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Culte du dimanche 30 mars 2014 - «L’Eternel ne considère pas ce que l’homme considère… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

1 Sam. 16. 1 à 7 / Jean 9. 1 à 7

« L’Eternel ne considère pas ce que l’homme considère… »

L

a Bible nous dit que Dieu nous a crées à son image. Nous sommes créatures à l’image de Dieu. Ce qui ne veut pas dire que nous sommes comme Lui. La Bible nous dit aussi que dans beaucoup de domaines nous sommes très différents de Lui. Par exemple, dans le domaine du regard, de la considération des choses, de l’analyse des situations nous ne voyons pas les choses comme Lui. Le Seigneur le souligne à diverses reprises par sa Parole : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Eternel ». (Es. 55. 8) Ce qui laisse entendre que la réalité des choses n’est pas toujours celle que nous voyons, les bonnes comme les mauvaises ; que les situations que l’on vit ne sont pas à considérer seulement d’un point de vue humain, de ce que l’œil voit ou même de ce que l’ont peut ressentir. Il est parfois des drames qui nous laissent sans voix. Seul Dieu voit juste, Lui seul console et soutien dans ces moments là. Et il nous invite à nous approcher de Lui afin de mieux connaître sa pensée. Quel est le regard que Dieu porte sur nous et sur les circonstances ? Quel regard portons-nous sur nous-mêmes, sur les autres et les situations ? Quel regard sommes-nous invités à porter ce matin ?

 

1°) « L’Eternel ne considère pas ce que l’homme considère… »

Samuel est un homme de Dieu, un vrai prophète qui a appris à écouter la voix de Dieu. C’est lui que Dieu avait choisi pour oindre le roi d’Israël. Le roi Saül venait d’être rejeté à cause de sa désobéissance et il fallait en choisir un autre. Dieu envoya Samuel vers une famille pour oindre le nouveau roi qu’il avait choisi. Et Samuel va être dépassé par le choix de Dieu. Alors que les candidats potentiels passent devant lui les uns après les autres, tous aussi grands et forts, propres à la fonction royale, Dieu dira chaque fois : non, « Ne prends point garde à son apparence… L’Eternel ne considère pas ce que l’homme considère, l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Eternel regarde au cœur… ». En d’autres termes, Dieu ne voit pas comme nous. Ce qui importe pour Lui n’est pas l’apparence mais l’intérieur, le cœur, ce que lui seul voit parfaitement. C’est ainsi que son choix se portera sur le plus jeune de la famille, celui qui gardait les brebis, le petit David. Ce jour là, en voyant David, Dieu n’a pas vu seulement un jeune berger dépourvu de force et totalement inadapté à la fonction royale. Dieu a vu en lui un homme de foi, humble, prêt à se laisser guider, un homme de cœur ! Dieu a vu en lui ce qu’il était mais aussi ce qu’il allait pouvoir être par l’action de sa grâce et de son Esprit. Certes, David ne sera pas parfait, mais il servira Dieu avec foi, humilité et persévérance.

En Jésus Christ, Dieu a porté un regard d’amour sur l’humanité entière. Il porte un regard plein d’amour sur chacun de nous. Il voit bien que nous sommes des pécheurs, avec nos forces et nos faiblesses, mais il voit bien plus que cela. Il voit ce que nous pourrions et pouvons devenir par sa grâce et l’action de son Esprit. Ce qui veut dire que Dieu peut faire de grandes et belles choses avec chacun de nous car il a le pouvoir de changer nos cœurs par son Esprit. Il suffit de nous ouvrir à son Esprit et de nous mettre à sa disposition. Que nul ne pense être quelque chose par lui-même, mais que nul ne pense n’être rien. Le regard de Dieu est différent. Attention à l’orgueil et à la suffisance, mais attention aussi au mépris de soi. L’un comme l’autre ne sont que des mauvais regards qui ne tiennent pas compte de la grâce de Dieu.

2°) « Jésus vit, en passant, un homme aveugle de naissance »

Dans ce texte de l’évangile, il y a aussi d’autres regards qui se croisent, celui de Jésus et celui des disciples. Pour ces derniers, cet aveugle de naissance leur pose problème : « Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents pour qu’il soit né aveugle ? ». Leur regard est clair, logique : si cet homme est malade c’est qu’il a péché. Mais voilà, il est né ainsi, comment a-t-il pu pécher avant de naître ? Ou  bien alors ce sont les parents qui sont responsables ! Certes, il y a parfois des relations de cause à effet entre le péché et la maladie, mais de là à en faire une règle générale, il y a tout un monde ! Jésus balaye immédiatement ces pensées scandaleuses : « Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché… » Vous voyez vraiment mal, c’est vous qui êtes aveugles ! Avec compassion Jésus fera de la boue avec sa salive et il enverra l’aveugle se laver au réservoir de Siloé. C’est avec foi que l’aveugle ira et reviendra guéri.

Il y a ici deux regards différents qui se croisent : Celui des disciples, regard humain, accusateur, ils voient un pécheur ; et il y a le regard de Jésus, regard de Dieu empreint d’amour qui voit un homme qui souffre et qui n’y est pour rien. Les uns voient un pécheur à condamner, Jésus voit un être humain qui souffre, un homme à soulager et à guérir.

Quel est le regard que nous portons sur ceux qui souffrent autour de nous ? Accusation, recherche d’explication, indifférence ou bien, compassion, recherche de guérison, de soutien, de soulagement ? Quel est le regard que nous portons les uns sur les autres ? Critiques, jugements, rejet ou bien, amour, compréhension, encouragement, conseil ?

3°) « L’Eternel ne considère pas ce que l’homme considère… »

Cela est vrai aussi des circonstances et des situations. Les exemples ne manquent pas dans la Bible. Jésus a toujours eu un regard différent de ses disciples sur les situations. Alors qu’il se trouve face à une foule qui a besoin de nourriture, et qu’il a devant lui 5 pains et 2 poissons, il fait quand même asseoir tout le monde et commence à rendre grâce. Les disciples ne voient que 5 pains et 2 poissons, et naturellement ils disent à Jésus : « ce ne sera jamais suffisant pour tous ! » Jésus, lui, voit autre chose, il voit des milliers de pains et des milliers de poissons. Dans bien d’autres circonstances il en sera de même. Mais nous voyons aussi qu’à chaque fois, il y aura une participation humaine : une obéissance, un acte de foi, un don de soi pour que les situations changent. A l’image de ce petit garçon, prêt à se priver de ses 5 pains et de ses 2 poissons, nous sommes nous aussi appelés à agir avec foi, à nous rapprocher du regard de Dieu, à adopter le regard de la foi. La foi qui ne s’arrête pas à ce que les yeux voient mais qui voit au-delà du visible, les promesses de Dieu. Comme Abraham au sujet duquel il est dit : « Abraham ayant persévéré obtint ce qui lui avait été promis » (Héb. 6. 14) Car Dieu lui avait dit : « Certainement je te bénirai et je multiplierai ta postérité ».

Quel est notre regard sur les circonstances ? Sur nos épreuves, sur les drames qui nous atteignent ? Sur l’engagement que Dieu nous demande, les actes de foi qu’il attend de nous, la consécration, la mise à disposition des dons qu’il nous a donnés, même s’ils nous paraissent dérisoires ? La aussi, que Dieu nous accorde la grâce d’adopter le regard de la foi au-delà du regard humain.

« L’Eternel ne considère pas ce que l’homme considère… »

C’est une vérité essentielle de la vie. Elle nous rappelle avec force que Dieu ne voit pas les choses comme nous les voyons. Son regard est bien différent du nôtre. Mais en toutes choses, Dieu nous invite à croire, à nous tourner vers lui, à l’accepter dans nos vies. Puis à apprendre pas après pas à vivre et à considérer les choses avec foi.

Ne portons jamais un regard méprisant sur nous-mêmes, ni un regard de suffisance. Ayons ce regard de Dieu, qui nous aime et qui veut faire de belles choses avec nous, même avec nos faibles moyens.

Ne portons jamais un regard méprisant ou accusateur sur notre prochain, surtout sur celui qui souffre. Ayons toujours ce regard compatissant de Dieu avec l’aide de son Esprit.

Ne portons jamais un regard de désespoir sur les circonstances qui nous dépassent, mais toujours un regard de foi et d’espérance, de ce que Dieu est capable de faire, regard de foi sur la bénédiction que Dieu voit mais que nous ne voyons pas encore.

Pasteur Joël Mikaélian
30/03/14

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux