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Culte du dimanche 07 septembre 2014 «Et si ton frère a péché contre toi, va… Ne devez rien à personne si ce n’est de vous aimer les uns les autres… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Ez. 33. 7 à 9 / Rom. 13. 8 à 10 / Matth. 18. 15 à 20

« Et si ton frère a péché contre toi, va… Ne devez rien à personne si ce n’est de vous aimer les uns les autres… »

C

omment concilier ce devoir d’amour avec certaines démarches « disciplinaires » que Jésus préconise vis-à-vis d’une personne qui a péché contre une autre ? Ou bien comment concilier ce devoir de surveillance et d’alerte de la sentinelle que Dieu demande au prophète Ezéchiel avec cet amour à porter envers tous ? La question des relations dans un groupe, une famille, une église, ou plus largement une société est complexe. Il est difficile de l’aborder sans se culpabiliser ou culpabiliser tel ou tel de son comportement. Dans les situations de conflits, il est facile aussi de régler la question en mettant la faute sur l’autre et passer à autre chose ou attendre la démarche de l’autre. Cette question est complexe car nul ne peut l’aborder de façon totalement objective ou en faisant totalement abstraction de quelques similitudes avec des situations connues ou vécues. Comment sortir de ces pièges et suivre l’enseignement de Jésus sur cette question importante pour toute forme de vie collective qui commence dès que deux ou trois personnes sont présentes ?

Méditons et que le Seigneur ouvre nos cœurs à son Esprit et nous libère de tout préjugé, de tout raccourci, de toutes restrictions de son enseignement à tel ou tel cas précis. Il s’agit d’un enseignement de base, d’une pratique à appliquer avec sagesse et discernement, dans la prière. Il s’agit d’un chemin de bénédiction, avec à la clé, une efficacité particulière de la prière et de la présence de Dieu.

1°) Si ton frère a péché… »

Jésus place devant ses disciples un cas d’école. Il ne fait référence ici à aucune situation particulière. Il commence par évoquer une situation courante de la vie. « Si ton frère à péché… ». Qui n’a jamais péché ? Qui n’a jamais été cette personne qui a blessé même involontairement son prochain ? Qui n’a jamais été blessé par une parole, une attitude ? Qui n’a jamais eu de conflit relationnel ? Qui n’a jamais connu de situations relationnelles compliquées ? Qui est assuré qu’il n’en connaîtra jamais ? Assurément, personne, personne n’est à l’abri car nous sommes tous des pécheurs, pécheurs graciés en Jésus, mais pécheurs tout de même. D’où l’importance de l’enseignement de Jésus. Que faire ? Comment résoudre ces situations et grandir en maturité spirituelle ? Et connaître la joie, la paix de la présence de Dieu et la réponse à nos prières ?

La démarche que Jésus préconise paraît saine, logique même. Elle peut s’appliquer aux relations de famille, de couple, d’église. Que faire ?

« Va… » dit Jésus. Parle, communique… Va avec amour et parle avec amour. L’amour n’exclu pas la Vérité, au contraire même, elle est le gage de sa qualité. L’amour exige la Vérité. Un désaccord, un conflit, des points de vues différents, ne sont pas obligatoirement signe de manque d’amour. Cela n’a rien à voir. L’amour est au-dessus de tout cela. Par exemple, ce n’est pas parce que l’on n’aime pas un enfant qu’on le corrige ! Bien au contraire !  L’amour n’implique pas obligatoirement un point de vue identique. Un conflit n’est pas toujours signe de méchanceté, il peut être même l’inverse, signe d’amour et de bonté. Va avec amour, par amour, prend le risque de la rencontre, de la confrontation. C’est peut être l’étape la plus difficile, mais c’est par là qu’il faut commencer, avant d’en parler à d’autres ou de le dire aux autres sous la forme d’accusation (Je ne sais pas si Valérie T. a fait cette démarche avant d’écrire un livre qui défraie la chronique malgré que beaucoup tente de l’ignorer). Va et parle, et si parfois, cela est trop difficile, dis-le peut-être à une personne de confiance si c’est trop lourd à porter. N’hésite pas à te faire aider par une personne de confiance, un conseiller, un Pasteur par exemple. 1ère étape de vérité, chemin de vérité car l’amour et la vérité vont ensemble.

« Va… reprend-le… » Dis lui ses tords ! Pas évident ! Et s’il me renvoie à mes tords ? Si je me reçois une volée de bois vert ! C’est peut-être là un début de réconciliation, de paix, de renouveau… Va et dis les choses que tu penses avec amour, donne ton interprétation des choses, ton ressenti, ce que tu vois de ton côté à l’image de la sentinelle d’Ezéchiel. C’est même un ordre de Dieu au prophète ! « Si je dis au méchant : méchant, tu mourras… » C’est la responsabilité du prophète qui est en jeu. Certes nous ne sommes pas tous appelés à être des prophètes, mais nous le sommes tous un peu, en Jésus. Nous sommes tous un peu des sentinelles en tant que chrétien vis-à-vis du monde et de ceux qui se perdent loin de Dieu ! Et dans ce cas de notre devoir de témoignage la parole du Seigneur au prophète Ezéchiel nous rappelle avec force que nous ne sommes pas responsables  du résultat, nous n’avons pas d’obligation de résultat. Mais dans le cas des relations fraternelles dans l’église, les démarches sont un peu différentes comme nous le verrons par la suite. « Va… reprend… s’il t’écoute, tu as gagné ton frère… », le conflit est résolu, la relation est rétablie, quelle joie, quelle bénédiction ! Peut-être même qu’une relation plus forte et plus belle va s’établir.

2°) « Mais s’il ne t’écoute pas… »

Malheureusement, cette éventualité existe. Car il n’est jamais aisé d’écouter, de reconnaître ses tords. Tout n’est pas si simple. Alors, dis Jésus : « Prend avec toi encore une ou deux personnes… ». C'est-à-dire que dans le cas des relations fraternelles, nous avons une obligation d’amour et de persévérance. Il faut continuer, il ne s’agit pas de s’arrêter. Continuer mais autrement, en prenant d’autres dispositions. Il est clair que pour Jésus, le collectif est un gage d’objectivité et de discernement spirituel. D’autres regards, d’autres réflexions, d’autres analyses peuvent aider à y voir plus clair, ou différemment. « Va encore… », c’est dire toute l’importance de ne pas laisser les choses en l’état, de ne pas entrer dans ce qu’il y a de pire au plan relationnel, savoir l’indifférence. L’indifférence est la mort de la relation, le sentiment contre lequel nous devons toujours lutter. Il faut toujours aller plus loin, rechercher la paix avec tous. Rechercher cet amour qui est au-dessus, plus fort que le mal, cet amour qui pousse toujours à la résolution des conflits. Rechercher avec d’autres, prendre là encore le risque de la lumière ; le risque d’une résolution et du coup de ne plus être victime. Car le statut de victime peut nous paraître parfois plus confortable. On peut affectionner voire même rechercher la compassion des autres plus que la résolution de nos conflits. Qu’il est bon de se faire plaindre lorsqu’on nous a fait du tord ! Mais si on en reste là, si l’on prend plaisir à cela, rien ne s’arrangera, ni pour nous ni pour les autres ! « Va encore… et parle… »

« S’il refuse de les écouter, dis-le à l’église… »

Jésus complique les choses, ne va-t-il pas trop loin ? Est-ce bien nécessaire d’aller jusque là ? L’enseignement que Jésus nous donne, avec cette obstination à tant de démarche, montre à quel point cela est important pour lui. Combien il est important de ne pas laisser, accumuler des conflits non résolus, des difficultés relationnelles perdurer, mais d’essayer toujours de les résoudre pour retrouver la paix.

« S’il refuse d’écouter l’église… »

Alors là, c’est finit. Jésus admet qu’il y ait des limites, il le préconise même. Il est un temps où il faut arrêter. Mais là encore, Jésus nous montre qu’arrêter n’est pas oublier encore moins condamner et ignorer. Arrêter c’est aussi continuer à aimer. «  S’il refuse d’écouter l’église, qu’il soit pour toi comme un païen… » Qu’il soit pour toi comme un humain perdu mais toujours un être humain à aimer et à rechercher son salut, son retour vers Dieu. C’est l’obligation d’amour envers tous à l’exemple de notre Seigneur qui a donné sa vie pour tous. Aimer toujours à l’exemple de ce père qui espère toujours le retour de son enfant.

3°) « Je vous dis encore… »

Pour finir, Jésus explique pourquoi il insiste tant sur ce point. Pourquoi la recherche de l’accord, la communion fraternelle, la pacification des relations au sein d’un groupe, d’une famille, d’une église sont elles si importantes pour lui ? Tout d’abord parce que l’unité, les relations saines entres frères et sœurs, ouvrent les portes du ciel, donnent de l’efficacité à la prière. Dieu est sensible à la qualité des relations humaines et tout particulièrement à celle de ses enfants qui prient. Il se passe des choses dans le ciel dit Jésus lorsqu’il se passe des choses sur la terre. Lorsqu’il y a l’unité, la recherche des relations vraies, des réconciliations, des actes d’obéissance sur terre, il se passe des choses dans le ciel. Ensuite, Jésus insiste parce que l’unité qui vient de cet amour vrai, vécu avec vérité, sincérité, cette transparence des relations fraternelles, le rend encore plus présent, libère sa présence au milieu de nous et en nous. Qu’importe le nombre, critère si cher à beaucoup, critère qui serait signe de vérité, de bénédiction… Qu’importe le nombre. « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux ».  Où ? Là où il y a une véritable unité, un véritable amour, la vérité. La promesse de sa présence est là, dans le collectif, pas seulement dans le silence de nos maisons, mais dans nos rencontres d’église, rencontres fraternelles, où règne l’amour et la vérité, le respect mutuel, avec cette nécessité de ne jamais laisser s’installer des conflits relationnels.

Conclusion :

« Et si ton frère a péché contre toi, va… Ne devez rien à personne si ce n’est de vous aimer les uns les autres… »

Pasteur Joël Mikaélian
07/09/14

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux