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Culte du dimanche 29 juin 2014 - «…il ne perdra pas sa récompense… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

2 Rois 4. 8 à 16 / Rom. 5. 8 à 10 / Matth. 10. 38 à 42

«…il ne perdra pas sa récompense… »

Nous avons tous besoin de récompense, de reconnaissance dans notre vie et Dieu le sait, c’est lui qui nous a crées. La récompense réjouit le cœur de l’enfant, elle le stimule, l’encourage, lui procure satisfaction et bien-être. Elle est importante pour lui apprendre que l’effort, la peine, les renoncements ne sont jamais vains. Dans le monde des adultes, on ne parle plus trop de récompense mais de reconnaissance. Et là encore, quelle qu’en soit la forme, elle procure satisfaction, joie, encouragement. Que de souffrances, de déceptions, de découragements lorsqu’elle n’est pas au rendez-vous ! Que de colère parfois, d’amertume, de sentiment d’injustice, de jalousie, lorsqu’elle ne vient pas ! Que de déceptions nationales au fur et à mesure des éliminations du mondial 2014 ! Ce n’est pourtant qu’un jeu mais nul n’échappe là aussi à ce désir profond de reconnaissance.

Les textes que nous avons lus ce matin nous rappellent avec force que Dieu est un Dieu d’amour, de bonté qui ne veut que le bien de ses créatures. Dieu est un Dieu généreux qui sait récompenser la moindre des choses que nous faisons pour lui. De la générosité de Dieu à la nôtre, il y a tout un chemin que le Seigneur nous invite à emprunter. Méditons sur cette générosité de Dieu en Christ et de celle qu’il nous invite à avoir.

1°) « Mais Dieu prouve son amour envers nous… »

Dans son épître aux Romains, l’apôtre Paul souligne le caractère particulier de l’amour et de la générosité de Dieu. Il affirme avec force que le Christ a donné sa vie pour tous, pour les bons comme pour les méchants :« Lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous… ». Le sacrifice du Christ est l’expression la plus pure, la plus parfaite de l’amour de Dieu et de la générosité du Christ. Car il s’est donné volontairement, sans que nous le lui ayons demandé, et sans rien attendre en retour. Il l’a fait pour tous, parce que tout individu a une valeur extrême pour lui. Parce que nous avons tous du prix à ses yeux. Chaque personne dans ce monde, chacun d’entre-nous, nous sommes aimés et appréciés de Dieu dans ce que nous représentons pour lui. Nous sommes reconnus de lui comme ses créatures. Il nous aime avant même que nous ayons fait quoi que ce soit de bien. Il nous aime avec nos défauts, nos imperfections, il nous aime. C’est la « reconnaissance fondamentale », la seule qui puisse combler de façon permanente ce besoin profond de reconnaissance que nous avons tous. Cela devient effectif pour nous le jour où nous réalisons et croyons à la portée du sacrifice de Jésus pour nous ; le jour où nous réalisons que c’est à cause de nos fautes qu’il a dû faire cela. Cette vérité devient réalité pour nous le jour où nous lui demandons pardon, que nous acceptons la grâce de son pardon et recevons l’Esprit Saint dans nos cœurs. Commence alors pour nous une vie nouvelle inspirée par son Esprit, qui nous aide et nous pousse à lui ressembler toujours un peu plus. C’est alors que le Seigneur nous invite à vivre une vie nouvelle, vie de générosité, de sensibilité aux autres, qu’ils soient dans le besoin ou pas à l’image de cette femme de Sunem que nous allons méditer maintenant.

2°) « Construisons donc… une petite chambre… »

Ce récit du 2ème livre des Rois présente quelques difficultés d’ordre chronologique. Mais il nous parle d’un bel exemple de générosité, et nous montre comment notre souci pour les autres touche le cœur de Dieu. Dieu n’est pas insensible à nos actes de générosité. Nous voyons combien la « Sunamite », qui est une femme de distinction, fait preuve d’un respect particulier pour Dieu au travers du prophète Elisée. Elle l’accueille un jour chez elle de façon généreuse et volontaire. Il ne semble pas qu’Elisée ait demandé quoi que ce soit. Par la suite Elisée aura l’habitude de faire halte chez elle. Mais la générosité de cette femme, son respect pour Dieu ne s’arrête pas là. Elle est sensible au bien-être du prophète. Elle consulte son mari pour faire encore plus, encore mieux sans qu’Elisée ait demandé quoi que ce soit ! Elle a le désir, le souhait de mieux l’accueillir encore parce que c’est un homme de Dieu. « Construisons donc… une petite chambre… ».

De la même façon, Jésus encourage ses disciples à vivre une vie nouvelle. Le suivre, c’est certes porter sa croix mais aussi perdre sa vie pour la retrouver. La vie chrétienne est faite d’épreuves, de renoncements, mais aussi de générosité, d’ouverture aux autres et tout particulièrement aux disciples et aux serviteurs de Dieu. Dans le texte de Matthieu, le Seigneur parle d’une sensibilité en faveur des siens, en faveur de nos frères et sœurs dans la foi ; de ceux qui souffrent et qui sont en situation de besoin, comme aussi de ceux qui ne demandent rien. Jésus nous dit même qu’accueillir les siens, c’est l’accueillir lui-même. Il s’identifie aux siens, il s’identifie à nous. Ce qui veut dire qu’il partage pleinement nos difficultés, nos besoins, nos souffrances. Il est concerné par tout ce que nous vivons, et que nous sommes en train de vivre, n’en doutons jamais. Et il nous demande à nous aussi la même solidarité. Il s’agit de perdre sa vie, sortir de soi, de son égo, pour s’ouvrir aux autres. C’est à cela que nous sommes invités chacun. Soyons ouverts les uns aux autres, sensibles et soucieux les uns des autres. N’hésitons pas même à anticiper, à pense au bien-être de nos frères et sœurs autour de nous comme au loin. Que pouvons-nous faire pour le bien de nos sœurs et frères, ici et ailleurs ? La vie nouvelle en Christ se caractérise par cette ouverture, cette générosité à l’image de celle de Dieu.

3°) « Que faire pour elle ? »

Tout ne s’arrête pas à nos actes de générosité. Il y a un temps pour la réponse de Dieu. Le texte ne nous dit pas au bout de combien de temps Elisée se pose la question : « Que faire pour elle ? ». Mais il est clair qu’il est sensible à son tour du bien dont il est l’objet. La reconnaissance n’est jamais à sens unique avec Dieu. Elisée pense alors à ce qu’il pourrait faire en retour. Il est étonnant que tout grand prophète qu’il soit, il n’arrive pas à discerner les besoins de cette femme : « Faut-il parler au roi… ? ». C’est son serviteur qui verra juste. Comme quoi, tout homme de Dieu a aussi besoin des autres ! « Elle n’a pas de fils et son mari est âgé ! » Elisée va alors répondre à ce besoin que la femme n’ose même pas exprimer. Elle a même du mal à y croire : « Non, mon seigneur, homme de Dieu, ne dis pas de mensonge à ta servante ». Mais Dieu agira quand même en réponse à sa générosité. On n’est pas là dans une théologie de « marchandage », du « donnant, donnant » ou d’une théologie de la « prospérité ». Nous sommes là dans une théologie de la gratitude de Dieu, de la reconnaissance et de l’amour de Dieu envers ses enfants. Une théologie de la grâce. C’est ce que Jésus enseignera plus tard à ses disciples : « Celui qui reçoit un prophète en qualité de prophète recevra une récompense de prophète… Quiconque donnera… à l’un de ces petits parce qu’il est mon disciple, je vous le dit en vérité, il ne perdra point sa récompense ». Jésus élargit le champ d’action au-delà des serviteurs de Dieu, à tous, même au plus petit des disciples. Dieu n’est pas insensible à nos actes de générosité, notre service désintéressé pour lui. La femme de Sumen, n’attendais rien en retour. A aucun moment le texte ne laisse apparaître une quelconque attente de reconnaissance. Ce qui n’empêche pas Dieu de manifester librement son appréciation, sa bonté envers cette femme. C’est ce que Dieu fait et fera toujours. Il ne change pas. Attendons-nous toujours à de belles surprises de la part de Dieu, à des choses incroyables au-delà de ce que nous pouvons penser ou espérer. Dieu n’est même pas limité par nos doutes, nos hésitations, nos questionnements humains. « A la même époque, l’an prochain, tu serreras un fils dans tes bras ».

Conclusion :

«…il ne perdra pas sa récompense… »

Le Seigneur est la source même de l’amour et de la générosité. Il nous aime tous et veut notre bien à tous. En Jésus il nous l’a démontré. Ne refusons pas sa grâce, mais acceptons là et apprécions là. Réjouissons-nous toujours de la valeur que nous avons à ces yeux. De cette « reconnaissance fondamentale » dont nous avons tous besoin. Je n’ai pas besoin de faire quelque chose, une performance pour être aimé de Dieu, je le suis déjà tel que je suis.

Accepter cela c’est s’engager à vivre une vie nouvelle au service de Dieu et de nos frères et sœurs. Soyons sensible aux autres et que nos actions soient désintéressées. Qu’elles soient de la simple générosité, de la recherche du bien de l’autre. N’hésitons pas à chercher le bien-être de nos frères et sœurs, même s’ils ne le demandent pas ! N’attendons pas qu’ils le demandent !

Sachons que le Seigneur ne restera jamais insensible à notre générosité. Il manifestera un jour ou l’autre sa reconnaissance envers nous. Croyons que Lui aussi se pose la même question pour nous : « Que faire pour elle ? » Dieu n’est pas ingrat. Sa récompense va au-delà de ce que nous pouvons penser ou espérer. Attendons-nous à de grandes choses de Dieu. Et ne désespérons jamais !

Pasteur Joël Mikaélian
29/06/14

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux