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Culte du dimanche 23 mars 2014 - «Donne-moi à boire… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Jean 4. 5 à 30

« Donne-moi à boire… »

C

’était hier la journée mondiale de l’eau, journée instaurée par l’assemblée générale des Nations Unis en 1992. Selon plusieurs experts, la question de l’eau pourrait devenir un véritable problème pour beaucoup dans les années à venir. Et il n’est pas inutile d’encourager les états et leurs citoyens à une bonne gestion des réserves d’eau douce. L’eau a toujours été un élément vital pour la vie. Jésus même en a fait l’expérience au cours de sa vie sur terre. Mais sans minimiser les besoins vitaux du corps, Jésus a toujours conduit ses interlocuteurs à découvrir en eux des besoins plus profonds et encore plus importants. Notre vie intérieure a aussi ses besoins vitaux. C’est ce que Jésus va faire découvrir à la femme samaritaine. C’est ce qu’il veut rappeler aussi à chacun de nous à travers son entretien avec cette femme. Mettons-nous à son écoute et laissons le Saint Esprit nous interpeler à travers cette rencontre.

1°)  « Jésus, fatigué du voyage, était assis au bord du puits »

Durant son ministère terrestre, Jésus allait de villes en villages pour inviter les hommes à la repentance et à la foi. Le voilà à Sychar en Samarie, fatigué du chemin, assis au bord d’un puits. Ses disciples sont allés en ville acheter des vivres. Ce texte nous rappelle tout d’abord que Jésus a connu la fatigue, il a été pleinement homme à l’exception du péché. Il peut comprendre nos fatigues, nos besoins de repos. C’était environ midi, le moment le plus chaud de la journée et Jésus avait soif. Une femme arrive pour puiser de l’eau du puits et Jésus n’hésite pas à lui demander à boire : « Donne-moi à boire… ». La femme est étonnée. Etonnée d’être abordée ainsi par quelqu’un qu’elle ne connaît pas, et de surcroit, un juif : « Comment toi, qui es juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ? ». Mais Jésus ne va pas s’attarder sur cette question. Il va discerner chez cette femme un besoin profond, une soif intérieure dont elle n’a peut- être même pas conscience. Une soif qu’elle a essayé, jusque là, de combler par sa façon de vivre, comme tout un chacun. Une soif profonde d’amour, d’être aimée, appréciée, comprise, pardonnée peut-être. Jésus va l’accompagner avec patience vers ce chemin intérieur qui va changer sa vie.

Nous avons tous ce besoin profond d’être aimé, apprécié, compris. Et nous sommes tous tentés de le combler à notre manière. En tant que chrétiens notre attente vis-à-vis de Dieu se résume souvent à la recherche d’un bien-être, d’un mieux-être à travers l’amélioration de nos conditions de vie. Nous sommes souvent à la recherche de bénédictions matérielles, alors que l’essentiel est ailleurs. C’est ce que le Seigneur nous dit dans la suite du dialogue avec la samaritaine.

2°) «  Si tu connaissais le don de Dieu… »

Jésus interpelle la femme. C’est comme s’il lui disait : « Tu es venue là pour chercher de l’eau, tu hésites peut-être à m’en donner, qu’importe. C’est vrai que cette eau est importante pour notre corps, elle est vitale, mais j’ai autre chose à te dire : tu as besoin d’autre chose aussi, d’une autre eau, d’une eau vive, intérieure. Tu as besoin de cette eau qui donne la vie, le pardon, l’amour dont tu as besoin, la paix dont tu as besoin, une nouvelle confiance dans la vie… ». «  Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire ! Tu lui aurais toi-même demandé à boire… »

Il s’ensuit alors une conversation, ou plutôt un « dialogue de sourd » ! « Mais comment ?d’où vas-tu prendre de l’eau ? Tu te crois plus grand que notre père Jacob ? Tu n’as pas les moyens de faire ce que tu dis. Ce que tu promets est impossible ! » Mais Jésus poursuit, il lui parle même d’éternité ! Il lui parle d’une autre vie, de sources d’eau, du don de l’Esprit Saint. Il lui parle de sa vie intérieure, de cet amour de Dieu qui est prêt à jaillir en elle et transformer sa vie. Alors elle se met à lui dire : «  Seigneur, donne-moi cette eau… » Aurait-elle compris ce que Jésus lui a dit ? Hélas non ! «  Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’ai plus soif, et que je ne vienne plus puiser ici ». Quel dialogue de sourd ! Mais, n’y a-t-il pas quelques ressemblances entre ce dialogue et notre relation avec Dieu ? Ne sommes-nous pas nous aussi toujours un peu trop « terre à terre » ? « Seigneur, donne, donne-moi… afin que je n’ai plus de besoins matériels, plus de besoins physiques, plus besoin de rien… ? ». Au lieu de dire : « Seigneur donne-moi de cette eau vive, de ton Esprit, de ta présence… Seigneur j’ai soif de toi… ! ».

3°) «Va, lui dit Jésus, appelle ton mari… »

Jésus ne tient pas compte de l’ignorance spirituelle de la femme, il ne la reprend même pas, il voit bien qu’elle ne comprend pas ce qu’il lui dit. Mais il est prêt à l’accompagner encore sur son chemin intérieur. Il persévère, il est prêt à lui donner cette eau vive dont elle a besoin, même si elle n’a pas bien compris. Mais il y a un préalable pour continuer ce chemin et recevoir cette eau vive, cet amour et cette paix de Dieu. Ce préalable, c’est la confession : « appelle ton mari… » lui dit Jésus. La femme est troublée, que répondre, comment dire la vérité ? Comment dévoiler sa vie ? Elle hésite et finit par dire : « Je n’ai point de mari ».  Jésus l’approuve : « Tu a eu raison… » mais tu n’as pas tout dit : « Tu as eu 5 maris, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari… » Mais Jésus ne la juge pas, il ne rejette pas cette femme qui est en chemin vers Dieu. Il dévoile sa vie et lui fait prendre conscience qu’on ne peut rien cacher à Dieu. Et qu’il vaut mieux lui avouer ses fautes afin qu’il les pardonne.

Il en va de même pour nous. C’est par la confession de nos fautes, par la repentance qu’on parvient au salut et qu’on reçoit le pardon de Dieu en Jésus Christ. C’est toujours par la confession et la repentance que l’on avance dans la vie chrétienne et que l’on expérimente la plénitude de l’Esprit saint, cette source d’eau vive en nous. Dieu ne juge pas celui qui se repent, il lui pardonne et l’encourage à ne plus pécher.

4°) « Nos pères ont adoré… »

Cependant il y a encore un obstacle pour la samaritaine sur son chemin intérieur vers Dieu ; un obstacle comme on peut en rencontrer aussi dans notre vie spirituelle. Il s’agit ici de question culturelle, de différence d’éducation et de tradition religieuse. Quelle est la bonne manière d’adorer Dieu, de l’honorer, de lui plaire ? Quelle est la bonne manière de rendre un culte à Dieu ? Jésus balaye toutes ces considérations de lieu, de tradition : «Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité » Il faut l’adorer en Esprit et en vérité, avec sincérité. La femme comprend de plus en plus qu’il s’agit de quelque chose de nouveau, qu’elle ne connaît pas. Elle fait référence, d’elle-même, à la venue du Messie. Elle est sur le point de comprendre et Jésus l’encourage : « Je le suis, moi qui te parle… ». L’important pour nous aujourd’hui, est de reconnaître que Jésus est le Messie. Et que nous soyons des adorateurs sincères. Peu importe les lieux, les formes, mais que ce soit avec respect, crainte, sincérité et fidélité.

5°) « Venez voir… »

L’histoire continue : la femme samaritaine a découvert en Jésus le Messie. Même si c’est encore de façon voilée, elle va aussitôt l’annoncer en ville. Elle crie dans les rues : « Venez-voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait : ne serait-ce point le Christ ? » ! Beaucoup sont interpellés par son témoignage. La suite du récit nous dit que suite au témoignage de cette femme, Jésus restera encore deux jours sur place. Deux jours au cours desquels, il enseignera et précisera tout ce qui concerne le royaume de Dieu et le salut.

Conclusion

« Donne-moi à boire… »

C’est ainsi que tout a commencé, par une simple parole de Jésus, une demande des plus banales et naturelle. C’est à partir de là qu’il s’est révélé comme le Messie, celui qui seul peut satisfaire les besoins les plus profonds et fondamentaux de notre vie intérieure. Par le sacrifice de sa vie, il nous dit son amour, nous sommes aimés de Dieu, nous avons une valeur inestimable à ses yeux. Par le pardon de nos fautes, il nous donne sa paix et nous libère de toute culpabilité et de toute condamnation. Par le don de son Esprit, il nous remplit d’amour et reste présent à nos côtés. Il nous accompagne avec patience, il chemine au rythme de chacun, il persévère, il n’abandonne pas facilement la partie. Il veut faire de nous ses enfants, des adorateurs sincères et des témoins fidèles afin que beaucoup encore soient sauvés et le reconnaissent comme le Christ.

Que ce soit nous qui puissions lui dire aujourd’hui : « Donne-moi à boire… » ; Donne-moi de cette eau vive, de l’Esprit Saint, que cette source d’eau jaillisse en moi.

Pasteur Joël Mikaélian
23/03/14

 

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux