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Culte du dimanche 20 octobre 2013 - «Il faut toujours prier… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Ex. 17. 8 à 13 / Luc 18. 1 à 8

« Il faut toujours prier… »

L

a prière nécessite un présupposé clair et sans ambiguïté : croire que Dieu existe et qu’il entend. Pour prier, il faut être sûr que Dieu est attentif, sensible au vécu de chaque être humain et qu’il est tout-puissant et compatissant pour agir. Faute de quoi, la prière n’est qu’un vain bavardage, ou un genre de psychothérapie, ou pire encore de la folie. L’épître aux hébreux nous dit que : « Sans la foi, il est impossible d’être agréable à Dieu ; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent ». Certes, la prière reste un mystère à bien des égards. Pourquoi Dieu nous demande-t-il de prier alors qu’il sait tout ce dont nous avons besoin ? Pourquoi Dieu attend-il notre prière pour agir ? Notre prière peut-elle changer le cours des choses, les décisions de Dieu, les plans de Dieu ? Dieu tient-il compte de notre prière ? Comment peut-il le faire avec les millions de prières qui montent vers lui chaque jour ? Et puis, comment comprendre ses refus, ses silences ? Comment comprendre qu’il laisse tant d’injustices et de souffrances dans ce monde malgré toutes les prières ?

Face à toutes ces questions, ces interrogations, Jésus raconte une parabole « Pour montrer qu’il faut toujours prier, et ne point se relâcher ». C’est sur cette parabole et sur l’expérience de Moïse, Aaron et Hur que je vous invite à méditer ce matin. Pour tenter de répondre à nos questions et nous encourager dans notre vie de prière.

 

1°) « Lorsque Moïse élevait sa main… »

Quelle histoire ! Pouvons-nous imaginer un instant la scène ? Des ennemis viennent faire la guerre à Israël. Ils sont certainement plus forts et préparés que ce peuple de réfugié qui erre dans le désert. Face à cette situation, Moïse envoie Josué au combat, quant à lui, il monte sur une colline avec Aaron et Hur. De-là, il lève sa main vers le ciel, pour demander l’intervention de Dieu en faveur de son peuple. C’est alors qu’il se passe quelque chose de miraculeux. Lorsque Moïse élève sa main, l’avantage est à Israël, lorsqu’il la baisse, c’est Amalek qui a le dessus. C’est dire que le véritable combat n’est pas sur le champ de bataille mais sur la colline. La victoire n’est pas dans la force armée, mais tout simplement dans la prière, dans l’invocation du secours de Dieu. Quel miracle étonnant ! Dieu ne pouvait-il agir autrement, sur le champ de bataille par exemple ? Certainement oui. Pouvait-il se passer de Moïse et de son geste pour agir ? Certainement oui. Mais son choix a été autre, se servir du bras de Moïse élevé vers lui, répondre à sa prière, plutôt que d’intervenir directement sur le terrain.

Quelle belle image pour comprendre un des mystères de la prière d’intercession ! Lever sa main vers le ciel pour répondre à une situation de guerre, ça paraît insensé. Mais voilà que c’est par ce geste anodin, pas très compliqué à faire que Dieu a décidé d’intervenir. Parce que derrière le geste, il y a toute la foi de Moïse, la conviction, la certitude que Dieu est là et qu’il voit. Il y a la certitude que Dieu est sensible à ce signe qui lui est fait. On l’appelle, alors il vient.

Il en va de même pour la prière d’intercession aujourd’hui. C’est un des moyens que Dieu a choisis pour intervenir en faveur de ses enfants. Certes, il peut agir différemment, il peut se passer de cela, mais il attend souvent ce geste, ce signal, cette demande de notre part pour agir. Que nous levions nos mains ou que nous tombions à genoux, ou que nous élevions simplement notre esprit vers lui, peu importe. Ce qui change un simple geste anodin tel que la prière en victoire, c’est la foi en Dieu que nous mettons dans le geste et la parole parfois.

2°) « Les mains de Moïse étant fatiguées… »

Peut-on imaginer pareille banalité dans une situation aussi extraordinaire et miraculeuse ? Le texte nous parle de quelque chose de merveilleux, qui tient de l’impossible, du surnaturel et voilà que tout à coup, on tombe dans le naturel, l’humain, la fatigue physique ! Le Dieu qui était en train d’agir, n’était-il pas capable de faire en sorte que Moïse ne se fatigue pas ? Ne pouvait-il pas lui donner des forces surhumaines pour mener à bien sa mission ? Certes oui, mais il ne le fera pas. Moïse, Aaron et Hur doivent aussi faire l’expérience des limites humaines. Ils ne sont pas « tout puissant » et ils ne le seront jamais. Même Moïse reste et restera un humain avec ses limites. Dieu seul est « tout puissant ». Ce qui veut dire que l’homme le plus grand, le plus proche de Dieu, doté des dons spirituels les plus extraordinaires qui soient, restera toujours un homme, avec ses limites. Nul ne sera jamais tout puissant, car la toute puissance appartient à Dieu et à lui seul. Nous serons toujours confrontés à nos limites, nous aurons toujours à vivre l’expérience de nos faiblesses en ce monde. Il faut le savoir et l’intégrer dans notre vie chrétienne. La foi, si grande soit-elle, ne fera jamais de qui que ce soit un « tout puissant », et heureusement ! C’est dans l’humilité, la faiblesse, la fatigue que nous pourrons faire l’expérience de la toute puissance de Dieu, et il restera toujours libre de faire ce qu’il veut.

« Les mains de Moïse étant fatiguées… » Moïse est fatigué et ne peut plus lever ses mains vers Dieu pour invoquer son intervention. Il est fatigué de rester debout et a besoin de s’asseoir. Est-ce la fin, la défaite pour le peuple de Dieu ? Non, Dieu va continuer à agir autrement et va permettre à Moïse Aaron et Hur, d’expérimenter une autre dimension de la prière d’intercession, le soutien mutuel. Aaron et Hur vont prendre une pierre et la placer sous Moïse, puis ils vont prendre ses mains pour les soutenir afin qu’elles soient toujours levées vers Dieu. Et le miracle se poursuit jusqu’à la victoire finale. Quelle belle image de la prière communautaire, quelle belle image de l’église, du respect et du soutien mutuel dans l’œuvre de Dieu ! Aaron et Hur ne vont pas mettre Moïse de côté sous prétexte qu’il est fatigué. Ils ne vont pas essayer de prendre sa place. Ils vont l’aider, soutenir ses bras avec foi. Quelle belle image du respect des plus anciens, ou de ceux qui sont fatigués ! Quel bel enseignement pour nous, quel respect, quelle solidarité exemplaire à vivre dans l’église !

« Les mains de Moïse étant fatiguées… » Peut-on être fatigué de prier ? Un « bon » chrétien peut-il être fatigué d’intercéder ? Oui ! Nous pouvons tous être fatigués de prier, cela fait partie de nos limites humaines. Il est des temps, des épreuves, des combats, des situations qui nécessitent tant d’investissements spirituels de notre part, que nous pouvons aussi être épuisés comme Moïse. Fatigués parce que l’épreuve est longue, le combat se prolonge. C’est pour cela que Jésus a raconté cette parabole (Luc 18) pour nous encourager à « toujours prier… ». C’est là que nous avons besoin, nous aussi, du soutien de nos frères et sœurs de l’église. Nous avons besoin de prier les uns pour les autres, les uns avec les autres, pour ne pas nous décourager. Nous devons être attentifs aux difficultés ou aux fatigues de nos frères et sœurs pour les soutenir dans la prière. Nous devons être sensibles aussi aux souffrances des pauvres, de ceux qui sont victimes d’injustices dans ce monde et prier pour eux. Prier pour ceux qui n’arrivent plus à prier, quel beau ministère de l’église et dans l’église ! Et Dieu honore de telles prières comme il a honoré les gestes de soutien d’Aaron et de Hur envers Moïse.

3°) « Il faut toujours prier… »

La parabole de Jésus nous encourage à ne jamais baisser les bras, à ne jamais renoncer à la prière. Elle nous rappelle que Dieu est toujours sensible à ce que nous vivons et particulièrement à nos luttes, à nos combats pour vivre selon sa Parole chaque jour. La vie chrétienne est un combat quotidien, un combat contre le mal et les épreuves de la vie. Elle est une lutte quotidienne contre les convoitises du monde, la tentation, le péché... C’est par la prière d’intercession personnelle et communautaire que nous pouvons avoir la victoire par la grâce de Dieu.

Jésus nous encourage à toujours prier, à ne jamais nous lasser pour deux raisons essentielles. Tout d’abord parce que Dieu souhaite avoir un signe de notre part, un appel, un regard tourné vers lui avec foi et confiance. Ensuite parce que Dieu est un Dieu juste et qu’il fera toujours justice à ses enfants qui crient vers lui.

Apprenons à toujours prier, à faire de notre vie une prière. Que notre prière n’ait jamais de fin. Prions pour nous, mais aussi pour nos frères et sœurs. Prions aussi pour tous ceux qui ne peuvent plus prier, pour les « sans voix », les délaissés, les laissés pour compte de notre monde. Prions pour les pauvres, les victimes de la corruption, de la violence et de la méchanceté des hommes.

Reste la question que Jésus pose et qui n’est pas des moindres : « Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Question terrible qui doit tous nous interpeller et nous faire réagir quant à la qualité de notre vie de prière, la foi en Dieu qui accompagne nos prières d’intercession. Dieu fera toujours justice, mais aurons-nous toujours assez de foi, de persévérance, de solidarité pour le prier ?

« Il faut toujours prier… », nous dit Jésus ce matin !

Que Dieu renouvelle notre foi en lui et notre espérance en son amour et sa bonté. Qu’il renouvelle notre assurance en l’efficacité de la prière d’intercession personnelle et communautaire. Que nous sachions nous soutenir les uns les autres par la prière. Que nous sachions soutenir tous les malheureux de ce monde par nos prières.

Et si nous sommes fatigués, que Dieu suscite des Aaron et des Hur autour de nous.

Pasteur Joël Mikaélian
20/10/13

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux