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Culte du dimanche 20 avril 2014 - « Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l’ont mis » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Es. 53. 9 à 12 / Col. 3. 1 à 4 / Jean 20. 1 à 9

« Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l’ont mis »

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ù est Jésus, où est son corps, qui l’a pris ? Où l’a-t-on mis ? Les questions se bousculent en ce fameux matin de Pâques où Jésus est ressuscité ! Comment faire disparaître un corps aussi bien gardé ? C’est impossible ! Marie en est toute bouleversée, les disciples aussi. Que s’est-il vraiment passé ? Comment Jésus a-t-il pu être enlevé ? Qu’en pensons-nous en ce matin de Pâques 2014 ? De quelle façon considérons-nous ces événements passés ? Quels messages nous adressent-ils aujourd’hui encore? Laissons-nous interpeler par ces textes bibliques qui nous parlent de résurrection, de victoire sur la mort et de ses conséquences pour nous.

 

1°) « Il vit et il crut… » !De qui s’agit-il ? Probablement de l’apôtre Jean lui-même qui écrit l’évangile. Il est saisi par les paroles de Marie et court le plus vite qu’il peut au tombeau. Il arrive le premier mais il est rempli de crainte devant le tombeau vide. Il n’ose pas entrer, qui sait ce qui peut se passer ? Il lui faudra attendre que Pierre arrive et entre pour qu’il le fasse à son tour. C’est alors qu’il nous fait part de ce qu’il ressent au plus profond de lui-même. Il croit que Jésus est ressuscité des morts. Il croit, même s’il lui faudra encore un certain temps pour intégrer totalement ce miracle dans son expérience chrétienne. Il témoigne ici pour lui-même, il ne s’engage pas pour les autres. Il n’a pas encore vu Jésus mais il croit déjà parce que le tombeau est vide et que le suaire est bien plié. A cet instant, ce qu’il voit lui suffit.

Mais ce fameux matin de Pâques, tous ne sont pas convaincus de la même manière, tous ne cheminent pas de façon identique. Chacun réagit à son niveau, selon sa personnalité, ses attentes, sa compréhension. Pour Marie, il lui faudra voir Jésus et entendre sa voix l’appeler : « Marie… ! ». Pour d’autres disciples, ce sera le soir du même jour, il faudra que Jésus montre ses mains et son côté pour qu’ils croient et se réjouissent. Pour Thomas, ce sera huit jours après, et il faudra qu’il mette sa main sur le côté percé de Jésus pour croire.

Depuis ce jour, les chemins de la foi en la résurrection de Jésus restent divers. Certains aimeraient bien y croire mais ont du mal. D’autres y parviennent plus simplement sans trop se poser de questions. Quoi qu’il en soit, le Seigneur respecte et accompagne le cheminement de chacun. L’essentiel est que cette recherche ait lieu, que le désir de croire soit là et l’Esprit Saint fera le reste. Car Jésus est réellement ressuscité, il est vraiment vivant et ne peut pas laisser celui qui veut croire dans son incrédulité. Ce qui fait défaut aujourd’hui à bon nombre de nos contemporains incroyants, c’est bien cette volonté de rencontre avec le Ressuscité. Quand à nous qui croyons, réjouissons-nous, rendons grâce à Dieu pour cette foi qu’il a fait naître dans nos cœurs. « Parce que tu m’as vu tu as cru », dira Jésus à Thomas, mais « Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru ! ». Heureux sommes-nous si nous croyons !

2°) « Ils ont enlevé le Seigneur… »

Où est Jésus aujourd’hui ? Où est-il dans nos vies, dans ce monde qui va si mal ? Où est-il dans nos familles, nos églises ? Est-il bien là ? N’avons-nous pas tendance trop souvent à oublier qu’il est vivant ? Ne sommes-nous pas parfois désemparés comme Marie devant l’absence apparente du Christ parmi nous ? Désemparés par son absence apparente dans ce monde en crise, son absence apparente dans nos passages difficiles ? Que de fois prions-nous : « Seigneur, où es-tu… » ? Que faire, comment le trouver ou le retrouver ? Il y a plusieurs siècles déjà, le Seigneur disait par la bouche du prophète Jérémie : « Vous me chercherez et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur. Je me laisserai trouver par vous… » (Jér. 29. 13). Jésus le redira de son vivant : « Cherchez et vous trouverez… Celui qui cherche trouve… ». Ces paroles sont invitation et promesse à la fois. Invitation à chercher et promesse de trouver. Si nous avons oublié ou perdu de vue le Christ ressuscité, il suffit de revenir vers Lui et de chercher sa face, sa présence de tout notre cœur. Il nous suffit de prendre le temps et d’élever nos cœurs vers Lui afin de le retrouver. Car il est bien vivant. Il est dans la gloire céleste, mais il est là aussi avec l’Esprit Saint. Nous avons une double grâce en sa résurrection : il a été glorifié et a reçu tout pouvoir dans le ciel et sur la terre, mais il est aussi présent en nous et au milieu de nous par l’Esprit Saint. Il est passé par la croix pour le pardon de nos péchés. Il a été sur la croix pour toi et pour moi parce qu’il nous aime. Il a accompli ce qu’il fallait pour vaincre la mort, il est plus fort que la mort. A tous ceux qui croient, il accorde l’Esprit Saint qui vient habiter en eux. C’est par sa résurrection que toutes les promesses de sa présence se réalisent et que Jésus a pu dire avant de quitter ce monde : « Voici, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Qu’en ce jour de Pâques, nous puissions tous trouver ou retrouver la présence du Seigneur ressuscité.

3°) « Si donc vous êtes ressuscité avec Christ… »

Dans sa lettre aux Colossiens, l’apôtre Paul encourage les chrétiens à vivre comme s’ils étaient déjà ressuscités avec Christ. Il nous dit que par la foi, par l’Esprit Saint, nous sommes en quelques sortes déjà ressuscités spirituellement avec Christ dans l’attente de la résurrection de notre corps. Et l’apôtre nous invite à vivre cette attente en nouveauté de vie. C’est ce qu’il écrit dans sa lettre aux Romains : « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie » (Rom. 6. 4).Vivre avec le Christ ressuscité, c’est mourir sans cesse au péché, au mal, pour vivre autrement. Et cette nouveauté de vie consiste à nous attacher aux choses d’en haut et non à celles qui sont sur la terre. Le mot « Pâques » qui nous vient du grec et du latin « Pasqua » évoque les souffrances du Christ. Mais il nous vient aussi de l’hébreux « Pessah », qui lui nous renvoie au passage de la mer rouge, au passage d’une vie d’esclave à une vie libre. La Pâques nouvelle en Jésus Christ constitue aussi en quelque sorte un passage ; passage de l’esclavage du mal à la liberté du bien, à la recherche du bien avec l’aide de l’Esprit Saint. C’est comme un départ vers autre chose, une rupture avec ce qui est passé. Nous sommes invités à ressusciter avec Christ chaque jour, à passer sans cesse du mal qui nous habite au bien que l’Esprit Saint veut faire habiter en nous. Pour ce faire, le Seigneur attend aussi notre participation comme l’apôtre Paul le rappelle dans son épître aux Colossiens. Il fait appel à notre volonté lorsqu’il écrit : « Faites- donc mourir ce qui, dans vos membres est terrestre, la débauche, l’impureté, les passions, les mauvais désirs, la cupidité… Renoncez à la colère, à l’animosité, à la méchanceté, à la calomnie… Ne mentez pas les uns aux autres… Mais, revêtez-vous de sentiments de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience… Supportez-vous les uns les autres… Pardonnez-vous réciproquement… comme Christ vous a pardonné… Mais par-dessus toutes ces choses, revêtez-vous de l’amour qui est le lien de la perfection… Que la Parole de Christ demeure en vous… et quoi que vous fassiez… faites tout au nom du Seigneur, en rendant par Lui des actions de grâces au Père » (Col. 3. 5 à 17). En Christ ressuscité nous sommes invités à une vie nouvelle. C’est ce passage qu’il nous faut vivre et revivre sans cesse, tant que nous serons dans ce corps, en allant de progrès en progrès jusqu’à la résurrection de nos corps et l’entrée dans le royaume de Dieu.

Conclusion : « Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l’ont mis »

Ce premier cri de désespoir du matin de Pâques sera bien vite remplacé par la joie et l’assurance de la résurrection de Jésus. Jésus n’est pas resté au tombeau, il n’a pas disparu, nul ne l’a enlevé, il est tout simplement ressuscité des morts ce premier jour de la semaine que nous fêtons chaque année.

Il est vivant, tout est possible pour Lui. Approchons-nous de Lui, ayons foi en sa résurrection. Ouvrons nos cœurs à l’Esprit Saint, recherchons sa présence. Si nous l’avons perdu de vue, allons à Lui, il a promis : « si vous me cherchez de tout votre cœur. Je me laisserai trouver par vous… ». Prions pour celles et ceux qui ont du mal à croire et qui veulent croire. Prions pour celles et ceux qui sont désemparés comme Marie le matin de Pâques, pensant que Jésus a été enlevé ; celles et ceux qui ont du mal à croire que Jésus est là avec eux, que son absence n’est qu’apparence. Apportons-Lui aussi nos requêtes avec foi, il a reçu tout pouvoir dans le ciel et sur la terre. Et vivons comme si nous étions déjà ressuscité avec Christ, et ce, jusqu’à son retour glorieux que nous attendons.

Pasteur Joël Mikaélian
20/04/14

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux