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Culte du dimanche 27 avril 2014 - « Béni soit Dieu… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

1 Pier. 1. 3 à 9 / Jean 16. 1 à 4

« Béni soit Dieu… »

Dans sa première lettre aux chrétiens, l’apôtre Pierre aborde de façon réaliste le problème de la souffrance des justes. Son message va à l’encontre de toute vision idyllique de la vie chrétienne prônée par bon nombre de fausses théologies telle la théologie de la prospérité. Il aborde la question de la persécution, comme Jésus avant lui. « L’heure vient, disait Jésus à ses disciples, où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu ». Depuis ce jour, cette parole s’est malheureusement accomplie tout au long de l’histoire de l’église. Le Génocide des arméniens en 1915 s’inscrit aussi dans cette longue histoire des persécutions ; une histoire qui n’est malheureusement pas terminée. Aujourd’hui encore, dans bien des pays du monde, comme au Moyen Orient, les chrétiens sont en danger. Certains sont méprisés, d’autres emprisonnés, d’autres tués et souvent au nom d’un « dieu » qui n’est certainement pas le nôtre. Comment vivre et intégrer ces réalités dans notre marche avec Dieu ? Comment les supporter sans se décourager, sans être tentés de baisser les bras ou d’abandonner ce chemin ? Ouvrons nos cœurs à la Parole et à l’Esprit Saint, et laissons-nous renouveler dans notre foi et nos convictions chrétiennes.

1°) « L’heure vient, où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu »

Alors que nous commémorons à nouveau le Génocide arménien, Génocide toujours pas reconnu par ses auteurs et leurs descendants, cette parole de Jésus nous rappelle que Dieu n’est pas dépassé par ces événements. Ce sont des choses qu’il savait déjà, des atrocités dues à la barbarie des hommes, au combat spirituel impitoyable que mène le malin contre l’église et les chrétiens depuis toujours. C’est ce qui s’est passé en 1915 au sein de l’empire Ottoman agonisant. A la faveur des troubles liés à la guerre, le pouvoir décidait d’éliminer toutes les minorités chrétiennes de l’empire. Les arméniens en particulier ont été pour beaucoup sauvagement massacrés, les survivants déportés dans les déserts de Syrie, et ceux qui ont survécus ont trouvés refuge à Alep, puis Beyrouth, puis la France et les Etats Unis principalement. Le plan d’extermination de tout un peuple a échoué puisque aujourd’hui les arméniens sont toujours là et présent dans les pays du monde entier. Dieu n’abandonne jamais totalement ceux qui lui font confiance. Certes, ceux-ci peuvent être persécutés, ils peuvent passer par de terribles épreuves, mais ils ne sont et ne seront jamais abandonné. L’histoire est là pour le prouver, nous sommes là pour le prouver. L’actualité de cette semaine a été particulièrement surprenante pour les arméniens. Il aura fallu attendre 99 ans pour qu’un chef de gouvernement turc exprime quelques propos compatissants à l’égard des descendants des victimes. Propos étonnants dont il est difficile de discerner le sens aujourd’hui, si ce n’est qu’ils témoignent d’un malaise grandissant en Turquie face à la vérité.

Quoi qu’il en soit, qu’importe, Ces « condoléances » plus que tardives, témoignent que le chemin peut être encore long. Combien de temps faudra-t-il pour passer des condoléances aux regrets, des regrets à la reconnaissance de responsabilités, de la reconnaissance à la demande de pardon et aux propositions de réparations ? Il nous faut noter ces propos pour l’instant, sans être dupe, ni naïf. Mais pour nous chrétiens, la véritable consolation, la véritable justice, ce qui peut réellement satisfaire les victimes d’injustices est ailleurs, dans les promesses de Dieu que l’apôtre Pierre nous rappelle aujourd’hui. Consolation et espérance pour tous ceux qui souffrent, pour toutes les victimes, pour tous les « éprouvés » de cette vie.

2°) « Béni soit Dieu, qui … nous a régénéré pour une espérance vivante par la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, pour un héritage… réservé dans les cieux… quoique maintenant… vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves… »

C’est là notre consolation, notre espérance vivante face à toutes les injustices et les épreuves que nous vivons en temps que chrétiens. Car si Jésus, comme l’apôtre Pierre nous parlent de persécutions ou d’épreuves, ils nous disent aussi que ces épreuves sont limitées, qu’elles nous attristent pour un peu de temps. Dieu ne permet pas que nous soyons éprouvés au delà de nos forces et avec l’épreuve il prévoit aussi la libération. Libération qui peut être parfois la mort dans le cas de persécutions violente comme un Génocide. L’apôtre Pierre nous dit que notre résistance et notre fidélité dans l’épreuve est précieuse pour Dieu. Elles constituent une victoire face aux forces du mal, elles signent leur défaite. C’est comme si nous disions que notre amour pour Dieu est plus fort que toutes ces diverses épreuves qui veulent nous déstabiliser. Résister et rester fidèle dans l’épreuve, continuer à aimer Dieu, l’adorer, lui rendre un culte, le servir, témoigner… c’est dire non au malin, c’est lui dire que nous sommes, en Jésus, plus fort que lui, plus intelligent que lui. C’est affirmer, avec l’apôtre Paul, que « rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ ». Sans nier la tristesse, la douleur, la souffrance, la colère parfois, restons fermes et confiants, toujours plein d’amour pour Celui que nous n’avons pas vu et que nous ne voyons pas encore, Jésus Christ, notre Seigneur. (Sans oublier d’aimer nos frères et sœurs que nous voyons !). Oui, les épreuves, mêmes les plus douloureuses, les plus dramatiques, celles qui nous semblent sans fin, auront une fin. Et nous sommes invités à les vaincre par la force du Christ ressuscité. Survivre à un Génocide, ne pas nier ou renier son histoire, est la plus grande des victoires qui puisse être sur les forces du mal qui l’ont dirigé.

3°) « Béni soit Dieu… qui nous a régénéré… pour un héritage qui ne peut  se corrompre… il vous est réservé dans les cieux... »

En Christ, tous ceux qui croient deviennent des héritiers, cohéritiers avec Christ. En Lui, nous somme devenus de riches héritiers, d’un héritage qui nous est réservé dans les cieux, dans la vie éternelle. C’est un héritage que rien ne peut corrompre, souiller, flétrir. Rien ne peut le dévaluer, aucune crise, aucun événement ne peut altérer la valeur de cet héritage. « Vous obtiendrez le salut de vos âmes pour le prix de votre foi ». Il n’y a rien de plus précieux que l’héritage de notre salut car il est éternel. Jésus disait : « Que sert-il à un homme de gagner le monde s’il perd son âme… ? ». Cela ne sert à rien, c’est tout à fait logique et compréhensif ! Un jour Christ apparaîtra et nous entrerons en possession de ce bel héritage. Jusque là, nous avons les promesses de Dieu qui nous accompagnent : « A vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps ! ». Vous êtes gardés par la puissance de Dieu. C’est pour cela que l’apôtre Pierre parle aussi de joie. Il ne s’agit pas de se réjouir de la souffrance, de l’épreuve, mais de l’assurance de la victoire  et de l’héritage qui nous est réservé dans les cieux. Un   héritage sûr, fiable qui nous attend. A nous de croire et de rester fidèle, même dans les épreuves difficiles de cette vie. Même face à ce qui demeure pour nous incompréhensible. L’apôtre Pierre écrit un peu plus loin : « Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple afin que vous suiviez ses traces… ».

Conclusion :

« Béni soit Dieu… »

Bénissons Dieu, même en ce jour de commémoration d’événements douloureux. Bénissons Dieu parc que face au souvenir de cette terrible épreuve, nous ne sommes pas sans espérance, sans consolation. Nous croyons que tous ceux qui sont tombés dans la foi en Jésus Christ, se relèveront un jour. Et que tous ceux qui les auront fait tomber, seront honteux pour toujours. Nous croyons qu’un jour la justice de Dieu règnera dans un monde nouveau, et que toute injustice sera réparé, toutes larmes seront essuyées et rien ne pourra plus jamais nous séparer de l’amour de Dieu.

Soyons-en convaincus, prions et agissons pour la justice, résistons et restons fidèles au sein de nos épreuves.

Pasteur Joël Mikaélian, 27/04/14

 

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux