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Culte du dimanche 05 octobre 2014 - «Ecoutez… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Es. 5. 1-7 / Ph 4. 6-9 / Mt 21. 33-45

« Ecoutez… »

Q

ue se passe-t-il dans notre monde et dans nos vies ? A entendre l’actualité, il y aurait de quoi perdre pied ! On peut chercher en vain quelques lueurs d’espoir, quelques accalmies de tempête, quelques signes de paix ! Mais loin s’en faut, plus on parle de paix, plus il faut faire la guerre. Il semble que la répression soit un mal nécessaire à la paix. Mais force est de constater que la violence et la barbarie sont difficilement maitrisables. Tout ceci nous montre, une fois de plus, l’étendue du mal dans le cœur de l’homme et jusqu’où celui-ci peut aller dans sa capacité à faire le mal. Et Dieu dans tout ça, que fait-il, qu’en pense-t-il ? Dieu doit certainement se désoler de la méchanceté et en souffrir autant sinon plus que nous. Les textes bibliques que nous avons lus nous montrent que malgré tout ce que Dieu a fait et fait encore aujourd’hui pour sauver cette pauvre humanité, il en arrive parfois à lui laisser assumer les conséquences de sa folie. Mais n‘oublions jamais que dans sa grâce, Dieu intervient toujours pour mettre un terme à la folie des hommes et donner ou redonner vie et espérance à ceux qui l’écoutent et lui obéissent. « Ecoutez… ».

1°) « Mon bien aimé avait une vigne… »

C’est par une parabole que Dieu révèle au prophète Esaïe son amour et sa bonté pour le peuple d’Israël. Celui-ci est comparé à une vigne plantée sur un coteau. Dieu met tout en œuvre pour le bien de cette vigne. Il travaille la terre, il y plante un plant de choix, il bâtit une tour, un pressoir… Il fait tout ce qu’il peut pour que cette vigne donne de bons fruits. Il réunit toutes les conditions nécessaires pour que le résultat soit excellent. Et c’est avec une grande tristesse qu’il constate que le résultat est bien loin de ses attentes. « Il en attendait le droit, et c’est l’injustice. Il en attendait la justice, et il ne trouve que les cris des malheureux ». Dieu s’étonne, il s’interroge même : « Que pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ? ».  Que pouvais-je faire de plus pour mon peuple ? C’est alors qu’il prononce son jugement, à savoir : livrer sa vigne à ses propres désirs, laisser les épines et ronces. Il décide de ne plus prendre soin d’elle et ira jusqu’à lui interdire la pluie. C’est ainsi qu’en ce temps là, le peuple d’Israël devra assumer les conséquences de sa désobéissance pendant 70 ans de captivité.

Bien des siècles plus tard, Jésus reprend cette parabole et va l’étendre à toute l’histoire de l’humanité et au royaume de Dieu. Jésus compare Dieu à ce propriétaire qui plante une vigne et qui en prend soin. Comme en Esaïe, il nous dit qu’il fait tout pour qu’elle donne de bons fruits. Il a choisi un peuple et l’a confiée à des vignerons, des responsables politiques et religieux afin qu’ils fassent régner le droit et la justice. Ce sont là les bons fruits qu’il attendait. Puis Jésus raconte de quelle manière ces responsables ont accueillis les envoyés de Dieu, les prophètes, tout au long de leur histoire. Ils les ont rejetés, méprisés, tués car ils mettaient en lumière leur méchanceté, leur égoïsme, leurs injustices. Et c’est alors que la parabole de Jésus prend un nouveau tournant. Jésus raconte que face à toute cette violence, ce mépris, cette rébellion, le propriétaire ira au bout de son amour et de sa patience. Il décide d’envoyer son fils en se disant : « Ils respecterons mon fils ». Mais quel scandale, quelle méchanceté chez ces vignerons. Lorsqu’ils voient le fils ils disent : « C’est l’héritier. Venez ! Tuons-le et emparons-nous de l’héritage ». Et c’est ce qu’ils firent. Jésus est ce Fils qui sera mis à mort par les responsables religieux de l’époque avec la complicité du pouvoir en place. A la fin de sa parabole, Jésus questionne son auditoire : « Eh bien ! lorsque viendra le maître de la vigne, que fera-t-il à ces vignerons-là ? Ils lui répondirent : il fera périr ces misérables… et donnera la vigne à d’autres… ». Par cette parabole Jésus révèle qu’il est lui-même le Fils de Dieu qui sera mis à mort pour le salut de l’humanité. C’est à partir de là, de cette injustice et de ce scandale que Dieu accomplira une œuvre inouïe, une œuvre de salut éternel. Le royaume de Dieu sera désormais ouvert à tous les peuples, à tous ceux qui voudront bien croire et accepter de suivre le Christ.

2°) « Ils respecteront mon fils… »

Du coup, cette histoire devient aussi la nôtre et celle de toute l’humanité. En Jésus Dieu manifeste son amour, sa grâce, sa bonté envers toute l’humanité. Il est ce propriétaire qui prend soin de sa vigne, de ce monde, de nous. Il est ce propriétaire qui fait tout ce qu’il peut pour le bien de l’humanité. Il ne se lasse pas d’aimer, de pardonner, de relever, de reconstruire tout ce que le mal détruit. Il ne se lasse pas de vouloir changer le cœur de l’homme et sa méchanceté qui fait tant de dégâts ! Au-delà du message adressé aux religieux de son temps, Jésus nous parle à nous aussi. Il nous rappelle tout ce que Dieu fait et a fait pour notre salut, pour nous donner la vie éternelle, pour nous libérer de la condamnation et du jugement. Son amour l’a poussé au bout de sa compassion, de sa patience ; au bout de ce qu’il pouvait faire. « Que pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ? » Il a envoyé son Fils dans le monde, que pouvait-il faire de plus ? Et comment a-t-il été reçu ? Haine, rejet, mépris, calomnies, moqueries, fausses accusations, crucifixion ! Mais voilà, gloire soit rendue à Dieu. Ce rejet de la part des juifs de son temps et sa mort sur la croix ont ouvert le royaume de Dieu à d’autres, à tous, à nous. Quelle grâce, quelle puissance ! Dieu change le mal en bien, il fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l’aiment. Alors la même question se pose aujourd’hui face à l’incrédulité, à la méchanceté de l’homme, à sa folie. Qu’est-ce que Dieu pouvait faire de plus pour que nous croyions en lui et que nous soyons sauvés ? Et pour que réconciliés avec lui, nous puissions construire un monde plus juste et plus beau ? Que pouvait-il faire de plus ? Que peut-il faire de plus pour que tu croies qu’il t’aime et qu’il veut ton bonheur ? Aujourd’hui encore, Dieu t’invite mais il ne s’impose pas. Si tu refuses, libre à toi, « Le royaume de Dieu sera donné à d’autres… »

Cette histoire est aussi l’histoire de l’église, celle des chrétiens, le nouveau peuple de Dieu, peuple de la nouvelle alliance. Elle nous questionne. Quelle grâce d’être au bénéfice de ce Dieu si bon. Quelle grâce de vivre de son amour chaque jour ! De pouvoir toujours compter sur sa bonté, sur son pardon, sur son aide sur  son soutien ! Quelle grâce de pouvoir le prier et de savoir qu’il est là à nos côté chaque jour ! Considérons tout ce que Dieu a fait pour l’église, pour notre église. Il a donné sa vie pour nous.

Mais quels sont les fruits que nous portons ? Sont-ils conformes aux attentes de Dieu ? Nos vies sont-elles témoins de l’amour de Dieu, sont-elles remplies du fruit de l’Esprit ? De « L’amour, la paix, la joie, la bonté, la bienveillance, la patience… ». Sommes-nous défenseurs du droit, de la justice, de ce qui est bien ? Sommes-nous assez ouverts aux autres ? Jusqu’où va notre respect de Dieu, du Christ, de son église ? Notre respect de son sacrifice, de sa présence ? Il ne s’agit pas ici de susciter une quelconque peur du jugement de Dieu mais bien plutôt un désir renouvelé d’une vie conforme à celle qu’il attend de ses enfants, de son église. Qu’est-ce-que Dieu pense de nos vies, de notre Eglise, en rapport de son amour, de sa bienveillance, de sa fidélité, son sacrifice, de son soutien… ? Qu’est-ce qu’une vie qui plait à Dieu ?

3°) « Ne soyez inquiets de rien… »

Dans sa lettre aux chrétiens de Philippe, l’apôtre Paul nous dit ce qu’est une vie qui plait à Dieu. C’est une vie faite de confiance face à nos inquiétudes, de prières et de supplications pour nos besoins. C’est une vie faite de reconnaissance pour la paix que nous avons en Jésus, pour la Vie que nous avons en Lui et pour l’espérance de l’éternité. Que l’action de grâce vienne compléter nos requêtes et remplacer nos plaintes. « Tout ce qu’il y a de vrai, tout ce qui est noble, juste, pur, digne d’être aimé, d’être honoré, ce qui s’appelle vertu, ce qui mérite l’éloge, tout cela, portez-le à votre actif… Et le Dieu de paix sera avec vous ». Que Dieu nous aide à persévérer dans cette voie. Dans un monde de plus en plus dur, de plus en plus désorienté, où l’on mêle Dieu à des atrocités sans pareilles, soyons du côté de l’amour, de la paix, de la justice, de l’intégrité, de la sainteté. Soyons-le dans nos maisons, dans notre église, sur notre lieu de travail, avec nos amis. Soyons de celles et de ceux qui portent de bons fruits à la gloire de Dieu. Et demandons pardon à Dieu pour nos erreurs, nos mauvaises pensée ou attitudes, nos mauvaises actions ou paroles. Laissons son Esprit nous transformer chaque jour.

Conclusion :

« Ne soyez inquiets de rien… »

La parabole de la vigne nous parle de l’histoire d’une relation, la relation entre Dieu et l’humanité qu’il aime. Elle nous parle de la mesure, de la dimension de son amour. Elle nous parle de sa bonté, de sa patience, de son pardon, de sa bienveillance. Elle nous parle de l’amour de ce Dieu prêt à tout pour sauver, relever, reconstruire ; un Dieu qui donne sa vie pour sauver.

Soyons reconnaissants et confiants en Celui « qui n’a point épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous… ». Soyons toujours pleins d’espérance, il a tout fait pour nous, il ne pouvait pas faire plus, il a donné sa vie : « comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? »

Que Dieu nous remplisse de son Esprit et nous accorde la grâce d’en porter le fruit avec abondance pour sa gloire.

Pasteur Joël Mikaélian
5/10/14

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux