Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 15 février 2015 - «Jésus, ému de compassion… le toucha…»
Culte du dimanche 15 février 2015 - «Jésus, ému de compassion… le toucha…» PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Lev. 13. 45 et 46 / Marc 1. 40 à 45

« Jésus, ému de compassion… le toucha…»

J

ésus est face à une situation dramatique. L’homme qu’il a devant lui est atteint de la lèpre, une maladie incurable à l’époque et lourde de sens car reliée au péché, à l’impureté. Le livre du Lévitique nous décrit la condition de ces malades : exclus de la société, condamnés à l’isolement et à se déclarer « impur… ». Les choses ont changés depuis. Cette maladie, quoique toujours grave, se soigne et n’est plus reliée au péché. Mais les Ecritures l’évoquent parfois, pour nous parler du péché, de cette maladie spirituelle dont le Christ est venu nous guérir. Ce qui veut dire que derrière l’histoire de ce lépreux, nous devons lire aussi notre histoire et celle de toute l’humanité touchée par le mal. Le nier serait de l’aveuglement, l’accepter comme une fatalité serait décourageant, l’inscrire dans l’œuvre du salut en Jésus conduit à la guérison. C’est sur ce chemin de vie que je vous invite à méditer ce matin.

1°) « Un lépreux vint à lui… »

Cet homme, quoique malade, exclu, répugnant peut-être, sait où il va. Il a entendu parler de Jésus, il brave alors tout les interdits de la loi pour aller vers lui. Il prend des risques énormes, dont celui qui n’est pas le moindre, la lapidation ! Il dépasse toutes ses craintes, toutes ses peurs pour s’approcher de Jésus. Il prend aussi le risque que Jésus le rejette, ne veuille pas avoir affaire à lui comme c’était la règle à cette époque. Cet homme fait preuve d’un courage énorme, il est plein de foi, d’attente, d’espérance.

Ce lépreux nous invite à nous approcher de Dieu afin d’être guérit de nos péchés, de nos blessures, de nos aveuglements, de notre orgueil. Il nous invite à ne pas subir le péché et ses conséquences dramatiques comme une fatalité. Il nous invite à ne pas hésiter à transgresser nos peurs, nos idées ou nos idéologies, nos façons de voir qui pourraient être erronées. Il nous invite à ne pas rester dans notre culpabilité, notre misère spirituelle, notre découragement, nos déceptions, nos souffrances, nos inquiétudes… « Cherchez et vous trouverez… vous me trouverez si vous me cherchez de tout votre cœur… ». Telle est l’invitation qui nous est adressée par ce lépreux ce matin.

2°) « Si tu le veux, tu peux… »

C’est à genoux et d’un ton suppliant, nous dit le texte, que cet homme se présente à Jésus. Il a bravé les regards de la foule, leur étonnement, la lapidation, et maintenant il est là devant le Christ à genoux. Sa demande est claire, il l’exprime avec des mots lourds de sens : « Si tu le veux, tu peux me rendre pur… ». En quelque sorte, il dit : « je suis impur, je le confesse ». Sa demande est surtout prière, véritable prière. Elle fait appel à la volonté de Jésus et s’y soumet. Ce n’est pas une réclamation, ni une demande d’explication du pourquoi des choses. Ce n’est pas la demande d’un droit. Par cette prière, cet homme reconnaît que Jésus ne lui doit rien, qu’il est totalement libre d’agir comme il veut. Il est à genoux, signe d’humilité et de reconnaissance de la divinité de Jésus. Il attend. Mais son humble prière ne manque pas de foi, elle n’est pas celle d’un résigné. Elle dit : « Si tu le veux, tu peux me rendre pur… ». « Je le crois ! Je crois que tu peux faire cela, témoins tous ces risques que j’ai pris pour venir jusqu’à toi ! Je crois que tu peux faire ce que tu veux ».

Ce lépreux nous invite à la prière. Il nous invite à visiter ou revisiter notre vie de prière. A faire de nos prières de véritables prières, des cris de supplications soumis à la volonté de Dieu. Il nous invite à prier simplement et à exprimer clairement et avec foi nos besoins à Dieu. Besoins de salut, de guérison, de direction, de consolation, de renouveau spirituel ? Besoin de paix, de libération de nos fardeaux ? Besoin de joie, d’espérance… ? Il nous invite à le faire avec foi : « Seigneur, si tu veux… tu le peux… je le crois… ». Ce qui veut dire que j’accepte tout à fait que tu ne le veuilles pas. Mais je crois que tu peux tout !

3°) « Je le veux, sois pur… »

Jésus est ému de compassion, il ressent toute la souffrance de cet homme. Il ne peut rester indifférent. Il n’hésite pas alors lui aussi à braver les interdits de la loi, les traditions, les habitudes. Son amour, sa compassion le pousse à faire ce qui ne se fait pas ! Il étend sa main et il touche le malade en signe de compassion, d’amitié, de proximité. « Je le veux, sois pur… aussitôt la lèpre le quitta et il fut purifié ». Et c’est toute sa vie qui change en un instant : son être intérieur, son corps, sa situation sociale…

Pas de doute, Dieu est amour, il est compatissant. En Jésus il libère du mal, de la condamnation, de la culpabilité. Il nous rend juste par son sacrifice, sa mort sur la croix à notre place. « Celui qui n’avait pas connu le péché, il l’a, pour nous, identifié au péché, afin que, par lui, nous devenions justice de Dieu » (2 Cor. 5. 21). En Jésus, Dieu est prêt à nous guérir, nous purifier, nous pardonner. Il est prêt à nous relever, nous restaurer, nous consoler, répondre à nos besoins selon sa volonté. Mais il ne s’impose jamais à nous, il respecte notre liberté, nos choix, notre indifférence. « Voici je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je souperai avec lui et lui avec moi » (Apo. 3. 20). Jésus est venu vers nous en ce monde et c’est à nous à aller vers lui maintenant, comme ce lépreux. A nous de ne pas avoir peur du regard des autres, à dépasser notre orgueil, nos idées, nos réserves, nos doutes, nos conceptions erronées peut être…

Conclusion :

« Jésus, ému de compassion… le toucha…»

Ne doutons jamais de la compassion de Dieu, de la souffrance qu’il partage des nôtres, de sa bonne volonté et de son pouvoir pour nous sauver, nous guérir, nous relever, nous restaurer, nous renouveler, nous consoler…

Allons vers lui avec sincérité, humilité, en prière « Si tu le veux, tu peux… ». Laissons-nous toucher par son Esprit, nous guérir de nos lèpres, de nos blessures, de nos craintes, de nos déceptions…

Afin de trouver et retrouver sans cesse le chemin de la vie, de la liberté, de la paix, de la joie et de l’espérance.

Et soyons à notre tour, des hommes et des femmes de compassion à l’exemple de notre Seigneur. Compassion pour ceux qui souffrent, ceux qui sont perdus, ceux qui s’égarent sur des mauvaises voies… Compassion pour les exclus, les marginaux, ceux que le monde rejette.

Pasteur Joël Mikaélian
15/02/15

 

 

 

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux