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Culte du dimanche 26 octobre 2014 «Quel est le plus grand commandement de la Loi ? » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

07:00:22Deut. 6. 4 / Matthieu 22. 34-40

« Quel est le plus grand commandement de la Loi ? »

J

ésus vient de répondre aux objections des sadducéens à propos de la résurrection. Les pharisiens vont alors tenter à leur tour de mettre Jésus en difficulté. C’est ainsi que l’un d’entre-eux, un docteur de la loi va le questionner : « Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? ». La question est embarrassante. C’est comme si, pour nous piéger, on nous demandait de façon brutale : « Qu’est ce qui est le plus important pour nous  dans la vie ? ». Il semble que nous aurions du mal à répondre à ce genre de question sans prendre le temps de la réflexion ! Mais Jésus ne va pas se laisser déstabiliser ni se laisser enfermer par la question. Il évoque alors deux paroles de la loi qu’il va lier l’une à l’autre. Et ce sont ses détracteurs qui seront pris à leur propre piège. Au-delà de la question des pharisiens, la réponse de Jésus nous interpelle aujourd’hui encore et nous invite à la méditation. Ouvrons nos cœurs à l’Esprit Saint et à ce qu’il veut nous dire ce matin au travers de ces textes bibliques que nous venons de lire.

1°) « Tu aimeras… »

Aimer, qu’est-ce que cela veut dire ? Sommes-nous sûrs de savoir ce que cela veut dire ? Sommes-nous sûrs de parler de la même chose ? Lorsque l’on parle d’amour aujourd’hui, c’est généralement pour définir les bons sentiments que nous pouvons avoir vis-à-vis de personnes que nous apprécions. On aime ceux ou celles qui nous paraissent « aimables ». On aime celui ou celle qui nous plait. L’amour est généralement vu comme un sentiment que l’on ressent à l’égard d’une personne et que l’on manifeste librement par de l’affection, de la bienveillance, des dispositions favorables, parfois même au-delà du raisonnable…

Alors que la Bible nous parle de l’amour autrement. Elle nous révèle une autre façon de connaître l’amour et d’aimer. Elle nous dit que « Dieu est amour… » (1 Jean 4. 16) ; qu'il est la source même de l’amour. Elle nous dit que cet amour de Dieu se définit d’abord et avant tout comme un don de soi. C’est ce que Jésus enseignera lorsqu’il dira à ses disciples : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis… ». En référence à cette parole, l’apôtre Jean écrit dans sa première épître : « Nous avons connu l’amour, en ce qu’il (Jésus Christ) a donné sa vie pour nous… » (1 Jean. 3.16). L’amour véritable, au sens où Dieu l’entend, se définit par un désir profond de vouloir le bien de la personne que l’on aime. Et ce désir conduit au don de soi, de sa vie. C’est ainsi que Dieu est amour, qu’il nous aime tous, qu’il aime le monde entier. Dieu veut tellement notre bien, notre bonheur, et surtout notre bonheur éternel qu’il a donné sa vie pour nous. Ne doutons jamais de son amour. Dieu l’a exprimé en envoyant son Fils Unique dans ce monde pour qu’il donne sa vie pour nous sauver. Le Seigneur désire tellement notre bien qu’il a donné sa vie en acceptant de mourir sur une croix. Ce sacrifice est le gage de son amour, le gage que nous sommes aimés, le gage que Dieu est prêt à tout pour notre bien. Qui que nous soyons, il nous invite à le croire, à l’accepter, à le réaliser sans cesse tout à nouveau lorsque les épreuves de la vie nous le voilent. C’est cet amour que nous devons connaître et « re-connaître » sans cesse dans nos vies.

2°) « Tu aimeras le Seigneur… »

C’est le plus grand des commandements. C’est de cet amour que Dieu nous demande de l’aimer en retour. Aimer Dieu, ce n’est pas seulement avoir de bons sentiments envers lui. Ce n’est pas seulement l’adorer, le remercier, le respecter. Certes, aimer Dieu, c’est garder ses commandements, obéir à sa Parole. Mais aimer Dieu, c’est être prêt à tout pour lui ; à lui donner la priorité dans nos vies, dans nos choix de vie. C’est rechercher ce qui lui plait et vivre comme il lui plait. C’est se donner à lui et se donner pour lui entièrement « de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, … ».

C’est ainsi que Jésus répond aux pharisiens. Il fait référence tout d’abord à une parole qu’ils connaissent bien, que tout juif pieux récite encore aujourd’hui chaque jour : « Ecoute Israël ! Le Seigneur notre Dieu est le Seigneur UN. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… » (Deut. 6. 4). Mais pourquoi Jésus ne cite pas le texte du décalogue (Exode 20) ? Il aurait pu dire que le plus grand des commandements était le premier d’entre-eux : « Je suis l’Eternel ton Dieu… tu n’auras pas d’autre Dieu… ». Jésus invite ses détracteurs à considérer la loi, les commandements de Dieu d’une autre façon. Plutôt que de leur parler d’interdit, de ce qu’il ne faut pas dire ou ne pas faire, Jésus les invite à aimer Dieu. Il leur enseigne que Dieu souhaite établir une relation d’amour avec eux et non de la peur.

Par ces paroles, le Seigneur nous rappelle à nous aussi qu’il veut établir d’abord et avant tout, une relation d’amour avec nous. Il nous invite à répondre à son amour avec amour. Que notre relation avec Dieu soit toujours empreinte de cet amour. Que Dieu nous aide à vivre notre vie chrétienne non pas dans la peur mais dans l’amour vis-à-vis de lui.

3°) « Tu aimeras ton prochain… »

Jésus poursuit en citant immédiatement un autre commandement que ses interlocuteurs devaient bien connaître aussi, mais qu’ils avaient peut-être oublié. Il cite le texte du Lévitique 19. 18 : « Tu aimeras ton prochain comme toi même… ».

Tout d’abord, Jésus relie directement l’amour pour Dieu à l’amour du prochain. Il corrige une autre erreur des pharisiens qui pensaient que l’amour pour Dieu pouvait se vivre au détriment de l’amour du prochain, même au sein de la famille. Ils enseignaient par exemple qu’il fallait mieux donner à Dieu que de prendre soin de ses parents. L’apôtre Jean rappellera cette parole de Jésus à sa manière en écrivant : « Si quelqu’un dit : j’aime Dieu et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur ; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? Et nous avons de lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère » (1 Jean 4. 20 et 21).

Ensuite, Jésus nous invite à aller au-delà d’une simple relation d’amour avec notre prochain. Il nous invite à l’aimer comme nous même. C'est-à-dire à sortir de notre égoïsme, à agir, à penser en faveur de l’autre comme si c’était nous-mêmes. A l’aimer comme si c’était nous. Certes le défi est énorme. L’égoïsme est loin d’être un travers de la vie moderne. De tout temps, la tendance naturelle de l’homme a été de prendre soin de lui-même d’abord, de faire passer son bien-être personnel avant celui des autres.

Pour finir, n’oublions pas ce que veut dire « aimer » selon la Parole de Dieu. Aimer c’est vouloir le bien de l’autre. Ce qui peut passer parfois par la réprimande, le conflit, la correction, la confrontation. Ne faisons pas l’erreur de penser qu’aimer son prochain voudrait dire être toujours d’accord avec lui. Qu’il faudrait penser comme lui, apprécier ses erreurs ou ses travers, et se culpabiliser si l’on n’y parvient pas. Aimer comme Dieu nous a aimés, aimer comme nous-mêmes, désirer le bien de l’autre, c’est aussi dire la vérité qui fâche, reprendre, exhorter, remettre en question…

Conclusion :

« Quel est le plus grand commandement de la Loi ? »

Aimer, aimer de cet amour qui vient de Dieu, de cet amour qui est don de soi, désir du bien de l’autre.

Ne doutons jamais de l’amour de Dieu. Il l’a prouvé, manifesté en donnant sa vie pour notre bien, pour notre salut éternel.

Que notre relation avec Dieu soit toujours empreinte d’amour et non de peur. Soyons prêts à tout pour lui, par amour.

Aimons notre prochain de ce même amour, désirons son bien toujours.

Que Dieu nous remplisse de son Esprit afin qu’il répande sans cesse cet amour dans nos cœurs.

Pasteur Joël Mikaélian
26/10/14

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux