Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 08 février 2015 - «Souviens-toi que ma vie n’est qu’un souffle »
Culte du dimanche 08 février 2015 - «Souviens-toi que ma vie n’est qu’un souffle » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Job 7. 1 à 7 / Marc 1. 29 à 39

« Souviens-toi que ma vie n’est qu’un souffle »

L

a vie de l’homme n’est qu’un souffle, c’est dire toute sa fragilité. Mais dans le second récit de la création au chapitre 2 du livre de la Genèse, le texte nous rappelle et nous révèle l’origine de ce souffle de vie : « L’Eternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie, et l’homme devint un être vivant ». (Gen. 2. 7) La vie n’est pas dans la matière, elle est dans l’impulsion que Dieu donne à la matière pour la rendre vivante. Dieu est l’origine et le maître de la vie. L’homme ne vit pas de lui-même ou par lui-même. C’est une grâce, un signe puissant de l’amour de Dieu pour lequel nous devons sans cesse être reconnaissants. Mais il est vrai que la vie reste fragile et qu’elle n’est pas exempte d’épreuve, de maladie, de fatigue, d’égarement, de chute. Elle n’est pas toujours à l’abri d’accident, du mal, d’agression, de catastrophe. Tout peut basculer d’un instant à l’autre et briser nos projets, notre quiétude. Ce fut l’expérience de Job. Comment se préparer, faire face, vivre cette vie dans la paix et l’espérance malgré sa fragilité et toutes ces agressions du mal qui l’assaillent sans cesse ? C’est sur ce sujet que je vous invite à méditer.

1°) « Souviens-toi… »

Certes, l’expérience de Job est une expérience singulière. Peu de monde qui envieraient son parcours de vie, même avec une fin heureuse. L’homme préfère éviter la souffrance et oublier l’histoire de Job. Pourtant sa vie et ses épreuves sont riches en enseignements pour nous aujourd’hui. Elle nous apprend, de façon presque révoltante, que Dieu peut permettre au malin de faire basculer la vie du croyant sincère dans l’horreur la plus terrible. Avouons que ce terrible « marché » ou « pari diabolique» dont Job est l’objet, reste choquant. Comment Dieu pourrait-il être capable d’une telle chose à l’égard d’un croyant intègre et juste ? Dieu jouerait-il avec la vie de ses enfants, connaissant leur sensibilité et leur difficulté à vivre la souffrance ? L’histoire de Job pourrait nous décourager, nous enfermer dans une certaine résignation ou révolte ou même encore dans une certaine vision cynique de la vie. On pourrait rapidement en conclure que de toute façon l’homme ne peut que subir la vie et les circonstances. Qu’il n’est qu’un jouet entre les mains de puissances spirituelles qui le dépassent et contre lesquelles il ne peut rien.

Pourtant, l’histoire de Job est aussi un souffle, une lumière d’espérance qui éclaire la nuit des épreuves humaines. Elle éclaire notre intelligence et notre réflexion sur la vie et ses épreuves. Elle nous dit que l’épreuve, la maladie, la souffrance, n’est pas toujours la conséquence d’un mal que nous aurions fait. Elle nous dit que cette pensée qui est profondément ancrée en nous et qui traverse souvent notre esprit n’est pas toujours juste. Elle nous dit que nous pouvons nous tromper lorsque, dans l’épreuve, nous pensons ou disons : « Qu’est-ce-que j’ai fait pour mériter cela ? Pourquoi moi ? ». L’histoire de Job nous rappelle que ce sentiment de culpabilité est souvent « mensonge » du malin pour nous pousser à nous révolter contre Dieu. Et nous devons êtres vigilants avec nos remises en questions qui peuvent être salutaires, mais aussi néfastes si nous manquons de discernement.

L’histoire de Job est un souffle d’espérance pour tous les croyants qui passent par l’épreuve. Elle nous dit que nous ne sommes pas obligatoirement responsables de nos épreuves. Elles peuvent être le fait du malin à qui Dieu permet une certaine « autorisation » de nuire, voire parfois de détruire. Du coup l’histoire de Job nous permet de porter un autre regard sur nos épreuves. Et même un regard différent du sien puisque lui ignorait ce fameux « défi » que le malin lançait à Dieu à son sujet. Ce qui explique ses états d’âmes, son désarroi, ses cris de douleurs : « Souviens-toi que ma vie n’est qu’un souffle ». Soulignons tout de même que sa plainte est « prière », prière qui sera entendue, la fin de son histoire en témoigne. Oui, notre vie n’est qu’un souffle, mais c’est Dieu qui en est l’origine, le donateur et le seul maître. Elle peut être soumise aux épreuves du malin, mais jamais entièrement abandonnée entre ses mains. Quelle espérance, quelle paix !

2°) « Tous te cherchent… Allons ailleurs… »

Changement de décors, Jésus est là, il vient de guérir des tas de malades dont la belle-mère de Pierre. Jésus apporte un autre éclairage sur l’épreuve et la maladie : il guérit. Quelle grâce ! Tout semble tellement simple avec Jésus. Plus de maladies, plus d’épreuves, toute difficulté est aplanie instantanément. Serait-ce la fin des épreuves et des maladies pour les croyants ? Le début du royaume de Dieu sur terre ? De ce lieu où il n’y aura plus de larmes, plus de deuil, plus de souffrance ? A la lecture de certains récits des évangiles on pourrait le supposer et conclure dans ce sens. Jésus est tout puissant, il a tout pouvoir. C’est ce qu’il a affirmé avec force à ses disciples avant de les quitter. « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre… ». Mais alors, pourquoi la vie chrétienne n’est-elle pas si simple aujourd’hui ? Pourquoi, du temps des apôtres, les premiers chrétiens ont-ils subit tant d’épreuves et de persécutions ? La réponse est peut être dans le texte de l’évangile que nous avons lu. Jésus a disparu et les disciples partent à sa recherche et le trouvent. C’est alors qu’ils lui disent : Seigneur,  « tous te cherchent… ». Et Jésus de leur répondre : « Allons ailleurs dans les bourgades voisines, afin que j’y prêche aussi ; car c’est pour cela que je suis sorti… ». Les disciples ont du certainement s’interroger : « Mais Seigneur, où vas-tu ? Pourquoi ne tiens-tu pas compte de cette foule, de ses besoins ? Pourquoi tu ne continues pas à guérir tous ces gens qui ont besoin de toi… Pourquoi aller ailleurs ? Jésus leur dit : « Allons ailleurs… ». En quelque sorte il leur dit : « j’ai autre chose à faire. Il faut que j’annonce le royaume de Dieu, que j’invite les hommes à considérer que leur vie ici n’est qu’un souffle et qu’il y a une autre vie, une vie éternelle à saisir, un salut à accepter, une grâce à recevoir… c’est pour cela que je suis venu ». Il est clair que pour Jésus, la vie éternelle vaut bien plus que de donner quelques soulagements, ou un bien-être temporel, à l’homme. Certes, cela ne veut pas dire que Dieu est indifférent aux épreuves humaines. Et qu’il ne faut pas en conclure qu’il est inutile de prier et d’espérer une guérison ou une délivrance de nos épreuves ! Non, mais ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel est ailleurs, il est dans l’éternité de la vie, au-delà de cette vie qui n’est et qui ne restera qu’un souffle !

Aujourd’hui encore Dieu peut guérir toute maladie, il peut délivrer de toute épreuve. Mais aujourd’hui comme hier, n’oublions jamais que l’essentiel est dans l’éternité. Dans cette vie éternelle que Jésus est venu donner à tous ce qui croient en lui ; en ce qu’il a accompli par sa mort sur la croix. As-tu cette assurance de la vie éternelle ? Tu peux la recevoir aujourd’hui si tu crois à la valeur du sacrifice du Christ pour toi. Si tu l’as déjà reçue, réjouis-toi de cette belle espérance et n’hésite pas à la partager avec d’autres. Quant aux épreuves, vis les simplement en sa présence, sous son regard chaque jour. Il n’y sera jamais indifférent. Et surtout, saches qu’elles seront toujours limitées, supportables, c’est sa promesse : « Dieu qui est fidèle ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation (ou l’épreuve), il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter ». (1 Cor. 10. 13)

3°) « Vers le matin, pendant qu’il faisait encore très sombre, il se leva, et sortit pour aller dans un lieu désert, où il pria ».

Au milieu de la frénésie des miracles, de ces foules pleines d’enthousiasme qui le cherchent, Jésus se retire dans un lieu désert pour prier. Il est là tout seul avec son Père. C’est là sa force, la force de son ministère et de sa vie. Les disciples eux sont toujours sous le charme du succès de leur maître. C’est leur instant de gloire. « Seigneur où es-tu ? « Tous te cherchent… ». Ce n’est pas le moment de se cacher ! » Mais Jésus est loin de tout cela. Il prie son Père. C’est de lui qu’il tire sa sagesse, le discernement pour accomplir sa mission.

Le Seigneur nous interroge ce matin : Quelle est notre force ? Sur qui, sur quoi comptons-nous pour servir Dieu, accomplir notre mission de témoins de l’évangile ? A qui confions-nous nos craintes ? De qui recevons-nous la sagesse, l’amour, la paix ? Où trouvons-nous consolation, guérison physique ou spirituelle, intérieure ? Où trouvons-nous ou retrouvons-nous notre valeur d’enfant de Dieu, aimé du Père ? De qui recevons-nous le renouvellement de l’intelligence afin de pouvoir discerner la volonté de Dieu… ? (Rom. 12. 2). Jésus se retirait souvent pour prier. N’avons-nous pas envie de faire de même ? N’avons-nous pas besoin de faire de même, souvent ?

Conclusion :

« Souviens-toi que ma vie n’est qu’un souffle »

Notre vie n’est qu’un souffle, mais elle « est » par le souffle de Dieu. Nous ne sommes pas exempts d’épreuves de toutes sortes. Nous ne sommes pas toujours responsables de ce qui nous arrive de difficile. L’histoire de Job en témoigne. La vie chrétienne n’est pas exempte d’épreuves. Toutes les épîtres du NT en témoignent. Mais le Seigneur nous rappelle sans cesse aussi que l’essentiel est à venir, dans l’éternité. Il a promis aussi de ne jamais aller au-delà de nos forces. Il est lui-même notre force, ce Dieu aimant en qui nous pouvons toujours trouver et retrouver la paix, le réconfort, l’énergie nécessaire, la patience, la sagesse, la consolation, l’espérance…

Pasteur Joël Mikaélian
8/02/15

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux