Accueil Messages du Culte Culte du 15 mars 2015 - « Car Dieu a tant aimé le monde… »
Culte du 15 mars 2015 - « Car Dieu a tant aimé le monde… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Nomb. 21. 4 à 8 / Jean 3. 14 à 21

« Car Dieu a tant aimé le monde… »

C

’est aujourd’hui le 4ème dimanche du carême, de ce temps qui nous mène vers Pâques, la fête de la résurrection de Jésus. Alors que l’actualité témoigne chaque jour d’une montée en puissance du mal, de la méchanceté, de l’égoïsme, de l’immoralité, les textes de la Bible nous invitent à méditer sur l’amour, la bonté, la miséricorde de Dieu pour ce monde. Alors que nous vivons l’année du centenaire du génocide arménien, qui nous rappelle les souffrances, le martyr d’un million et demi de victimes, l’Ecriture nous parle de la bonté de Dieu. Et que dire de cette guerre en Syrie qui dure depuis 4 ans déjà ? Peut-on parler de la miséricorde de Dieu ? Peut-on croire que Dieu aime ce monde ? C’est une réalité, le chemin de la résurrection est un chemin de lutte, de résistance au mal ; un chemin de questionnement permanent sur la miséricorde de Dieu et la réalité de nos vies et du monde qui nous entoure. Quels éléments de réponses pouvons-nous trouver dans ces textes que nous venons de lire ?

1°) « Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert… »

A plusieurs reprises, les Ecritures nous parlent du sens de la mort du Messie, de l’envoyé de Dieu pour le salut du monde. Jésus en a souvent parlé à ses disciples qui ont eu énormément de peine à comprendre la nécessité de la croix. Ici, au tout début de son ministère, Jésus en parle avec un docteur de la loi nommé Nicodème. Il le fait en évoquant une histoire ancienne et en s’identifiant au moyen de salut d’alors pour mieux montrer le sens de sa mission.

Souvenons-nous, du temps de Moïse, le peuple d’Israël avait vécu une grande libération. Dieu avait vu leur souffrance en Egypte et les avait libérés avec puissance. Le chemin vers la terre promise fut long et difficile. L’épisode du serpent d’airain en est une démonstration. Le peuple avait déjà vécu de multiples souffrances, la faim, la soif, l’insécurité. Ils avaient vu, à chaque fois, l’intervention miraculeuse de Dieu. Mais alors qu’ils viennent de remporter leur première victoire militaire, au seuil de la terre promise, ils s’impatientent à nouveau et commencent à parler contre Dieu et à se plaindre. Dieu est contraint d’intervenir pour mettre un terme à la révolte. Il le fait au moyen de serpents venimeux. Mais la suite nous montre combien Dieu ne peut rester insensible à la souffrance humaine. Il répond immédiatement au repentir du peuple et leur donne un moyen de guérison. Il suffira à chaque personne atteinte de regarder le serpent d’airain élevé par Moïse pour être guéri. Ce qui demandera un acte de foi personnel, librement consentit.

« Il en sera de même avec moi », dit Jésus à Nicodème qui se posait la question sur le royaume de Dieu. Il en sera de même et ce sera pour tout le monde. « Il faut que le Fils de l’homme soit élevé… ». Il faut la croix, le salut est à ce prix. Jésus sera élevé sur la croix afin de subir la juste punition des péchés de l’humanité qui ne cesse de céder au mal.

Aujourd’hui encore, le monde est rebelle à Dieu. Certes, la souffrance, l’injustice, les difficultés de la vie, nous questionnent. Certains se révoltent, d’autres se résignent, d’autres encore oscillent entre le doute et la foi : « Y a-t-il vraiment un Dieu miséricordieux ? » Jésus nous dit : « oui », et il nous invite à y croire ; à l’accepter afin d’être sauvés pour l’éternité. Ce monde ne changera pas, il sera sans cesse enclin au mal, jusqu’à la fin. Ce qui explique la réalité des épreuves, des larmes. Ce qui explique les génocides, les persécutions… Mais nul n’est obligé de périr avec ce monde. Le salut existe, il est réponse personnelle à la grâce de Dieu, réponse à la repentance et à l’accueil de la miséricorde de Dieu. La foi libère de la condamnation et de la juste colère de Dieu.

2°) « Car Dieu a tant aimé le monde… »

L’amour de Dieu est immense. Dieu aime ce monde, cette humanité qu’il a créée. Nous sommes ses créatures bien-aimées. Nous avons énormément de valeur à ses yeux. Que nous soyons croyants ou pas, Dieu nous aime, il aime ce monde et veut sauver toutes ses créatures. L’apôtre Paul écrit aux chrétiens d’Ephèse : « c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi… cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu… ce n’est point par les œuvres afin que personne ne se glorifie… ». Le dessein bienveillant de Dieu est l’expression de sa miséricorde pour tous ceux qui se perdent. C’est avec force que Jésus dira à Nicodème que : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique… ». Dieu aime ce monde malgré sa folie.

Dieu aime ce monde et il nous demande de l’aimer aussi. Aimer non pas le mal de ce monde mais aimer tous ceux qui l’habitent. Nous qui avons accueillis la grâce, la miséricorde de Dieu, nous devons la partager avec tous ceux qui ne l’ont pas encore accueillie. Nous sommes appelés à être ces témoins, ces martyrs parfois, toute notre vie. Nous sommes appelés à œuvrer sans cesse, sans relâche et avec amour pour que tous les hommes accueillent et connaissent l’amour de Dieu. Pour qu’ils en vivent et la partagent à leur tour avec d’autres. Nous devons le faire dans la liberté et le respect de chacun. Mais nous devons le faire par amour « Car Dieu a tant aimé ce monde… ». Continuons à œuvrer, à témoigner, à prier.

3°) « Il faut que le Fils de l’homme soit élevé… »

Le chemin de la résurrection passe nécessairement par la croix. Il en a été ainsi pour Jésus. Sa croix, permet à ceux qui se confient en Lui, d’échapper au juste châtiment de Dieu et à la mort éternelle. Nous n’avons pas besoin aujourd’hui de porter cette même croix. Il a été élevé une fois pour toute et pour tous. Mais l’Ecriture nous parle aussi de notre croix, de celle que nous sommes appelés à porter dans ce monde à la suite de Jésus. « Si quelqu’un veut me suivre… disait Jésus, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive… ». Comme le rappelle l’apôtre Pierre : « Si vous supportez la souffrance lorsque vous faites ce qui est bien, c’est une grâce devant Dieu. Et c’est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces… » (1 Pie. 2. 20 et 21). Sur le chemin de la résurrection, nous avons, nous aussi, notre croix à porter. Elle est parfois « supportable », parfois « insupportable ». Il peut y avoir des moments où elle nous semble trop lourde pour nous. Qu’elle est au-delà de nos forces. Mais n’oublions jamais que sur ce chemin, Dieu a pourvu et pourvoira toujours à nos besoins. Il nous a donné tout d’abord l’Esprit Saint qui donne la force. Il nous a donné ses promesses : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n’a point épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? » (Rom. 8. 31 et 32). Par sa résurrection, il nous a donné la victoire sur la mort. Rien ne pourra nous séparer de son amour. Puis il nous a donné les frères et les sœurs, l’église, la solidarité, l’amour, la prière.

Conclusion :

« Car Dieu a tant aimé le monde… »

Pour Jésus, pour notre salut, le chemin de la résurrection devait passer par la croix. Il a été élevé sur la croix à cause de nos fautes. Il l’a fait par amour, pour libérer ce monde qui sera toujours marqué par le mal. Ne rejetons pas cet amour, cette miséricorde, mais accueillons-la avec foi et reconnaissance. Vivons en chaque jour.

Dieu aime ce monde et nous appelle à l’aimer à œuvrer avec lui pour le salut du plus grand nombre. Il nous invite à partager son amour autour de nous.

Nous avons, nous aussi, notre croix à porter dans ce monde. Que Dieu nous aide à la porter. Et lorsqu’elle devient trop lourde pour nous, allons à lui et demandons-lui la force de son Esprit. Appuyons-nous sur ses promesses. Et soyons solidaires les uns des autres dans son église. « Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ » (Gal. 6. 2)

Pasteur Joël Mikaélian
15/03/15

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux