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Culte du dimanche 07 décembre 2014 - «Consolez, consolez mon peuple… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Es. 40. 1 à 6 / Marc 1. 1 à 8

« Consolez, consolez mon peuple… »

C

’est aujourd’hui le deuxième dimanche de l’avent, jour qui coïncide comme chaque année avec la journée de la « règle d’or » de l’Action Chrétienne en Orient. C’est une journée particulière qui nous parle de la façon dont Dieu est venu au secours du peuple arménien et de nos églises au début du siècle dernier. Il y a quelques années de cela, un des petits-fils du Pasteur Paul Berron, fondateur de l’ACO, m’écrivait ces quelques lignes : « Il est nécessaire de connaître le passé de son peuple et l’origine de son église pour pouvoir vivre le présent dans la reconnaissance au Seigneur ». C’est ce que je vous invite à faire ce matin en élargissant aussi notre méditation à toute l’œuvre de Dieu dans le monde à travers son Fils Jésus Christ, notre Seigneur.

1°) « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites le de même pour eux »

C’est sur le fondement de cette parole du Christ que fut créée la mission ACO le 6 décembre 1922 par le Pasteur Paul Berron. Cette mission avait pour but de venir en aide au peuple arménien qui venait de vivre une des pages les plus tragiques de son histoire, le Génocide. En 1923, des familles de réfugiés arméniens de confession évangélique de Marseille lançaient un appel à la mission : « Nous avons du travail… du pain… mais nous n’avons pas la Parole de Dieu. Nous ne pouvons pas aller aux cultes en français, puisque nous ne savons pas la langue. Apportez-nous la Parole de Dieu (dans notre langue) ». C’est alors que le Pasteur Berron demanda à Joseph Barsoumian, évangéliste près d’Alexandrette, de venir à Marseille pour répondre à cet appel. C’est ainsi que commença l’église évangélique arménienne de France. L’année suivante en 1924, le Pasteur Jean Ghazarossian venait prendre la suite de ce travail à Marseille, tandis que le pasteur Joseph Barsoumian poursuivait son ministère parmi les réfugiés à Lyon et y célébrait le premier culte le 2 août 1924. Durant environ 40 ans, l’ACO soutiendra spirituellement et financièrement les 14 paroisses qui s’étaient constituées en France.

Une grande part des finances de la mission provenait de la journée de la règle d’or. A l’origine, la mission avait organisé un grand dîner à Genève auquel étaient conviées les hautes personnalités de la société des nations et de la société genevoise. Le menu était simple, semblable au repas des orphelinats arméniens : Riz et compote et cacao comme boisson. L’argent récolté par le prix élevé du repas était versé à la mission. Puis ce principe s’est étendu à plusieurs paroisses en Alsace et aussi en Europe essentiellement dans les églises luthériennes. Aujourd’hui, c’est par une offrande que les églises participent au soutien des actions de cette mission au Moyen Orient.

Nous y participerons également ce matin par une offrande volontaire à mettre dans les enveloppes et à remettre au trésorier. Ce qui apportera aide et consolation à nos frères et sœurs du Moyen Orient en Syrie, Irak, Liban…

2°) « Consolez, consolez mon peuple… »

C’est par ces paroles que Dieu annonce par la bouche du prophète Esaïe, le temps de la naissance du messie et l’œuvre qu’il accomplira sur terre. C’est l’annonce d’un profond changement pour l’humanité, une bonne nouvelle, une consolation pour tous ceux qui pleurent. « La fin de la servitude, l’expiation des péchés, une route pour Dieu, les vallées exhaussées, les montagnes abaissées, la gloire de l’Eternel révélée à toute chair… » (Esaïe 40. à 6). La venue de Jésus marque la fin de la servitude du péché. En lui celui qui croit n’est plus esclave du mal et du péché. Il en est libéré et peut sans cesse en être libéré par sa puissance. En Jésus, par sa mort sur la croix, les péchés du monde ont été expiés, pardonnés, effacés pour tous. Jésus est venu ouvrir une route nouvelle vers Dieu, une communion avec lui par l’Esprit. Par la prière, tous ceux qui croient sont sauvés et trouvent un accès auprès de Dieu, au trône de la grâce pour être secourus dans leurs besoins. Jésus est venu changer l’ordre des valeurs humaines. Il est venu élever les humbles et rabaisser les orgueilleux. Il est venu révéler la gloire de Dieu à tous, sans aucune distinction de race, de couleur, de statut social. Jésus a parfaitement accompli ces paroles du prophète Esaïe. Que tous comprennent et acceptent cette révolution, c’est ma prière. C’était aussi le rêve du pasteur Martin Luther King qui mentionnait ces versets dans ce fameux sermon « Je fais un rêve aujourd’hui… ». Rêve de paix entre les hommes, de réelle fraternité, d’égalité, d’amour, de pardon, de liberté, d’espérance éternelle. C’est ce rêve qui devient réalité en Jésus, réalité à vivre par la foi et l’action du Saint Esprit. Réalité que l’Eglise doit vivre et témoigner.

« Consolez, consolez mon peuple… »

Y a-t-il plus grande consolation que celle que donne le Christ ? Plus belle espérance que celle donnée grâce à son œuvre, son sacrifice pour libérer l’humanité de l’esclavage du mal, de la colère de Dieu et de la condamnation ? Soyons reconnaissants et surtout, ne restons pas en dehors de cette grâce.

3°) « Préparez le chemin du Seigneur… »

En échos au prophète Esaïe, l’évangile précise en quoi consiste la préparation du chemin du Seigneur. Pour Jean Baptiste, cela devait se préparer en invitant chacun à la repentance et au pardon des péchés. Ainsi ceux qui répondaient à l’appel étaient prêts à accueillir le Christ. Leurs cœurs étaient disposés à croire le message de Jésus. De même aujourd’hui encore, ce temps de l’avent nous invite à la repentance, à nous placer devant Dieu, à confesser nos fautes et à les déposer aux pieds du Seigneur afin qu’il nous pardonne et nous remplisse de sa paix. Aujourd’hui encore il est temps de se convertir, de naître de nouveau, d’accepter la grâce. Aujourd’hui encore, il est temps d’être baptisé du Saint Esprit, remplis, renouvelés dans l’Esprit. Afin que notre service pour Dieu, notre témoignage, rayonne de son amour, de sa bonté, de sa paix, de sa sainteté. C’est aussi pour cela que le Seigneur est venu parmi nous. Soyons ces témoins en ce temps de l’Avent. Soyons, comme Jean Baptiste, des voix qui crient dans le désert spirituel de ce monde.

« Consolez, consolez mon peuple… »

Soyons reconnaissants à Dieu pour sa fidélité envers nous, le peuple arménien, nos églises. Dieu n’abandonne jamais ses enfants. S’il permet l’épreuve, il donne aussi la délivrance.
Soyons reconnaissants pour sa venue, son œuvre de salut, de libération, de pardon, d’amour, de consolation dans nos épreuves… Allons à lui avec foi.
Prions qu’il nous baptise de son Esprit, nous remplisse de cet Esprit de force, d’amour et de sagesse en ces jours de préparation de Noël.

Pasteur Joël Mikaélian 7/12/14

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux