit, la même parole. Quelle grâce, quel amour que ce Dieu qui honore de sa présence le moindre des rassemblements en son nom comme le nôtre ce matin !

Dans l’évangile de Luc, au chapitre 17, Jésus vient d’encourager ses disciples à pardonner à ceux qui reconnaissent leurs tords. Et ce, même si c’est sept fois dans la même journée ! Quelle affaire ! Et voilà que pour toute réaction, les disciples ne trouvent rien d’autre à dire que cette prière : « Augmente-nous la foi… ». C’est comme s’ils craignaient de ne pas pouvoir mettre en pratique ce que Jésus venait de leur demander. Et si nous faisions nôtre cette prière ce matin ? N’avons-nous pas nous aussi ce besoin face aux exigences de la vie chrétienne ? Ou bien aussi face à tout ce que nous voyons et vivons ? Face à tant de situations qui sont au-delà de nos forces ! N’avons-nous pas besoin de plus de foi ? Mais qu’est-ce-que cela veut dire concrètement ? Comment le Seigneur peut-il augmenter notre foi ? Mettons-nous à l’écoute de la Parole de Dieu. Ouvrons nos cœurs à ce que Dieu veut nous dire ce matin.

 

1°) « Jusques à quand, ô Eternel ? … J’ai crié, et tu n’écoutes pas… ! »

Commençons par examiner l’expérience d’un prophète de la Bible peu connu, Habacuc. Il vit un temps de désarrois extrême face à toutes les injustices, la violence, la méchanceté, l’orgueil et l’arrogance des hommes de son temps. Et il en souffre profondément. C’est alors qu’il crie vers Dieu, mais Dieu ne l’écoute pas. C’est le comble pour un prophète ! Mais Habacuc ne désespère pas. Au chapitre 2, le texte nous dit qu’il veille, il cherche Dieu, il attend que Dieu lui parle. Et alors qu’il est dans cette attente active, le Seigneur s’adresse tout à coup à lui. Dieu lui révèle une grande prophétie qui pourrait tarder mais qui s’accomplira certainement. Dieu lui dit que si « elle tarde, attend la… ». Les retards de Dieu n’annulent jamais l’accomplissement de ses promesses. Ils ne sont que des retards qui éprouvent la foi des croyants. Mais voila que contre tout attente, Dieu ne lui annonce pas de belles choses : « Voici, son âme s’est enflée, elle n’est pas droite en lui… » Et le texte se poursuit par l’annonce d’un enchaînement de malheurs. C’est tout un scénario catastrophe que Dieu déroule sous les yeux du prophète, le triomphe du mal, de la violence et de l’injustice. Le prophète est alors effrayé, il tremble mais il trouve la force de prier Dieu : « Accomplis ton œuvre… Mais dans ta colère, souviens-toi de tes compassions ! ». Il a confiance car au milieu de toutes ces catastrophes, Dieu lui a révélé une parole lumineuse : « Mais le juste vivra par sa foi.. ». Tout ira de mal en pis, mais le juste vivra par sa foi. C’est une lumière, un souffle d’espérance, une promesse extraordinaire qui donnera le courage nécessaire au prophète pour continuer son ministère. Mais cette prophétie est aussi la plus grande des promesses, celle qui s’accomplira plusieurs siècles après pleinement en Jésus. C’est une promesse qui s’est accomplie pour nous aujourd’hui. En Jésus, Dieu s’est souvenu de ses compassions, de son amour et un jour nouveau s’est levé. Pour tous ceux qui croient, par la foi, il est possible d’être sauvé pour l’éternité. C’est par la foi que nous sommes sauvés et que tout homme peut être sauvé pour l’éternité. « Augmente-nous la foi ! » Depuis, c’est dans l’aveu de nos péchés, de notre incapacité à nous sauver nous-mêmes que Dieu fait naître en nous la foi. La foi qui rend juste et qui sauve.

2°) « Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé… »

Les disciples ont toujours eu du mal à croire. Que de fois, ils ont paniqué, que de fois ils ont été déstabilisés, que de fois ils ont eu peur. Et puis, que de fois, ont-ils trouvés les paroles de Jésus difficiles à mettre en pratique, comme ces paroles sur le pardon ! Face à cela, ils demandent à Jésus une plus grande foi. Mais pour toute réponse, Jésus leur raconte une parabole étonnante. C’est comme s’il leur disait : « Vous voulez beaucoup de foi, mais vous savez, un peu de foi suffit pour réaliser ce qui vous paraît difficile, voire impossible ». Parce que la foi n’est pas un sentiment de toute puissance personnelle, la conviction que tout nous est possible. La foi est en quelque sorte un abandon, un renoncement à nos propres forces, un aveu de notre faiblesse et de notre incapacité face à telle ou telle situation. Elle est un abandon confiant en Dieu, en sa puissance, en sa sagesse. Elle nous met en communion avec Dieu par le sacrifice de Jésus Christ. C’est en lui et par lui que tout est possible. La confusion entre nous et le Seigneur est parfois très subtile.

C’est par la foi dans le sacrifice du Christ que nous sommes sauvés, par l’aveu de notre péché et l’acceptation du pardon gratuit de Dieu. Et c’est par la même foi que nous sommes appelés à vivre au quotidien sur cette terre. Confiance non pas en nous-mêmes, mais confiance dans les promesses de Dieu, dans son amour et sa bonté, dans sa souveraineté et sa fidélité. C’est par la foi que nous sommes appelés à vivre notre vie chrétienne dans ce monde, et à mettre en pratique ce que Dieu nous commande (Amour du prochain, pardon vis-à-vis de ceux qui me blessent…) C’est par la foi en la puissance de Dieu que nous sommes appelés aussi à faire face aux épreuves de la vie, en remettant à Dieu tout ce qui nous dépasse dans une prière confiante, fondée sur la certitude de son amour et de sa fidélité. C’est de lui et en lui que nous pouvons puiser les forces, la patience, la certitude que « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu » ; la certitude qu’il y aura toujours une aide, un soutien, une parole, une paix. La foi est un renoncement, un abandon, elle grandit quand augmente notre faiblesse, la conscience de nos limites et de notre impuissance. C’est ce qui faisait dire à l’apôtre Paul, « Quand je suis faible alors je suis fort ». Le Seigneur augmente notre foi dans la mesure de l’aveu de notre faiblesse et de notre incapacité à vivre comme il le demande ou à faire face à nos épreuves. La foi est un abandon en l’amour de Dieu, en sa fidélité et en sa puissance.

Dans cette expérience, il se peut que nous ayons nous aussi le même sentiment que le prophète Habacuc qui disait : « Jusques à quand, ô Eternel … J’ai crié, et tu n’écoutes pas… ! » Et il se peut que le Seigneur nous dise à nous aussi que si la promesse tarde « Attend-la ! ». Dieu a des plans qui s’inscrivent dans le temps et dans l’éternité. La promesse faite à Habacuc l’aura certainement aidé puisque son livre se termine malgré tout en un chant de louanges et de joie. Il termine son livre en disant : « Toutefois, je veux me réjouir en l’Eternel, je veux me réjouir dans le Dieu de mon salut. L’Eternel, le Seigneur est ma force… il me fait marcher sur des lieux élevés ». Pourtant, il faudra attendre des siècles pour que la promesse de la vie par la foi se réalise pleinement en Jésus Christ.

3°) « Encore un peu de temps, un peu de temps : celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas »

Lorsque l’auteur de l’épître aux Hébreux fait référence à la prophétie d’Habacuc sur le salut par la foi en Jésus, il encourage les chrétiens à persévérer dans la foi. Il faut persévérer parce qu’il est dangereux et périlleux de quitter ce chemin de la foi. Cette vie de communion confiante, cette vie d’abandon en l’amour et la sagesse de Dieu. Il nous rappelle que celui que les prophètes ont annoncé des siècles auparavant et qui est venu, a promis de revenir en gloire sur cette terre. Voilà bien des siècles qu’il a fait cette promesse, et l’on serait tenté de trouver le temps long. Mais par sa parole, il nous redit encore ce matin « qu’il ne tardera pas ». A nous de ne pas nous éloigner, de ne pas nous relâcher, de ne pas être « de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi, pour sauver leur âme ».

« Augmente-nous la foi… »

Etre sauvé par la foi en Jésus, vivre par la foi, et persévérer dans la foi, telle est l’exhortation du Seigneur à travers sa Parole ce matin. Le Seigneur augmente notre foi lorsque nous nous abandonnons en lui.

Prière : Rends-nous conscients Seigneur, de nos faiblesses, de nos limites, de nos incapacités à nous sauver et à vivre selon ta Parole. Augmente notre confiance en toi, en ton sacrifice, en ton Esprit qui seul peut nous aider à vivre d’une façon qui t’honore.

Rends-nous conscients Seigneur, des limites de nos moyens face aux situations qui nous dépassent, face à nos « impossibles ». Augmente notre désir de nous abandonner entièrement en ta force, en ton amour, en ta sagesse, en ta fidélité. Augmente en nous cette conviction, cette assurance confiante que tu es toujours là sur notre chemin, même si tu te tais.

Rends-nous conscients Seigneur, de ta venue prochaine, et aide-nous à persévérer, à toujours avancer avec cette foi et cette espérance joyeuse jusqu’au bout.

Toi qui t’es donné pour nous, entend notre prière.

Pasteur Joël Mikaélian
6/10/13

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux