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Culte du dimanche 10 novembre 2013 : «Venez… et voyez… Viens, et vois ». PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Jean 1. 35 à 51 / Héb. 10. 19 et 20

« Venez… et voyez… Viens, et vois »

Ceci n’est pas un nouveau slogan publicitaire, une invitation à tester tel ou tel produit, ni une nouvelle destination touristique. Non, ceci est une invitation à nous approcher du Christ et à voir ou à revoir qui il est, ce qu’il est venu faire dans notre monde, ce qu’il nous offre. Mais avant cela, il nous faut faire deux remarques préliminaires concernant ce récit de l’évangile de Jean. Premièrement, il nous faut expliquer la différence entre ce récit et celui des autres évangiles où il semblerait que Jésus ait appelé ses premiers disciples autrement (Mat. 4. 18 et suivants). Qu’il ait appelé d’abord Pierre et André, puis Jacques et Jean pendant qu’ils jetaient leurs filets dans la mer. L’autre difficulté de ce récit concerne le personnage de Nathanaël qui est nommé ici et plus tard en Jean 21. 2, et qui n’apparaît pas dans la liste des 12 disciples énumérée dans les autres évangiles. Que penser de cela ?

Tout d’abord, il est possible que ce texte de l’évangile de Jean nous rapporte les tout premiers contacts entre des disciples de Jean Baptiste et Jésus. Alors que les autres évangiles (Matthieu, Marc et Luc) nous disent comment, quelque temps après, Jésus appellera ces disciples à être des pécheurs d’hommes. Quant à Nathanaël, la plupart des commentateurs s’accordent pour dire qu’il devrait probablement s’agir d’un autre nom de Barthélémy, l’apôtre qui aurait évangélisé l’Arménie avec Thaddée.

Ceci dit, quel message devons-nous recevoir de ces premiers contacts de Jésus avec ces hommes qui deviendront ses disciples ?

1°) « Venez…et voyez… »

André et Jean étaient deux disciples de Jean Baptiste qui avaient à cœur le royaume de Dieu. Ils avaient été sensibles à la prédication de Jean Baptiste et vivaient cette attente de la venue du Messie. Ce jour-là, leur maître regarde avec attention un certain Jésus qui passe. Et voila que tout à coup il leur dit : « Voici l’agneau de Dieu ». André et Jean se mettent alors à suivre Jésus. Jésus les voit et leur demande : « Que cherchez-vous ? ». Ils lui répondent immédiatement : « Maître, où demeures-tu ? », et Jésus de leur dire simplement : « Venez… et voyez ». On ne sait pas ce qu’ils ont pensé de l’endroit où vivait Jésus, ni le contenu de leurs échanges. Toujours est-il qu’ils furent convaincus ce jour-là que Jésus était le Christ, le Messie. Ils allèrent trouver leurs frères pour leur dire : « Nous avons trouvé le Messie… ». André conduira son frère Simon vers Jésus et probablement que Jean fera de même avec son frère Jacques.

« Voici l’agneau de Dieu… Qui cherchez-vous… Où demeures-tu… Venez et voyez… » L’appel du Seigneur est simple, sans obligations, sans insistance, sans tentative de manipulation. Jésus respecte la liberté des disciples de Jean Baptiste, il ne les force pas à le suivre et à croire qu’il est le Christ. Par la suite aussi, ses appels se limiteront souvent à quelques paroles, quelques mots : « Suis-moi… Si quelqu’un veut me suivre… ». Jésus n’a jamais retenu les foules, il s’est même permis de dire un jour à ses disciples : « Et vous, ne voulez-vous pas vous en aller ? » C’est ainsi qu’aujourd’hui encore le Saint Esprit nous invite à croire que Jésus est le Christ et à le suivre. Il dit à tous ceux qui cherchent Dieu, à tous ceux qui ont soif de vérité : « Venez… et voyez ». Venez découvrir ou redécouvrir qui est Jésus et ce qu’il a fait pour votre salut éternel.

2°) « Viens et vois… »

Quelque temps après, c’est par ces mots que Philippe invite son ami Nathanaël à venir vers Jésus. Nathanaël est septique mais il répond quand même à l’invitation de son ami. Le dialogue entre Jésus et Nathanaël est riche d’enseignements. Celui-ci nous révèle tout d’abord que Jésus connaît toutes choses et qu’il les connaît même avant qu’elles arrivent. En effet, Nathanaël est surpris de ce que Jésus déclare sur lui lorsqu’il se retrouve devant lui : « Voici un véritable israélite en qui il n’y a point de fraude… ». Comment, mais que sais-tu sur moi : « D’où me connais-tu ? ». Et Jésus de rajouter : « Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu ». Nathanaël est bouleversé, il ne sait plus que penser. Comment cet homme, Jésus, peut-il savoir cela alors qu’il était tout seul sous le figuier ? Nathanaël réalise tout à coup qu’il a devant lui un être exceptionnel, un humain pas comme les autres : « Rabbi, tu es le fils de Dieu… » !  Tu es le Messie ! Mais Jésus ne se laisse pas impressionner par l’émerveillement de Nathanaël. Il lui dit même qu’il n’a pas encore vu grand-chose, qu’il n’est pas au bout de ses surprises !

Le Seigneur se révèle à nous aussi ce matin, comme celui qui connait toute chose dans le temps et dans l’espace. Il connaît le passé, le présent, l’avenir et tout ce qui se passe dans ce monde. Il connaît tout de toi, de moi. C’est à la fois merveilleux comme le dit le ps 139 : «  Éternel! Tu me sondes et tu me connais, tu sais quand je m'assieds et quand je me lève… Tu sais quand je marche et quand je me couche… la parole n'est pas sur ma langue, que déjà, ô Éternel ! Tu la connais entièrement. C'est toi… qui m'as tissé dans le sein de ma mère. Tes œuvres sont admirables, et mon âme le reconnaît bien… Quand je n'étais qu'une masse informe, tes yeux me voyaient; Et sur ton livre étaient tous inscrits les jours qui m'étaient destinés, avant qu'aucun d’eux n’existât » (Ps. 139). C’est merveilleux et terrible à la fois que le Christ sache tout de moi ! Sauf que Celui qui sait tout de nous, nous aime tant, qu’il ne dévoile pas tout de nous devant tous ! Souvent, il ne dévoile publiquement que ce qu’il y a de bon en nous. Quant au reste, il nous le dit dans l’intimité de notre cœur pour nous inviter à la repentance. C’est dans le secret de nos cœurs que l’Esprit Saint révèle nos fautes, nos travers, et nous invite à la confession et à la repentance pour nous pardonner et nous donner sa paix en Jésus.

Le Seigneur connaît tout de toi avant même que tu naisses. Son regard d’amour est sans cesse posé sur toi. Même lorsque tu ne le vois pas, lui te voit. Il voit et apprécie tout ce qu’il y a de bien en toi. Il sait tout ce que tu fais de bon. Il voit tes joies, tes peines, tes peurs. Il sait tout ce qui va arriver, et il t’aime. Confiance, il conduira toujours toutes choses pour ton bien ! Viens et vois, accepte de lui confier ta vie. Sois conscient qu’il est là même lorsque tu ne le vois pas.

C’est extraordinaire ! Mais Jésus nous dit qu’il y a encore beaucoup plus à savoir de lui !

3°) « Venez et voyez… Viens et vois… le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme ».

En quelques mots, Jésus se présente à nous comme celui qui a ouvert le ciel. Celui qui a rétabli la relation entre Dieu et l’humanité. Cette image n’est pas inconnue de ses auditeurs juifs, elle rappelle la fameuse vision de Jacob et de son échelle entre le ciel et la terre. Ici, Jésus nous montre que par son incarnation, il a définitivement ouvert ce ciel pour l’humanité : « Désormais, vous verrez le ciel ouvert… ». Le Christ a quitté sa gloire céleste pour venir sur cette terre donner sa vie en rançon et libérer l’humanité de la mort éternelle. Il est venu rétablir notre relation avec le Créateur. C’est lui qui a ouvert à nouveau le chemin du « paradis », de ce lieu où l’homme a été chassé (cf. Gen. 3). Ceci à cause de son désir d’autonomie, de son orgueil, de son désir de toute-puissance, d’être « comme Dieu ». Jésus a ouvert le ciel et rétablit la communication. Aujourd’hui, il suffit à chacun de croire, de se repentir et d’accepter le salut offert pour entrer dans une nouvelle dimension de la vie, une dimension éternelle.

En Christ, ce ciel ouvert nous invite aussi à la communion avec Dieu et l’adoration. Il change toute la perspective de la vie. La vie n’est plus une vanité. Elle prend un sens nouveau, celui de communier avec Dieu, en Jésus, de vivre et de développer une relation spirituelle avec lui, l’adorer. En ouvrant le ciel Jésus nous permet de retrouver notre véritable identité de créature de Dieu. Il nous met en relation avec celui qui donne la vie, avec l’origine de la vie.

Cette communion nouvelle avec Dieu nous permet aussi de changer nos relations avec nos semblables. La vie chrétienne inaugure de nouvelles relations entre les humains. Par l’Esprit Saint descendu du ciel, le chrétien est appelé à vivre d’une autre façon. Il est appelé à semer l’amour de Dieu, là où réside la haine ; l’humilité du Christ, là où règne l’orgueil ; le pardon de Dieu à la place de l’amertume et de la vengeance ; la paix du Christ, là où il y a la guerre, les querelles. Il est appelé à semer de la bonté, de la bienveillance, de la joie… le fruit de l’Esprit (Gal. 5. 22)

Ce ciel ouvert en Christ nous donne une nouvelle espérance, celle de la vie éternelle. Il nous montre qu’il existe bel et bien un autre monde, un monde différent du nôtre, un monde d’amour, de lumière et de paix ; un monde où la justice régnera : un monde où prendront fin toutes les souffrances, les injustices, les larmes, les deuils, les guerres, les querelles, les jalousies, l’orgueil, la méchanceté, la calomnie…

En Christ, ce ciel ouvert donne tout son sens à la Prière. Il nous indique que Dieu entend nos prières. Qu’elles montent jusqu’à lui en Jésus, comme le dit l’épître aux Hébreux : « Ainsi donc, nous avons au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous… au travers de sa chair… » (Héb. 10. 19 et 20). Et le chemin est ouvert pour que Dieu réponde et intervienne, agisse dans le monde, dans nos vies et dans nos épreuves. C’est une vision dynamique, en mouvement, les anges du ciel montent et descendent… en Christ !

Conclusion :

« Venez… et voyez… Viens et vois » celui qui a quitté sa gloire et qui est venu dans ce monde. Il t’invite à le suivre, à croire en lui, à lui faire confiance. Confiance dans ses paroles, ses promesses, confiance dans son œuvre de salut parfaite. Il est l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. Il le fait chaque fois que tu te repends.

« Viens et vois » celui qui t’aime et qui connaît tout de toi. Présentes-toi toujours à lui avec un cœur sincère. Confesses-lui tes fautes avec confiance car il pardonne. Sache qu’il connaît tout d’avance. Confie-lui ta route avec assurance. Il sait apprécier et mettre en valeur ce qu’il y a de bon en toi.

« Viens et vois » le ciel ouvert pour toi. Attends-toi toujours à lui, espère toujours, prie-le sans cesse, et réjouis-toi de l’espérance de la vie éternelle.

Et, n’oublie pas de dire à ceux qui sont autour de toi, « viens et vois ». Le Christ Jésus, il est merveilleux !

Pasteur Joël Mikaélian
10/11/13

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux