Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 31 août 2014 - « Il y a dans mon cœur comme un feu dévorant… »
Culte du dimanche 31 août 2014 - « Il y a dans mon cœur comme un feu dévorant… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Jer. 20. 7 à 9 / Rom. 12. 1 et 2 / Matth. 16. 21 à 27

« Il y a dans mon cœur comme un feu dévorant… »

D

ifficile d’être prophète de Dieu en période d’incrédulité et d’indifférence à sa Parole ! Difficile de parler au nom de Dieu, d’inviter à la repentance, à un retour à ses commandements lorsqu’une majorité les transgresse largement. Encore plus difficile d’annoncer le jugement de Dieu à ceux qui veulent l’ignorer ! De souffrir à cause du mal qui, malheureusement, risque de les atteindre ! Difficile de vivre en chrétiens dans ce monde de plus en plus ingouvernable ! A l’image de Jérémie, les prophètes de la Bible n’ont pas été souvent populaires. Jésus aussi a subit le rejet avec un degré de violence extrême, la crucifixion. Et voilà qu’il invite ses disciples à le suivre sur ce chemin pas très réjouissant ! Méditons ce matin et laissons-nous interpeler par la Parole du Seigneur, son invitation à le suivre fidèlement. Cette invitation à être, nous aussi, prophètes, témoins, disciples du Christ, en ces temps troublés qui sont les nôtres.

 

1°) « Tu m’as persuadé, Eternel… Tu m’as saisi, tu m’as vaincu… »

La vie avec Dieu commence toujours par une conviction profonde de sa présence, de son amour, de son appel à le suivre et à le servir. Pour Jérémie, ce sera la conviction profonde que Dieu est un Dieu vivant, soucieux de ce qui se passe dans le monde. Dieu n’est pas indifférent au mal, au péché, à l’idolâtrie, à tout ce qui détruit l’être humain, abîme sa création. Dieu sait où mène le mal, où mène le chemin qui s’éloigne de Lui, de ces valeurs bienfaisantes qu’il a révélées aux hommes à travers les 10 commandements. Comme il sait où va notre monde aujourd’hui. Mais quand Dieu voit les conséquences désastreuses de certains comportements, il confie à des hommes un message de repentance. Mais il n’est pas si simple d’être un messager de Dieu. Jérémie le savait bien, c’est pourquoi lorsque Dieu l’appelle à être son prophète, il hésite et tente de refuser : « Ah ! Seigneur Eternel ! Voici, je ne sais point parler, car je suis un enfant… ». Mais Dieu insiste : « Ne dit pas : je suis un enfant… je suis avec toi… je mets mes paroles dans ta bouche… ». La lutte intérieure a dû être sérieuse jusqu’à ce que Jérémie capitule et obéisse pour devenir le messager de Dieu pour son peuple. Témoins ces paroles du prophète : « Tu m’as persuadé, Eternel… Tu m’as saisi, tu m’as vaincu… ».

Pour nous aujourd’hui, la vie avec Dieu commence par la conversion, cette nouvelle naissance spirituelle. Par cette conviction profonde que sans Dieu nous sommes perdus, victimes du mal et du malin, sur un chemin qui mène à la mort éternelle. Jésus parlera de « perdre sa vie, perdre son âme », chose terrible qu’il résume en une phrase : « Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme ? ». La vie avec Dieu commence par cette conviction profonde que Dieu nous aime et que le Christ a sacrifié sa vie pour nous sauver, nous arracher à la mort. Que sur la croix, il a pris sur lui notre condamnation et nous en libère si nous le croyons tout simplement. Puis il nous invite à le suivre, à être son témoin, un prophète en quelque sorte. Il nous invite à vivre une vie autrement, comme l’apôtre Paul le rappellera aux chrétiens de Rome : « Je vous exhorte donc… à offrir vos corps comme un sacrifice vivant… Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence… ». Vivez, mais vivez autrement que ceux qui ne croient pas, autrement que ceux qui sont esclave du mal, autrement que ceux qui vivent sans Dieu, même s’ils ne sont pas particulièrement mauvais. C’est probablement une lutte, parfois un combat intérieur pour capituler et devenir réellement chrétien, disciple du Christ. C’est aussi certainement un combat intérieur pour vivre autrement au quotidien, être différent, subir peut-être les moqueries, ou pour certains la persécution. Difficile d’être prophète en ce monde, de montrer le Christ à travers nos vies quotidiennes ! D’aimer, de compatir, de pardonner, de soutenir le faible, de rester intègre, de résister aux tentations de vivre comme tout le monde. « Tu m’as persuadé, Eternel… Tu m’as saisi, tu m’as vaincu… » Quelle lutte, quel combat intérieur ! « Ne dit pas : je suis un enfant… », je ne peut pas, je n’y arriverai pas… Celui qui nous appelle est fidèle, il nous donne son Esprit pour y arriver. A nous d’accepter sa grâce, de ne jamais baisser les bras et de nous confier en lui, en sa force, en son pardon, en sa patience, en son amour.

2°) « A Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas ».

Pourquoi Pierre ne veut-il pas que Jésus souffre, meure et ressuscite ? N’a-t-il rien compris au message et à la mission du Christ ? Il est clair que les disciples ont eu beaucoup de mal à comprendre le sens de la mission de Jésus, la nécessité de sa mort sur la croix, cette condamnation nécessaire à notre salut. Il est possible aussi que derrière cette ignorance, il y ait de l’affection, de la compassion pour Jésus. Ou peut-être encore et peut-être même plus, la crainte de sa propre souffrance ; la peur qu’on fasse subir aux disciples le même sort que leur maître ! C’est ce que Jésus a discerné probablement puisqu’il leur dira alors : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive ». Vivre avec Dieu, être disciple du Christ, témoin, prophète, comporte des risques. S’opposer au mal, dénoncer le mal, peut déchainer les forces du mal. Vivre en témoin, vivre autrement en ce monde, être ce prophète qui invite à la repentance, ce disciple qui souffre de voir ce monde se perdre, peut nous amener parfois, au-delà des renoncements, à affronter le malin dans ce qu’il a de plus abject, de plus mesquin, de plus violent. Je pense par exemple à tous ces chrétiens qui ont été persécutés au cours de l’histoire, et à ceux qui le sont encore. Je pense à tous ceux qui vivent de dures épreuves, des épreuves qui durent, ceux qui portent leur croix. Que Dieu les aide et les soutienne. Quant à nous, avons-nous peur s’il nous fallait un jour porter une croix ? Serions-nous comme Pierre ? Avons-nous aussi cette peur ? « Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces… » (1 Cor. 10. 13).

3°) « Il y a dans mon cœur comme un feu dévorant… »

Dans son combat intérieur, face à l’opposition qu’il rencontre, le prophète Jérémie en arrive à envisager l’éventualité d’un abandon. Et si je laissais tomber ? Et si j’arrêtais de parler au nom de Dieu, si j’arrêtais de me soucier de ce que Dieu me dit et de ce peuple qui se perd, puisque personne n’écoute ! « Il y a dans mon cœur comme un feu dévorant… je m’efforce de le contenir, et je ne le puis… l’Eternel est avec moi comme un héros puissant…». Jérémie est dévoré intérieurement par le feu de Dieu, ce désir, cette conviction profonde que l’essentiel de la vie est là, dans sa vie avec Dieu, dans son engagement avec lui, dans son service pour lui. « Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme ? ». Et il y a encore plus, Jérémie a été saisi par Dieu, son amour, sa bonté, sa sainteté… et il se dit : « Non, je ne peux pas abandonner, baisser les bras ». Cela lui vaudra bien des déboires, des persécutions, des calomnies… et pour finir l’exil en Egypte ! Mais qu’importe !

Il se peut que nous ayons parfois le même combat intérieur face aux difficultés de la vie chrétienne ? Qu’il nous arrive d’envisager aussi de baisser les bras. Et si j’arrêtais de suivre le Christ, d’être son disciple, son témoin ? Et si j’arrêtais de me soucier de ceux qui se perdent ? Et si j’arrêtais d’aimer, de pardonner, d’aider, de soutenir, d’être fidèle à la Parole du Seigneur, de compatir… ? Et si j’arrêtais de venir à l’église, aux réunions ? Si j’arrêtais mon engagement parce que je n’ai pas le retour que j’attends ? Si j’arrêtais de vivre autrement, de façon intègre dans ce monde corrompu ? A quoi ça sert ? Et si… ? « Il y a dans mon cœur comme un feu dévorant… je m’efforce de le contenir, et je ne le puis… l’Eternel est avec moi comme un héros puissant…». Que ce feu de Dieu nous dévore toujours et que le Seigneur le ranime s’il s’est éteint, où s’il est en train de l’être. Que nous puissions toujours dire comme Jérémie : « Non, je ne peux pas… », et comprendre que l’essentiel est là, dans la mission que Dieu m’a confiée. Que nous puissions toujours croire qu’après l’épreuve vient aussi la libération. Que son amour nous saisisse sans cesse et renouvelle notre engagement pour lui.

Conclusion

« Il y a dans mon cœur comme un feu dévorant… »

Pas simple d’être prophète, disciple du Christ, son témoin dans ce monde. Et c’est pourtant à cela que nous sommes appelés en tant que chrétiens.

Laissons-nous persuader, saisir, mettons de côté nos arguments pour refuser sa grâce, où refuser de le suivre et de porter sa croix parfois.

Soyons ces témoins remplis du feu de Dieu, de l’Esprit. Vivons autrement toujours. Que nos vies soient autant de « prophètes » de Dieu, de témoins du Christ dans ce monde en dérive.

Pasteur Joël Mikaélian
31/08/14

 

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux