Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 28 décembre 2014 «Mes yeux ont vu… »
Culte du dimanche 28 décembre 2014 «Mes yeux ont vu… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Gen. 15. 1 à 6 / Luc. 2. 25 à 32

« Mes yeux ont vu… »

I

l y a différentes façons de voir les choses dans la vie. Il y a différentes façon de considérer les événements qui nous arrivent, heureux ou malheureux. Différentes façons de comprendre et de réagir à ce qui se passe en nous ou autour de nous. Ainsi, à la vue des drames quotidiens qui font la une de l’actualité, ou de nos épreuves, on pourrait facilement sombrer dans le désespoir. A l’inverse, à la vue de nos succès et de nos réussites, on pourrait être tentés par l’orgueil ; de cet orgueil qui aveugle et trouble la vue. Dans ce domaine, la Parole de Dieu nous montre une autre voie bien meilleure. Elle nous éclaire et nous invite sans cesse à adopter un autre regard sur les choses de la vie. Un regard de foi, d’espérance, qui donne paix, joie et reconnaissance à Dieu. C’est ce que je vous invite à faire ce matin, en ce dernier dimanche de l’année. Ouvrons nos yeux, nos cœurs quelques instants en méditant sur la vie d’Abram et de Siméon. Deux histoires singulières qui peuvent nous interpeler.

1°) « Abram, ne crains point… ta récompense sera grande… »

Abram avait obéit à l’appel de Dieu pour être témoin de sa bonté dans le monde. Dieu lui avait promis qu’il le bénirait, qu’il ferait de lui une grande nation et que toutes les familles de la terre seraient bénies en lui. Suite à quelques disputes entres bergers, il doit se séparer de son neveu Lot à qui il laisse le meilleur territoire, la vallée du Jourdain jusqu’à la ville de Sodome. Mais les choses tournent mal et Lot sera fait prisonnier au détour d’une invasion ennemie. C’est alors qu’Abram ira immédiatement le délivrer. Mais face à ce succès, Abram restera humble et modeste devant son Dieu. Et c’est là, après cette belle victoire que Dieu lui réitère sa promesse. Abram est un homme éprouvé, il porte au fond de lui une terrible souffrance, il n’a pas d’enfant. Ce qui ne l’empêchera pas d’agir en faveur de Lot avec une belle générosité. L’ingratitude de son neveu ne semble pas avoir laissé de traces d’amertume chez lui, ni d’esprit de jugement. De plus son épreuve ne l’enferme pas, ne le paralyse pas dans sa relation avec les autres. Elle ne le révolte pas non plus dans sa relation avec Dieu. Il semble même s’en être fait une raison. Lorsque Dieu lui renouvelle la promesse il lui dit : « Seigneur… que me donneras-tu… l’héritier de ma maison c’est Eliézer de Damas…. tu ne m’as pas donné de postérité… ». L’affaire semble réglée pour lui. Mais Dieu lui dit non. Non, Abram tu te trompes, ta souffrance te rend aveugle, je ne vois pas les choses comme toi. Change de regard, ouvre tes yeux, regarde ce que je vois ! Viens, regarde ta postérité, elle est comme les étoiles du ciel, tu ne pourras pas la compter tellement elle sera grande ! C’est alors qu’avec humilité et confiance Abram ouvre à nouveau ses yeux spirituels et croit, et se met à adorer Dieu à travers le sacrifice qu’il lui offrira. Il verra, bien plus tard, les prémices de la promesse. Certes, son regard humain ne verra qu’un seul fils Isaac, mais par la foi, Abram verra aussi d’innombrables croyants.

La vie chrétienne est faite de situations diverses. Nous vivons des temps de victoires et de réussites mais aussi de défaites d’échecs. Des temps de courage et de foi comme de déception et de résignation. Comme Abram, nous portons parfois de grandes souffrances en silence. Comment bien vivre ces situations contrastées ? A travers la vie d’Abram, Dieu nous invite à adopter un regard spirituel sur toutes choses : sur nos réussites pour rester humble et reconnaissant devant Dieu ; comme sur nos épreuves, afin de les vivres avec foi et espérance. Mais il se peut que parfois, nous ayons des temps de défaillance, de résignation comme Abram. Lorsque les promesses de soutien, de consolation, de guérison, de bénédictions, tardent. La souffrance voile souvent la réalité de l’amour de Dieu. Et nous pouvons alors nous aussi réagir parfois comme Abram, avec un regard humain, limité au visible. Dieu nous invite à être sans cesse en communion avec lui par la Parole et l’Esprit. C’est là qu’il nous éclaire et nous aide à changer de regard, qu’il nous donne le discernement. Car Dieu n’est pas un Dieu de résigné mais un Dieu d’espérance qui nous redit sans cesse : Regarde autrement, avec foi, regarde au-delà, mon amour, ma bienveillance, ma grâce. Ne nous privons pas de sa lumière et du discernement de celui qui voit toutes choses.

2°) « Il y avait… un homme appelé Siméon… »

Contrairement à Abram, Siméon n’est pas un personnage célèbre. On ne sait pas grand chose de sa vie si ce n’est qu’il était juste et pieux, que l’Esprit Saint était sur lui. Il semble être quelqu’un d’un certain âge et peut-être seul. Siméon est un homme qui a reçu une promesse de Dieu et qui attend. Cette promesse ne concerne pas vraiment cette vie. Il n’attend pas de bénédiction matérielle ou familiale, ni de soutien ou de secours particulier. On ne sait pas non plus depuis combien de temps il attend. Mais il semble que cela fasse longtemps. Peut-être, devait-il trouver le temps long ! Mais qu’importe, il avait foi, il était sûr qu’il verrait le Christ. Ce jour-là, le jour où Marie et Joseph venaient présenter leur enfant au Temple, Siméon est conduit vers lui et le prend dans ses bras. Quelle joie pour lui ! « Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s’en aller en paix… car mes yeux on vu ton salut..». Il n’y a là pourtant qu’un enfant, mais Siméon voit au-delà. Avec ce regard de la foi, il voit le Christ, le Sauveur du monde. Il voit les miracles de Jésus, la croix, la résurrection et les nations qui seront au bénéfice du salut qu’il accomplira. Siméon voit loin, il voit autrement que tous ceux qui, ce jour-là n’on peut-être vu qu’un enfant en Jésus. C’est ce regard qui le rempli de paix et de joie ; de la joie du salut. Alors il ne demande rien d’autre que de s’en aller. Il sait où il va, il a vu le Sauveur. Il a vu que Dieu a tenu sa promesse de salut. Il est comblé.

Pour nous aussi, l’attente peut être longue parfois. Attente de salut, de consolation, de guérison. Attente de paix, d’ouverture, de nouvelles étapes de vie. Attente angoissante parfois devant l’inconnu. Les années qui passent, que d’occasions de doutes, de découragements, de résignation…

Mais là encore, à travers la vie de Siméon, le Seigneur nous invite à changer de regard sur ce que nous vivons. A ne pas le limiter seulement au visible, aux faits, au temps qui passe, aux années qui défilent, bientôt 2015… Le Seigneur nous invite à ouvrir nos yeux sur l’éternité et à toujours regarder vers cette vie qui nous attend, où il nous attend, tout en restant ses témoins dans ce monde.

« Mes yeux ont vu… »

Quel regard portons-nous sur les choses de la vie ? Quel regard sur nos vies ? Portons toujours ce regard de la foi, un regard qui voit les faits mais aussi la grâce, la bonté, l’amour, la miséricorde de Dieu, sa fidélité à ses promesses. Ne nous enfermons pas sur nos épreuves ou nos défis. Et soyons reconnaissants envers Dieu pour sa fidélité et sa présence dans nos vies. Ne nous laissons pas aveugler par l’orgueil ou par nos souffrances. Que Dieu renouvelle chaque jour notre discernement sur les choses de la vie.

Sans oublier de regarder aussi toujours au-delà, au royaume de Dieu qui nous a été ouvert en Jésus, à cette vie éternelle qui nous attend. Et soyons en les témoins.

Pasteur Joël Mikaélian 28/12/14 

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux