Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 09 février 2014 - «Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde… »
Culte du dimanche 09 février 2014 - «Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Es. 58. 5 à 10 / Matt. 5 / 13 à 16

« Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde… »

A

près avoir présenté un nouveau style de vie (cf. les béatitudes) Jésus interpelle ses disciples quant à leur responsabilité vis-à-vis du monde. Les besoins du monde sont immenses et en constante mutation. Il suffit d’ouvrir les yeux pour réaliser qu’il y a de belles choses dans ce monde, mais aussi énormément de souffrances, d’inquiétudes, d’injustices, de corruption. Nos vies sont aussi à l’image de ce monde : belles mais aussi compliquées parfois. Elles sont faites de temps lumineux, de moments de joie profonde, et de temps d’épreuves, de questionnements, de doutes. Mais malgré tout cela, le Seigneur invite ses disciples à une vie active, à vivre dans ce monde autrement que tout le monde. Comment honorer cette parole, cette attente du Seigneur vis-à-vis de nous ? Méditons et laissons-nous interpeler ce matin quant à notre vocation de chrétiens.

1°) « Vous êtes le sel de la terre… »

L’image du sel suggère plusieurs réflexions et applications. Le sel est un élément utile à la conservation et donne du goût aux aliments. Le sel sert aussi à faire fondre la glace. Il a également des propriétés cicatrisantes sur la peau. Le sel a également cette capacité étonnante de donner de la saveur à beaucoup avec une quantité minime. Et pour que toutes ces applications soient efficaces, le sel doit se dissoudre. Jésus souligne aussi qu’il doit garder sa saveur pour pouvoir en donner.

Le sens spirituel de l’image est évident. Les chrétiens, l’église constituent le sel de la terre. Nous sommes appelés à nous mêler à cette terre et à ceux qui l’habitent. Nous sommes invités à prendre pleinement part à la vie de nos contemporains. Nous devons vivre en relation avec les autres, croyants ou pas, bons ou moins bons, riches ou pauvres. Nous devons avoir une vie familiale, sociale, professionnelle, culturelle, associative… Nous devons nous mêler, nous dissoudre, nous fondre pour donner du goût, de la saveur autour de nous ; pour lutter contre la corruption ; pour faire « fondre la glace » de ceux qui se sont refroidis, ou de ceux qui ont des relations « glacées ». Nous devons nous mêler, nous dissoudre pour apporter la guérison sur les blessures. Pour réaliser tout ceci, il faut accepter de renoncer à soi, à ses droits parfois, à sa tranquillité, à son confort. Il faut sortir de l’égoïsme et de l’indifférence. Il faut se donner, s’ouvrir pour donner de la saveur aux autres, la saveur du Christ. Donner de l’amour, de la compassion, partager de nos biens, être sensible aux souffrances des autres, soutenir ceux qui flanchent, relever ceux qui tombent (Es. 58. 5 à 10).

Mais cette belle vocation comporte des risques, dont le plus dramatique serait de perdre sa saveur. Le risque, c’est de se mêler au point de se perdre et de perdre sa saveur. C’est de se conformer aux autres, de vivre comme les autres ; d’être immergés au point de ne plus avoir de goût à donner, d’exemple d’intégrité à montrer, de pureté, d’amour, de compassion, d’humilité, d’espérance, de bonté, de pardon, de générosité, de respect de Dieu… C’est le risque que Jésus discerne, d’où sa mise en garde : « mais si le sel perd sa saveur, avec quoi sera-t-il salé ? Il n’est plus bon à rien sinon à être jeté dehors et à être foulé aux pieds des hommes ». Gardons-nous de perdre notre saveur.

2°) « Vous êtes la lumière du monde… »

Cette parole est étonnante dans la bouche de Jésus. C’est Lui qui est la lumière du monde. Jésus est venu éclairer ce monde de ténèbres. C’est dire toute la confiance, la valeur que le Christ accorde à ses disciples, à ceux qui croient en lui ! La lumière éclaire lorsqu’il fait sombre, elle doit être en vue, dégagée de tout obstacle pour pouvoir briller et éclairer. La lumière éclaire, elle permet à tous de voir, de ne pas se perdre ou trébucher dans l’obscurité, de ne pas angoisser. Elle met aussi en lumière les zones d’ombre, les choses cachées.

Là encore, le sens spirituel est évident quant à la vocation des chrétiens et de l’église. Nous sommes appelés à faire briller la lumière du Christ qui est en nous. C'est-à-dire à ne pas cacher nos convictions chrétiennes, à ne pas avoir honte, à ne pas nous cacher. Nous devons affirmer les vérités bibliques, avec amour et discernement, certes, mais les affirmer tout de même. Et l’actualité ces derniers temps nous en donne souvent l’occasion. Etre la lumière du monde concerne tout l’engagement chrétien dans la sphère publique avec les risques de récupération politique dont il faut se garder. Eclairer de la lumière du Christ, c’est dire ce beau message d’espérance du salut en Jésus Christ. C’est dire et vivre la réalité du royaume de Dieu. C’est annoncer la vie éternelle pour tous ceux qui croient et placent leur confiance dans le sacrifice du Christ et le pardon de Dieu. Quelle lumière l’évangile ! Quelle espérance pour un monde qui, pour beaucoup, n’espère rien au-delà de cette vie ! C’est cette lumière que nous devons faire briller et accompagner de bonnes œuvres, de gestes de compassion et d’amour, d’actions en faveur de ceux qui souffrent.

Mais là encore, il faut veiller à la qualité de notre piété. On ne peut éclairer les autres si l’on n’est pas éclairé soi-même ! Un peu plus loin dans le sermon sur la montagne, Jésus dira : « L’œil est la lampe du corps. Si donc ton œil est sain, ton corps tout entier sera dans la lumière. Mais si ton œil est malade, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres ! ». (Mat. 6. 22) C'est-à-dire, si tu vis dans la désobéissance à la Parole de Dieu, non seulement tu ne verras pas clair pour toi-même, mais tu pourras encore moins éclairer les autres.

3°) « Que votre lumière luise… afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux ».

C’est ainsi que le Seigneur conclut son exhortation, par une belle promesse. Il nous dit que les hommes qui verront nos belles œuvres, seront émerveillés, éclairés, encouragés, renouvelés. Ils verront la vie avec un autre regard. Ils auront envie, eux aussi, de vivre dans cette lumière et d’être à leur tour des lumières pour d’autres. Lorsque les hommes verront vos belles actions, dit Jésus, lorsqu’ils verront votre courage, votre foi, votre espérance, votre compassion, ils seront sensibles à la voix de l’Esprit Saint qui les convaincra de la Vérité. Lorsque les hommes verront ces œuvres, « ils glorifieront », non pas vous, mais « votre Père qui est dans les cieux ». N’attendons pas d’être « glorifiés », ne recherchons pas les honneurs à travers notre témoignage et nos belles œuvres. Nous devons tout faire pour la gloire de Dieu, pour que Dieu seul soit glorifié. Mais n’oublions pas que Jésus a promis qu’un jour toutes ces bonnes œuvres auront leur récompense dans le royaume de Dieu. N’attendons pas de récompenses ici, mais réjouissons-nous chaque foi que Dieu est glorifié à travers notre vie. « Tout ce que vous faites, faites le de bon cœur comme pour le Seigneur et non pour les hommes ». L’apôtre Pierre nous encourage aussi dans cette voie : « Ayez une belle conduite parmi les païens, afin que, sur le point même où ils vous calomnient comme malfaiteurs, ils soient éclairés par vos bonnes œuvres et glorifient Dieu au jour où il les visitera » (1 Pier. 2. 12)

Conclusion :

« Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde… »

Que Dieu nous aide à donner de la saveur à ce monde qui nous entoure. Même si nous sommes peu nombreux, si nous nous sentons faibles, en total décalage ; même s’il nous semble que cela est impossible et que nous ne pouvons pas faire grand-chose. Il suffit de peu pour donner du goût. Un peu du fruit de l’Esprit, un peu d’amour, un peu de joie, un peu de paix, un peu de patience, un peu de bonté, un peu de bienveillance, un peu de foi, un peu de douceur, un peu de maîtrise de soi (Gal. 5. 22), peuvent faire beaucoup !

Que Dieu nous aide à briller, non pas de nous-mêmes, mais de sa lumière. Et que notre vie intérieure soit sans cesse purifiée afin de pouvoir refléter cette lumière du Christ, lumière venue éclairer les ténèbres de ce monde. Que notre vie intérieure soit sans cesse transparente devant Dieu. Renonçons aux œuvres mauvaises : « débauche, impureté, dérèglement, idolâtrie, magie, rivalité, querelles, jalousies, animosités, disputes, divisions, sectes, envie, ivrognerie, excès de tables et les choses semblables… » (Gal. 5. 19 à 21). Renonçons à cela afin de pouvoir briller et éclairer ce monde de la lumière dont il a besoin, de la lumière du Christ.

Et que toute la gloire en revienne à Dieu !

Pasteur Joël Mikaélian
9/02/14

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux