Accueil Messages du Culte Culte du dimanche 08 mars 2015 - « Et la Pâque des juifs était proche… »
Culte du dimanche 08 mars 2015 - « Et la Pâque des juifs était proche… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Ex. 20. 1 à 11/ Jean 2. 13 à 25

« Et la Pâque des juifs était proche… »

C

’est aujourd’hui la journée de la femme, mais aussi le 3ème dimanche du carême qui nous conduit vers Pâques. Ce matin à Paris, des femmes arméniennes planteront des rosiers en mémoire de celles qui furent victimes du Génocide arménien de 1915. Cent ans après il est important de nous souvenir de leur courage, de leur martyr et d’honorer leur mémoire. Ce matin nous sommes venus au temple, ce lieu de rassemblement, d’adoration, de prières et d’écoute de Dieu. Ce qui fait la valeur du lieu, ce ne sont pas les pierres, les vitraux, les marbres, mais bien plus la présence du Seigneur, des sœurs et des frères venus rendre un culte à Dieu. En ce 3ème dimanche du carême, les textes bibliques nous invitent à réfléchir sur le lieu de nos cultes, la façon dont nous les considérons aujourd’hui. Pourquoi Jésus a-t-il chassé ces « fameux » vendeurs du temple ? Pourquoi Jésus a-t-il été si sévère ce jour-là ? En quoi ces paroles nous concernent-elles aujourd’hui ?

1°) « Je suis l’Eternel ton Dieu… tu n’auras pas d’autres Dieu… »

La loi donnée à Moïse le précise d’emblée, Dieu n’est pas n’importe qui. Il est le seul et unique vrai Dieu. Dieu créateur qui donne la vie et par qui est la vie. Mais il est un Dieu qui ne tolère pas que ses créatures se fourvoient et adorent d’autres dieux que lui. C’est comme une injure qui déchainera sa colère, par exemple, lorsque son peuple fabriquera un veau d’or et dira : « Voici ton Dieu qui t’a fait sortir du pays d’Egypte… ». Quelle folie, quels propos insensés ! Pourtant il les avait bien mis en garde dès cette première table de la loi. « Tu ne te feras point d’image taillée… Tu ne te prosterneras point devant elles… Je suis un Dieu jaloux… Tu ne prendras point le nom de l’Eternel, ton Dieu en vain… Souviens-toi du jour du repos… ». Ces paroles ont été claires, écrites, enseignées, et pourtant, au fil du temps, des années, des siècles, il semble que des habitudes se soient installées, des traditions, des aménagements, des arrangements.

Lorsque Jésus arrive au Temple au tout début de son ministère, en cette veille de Pâque, il se demande où il est ! Il vient certainement au Temple pour s’y recueillir, prier son Père, mais comment le pourrait-il dans cette foire ? Le Temple ressemble plus à un marché qu’à un lieu de recueillement et de prière ! Que s’est-il passé, comment en est-on arrivé là ? Il semble que pour faciliter la vie des pèlerins venant adorer Dieu et offrir des sacrifices d’animaux pour le pardon de leurs fautes, les autorités du Temple avaient autorisé des vendeurs d’animaux à venir dans l’enceinte même du Temple. Peut-être au début, étaient-ils à l’entrée de la ville ? Et puis, au fil du temps pour faciliter les choses ils se sont peut-être rapprochés du Temple. Et puis peut-être un jour quelqu’un a dit : « pourquoi ne pas être à l’intérieur, ce serait encore plus simple pour les pèlerins ? » On comprend que Jésus les chassa tous avec violence. Le Temple, lieu de la présence de Dieu demande du respect, du silence pour l’adoration, pour l’écoute et la prière ; dans la joie ou dans la tristesse selon les événements, mais toujours dans le respect.

Certes, depuis, Dieu s’est fait proche de nous en Jésus. Il est notre Père si nous croyons en lui. Il est notre ami, notre soutien, notre consolateur. En Jésus, nous avons librement accès au trône de la grâce, au trône de Dieu. Nous pouvons lui parler, le tutoyer même, le louer librement. Certes, Jésus l’a dit, les vrais adorateurs ne se définissent plus par le lieu où ils adorent. Ce sont ceux qui adorent Dieu en esprit et en vérité, et en tout lieu qui sont désormais les vrais adorateurs en Jésus.

Mais tout ceci nous dispense-t-il du respect que nous devons à Dieu ? Respect de sa présence dans nos lieux de rassemblements ? C’est Jésus qui l’a dit un jour dans le Temple « Il y a ici plus que le Temple » (Mat. 12. 6). Il voulait parler de la présence de Dieu plus importante que le bâtiment en lui-même. La nouvelle alliance en Jésus ne nous dispense pas du respect de la présence de Dieu, du respect de la présence de chacun, de tous ceux qui sont venus adorer ; respect de l’horaire aussi, de la régularité, de la fidélité dont il est digne.

Que veut dire pour nous « Adorer Dieu en esprit et en vérité » ? Dans quel état d’esprit venons-nous au temple ? Certes, il n’y a pas aujourd’hui des vendeurs d’animaux à chasser, mais peut-être des mauvaises pensées, des jugements, des attitudes ou des habitudes discriminatoires à bousculer ? Des gens que je salue, et d’autres surtout pas ! Et Dieu que pense-t-il de tout cela ? Faudrait-il quelques fouets pour chasser tous ces « vendeurs » du temple en nous ?

2°) « Abattez ce temple, et en trois jours, je le relèverai… »

C’est la réponse que Jésus donne à ses détracteurs qui refusent d’être remis en question dans leur pratique cultuelle. Ceux qui refusent d’être dérangés, bousculés dans leurs habitudes, leurs traditions. Ceux qui veulent des preuves qu’il a le droit de faire cela, qu’il a raison de faire cela. Etrange la réponse de Jésus ! Le voilà qui parle de lui de façon indirecte au point que ses interlocuteurs sont troublés. Eux, ils restent toujours dans leur monde, leurs pensées humaines. Ils pensent « chantier de construction, ouvriers, matériaux… ». Jésus lui, pense à sa mort et à sa résurrection, à sa victoire sur la mort qui ouvrira aux croyants les portes de la vie éternelle. Quel contraste, quel décalage ! Il pense à ce corps qui va être brisé, percé, pour le salut de l’humanité. Eux, ils pensent aux pierres, au travail, au temps qu’il faut pour exécuter un ouvrage.

Que de fois nos pensées sont-elles aussi en décalage avec celles de Dieu ! Le Seigneur nous parle de nous, de l’état de notre vie spirituelle, de l’état de notre vie d’église, notre vie cultuelle… Et nous pensons à autre chose, ou nous pensons à d’autres… Et Jésus de nous dire de ne pas craindre la remise en question, la repentance, la confession, l’examen sérieux de nos cœurs. Il nous dit de ne pas avoir peur car il a donné sa vie pour que tout soit toujours pardonné à celui qui revient vers lui, à celui qui remet les choses en ordre dans sa vie. Il a donné sa vie pour ce pardon, pour la purification de ce temple qu’est notre corps, temple du Saint Esprit. C’est l’apôtre Paul qui l’écrit aux chrétiens de Corinthe : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira, car le temple de Dieu est saint, et c’est ce que vous êtes » (1 Cor. 3. 16 et 17)

N’ayons pas peur ! Laissons-le chasser ce qui ne l’honore pas dans nos vies. Chasser notre orgueil, nos mauvaises pensées, nos mauvaises habitudes, nos lassitudes, nos doutes, nos découragements… Apportons-les avec humilité et demandons-lui de purifier nos cœurs, nos pensées, nos corps…

3°) « Un grand nombre crurent en son nom… mais Jésus ne se fiait pas à eux… »

Durant la fête de Pâque, beaucoup crurent en Jésus à cause des miracles qu’ils voyaient. Mais il semble que leur foi n’était que superficielle, sans grand engagement. Le texte de l’évangile précise qu’elle était la cause de la défiance de Jésus : « il les connaissait tous… ». Dans le domaine de la foi, il est important de réaliser que l’on ne peut pas tromper Dieu. Il faut être sincère. Sincère avec soi, sincère avec Dieu, sincère avec les autres. Certes, il est facile de tromper les autres mais on ne peut pas tromper Dieu. C’est totalement absurde et insensé. Croire pouvoir tromper Dieu, c’est tout simplement se tromper à soi-même, c’est vivre un imaginaire, un rôle de chrétien, un genre de comédie qui pourrait tourner au drame un jour à moins d’un réveil, d’une prise de conscience et d’une réelle conversion ou reconversion.

Que ce temps de carême soit un temps de sincérité pour nous tous.

Conclusion :

« Et la Pâque des juifs était proche… »

La nôtre aussi approche.

Considérons notre vie cultuelle, notre rapport à l’église, au temple, à ce lieu de prières, d’adoration et d’écoute de la parole de Dieu. Il n’y a certes pas d’animaux et de vendeurs à chasser, mais peut-être certaines mauvaises habitudes et traditions qui se sont installées.

Considérons autrement ce lieu de fraternité, d’amour, de respect de Dieu mais aussi de respect les uns des autres, d’amour les uns pour les autres.

Que ce temps du carême soit aussi un temps de nettoyage, de toilettage, de purification de nos cœurs, de nos corps, de nos vies, du temple que nous sommes. Christ est mort pour cela. En lui nous sommes pardonnés, purifiés aux yeux de Dieu par la foi.

Que ce temps soit un temps de vérité, de sincérité avec nous-mêmes, avec Dieu, avec les autres.

Pasteur Joël Mikaélian
08/03/15

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux