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Culte du dimanche 20 juillet 2014 - «D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ? » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Es. 44. 8 / Rom. 8. 26 et 27 / Matth. 13. 24 à 30 et 36 à 43

« D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ? »

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’où vient le mal ? Si tout a été créé par un Dieu bon, un Dieu Saint et parfait en qui ne réside aucun mal, comment expliquer sa présence dans le monde ? Depuis toujours cette question a troublé bon nombre de philosophes et de théologiens. C’est une question que chacun se pose également aujourd’hui face à l’actualité qui nous montre à quel point le mal ne cesse de croître dans le monde ! Que penser, mais que faire aussi face au mal ? Quelle action, quelle réaction avoir face à tous les dégâts qu’il cause en nous, autour de nous et dans le monde ? Que penser lorsqu’il semble triompher, lorsqu’il semble plus fort que le bien ? Que dire de sa présence parmi les chrétiens ? Quelle espérance malgré tout ?

Il semble que Jésus réponde à toutes ces questions à travers cette parabole qu’il raconte et qu’il explique afin qu’il n’y ait pas de fausses interprétations à ce sujet. Méditons sur ce que le Seigneur veut nous dire ce matin par sa parole. D’où vient le mal, que faire face au mal, quelle espérance pouvons-nous avoir face à lui ?

1°) « Le champ, c’est le monde… »

C’est toute l’histoire du monde que Jésus révèle dans cette grande parabole. Le Seigneur aborde ici la question de l’origine du mal et du bien, la réalité du mélange des deux dans ce monde, jusqu’au jour où Dieu établira son royaume de justice pour toujours. Jésus explique qu’il est lui-même celui qui sème la bonne semence dans le monde. Cette bonne semence ne représente pas la bonne nouvelle du royaume de Dieu comme dans la parabole précédente (Matth. 13. 1 et ss). Ici, elle représente celles et ceux qui ont accepté la grâce du salut en Jésus. Ceux qui se sont ouverts à l’action de l’Esprit Saint, qui sont nés de nouveau et qui suivent le Christ en obéissant à sa Parole. Ceux-ci deviennent alors cette « bonne semence » pour le monde. L’ivraie, dit Jésus, ce sont les fils du malin, c'est-à-dire ceux qui rejettent la grâce du salut et se retrouvent sous l’influence d’un ennemi clairement identifié, le diable. C’est lui qui sème l’ivraie dans le monde. L’ivraie est une mauvaise herbe qui ressemble au blé. Elle se nomme en grec « zizania », qui veut dire aussi discorde, d’où l’expression du même nom assez évocatrice de l’action du malin dans le monde. Il est lui-même à l’origine du mal dans le monde. Il est depuis toujours à l’œuvre et sème sa « zizanie », la discorde entre les humains, partout dans le monde.

Au-delà de la question de l’origine du mal, cette parabole nous questionne aussi quant à notre identité : Sommes-nous, fils du royaume ou fils du malin ? Car, comme le fait justement remarquer Saint Augustin, cette parabole ne fige pas le destin des hommes. Elle n’annule pas le projet de Dieu qui est que l’ivraie devienne bonne semence par l’action de l’Esprit. Cette possibilité demeure jusqu’à la fin du temps de la grâce. Il est encore temps de changer d’identité et de devenir « fils du royaume » si nous n’avons pas encore accepté la grâce du salut en Jésus.

2°) « Veux-tu que nous allions l’arracher… cette ivraie ? »

Que faire face au mal ? Il est étonnant que dans son explication, Jésus n’identifie pas ces serviteurs qui se proposent de faire le « ménage », de mettre les choses en ordre ! Quoi qu’il en soit, il semble que ces serviteurs pourraient être tous ceux qui sont touchés, choqués, scandalisés face au mal et à son action dans le monde. Tous ceux qui se proposent d’intervenir de façon radicale, c'est-à-dire d’arracher, de détruire, de juger et condamner ceux qui font le mal ; détruire ceux qui sèment le trouble, la zizanie. Supprimer tous ceux qui se plaisent à l’injustice, qui oppriment et persécutent des innocents. Enlever de ce monde tous ceux qui se plaisent au mensonge, à l’hypocrisie, à l’orgueil, au mépris… Avouons que la tentation est grande d’agir ainsi ! « Veux-tu que nous allions l’arracher… ? » « Non, dit Jésus, de peur qu’en arrachant l’ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé ». Jésus craint effectivement que nos jugements humains soient défaillants, sans grande miséricorde et surtout sans espérance dans la grâce de Dieu. D’où cette défense et cette mise en garde. Il craint aussi l’erreur, le mauvais discernement dû à nos limites humaines. Dieu connait parfaitement les cœurs et lui seul peut juger justement. La parabole nous montre que ce travail sera celui des anges au dernier jour lorsque tout sera révélé par Dieu. Alors le royaume de Dieu sera pleinement établi, le mal ne sera plus, et les « justes resplendiront comme le soleil ». C’est là notre espérance. Un jour, le mal ne sera plus et tous ceux qui auront accepté d’être justifiés en Christ resplendiront comme le soleil pour toujours !

3°) « La bonne semence, ce sont les fils du royaume… »

Que faire alors en attendant le jour ? La défense de Jésus à ne pas juger et condamner ceux qui font le mal, ne veut pas dire qu’il ne faille rien faire face au mal. Il n’est pas question de résignation, de laisser faire le mal, l’injustice, de se taire en attendant le grand jour ! Bien au contraire il faut agir comme la parabole elle-même le suggère. Tous ceux qui ont acceptés la grâce du salut en Jésus sont appelés à être « bonne semence » dans le monde. Le Seigneur nous invite à être témoins de son royaume, à être actifs et avoir des vies dignes de Lui ! Il ne s’agit pas de laisser faire le mal mais au contraire d’œuvrer pour que l’ivraie devienne bon grain. Il s’agit de ne pas se laisser envahir par le mal, de ne pas laisser croître l’ivraie en nous et au milieu de nous déjà, et ensuite autour de nous. « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien ». Cette parole de l’Ecriture nous rappelle que si nous devons êtres prudents dans nos jugements par rapport au mal, nous devons aussi vivre autrement dans ce monde. Nous sommes invités à être « bonne semence ». Ne pas répondre au mal par le mal, c’est déjà tout un témoignage, mais répondre au mal par le bien, c’est un tout autre témoignage ! Et c’est à cela que nous sommes invités en tant que chrétiens.

Face au mal, nous sommes invités aussi à prier sous l’inspiration de l’Esprit Saint comme le rappelle l’apôtre Paul dans sa lettre aux Romains. Alors qu’il évoque « les souffrances du temps présent », termes qui représentent toute l’action du mal dans ce monde, l’apôtre Paul nous rappelle que nous ne sommes pas seuls dans cette lutte quotidienne. L’Esprit Saint est avec nous, il est en nous, il intercède en nous et avec nous, même par des « soupirs inexprimables ». L’Esprit est là pour nous aider lorsque nous somme troublés par la souffrance, la nôtre comme celle de ceux qui nous entourent. Il est là pour nous aider à rester sensibles à ce qui se passe dans le monde et à prier pour tous ceux qui souffrent dans ce monde, pour toutes les victimes du mal, de l’injustice, de la « zizanie » que le diable sème dans ce monde et même dans les églises.

Face au mal, le Seigneur nous dit : « N’ayez pas peur, et ne tremblez pas… Vous êtes mes témoins… » (Es. 44. 8). Nous sommes les témoins du seul Dieu vivant et vrai. Nous sommes les témoins de Dieu. Face au mal, pas de peur, ni de repli sur soi, ni de résignation, mais témoignage, victoire par le bien, par l’amour que Dieu met dans nos cœurs par son Esprit. Face au mal, pas d’indifférence, mais prière, intercession avec l’aide de l’Esprit. Et soyons sûr que Dieu agit, que cela change quelque chose lorsque les chrétiens prient, lorsque l’église prie le Dieu tout puissant.

Conclusion :

« D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ? »

La réponse de Jésus est claire : l’ivraie vient du malin, du diable et de la place que l’homme lui donne.

La parabole de l’ivraie et du bon grain nous montre qu’il y aura toujours du mal, de l’injustice, de la souffrance dans ce monde, nous ne pourrons jamais l’éradiquer entièrement.

Mais nous savons qu’un jour le mal sera totalement vaincu. C’est là notre espérance.

En attendant, que Dieu nous aide à lutter contre la mal, avec l’aide de l’Esprit. Lutter autrement, sans répondre au mal par le mal, mais à le surmonter par le bien.

Participons à l’œuvre de Dieu par notre vie, notre témoignage et nos prières. Elles ne seront jamais vaines, même si nous avons parfois du mal à exprimer ce que nous ressentons et vivons, « l’Esprit intercède lui-même par des soupirs inexprimables… » (Rom. 8. 26).

Et nous aurons la joie, au dernier jour de briller dans le royaume de Dieu pour l’Eternité

« Que celui qui a des oreilles entende ! »

Pasteur Joël Mikaélian
20/07/14

 

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux