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Culte du dimanche 09 novembre 2014 «Je suis descendu du ciel… ». PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Es. 53. 5 et 6 / Héb. 10. 5 à 7 / Jean 6. 35 à 40 et 46 à 51

« Je suis descendu du ciel… ».

I

l y a 25 ans, le 9 novembre 1989, le monde assistait à la chute du mur de Berlin et à la réunification de l’Allemagne. Ce fut un tournant dans l’histoire, la fin d’une époque et d’une épreuve douloureuse pour beaucoup. On pensait alors que cet événement mettrait un terme à ce que l’on appelait : « la guerre froide ». Mais 25 ans après, force est de constater que l’humanité n’a pas vraiment changé. Alors que l’on fêtera les 25 ans de la chute du mur de Berlin, nous ne pourrons pas ignorer qu’une autre « guerre froide » risque de renaître aux portes de l’Europe. Nous ne pourrons pas ignorer non plus les murs qui subsistent et les guerres qui font rage un peu partout. Ainsi va la nature humaine. Des murs tombent, d’autres demeurent, d’autres encore se construisent, témoins de ce mal profond qui ronge l’humanité depuis son origine. Le texte de l’évangile de ce jour nous rappelle qu’il y a plus de 2000 ans, quelqu’un venait du ciel pour briser un tout autre mur, celui de la séparation entre Dieu et les hommes. « Je suis descendu du ciel… ». Par delà les siècles, cette affirmation étrange demeure une réalité. Elle nous rejoint comme une parole venue d’ailleurs, d’une autre dimension. Une parole à entendre et à réentendre aujourd’hui encore. Méditons quelques instants : Pourquoi Jésus est-il descendu du ciel ? Qu’est-ce que cela a changé et change pour nous aujourd’hui ?

1°) « Nul n’a vu le Père… »

Dans la suite du prologue de son évangile, l’apôtre Jean écrit : « Personne n’a jamais vu Dieu, le Fils unique… est celui qui l’a fait connaître… » (Jean 1. 18). Jésus est venu nous révéler le Dieu que nul ne peut voir. Cette parole nous apprend que toutes les théophanies de l’ancien testament ne sont en fait que des manifestations par lesquelles Dieu s’est révélé aux hommes en ce temps là. Elles ne représentent pas Dieu dans toute la réalité de son être. Jésus est la seule révélation parfaite de Dieu, accessible et visible aux humains. Même si, comme l’écrit l’apôtre Paul dans sa lettre aux Romains : « les perfections invisibles de Dieu se voient comme à l’œil nu…» (Rom. 1. 20), à travers la grandeur et la beauté de la création, Jésus n’en demeure pas moins l’expression parfaite de Dieu. C’est en Lui que nous pouvons connaître ce qu’il nous est possible de connaître de Dieu. En lui, nous voyons combien Dieu est un être remplis d’amour envers tous et plus particulièrement envers les plus faibles et les malheureux. C’est un être plein de compassion, sensible à la souffrance humaine. Il est patient, il ne se lasse pas de pardonner, de relever celui qui tombe, de guérir les malades, de soigner ceux qui sont blessés par les épreuves de la vie. Dieu est cet être là, celui que nous voyons en Jésus. Un amour sans faille, une patience à toute épreuve, plus fort que le mal et que toutes les tentations. C’est ce Dieu là qu’il faut croire, c’est Lui le véritable et non tous ces dieux que les hommes se sont fabriqués et se fabriquent encore selon leurs convenances. Les chrétiens ne sont pas à l’abri non plus, de se fabriquer un dieu selon leur désir. Ils le font parfois, malheureusement, pour justifier, appuyer leurs idées. Ils peuvent eux aussi tomber dans ce piège et se faire un dieu à leur convenance, au service de leur imagination.

2°) « Je suis descendu du ciel,… pour faire la volonté de celui qui m’a envoyé… »

Jésus est venu avec une mission bien précise. Il en parle ici de façon imagée. Il est venu donner sa vie pour la vie du monde. Il est venu sauver, rétablir la relation avec Dieu, briser le mur qui nous sépare de Dieu. Il est descendu du ciel pour briser ce mur du péché qui nous séparait de Dieu. L’épître aux Hébreux nous rappelle que le seul moyen de briser ce mur et d’ouvrir un chemin nouveau était la croix, le sacrifice du Christ. Il fallait que Jésus soit condamné à notre place, cloué à notre place à cause de nos péchés afin que la justice de Dieu soir respectée. Cette justice qui doit punir celui qui fait le mal. La Bonne Nouvelle, c’est que Jésus a accepté d’être condamné à notre place. « Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui… » (Es. 53). « Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps… Alors j’ai dit : Voici je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté… » (Héb. 10. 5 à 7). La croix de Jésus fait partie de la volonté de Dieu. C’est elle qui a détruit le mur de séparation entre les hommes et Dieu. L’apôtre Paul écrit aux chrétiens d’Ephèse au sujet de Jésus : « Car il est notre paix… et a renversé le mur de séparation (entre païens et juifs), il a voulu créer en lui… un seul homme nouveau… et les réconcilier avec Dieu… par la croix… » (Eph. 2. 14 à 16). Jésus dit ici : « Le pain que je donnerai, c’est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde ».

C’est pour cela que Jésus est descendu du ciel, pour la croix. Pour briser ces murs du péché qui nous séparent de Dieu, et qui nous séparent les uns des autres. C’est la croix qui nous réconcilie avec Dieu et avec notre prochain. Reste à chacun de croire, de prendre le risque de la foi afin que ces murs se brisent et que notre être intérieur trouve la paix. Jésus seul peut satisfaire les besoins de notre âme. En lui seul nous avons la paix car en Jésus, Dieu vient habiter en nous par son Esprit. Alors l’Esprit Saint éclaire, conduit, encourage, console, soutien celui qui croit. Il donne l’amour, la paix, la joie, la patience… Il donne la force de vaincre les tentations, le discernement pour savoir ce qui est bien. Il est cette présence intérieure qui nous relie sans cesse à Dieu et nous permet de vivre pleinement. « Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif ». Jésus seul peut combler tous les besoins profonds de notre être. N’hésitons jamais à nous approcher de lui avec foi. Laissons-le détruire cet autre mur que celui de notre incrédulité.

3°) « Je suis le pain de vie… »

Jésus est venu aussi pour vaincre la mort et donner la vie éternelle à tous ceux qui croient. Au chapitre 6 de l’évangile de Jean, nous voyons que suite au miracle de la multiplication des pains, les Juifs s’opposent à Jésus en évoquant le miracle de la manne qui a nourri leur peuple pendant 40 ans dans le désert. C’est alors que Jésus leur parle d’un autre pain descendu du ciel. Le pain de vie. Un pain qui donne la vie au monde, et qui sauve de la mort. « C’est ici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point ». Jésus change de registre, de dimension. Il n’est pas venu pour nourrir le peuple comme du temps de Moïse dans le désert. Il invite ses détracteurs à voir plus loin. Il nous invite à voir plus loin. Car sans éternité, la vie n’a pas beaucoup de sens. Bien que la vie soit belle parfois, que l’on peut expérimenter de belles choses dans cette vie, nous le savons tous, elles prendront fin un jour. Il nous faut voir plus loin, espérer plus loin pour que tout ceci trouve un sens plus profond. C’est pour cela que Jésus est descendu du ciel. Il a brisé le mur de séparation afin que, réconciliés avec Dieu, nous recevions la vie éternelle et qu’il nous ressuscite au dernier jour. Afin que plus rien ne puisse venir nous séparer de son amour. L’apôtre Paul écrit dans sa lettre aux chrétiens de Rome : « J’ai l’assurance que ni la mort, ni la vie… rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur » (Rom.8. 38) Rien, si ce n’est notre incrédulité, notre refus de croire, d’entrer en communion avec le Christ. De se nourrir et de vivre de ce pain de vie, de cette communion avec sa parole et son Esprit.

Conclusion :

« Je suis descendu du ciel… ».

En Jésus, Dieu est venu jusqu’à nous. Il a quitté sa gloire et s’est abaissé jusqu’à nous par amour. Bénissons-le pour cette grâce, pour ce qu’il a accompli en venant sur terre. Désormais, plus de séparation, plus de mur mais un chemin nouveau, une relation possible et nouvelle avec Dieu et les uns avec les autres.

Ne restons pas indifférents à cette grâce, ne construisons pas de nouveaux murs de séparation. Mais soyons toujours ouverts à l’Esprit de Dieu, ouverts les uns aux autres avec cet amour qui nous vient de lui. Que Dieu brise tous nos murs de séparations, de péché, d’incrédulité.

Bénissons Dieu pour le don de la vie éternelle, pour cette espérance qui donne tout son sens à cette vie. Et sachons l’apprécier à sa juste mesure.

Ne vivons pas comme si le Christ n’était jamais descendu du ciel, comme si le mur de séparation subsistait toujours. Vivons une communion vivante avec Dieu et avec notre prochain.

Pasteur Joël Mikaélian
09/11/14

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux