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Culte du dimanche 27 octobre 2013 - «Deux hommes montèrent au temple pour prier… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Deut. 10. 12 à 22 / Luc 18. 9 à 14

« Deux hommes montèrent au temple pour prier… »

Après avoir encouragé ses disciples à « toujours prier » (Luc 18.1 à 8), Jésus raconte une autre parabole sur la prière. C’est comme s’il voulait nous dire qu’il y a : prier et prier. Qu’il ne suffit pas d’aller prier au temple pour être justifié ou agrée par Dieu. Notre état d’esprit, notre façon de nous adresser à Lui est important aussi. Notre attitude vis-à-vis de Lui et vis-à-vis de notre prochain fait partie de la prière. Les textes que nous avons lus ce matin nous interpellent à ce sujet. Ils nous parlent du regard de Dieu sur nous et sur les autres et nous invitent à considérer notre propre regard sur nous et sur ceux qui nous entourent. Que pensons-nous de nous ? Que pensons-nous des autres ? Et Dieu, comment voit-il les choses ? Mettons-nous à son écoute et laissons l’Esprit Saint nous parler, nous encourager et nous reprendre. « Que demande de toi l’Eternel ton Dieu … ?

 

 

1°) « Maintenant, … que demande de toi l’Eternel ton Dieu … ? »

Dans le texte du Deutéronome, Dieu questionne son peuple et nous questionne nous aussi ce matin. Qu’est-ce que Dieu attend de nous, de toi et de moi ? « Que tu craignes l’Eternel ton Dieu, afin de marcher dans toutes ses voies, d’aimer et de servir l’Eternel ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme… ». Et Dieu rappelle alors à son peuple l’immensité de sa grâce. Il dit que si lui qui est si grand et si fort, a aimé un peuple faible et méprisé, c’est parce qu’il ne fait pas de distinction entre les hommes. Pour Lui, tous les êtres humains et tous les peuples ont la même valeur à ses yeux, même les plus faibles et les plus méprisés. Dieu se rappelle à nous ce matin comme celui qui agit par grâce et non selon les mérites, les richesses, la force ou le pouvoir de qui que ce soit. Le choix du peuple d’Israël en est un exemple vivant. Ils n’étaient pas grand-chose aux yeux des autres nations et Dieu les a aimé et les a multipliés en signe de sa grâce et de sa bénédiction.

Mais le Seigneur rappelle à son peuple que la grâce n’est pas seulement un cadeau de Dieu, un privilège. La grâce est aussi une responsabilité pour celui qui la reçoit. Celui qui est au bénéfice de la grâce de Dieu est invité à son tour, à faire grâce aux autres. Par exemple, à prendre soin de la veuve et de l’orphelin, à aimer l’étranger, les faibles et les méprisés. La grâce est une responsabilité. Ce que l’Eternel demande de toi, toi qui as été et qui es au bénéfice de sa grâce, c’est que tu aimes et honores les plus faibles, les plus petits, les plus malheureux. Il te demande de porter sur eux le même regard que Dieu a porté sur toi. C’est la loi que Dieu a donnée à son peuple, la responsabilité qu’il lui a rappelée à maintes reprises. Que le choix de Dieu, sa grâce ne soit jamais pour qui que ce soit, source d’orgueil, de mépris des autres mais qu’elle soit plutôt un encouragement à l’humilité et au respect de l’autre. L’amour, le pardon, la grâce de Dieu est une bénédiction qui doit transformer la vie.

2°) « Deux hommes montèrent au temple pour prier… »

C’est par une parabole que Jésus va illustrer cette vérité. Vérité qui concerne d’abord et avant tout le salut, mais aussi la vie chrétienne par la suite. La parabole place devant nous deux hommes bien différents. L’un est pharisien, homme religieux, homme de la loi, quelqu’un de bien sous tous rapports. C’est un bon paroissien et un bon chrétien. Il n’est pas ravisseur, ni injuste comme les autres. Il n’est pas adultère non plus. A cette époque, les pharisiens faisaient partie d’une classe qui se croyait supérieure. Ils étaient instruits, intelligents, religieux. Les pharisiens ne ressemblaient en rien aux publicains. Ceux-ci étaient non seulement méprisés du peuple mais haïs à cause de leur collaboration avec le pouvoir romain. Ils prélevaient l’impôt pour l’occupant et étaient souvent corrompus. Jésus souligne que le pharisien est très respectueux de ce que Dieu demande. Il jeûne deux fois par semaine, il donne la dîme de tous ses revenus. C’est quelqu’un de pas mal, qui mériterait toute l’approbation de Dieu. Mais Jésus n’ira pas dans ce sens, bien au contraire. Pourquoi ? Parce qu’en définitive, cet homme oublie l’essentiel de ce que Dieu demande de lui. C’est-à-dire l’aimer et le servir en se mettant au service des autres. Il oublie de porter sur son prochain, sur le malheureux, le même regard de grâce que Dieu a porté sur lui. Il oublie l’essentiel de la loi qu’il croit pratiquer. Jésus ne lui reproche pas d’être quelqu’un de bien, de ne pas voler, de ne pas être adultère. Il lui reproche son orgueil, sa suffisance. Il lui reproche de croire qu’il peut être juste aux yeux de Dieu à cause de sa piété. Cet homme oublie que nul ne peut être juste aux yeux de Dieu par lui-même. Même la plus belle piété ne peut rendre juste aux yeux de Dieu et sauver. Seule la grâce de Dieu peut rendre juste et sauver l’être humain, à cause du sacrifice de Jésus.

Ce qui lui est reproché aussi, c’est ce regard méprisant sur les autres, sur ceux qui sont moins bien que lui, les pécheurs, les ravisseurs, les adultères. Jésus ne dit pas que son analyse est fausse. Mais les imperfections de ceux qui nous entourent ne justifient en rien le mépris. Pire encore, cet homme inscrit même ce jugement dans sa prière ! « Seigneur je te rends grâces de ce que je ne suis pas un pécheur, je suis un juste, je suis quelqu’un de bien. Je ne suis pas comme les autres. Merci ! » Sa prière aurait dû s’arrêter avant de faire référence aux autres. Il aurait dû dire seulement : « Seigneur je te rends grâce de ce que je suis… et ce que je suis, je le suis par ta grâce… ». Cet homme aurait dû entendre aussi la prière du publicain et réaliser qu’il n’était pas seulement un pécheur, mais un pécheur repentant.

C’est ce que Jésus souligne dans la parabole. Le publicain, il est vrai, est un mauvais, un ravisseur, un profiteur du système, quelqu’un de pas très fréquentable. Mais Jésus nous le présente sous un autre jour. Il nous révèle une autre facette du personnage. C’est comme s’il voulait nous dire : « Attention, derrière des apparences critiquables, il peut se cacher une grande souffrance ». Car il ne s’agit pas pour Jésus de justifier le pécheur et de banaliser le mal. Cet homme n’est pas fier de lui et de ses actions. Cet homme souffre, il est en train de vivre une profonde prise de conscience. Il réalise sa misère, son péché, tous les tords qu’il a pu faire aux uns et aux autres. Cet homme est en train de changer. Sa venue au temple, ce face à face avec Dieu le touche profondément. C’est ce que Jésus veut souligner. Il n’est pas là indifférent ou aveuglé par son égo comme le pharisien. C’est pourquoi sa prière est totalement différente : « O Dieu, sois apaisé envers moi qui suis un pécheur… ». Il n’ose même pas lever les yeux au ciel. Il se repent, il implore la grâce et le pardon de Dieu. Et Jésus dira en conclusion que c’est lui qui sera justifié, c’est-à-dire pardonné, libéré de son fardeau, de sa culpabilité à cause de sa repentance. Il rentrera chez lui changé, parce que Dieu a choisi de faire grâce en Jésus, de pardonner. Dieu se plaît à pardonner au pécheur qui se repent. Il peut le faire parce que Jésus a accepté de payer pour les fautes des hommes. Il a accepté d’être puni et condamné à leur place. Alors le publicain peut rentrer chez lui le cœur léger, en paix, plein de reconnaissance envers Dieu. Quelle belle image de la grâce de Dieu et du salut ! Quelle belle invitation pour chacun d’entre-nous !

3°) Quel regard est ce que je porte sur moi-même et sur les autres ?

De quelle façon suis-je venu au temple ce matin ? Avec quelle prière, quel regard sur moi et sur ceux qui m’entourent ? Suis-je Pharisien ou Publicain, ou peut-être les deux à la fois. Il est possible que je sois quelqu’un de bien, pas voleur, ni injuste, ni adultère. Il est possible que je sois un paroissien assidu au temple, à la prière. Je peux donner la dîme de mes revenus à l’église. Je peux jeûner aussi. Tout ceci est bien, mais si je crois que cela me dispense de la conversion, de la repentance, de la confession de mes fautes, alors je fais fausse route. Je me trompe moi-même, je m’illusionne sur moi-même. Si par ailleurs cela me conduit à me croire supérieur aux autres et à les mépriser, alors je ne suis qu’un pharisien condamnable ! Ce que Dieu attend de moi, c’est tout d’abord de comprendre que le salut n’est possible que par grâce et que je dois me repentir pour être justifié devant Dieu, que je sois pharisien ou publicain ! Ce qu’il attend de moi, c’est que j’accueille sa grâce et que je vive chaque jour de sa grâce et dans sa grâce. Que je vive de son amour et de son pardon pour être sauvé.

Ce que Dieu attend de moi, c’est un regard d’amour, de compassion sur ceux qui m’entourent, même si en apparence ils n’ont rien d’aimable. Il ne s’agit pas ici de justifier le mal. Mais, qui sait les souffrances qui se cachent derrière telle ou telle vie, tel ou tel comportement critiquable ? Qui sait les souffrances intérieures de ceux qui mènent des vies condamnables ? Il s’agit d’aimer sans justifier le mal, d’entendre ceux qui se repentent et les accueillir. Il s’agit d’encourager ceux qui font le mal à la repentance aussi.

Qui sait si nous ne sommes pas des pharisiens ou des publicains qui s’ignorent et qui ont besoin de confession et de repentance ?

Conclusion :

« Deux hommes montèrent au temple pour prier… »

Quelle belle image ! Mais malheureusement, dira Jésus, ces deux hommes n’auront pas le même parcours, la même expérience dans le temple, dans la présence de Dieu. Ils ne rentreront pas chez eux de la même façon. L’un s’en retournera comme il est venu, l’autre s’en retournera totalement transformé.

« Que demande de toi l’Eternel ton Dieu … ?

Certes, que tu acceptes sa grâce afin d’être justifié et sauvé, et que tu apprennes à vivre chaque jour dans cette grâce. Et que tu ne méprises pas celui qui fait le mal, mais que tu l’encourages lui aussi à la repentance et à l’expérience de la grâce.

Que Dieu nous aide à être conscients de ce que nous sommes devant lui. Qu’il nous aide à avoir un regard lucide sur nous-mêmes. Que nous nous tenions toujours devant lui comme des pécheurs graciés et libérés de toute culpabilité, remplis de la joie du salut et de l’Esprit Saint. Et que nous soyons toujours des témoins de l’amour, du pardon et de la paix de Dieu envers tous ceux qui nous entourent.

Pasteur Joël Mikaélian
27/10/13

 

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux