Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 16 mars 2014 : « Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean… »
Culte du dimanche 16 mars 2014 : « Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Gen. 12. 1 à 8 / 2 Pier. 1. 16 à 18 / Matth. 17. 1 à 9

« Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean… et il les conduisit à l’écart sur une haute montagne… »

L

e temps du carême est un temps particulier de l’année liturgique. C’est, pour les chrétiens, une invitation à se mettre à l’écart de ce quotidien qui nous accapare tant ! Avouons-le, notre monde moderne laisse peu de place à la méditation, la réflexion, au recul nécessaire pour une vie saine. Les nouvelles technologies nous dépassent. La communication est si rapide et si étendue qu’elle devient même une arme redoutable. Nos politiques ont parfois du mal à s’y retrouver, et nous aussi d’ailleurs ! Notre esprit est sans cesse sollicité. Ainsi on peut regarder la TV tout en consultant ses mails ou envoyer des SMS et écouter de la musique ! Que ce temps de carême nous encourage à briser ce quotidien et à venir ou revenir vers Dieu, à entendre sa voix, son appel, à contempler sa grandeur et son amour pour nous. Mettons-nous à son écoute, allons avec Abram vers ce pays promis, allons avec le Seigneur à l’écart sur cette montagne et laissons l’Esprit Saint nous parler, nous éclairer, nous faire du bien.

 

1°) « L’Eternel dit à Abram : Va-t-en de ton pays… vers le pays que je te montrerai… »

C’est ainsi que le Seigneur adressa à Abram, une invitation pleine de promesses : « Je ferai de toi une grande nation et je te bénirai, je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction… Toutes les familles de la terre seront bénies en toi…  Abram partit comme l’Eternel le lui avait dit… ». Quelle foi, quelle confiance ! Commence alors pour lui et sa famille une longue marche, une grande aventure vers l’inconnu. L’épître aux Hébreux nous dit que : « Abram partit sans savoir où il allait… » (Héb. 11). Il ne savait pas où il allait. La seule chose que Dieu lui avait dite, c’est qu’il serait béni et qu’il aurait un pays. C’est par la foi qu’Abram se mit en route, ayant une pleine confiance dans la promesse que Dieu lui avait faite. Il était persuadé que Dieu ne pouvait pas mentir. Son chemin fût long, très long, semé d’obstacles, de souffrance, d’épreuves, d’incompréhension, de découragements, de trahisons… De plus Abram n’a pas vu l’accomplissement de toute la promesse de son vivant, il n’en a vu que les prémices en Isaac son fils. Mais il a hérité bien plus aujourd’hui que le pays de Canaan, il a hérité du royaume de Dieu et il est devenu le père de tous les croyants.

C’est vers ce pays que le Seigneur nous invite à porter nos regards ce matin. C’est vers ce pays qu’il nous invite à partir, à nous mettre en route nous aussi en quittant notre incrédulité ou notre indifférence pour nous engager sur le chemin de la foi. Si nous n’avons pas encore fait ce pas de la conversion, de la nouvelle naissance, de la foi dans l’œuvre accomplie par le Christ, n’hésitons pas à nous y engager. Certes, c’est un long chemin, étroit, semé d’obstacles et de difficultés… Mais nous avons sa promesse, qu’il sera toujours avec nous et qu’il nous gardera jusqu’à ce que nous arrivions à destination, dans son royaume de gloire. « Vas vers le pays que je te montrerai… » Vas vers le royaume de Dieu révélé et ouvert en Jésus à tous ceux qui croient.

2°)  « Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean… et il les conduisit à l’écart sur une haute montagne… »

Arrêtons-nous quelques instants aussi ce matin sur cette montagne avec Jésus. Etrange cette rencontre au sommet ! Etrange cette lumière qui resplendit sur Jésus, qui devient comme le soleil qu’on ne peut plus regarder ; ces vêtements qui blanchissent comme de la lumière ! Pierre Jacques et Jean sont saisis par cette vision. Ils sont éblouis par la gloire de Dieu, par sa Sainteté, sa pureté. Etranges ces personnages présents avec eux sur cette montagne : Moïse et Elie. Moïse qui parlait avec Dieu le visage découvert et qui reflétait cette gloire divine. Elie, ce prophète exceptionnel et qui pourtant était de la même nature que nous. Les voilà qu’ils parlent ensemble avec Jésus, de son départ pour Jérusalem, nous dit l’Evangile de Luc. Ils parlent de ce chemin qui devait mener Jésus à la croix. Les disciples ne saisissent pas tout, ils sont étonnés par ce qui se passe. Et voilà que tout à coup Pierre prend le risque de la parole : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ; si tu le veux, je vais dresser trois tentes… ». Il ne savait ce qu’il disait, nous dit l’Evangile de Luc. C’est alors qu’une nuée vient les couvrir en guise de tente : « Pas la peine de tentes Pierre, il y a ici une réalité que tu ne connais pas encore, pas besoin de tentes dans le royaume de Dieu, nous ne sommes plus dans le même monde. Dieu nous couvre de sa présence puissante, nous ne risquons rien Pierre ! Ne t’inquiète pas Pierre, nous sommes à l’abri avec Dieu ! ». Puis Dieu fait entendre sa voix, la voix du Père qui dit : « Celui-ci est mon Fils bien aimé, celui qu’il m’a plu de choisir… ». « Jésus est le Fils de Dieu, Pierre, il n’est pas seulement l’homme que vous connaissez. Il n’est pas seulement cet homme bon, rempli d’amour et de sagesse, de compassion. Il n’est pas seulement celui qui fait des miracles et qui fait du bien ». Et la voix de poursuivre : « Ecoutez-le ! ». Les disciples sont saisis d’une grande crainte. Ils réalisent qu’ils sont en présence de Dieu et ils tombent la face contre terre. Dieu est là et ils réalisent tout à coup qu’ils ne sont que de pauvres humains. C’est alors que Jésus s’approche d’eux et les touche. Il touche leur peur, leur crainte, il leur dit : « Relevez-vous ! Soyez sans crainte ! ». « N’ayez pas peur, voyez, c’est moi… », et tout redevient normal, familier, Jésus est là comme avant, pleinement humain et tout seul. Nul doute que cette expérience les aura marqués à vie. Au soir de sa vie, Pierre s’en souviendra encore. Alors que le christianisme connait ses premiers faux prophètes et faux docteurs, les premiers doutes sur la divinité de Jésus, Pierre rappelle aux chrétiens que Jésus est bien le Fils aimé du Père. Il l’a entendu de ses propres oreilles, il a entendu la voix de Dieu. « Ce n’est pas par des fables habilement conçues que nous vous avons fait connaître la puissance de l’avènement de notre Seigneur Jésus Christ, mais c’est comme ayant vu sa majesté de nos propres yeux… Et nous avons entendu cette voix venant du ciel, lorsque nous étions avec lui sur la sainte montagne ». (2 Pier. 1. 16 à 18).

3°) « Celui-ci est mon Fils bien aimé… Ecoutez-le… » Cette parole résonne encore aujourd’hui. Ne doutons pas du royaume, de sa réalité. Nous sommes nous aussi en chemin vers ce pays promis, comme Abram, comme les disciples et tous les chrétiens qui nous ont précédés. Nous sommes en chemin vers ce royaume avec tous ceux qui croient que Jésus est le Christ, le Sauveur qui nous donne accès à la vie éternelle. La route peut être longue, semée d’embûches, d’incompréhension, de découragements, de trahisons, … Il se peut que par moment nous soyons effrayés, découragés par notre humanité, notre nature pécheresse, nos échecs. Mais le Seigneur est là près de nous. Il est là pour nous toucher, nous pardonner, nous purifier, nous relever, nous dire à nous aussi : « Relevez-vous ! Soyez sans crainte ! ». Nous tous qui avons cru, nous sommes en route vers cette Pâques ultime, cette résurrection, ce royaume de Dieu où déjà nous entendons les louanges des multitudes qui chantent : « Tu es digne de prendre le livre, et d’en ouvrir les sceaux… car tu as racheté pour Dieu par ton sang, des hommes de toutes nations… ».

« Ecoutez-le… » Ce chemin est aussi chemin d’obéissance aux Paroles du Christ. Trop souvent nous obéissons à nos pensées, nos convictions, nos désirs pensant obéir à Dieu. Il est si facile parfois de prendre nos pensées pour celles de Dieu, notre volonté pour celle du Seigneur ! Il nous faut faire silence de nos pensées pour pouvoir discerner celles de Dieu et y obéir.

Conclusion :

« Comme ils descendaient… »

Jésus descend avec ses disciples, la vie continue, le quotidien va reprendre le dessus. Mais les disciples ne seront plus les mêmes. Jésus les accompagnera encore, ils vivront et apprendront encore beaucoup de choses. Ils vivront de belles choses mais aussi la persécution, le martyre. Ils resteront fidèles grâce à l’assistance de l’Esprit Saint.

Allons, nous aussi, avec le Seigneur, marchons avec lui, agissons avec lui, continuons notre vie quotidienne dans sa présence. Accomplissons ses œuvres. Servons-le avec joie, avec espérance, avec consécration, avec obéissance. Ecoutons-le chaque jour et demandons-lui la force et le courage de lui obéir. Marchons avec foi comme Abram vers ce pays promis sachant que nous ne verrons peut- être pas toutes les promesses de Dieu s’accomplir de notre vivant sur cette terre. Marchons nous aussi avec le Seigneur, nous le verrons un jour, avec Moïse, Elie, et tous les autres. Réjouissons-nous en espérance. Que ce temps de carême nous rapproche de Dieu et les uns des autres. Qu’il nous encourage à de nouvelles consécrations et de nouveaux engagements dans la vie de l’église.

Pasteur Joël Mikaélian
16/03/14

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux