Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 02 mars 2014 - « Moi, je ne t’oublierai point… »
Culte du dimanche 02 mars 2014 - « Moi, je ne t’oublierai point… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Es. 49. 14 et 15 / 1 Cor. 4. 1 à 5 / Matt. 6. 24 à 34

« Moi, je ne t’oublierai point… »

N

ous avons souvent tendance à anticiper les choses et les situations dans notre vie. Nous essayons de voir un plus loin que le quotidien, et c’est normal. Il est important d’être prévenant et prévoyant, c’est même une forme de sagesse. Dans le domaine de la santé, par exemple, on dit qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Dans le domaine matériel aussi, la prévoyance est devenue presque une obligation vue le contexte économique actuel. En politique on dit souvent que « Gouverner, c’est prévoir ». Certes, toutes ces choses sont nécessaires et utiles, mais elles ont aussi leurs limites. L’histoire nous montre que l’on se trompe souvent, à tort ou à raison. Les prévisions ne se réalisent pas toujours que ce soit en bien ou en mal. La « Futurologie » n’est pas une science exacte. « C’est pourquoi… dit Jésus, Ne vous inquiétez pas pour votre vie… ». Alors comment concilier ces paroles de Jésus avec les réalités de notre vie quotidienne ? Entre prévoyance à outrance, parfois inutile et néfaste, et insouciance irresponsable, quel chemin emprunter ? Méditons sur les limites et les pièges de ces positions extrêmes que nous sommes tentés de prendre parfois dans les domaines de la sécurité matérielle, du jugement des choses spirituelles et de l’épreuve. Et essayons de discerner le chemin que la Parole de Dieu nous conseille.

1°) « Ne vous inquiétez pas pour votre vie… »

Premier domaine dans lequel la prévoyance à l’excès peut être inutile et néfaste : la sécurité matérielle, la nourriture, le vêtement, le logement, le travail… Jésus nous montre les limites et les conséquences néfastes d’un excès d’anticipation et de prévoyance dans ce domaine. Celles-ci nous rendent tout d’abord esclaves de l’argent qui comme chacun sait, est un bon serviteur mais un mauvais maître. Faire de notre bien-être matériel une priorité, un but, c’est déjà en faire un maître. L’ennui, c’est que celui-ci est un maître insatiable, jamais satisfait, il ne dit jamais assez. Il en faut toujours plus pour mieux vivre et satisfaire des besoins de moins en moins élémentaires et de plus en plus superflus ! Où mettre la limite, ce n’est pas lui qui vous le dira, car il n’en a pas ! De plus nous dit Jésus, cette attitude dans le domaine matériel génère de l’inquiétude, de la peur et de l’angoisse face aux lendemains incertains. Ce qui n’est pas très bénéfique pour notre santé. Qui sait ce qu’il peut advenir demain ? Personne si ce n’est Dieu seul ! L’inquiétude ne peut rien apporter de plus nous dit Jésus. La prévoyance, l’épargne sans limite, comme le crédit illimité, ne sont que des assurances et des risques incertains. Il ne faut jamais l’oublier et l’intégrer dans nos choix. Pire encore, ces chose peuvent totalement occulter de notre pensée la confiance en la bonté et la fidélité de Dieu ; la foi dans sa générosité et dans sa grâce. Elles ne tiennent  pas compte de la capacité d’intervention de Dieu dans le domaine matériel ! Dieu pourvoit et peut pourvoir à tous nos besoins élémentaires, c’est une vérité !

L’inquiétude et la peur peuvent nous envahir au point de nous empêcher de vivre dans la paix, le contentement, la confiance et la joie de se savoir aimés de Dieu. Elles nous font même oublier notre valeur aux yeux de Dieu. C’est pourquoi Jésus le rappelle ici : « Regardez les oiseaux du ciel… Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ... Pourquoi vous inquiétez-vous…? ». L’inquiétude nous paralyse et nous occupe au point que nous en oublions nos responsabilités de témoins dans ce monde. Et notre engagement dans la vie de l’église devient second. C’est pourquoi le Seigneur le souligne et nous invite à ne pas inverser nos priorités : « Cherchez d’abord le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus ».

2°) « Ne jugez de rien avant le temps… »

Second domaine où nous avons tendance à anticiper et à spéculer concerne le jugement des choses spirituelles. Nous avons, il est vrai, la faculté de juger, d’analyser les faits avec les critères à notre disposition. Ce qui n’est pas toujours un mal en soi. C’est parfois même, pour certains, une responsabilité, comme nous le rappelle l’apôtre Paul dans sa lettre aux Thessaloniciens : « Examinez toutes chose et retenez ce qui est bon » (1 Thes.5.21).  Mais là encore, notre tendance à anticiper, juger dans l’immédiateté, ou faire des projections nous joue souvent des tours. Nous pouvons nous tromper en bien comme en mal. Nous devons toujours tenir compte que dans le domaine spirituel, tout est affaire de temps, de durée. Que nous n’avons pas toujours tous les éléments en main pour juger. Qu’il faut tenir compte des critères objectifs de la Parole de Dieu. Le Seigneur a souvent fait référence à l’image de la semence, du terrain, de l’environnement. Il a aussi insisté sur la vie, le comportement des personnes (L’arbre et le fruit). C’est souvent selon ces critères et dans le temps que le fruit d’une vie, d’un témoignage, d’un service peut se juger.

Tout ceci pour dire qu’il faut être prudent, et juger avec humilité, conscient que nous pouvons nous tromper et que le jugement ultime revient à Dieu, le seul juste juge. « Celui qui me juge, c’est le Seigneur… », dit l’apôtre Paul. Nous sommes invités à faire confiance en Dieu dans ce domaine et à nous regarder nous-mêmes. Notre part surtout, est d’être trouvé fidèle. Nous ne sommes que des témoins, des dispensateurs. « Du reste, ce qu’on demande des dispensateurs, c’est que chacun soit trouvé fidèle… Jusqu’à ce que vienne le Seigneur… Alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui sera due ». Juger, oui, mais pas avant le temps, avec humilité, avec prudence en nous gardant des anticipations et des conclusions rapides. En tenant compte aussi que le fruit du service et du témoignage ne tient pas qu’au serviteur et au témoin. Il en va aussi de la responsabilité de chacun vis-à-vis de Dieu, de l’écoute et de l’obéissance de chacun. La parabole de la semence et des terrains que Jésus a racontée est claire à ce sujet.

3°) « Moi, je ne t’oublierai pas ».

Un autre domaine dans lequel il nous arrive d’anticiper à tort, c’est celui de l’épreuve. Nos réactions dans les épreuves de la vie ressemblent souvent à celle du peuple d’Israël en exil. Face à ses difficultés, en pleine période de crise il en arrivait à penser et à dire : « L’Eternel m’abandonne, le Seigneur m’oublie ! ». Il est facile pour nous aussi de céder à cette tentation dans l’épreuve. Lorsque l’on ne s’en sort pas, que l’on ne voit pas le bout du tunnel, que les choses se prolongent. Que de fois de telles pensées nous traversent l’esprit ! Malheureusement, plus nous y donnons place, plus le sentiment d’abandon grandit avec le découragement qui l’accompagne. Plus nous laissons place à ces pensées, moins nous sommes en capacité d’entendre la voix de Dieu. Plus nous imaginons le pire, nous anticipons des choses qui n’arriveront peut-être jamais, moins nous entendons la voix de Dieu qui nous dit : « Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite ?... Quand elle l’oublierait, moi je ne t’oublierai point… ». C’est une certitude, une évidence que Dieu doit souvent nous rappeler lorsque nous sommes confrontés aux épreuves de la vie. Car nous avons parfois cette fâcheuse tendance à anticiper de la mauvaise manière. Et nous pensons que Dieu nous a oubliés au lieu de penser qu’il ne peut pas nous oublier ! Le Seigneur ne laisse pas l’ombre d’un doute à ce sujet. Le Christ ne peut pas oublier celles et ceux pour qui il a sacrifié sa vie. Celles et ceux pour qui il a souffert la croix. Il ne peut pas les oublier, les abandonner. Ce n’est pas possible ! Quoi qu’il nous arrive, si nous lui avons confié nos vies, si nous avons fait alliance avec lui par la conversion et le baptême, il ne peut plus nous oublier car il est fidèle. Et même, dira l’apôtre Paul à Timothée : «  si nous sommes infidèles, il demeure fidèle… car il ne peut se renier lui-même… » ! (2 Tim. 2. 13). A nous de faire alliance avec lui si ce n’est pas encore fait, et de nous rappeler toutes ses promesses en temps de crise, plutôt que de nous soucier et d’anticiper le pire ! Qui sait si Dieu ne renversera pas le cours des choses ? Qui sait s’il ne nous étonnera pas ? Qui sait si les prévisions et l’issue que nous redoutons arriveront ou pas ! Ecoutons plutôt la voix de Celui qui nous dit aujourd’hui encore : « Moi, je ne t’oublierai point ! ».

Conclusion : « Moi, je ne t’oublierai point… »

Entre prévoyances à outrance, parfois inutile et néfaste, et insouciance irresponsable, le Seigneur nous invite sur le chemin de la confiance ; confiance en sa bonté et en sa prévoyance pour notre vie quotidienne ; confiance en l’action de son Esprit pour notre témoignage et son œuvre ; confiance en sa fidélité indéfectible et à toute épreuve.

Il nous invite sur le chemin de la foi et de la responsabilité face à nos choix quotidiens ; chemin du service confiant et fidèle dans son église, de patience et de discernement quant au jugement des choses spirituelles ; chemin de l’écoute attentive et active de sa parole dans l’épreuve.

Que Dieu nous aide à marcher sur ce chemin de la vie.

Pasteur Joël Mikaélian
2/03/14

 

 

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux